« Urgences psychiatriques : en Ile-de-France, “de nombreux malades sont pris en charge de manière illégale” »
Date de publication : 11 septembre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=3da4c218e4c490708ef400700447d4f7&midn=24261&from=newsletter
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Nina Guérineau de Lamérie relaie dans Libération « un constat accablant. Selon un rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté [Dominique Simonnot], la prise en charge des patients aux urgences psychiatriques est «défaillante» dans plusieurs hôpitaux de Paris et de la petite couronne, incompatible avec le respect des «droits fondamentaux» ».
La journaliste souligne que « le texte dénonce des «dysfonctionnements graves» : certains malades doivent attendre des jours avant de consulter un médecin, dorment au sol ou sur des chaises, d’autres sont retenus contre leur gré sur des brancards et se voient administrer des sédatifs en dehors de tout cadre légal… ».
Nina Guérineau de Lamérie relève ainsi que « les équipes de Dominique Simonnot ont arpenté, entre mars et juillet, les couloirs d’hôpitaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) tels que Cochin, Robert-Debré, Necker, la Pitié Salpêtrière à Paris ou Henri-Mondor à Créteil… L’hôpital Sainte-Anne dans la capitale, et d’autres établissements franciliens, comme Delafontaine à Saint-Denis, ont également été visités ».
L’AP-HP confirme : « Les urgences font face à une augmentation importante des situations psychiatriques, notamment chez les adultes (plus de 40% entre 2024 et 2026), [alors que] l’offre en psychiatrie est insuffisante ».
Le groupement hospitalier ajoute qu’« il existe un retard parfois très important dans les prises en charge, fréquemment de plus de 48 heures et parfois bien au-delà. Cette durée de séjour dans les services d’urgence a ainsi augmenté de 37% en 3 ans [malgré] la mise en place une série de mesures pour faire face à cette situation très difficile ».
Nina Guérineau de Lamérie continue : « Si ces «manquements à la dignité des malades», dénoncés depuis quelques années par des soignants, sont le fruit du «manque de moyens et de personnel», caractérise Dominique Simonnot, le bilan est «très préoccupant», notamment en ce qui concerne les adolescents ».
Dans un entretien, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté déclare notamment : « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les temps d’attente sont intenables. A Sainte-Anne, 60% des patients attendent plus de 13 heures, 42% plus de 24 heures et 20% plus de 48 heures. C’est énorme, alors que l’accueil n’est pas à la hauteur ».
« Beaucoup préfèrent partir et renoncent à se faire soigner. C’est dur à entendre car personne ne vient de gaieté de cœur aux urgences psychiatriques. Généralement, cela traduit une extrême souffrance mentale », remarque Dominique Simonnot.
Elle ajoute qu’« il y a un abandon des enfants. Les 16-18 ans sont mélangés aux adultes, avec tous les risques que ça comporte, et, pour la plupart, ne sont pas suivis par un pédopsychiatre parce qu’il n’y en a plus assez. C’est très préoccupant : c’est le constat d’un lent démembrement du service public ».
Dominique Simonnot souligne de plus que « dans certains hôpitaux, tout se passe en dehors des clous.
Elle évoque « le manque de temps, de soignants, de moyens. Les urgences ne sont pas en état d’accueillir tout le monde. Et la cellule régionale d’appui à la recherche de lits, lancée en 2022 par l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, n’y change rien pour l’instant. En parallèle, on continue de fermer des lits de psychiatrie, tout en poussant le recours aux soins ambulatoire. Pourquoi pas, mais le problème, c’est que la souffrance mentale n’est pas diagnostiquée en amont ».
Dominique Simonnot conclut qu’« au-delà d’embaucher plus de soignants et de rouvrir des lits, il faudrait abandonner quelques habitudes professionnelles, notamment sur la contention et l’isolement. […] Il faut aussi trouver des solutions d’aval et d’amont, repenser tout le système et arriver à faire respecter ce qui est encadré par la loi ».
Le Monde explique aussi qu’« un rapport pointe des «dysfonctionnements graves» dans la prise en charge des urgences psychiatriques en Ile-de-France ».
Le journal retient que « ces dysfonctionnements sont incompatibles avec le respect des «droits fondamentaux» des patients, entre «attente prolongée dans des conditions indignes», «rétentions arbitraires» ou «contentions sans cadre légal», alerte la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ».
Un rapport pointe des « dysfonctionnements graves » dans la prise en charge des urgences psychiatriques en Ile-de-France
Ces dysfonctionnements sont incompatibles avec le respect des « droits fondamentaux » des patients, entre « attente prolongée dans des conditions indignes », « rétentions arbitraires » ou « contentions sans cadre légal », alerte la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.
Le Monde avec AFPPublié hier à 08h48 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/10/un-rapport-pointe-des-dysfonctionnements-graves-dans-la-prise-en-charge-des-urgences-psychiatriques-en-ile-de-france_6769454_3224.html
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Des patients coincés des jours sur des brancards, allongés au sol, retenus arbitrairement : la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté dénonce les conditions de prise en charge des urgences psychiatriques dans divers hôpitaux d’Ile-de-France, dans des « recommandations en urgence » publiées jeudi 10 septembre.
Ses équipes ont visité, du 6 au 10 juillet, les services des urgences de plusieurs établissements, notamment de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (hôpitaux Cochin, Robert-Debré, Necker, Pitié-Salpêtrière…), de l’hôpital Sainte-Anne (GHU Paris psychiatrie et neurosciences), et d’autres de la petite couronne (Delafontaine à Saint-Denis, Henri-Mondor à Créteil…).
Elles y ont constaté des « dysfonctionnements graves » dans la prise en charge des patients nécessitant des soins psychiatriques, liés au manque de personnel et de moyens, incompatibles avec le respect de leurs « droits fondamentaux », entre « attente prolongée dans des conditions indignes », « rétentions arbitraires » ou « contentions sans cadre légal », détaille le texte publié au Journal officiel.
Le nombre de lits d’hospitalisation en psychiatrie est inadapté aux besoins croissants, et la situation se dégrade : au premier semestre 2026 en Ile-de-France, 3 957 patients à orientation psychiatrique ont subi une attente « prolongée » aux urgences (+ 31,8 % par rapport à 2025). La durée moyenne dépassait 39 heures au deuxième trimestre, contre 29 heures début 2025.
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Ni la « dignité » ni « l’intimité »
Dans certains services visités, une dizaine de patients attendent ainsi chaque jour, avec un maximum rapporté de 27. Certains peuvent rester jusqu’à une dizaine de jours. Aux urgences psychiatriques de Sainte-Anne, 60 % attendent « plus de treize heures, 20 % plus de quarante-huit heures ».
La contrôleuse pointe des « renoncements aux soins », des « ruptures de prises en charge » et appelle à trouver « très rapidement » des « solutions organisationnelles, bâtimentaires, capacitaires et de ressources humaines ».
Patients « sur des chaises inconfortables » ou des brancards dans les couloirs : les locaux ne garantissent ni la « dignité »ni « l’intimité » des malades. Certains sont même contraints de s’allonger sur le sol des couloirs la nuit, dans « le bruit »et sous l’éclairage « intense ». L’accès à l’hygiène est « limité ».
En outre, des patients devant être hospitalisés sans consentement sont retenus « arbitrairement », les procédures légales n’étant pas respectées. D’autres font l’objet de mesures d’isolement ou contention « sans cadre légal ». La contrôleuse appelle à instaurer « une politique d’établissement sur les alternatives » aux mesures coercitives, à proscrire isolements et contentions non encadrés, et à former le personnel.
Enfin, de nombreux mineurs sont hospitalisés avec des adultes faute de pédopsychiatres, critique-t-elle, réclamant pour eux « un statut légal » et un « plan de réhabilitation de la pédopsychiatrie ».
Le Monde avec AFP
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𝐄𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐄𝐭𝐚𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 le 𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 ? – 𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐚 𝐇𝐀𝐒 𝐬𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐭 𝐭𝐞𝐧𝐭𝐚𝐜𝐮𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞… » https://environnementsantepolitique.fr/2026/05/06/%f0%9d%90%84%f0%9d%90%ac%f0%9d%90%ad-%f0%9d%90%9c%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%9a-%f0%9d%90%a5%f0%9d%90%84%f0%9d%90%ad%f0%9d%90%9a%f0%9d%90%ad-%f0%9d%90%9d%f0%9d%90%9e-%f0%9d%90%a9/
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https://environnementsantepolitique.fr/2025/09/23/une-psychiatrie-sous-influence/
Le plan psychiatrie et santé mentale annoncé le 11 juin par le gouvernement manque d’une approche globale https://environnementsantepolitique.fr/2025/08/09/64288/
https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/15/refonder-la-psychiatrie-sans-moyens/
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La psychiatrie publique en France, un système à bout de souffle https://environnementsantepolitique.fr/2025/01/11/57510/
https://environnementsantepolitique.fr/2024/10/12/psychiatrie-la-mal-aimee/
https://environnementsantepolitique.fr/2024/10/08/la-psychiatrie-sur-cahiers-de-sante/