Le communiqué de Printemps de la Psychiatrie
Commentaire de GeneviÚve Hénault.
Plus que jamais, avec lâoffensive des anti-psychanalystes qui rĂȘvent de traĂźner les praticiens devant les tribunaux (1) (2) dans le champ de lâautisme dâabord, avec une extension Ă prĂ©voir rapidement Ă tout le champ psychiatrique (3), il faut sâinterroger avec le Printemps de la psychiatrie sur lâinstallation insidieuse dâune psychiatrie dâEtat.
Extraits :
â Dans le champ de la psychiatrie et de la pĂ©dopsychiatrie, l’impartialitĂ© revendiquĂ©e semble Ă©cartĂ©e. Toutes les donnĂ©es disponibles ne semblent pas avoir Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es, ou alors diffĂ©remment. Comment sont examinĂ©s les dossiers ? Ă partir de quelles Ă©tudes scientifiques et avec quelles vĂ©rifications ? Rappelons Ă ce titre le guide de pratique clinique sur le diagnostic et le traitement des troubles dĂ©ficitaires de lâattention avec ou sans hyperactivitĂ© (TDAH) chez les enfants et les adolescents, dont les biais et le manque dâobjectivitĂ© ont Ă©tĂ© soulignĂ©s dans un article de la revue « Prescrire » (4).
Des dĂ©cisions sont prises en lieu et place des professionnel.les qui se voient dĂ©possĂ©dé·es de leurs compĂ©tences, avec maintenant le risque dâune opposabilitĂ© des RBPP, en complĂšte contradiction avec leur code de dĂ©ontologie professionnelle. La HAS dĂ©clare entendre les points dissonants, mais quand a-t-elle entendu lâappel rĂ©current dâune grande partie des professionnel.les sur la question de lâautisme, des troubles de lâattention et de lâhyperactivitĂ© et des « troubles neuro-dĂ©veloppementaux » ?
Ce problĂšme du manque de contradictoire est clairement relevĂ© dans le rapport annuel 20254 du dĂ©ontologue de la HAS, M. Robert Gelli. Celui-ci pense en effet « utile de mettre en place un groupe de travail interne pour essayer de dĂ©finir une doctrine » sur les potentiels liens intellectuels des experts auxquels la HAS fait appel. Il estime que le lien intellectuel « peut ĂȘtre susceptible de constituer un conflit d’intĂ©rĂȘts lorsqu’il est de nature, par son intensitĂ©, sa rigiditĂ© ou son lien prĂ©cis des travaux Ă compromettre l’impartialitĂ© rĂ©elle de la personne ».
Dans notre secteur du soin psychique, elle pĂȘche par son mĂ©dico-centrisme, finalement loin des directives de lâOMS qui prĂŽnent la prise en compte de contexte de vie des populations dans les questions de santĂ© publique.
(âŠ) le Conseil dâĂtat dans une dĂ©cision du 7 juillet 2021 rappelle : « une recommandation de bonne pratique [âŠ] ne dispense [pas] le professionnel de santĂ© de rechercher pour chaque patient la prise en charge qui lui parait la plus appropriĂ©e ».
Comment alors ces recommandations, rĂ©digĂ©es pour aider le praticien Ă exercer son art, tendent-elles Ă la crĂ©ation dâun modĂšle unique, qui serait le seul reconnu par les autoritĂ©s de contrĂŽle et de tarification ?
Parce que la HAS, organe de lâĂtat, fait surtout des choix politiques, et non des choix scientifiques.â
(1) https://lnkd.in/eyr2HujX
(2) https://lnkd.in/eB5Xg9Vq
(3) https://lnkd.in/evCXi68n
(4) https://lnkd.in/enhbm6Zz