L’exposition chronique au bruit routier pendant l’enfance n’est pas sans conséquence

Residential noise exposure and children’s emotional and behavioural difficulties in France: a birth cohort study
The Lancet Public Health Volume 11, Issue 8e543-e554 August 2026
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Par Mme Aude Rambaud
(Saint-Germain-en-Laye)
Date de publication : 11 septembre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=8313857fbff4af889539578ab0894e3f&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24261&from=newsletter&slnk=4
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L’exposition au bruit au cours de l’enfance, en particulier au bruit routier, est associée à un surrisque de troubles comportementaux chez les enfants à l’âge de 10 ans. C’est ce que montre une étude parue dans The Lancet Public Health menée à partir de la cohorte de française ELFE. Les symptômes mis en évidence sont de plusieurs natures : intériorisation, troubles émotionnels et difficultés relationnelles avec les pairs.
Plus de 20% de la population européenne est exposée de façon chronique à des niveaux de bruit liés aux transports, considérés comme nocifs pour la santé.
Une équipe a étudié l’impact de ces expositions sur la santé mentale des enfants. Elle a analysé en particulier, l’effet de différentes sources d’exposition au bruit résidentiel sur leurs difficultés émotionnelles et comportementales.
Ce travail repose sur les données de la cohorte française ELFE, incluant des enfants depuis la naissance et suivis pendant au moins 10 ans, et représentative au niveau national. L’exposition résidentielle au bruit routier, aérien et ferroviaire a été évaluée à 2 mois, 3,5 ans et 5,5 ans à l’aide de logiciels libres GeoClimate et NoiseModelling et de données cartographiques publiques relatives à la géographie, au trafic et au bruit.
La santé mentale des enfants a été évaluée à l’aide du questionnaire « Strengths and Difficulties Questionnaire » rempli par les parents à l’âge de 10,5 ans. À l’âge de 2 mois, un peu moins d’un tiers des enfants (31%) était exposé à de faibles niveaux de bruit routier (<55 dB), un peu plus d’un autre tiers (35%) à des niveaux moyens (55–<60 dB) et le dernier tiers (33%) à des niveaux élevés (≥60 dB).
L’exposition persistante à ces niveaux élevés était associée à une augmentation des symptômes d’intériorisation à l’âge de 10,5 ans (p = 0,003), notamment des symptômes émotionnels (p = 0,026) et des difficultés relationnelles avec les pairs (p = 0,009). Aucun effet significatif n’a été observé à l’âge de 3,5 ans.
L’exposition au bruit des avions était faible, avec 2,3% des enfants exposés à 50 dB ou plus à l’âge de 2 mois, et aucune association significative n’a été observée avec les difficultés émotionnelles et comportementales des enfants.
Référence :
Eloi Chazelas et al.
Residential noise exposure and children’s emotional and behavioural difficulties in France: a birth cohort study
The Lancet Public Health Volume 11, Issue 8e543-e554 August 2026
Retrouvez l’abstract en ligne