Les maires en première ligne face aux troubles psychiques : « On fait appel à eux car les moyens manquent » »
Date de publication : 10 octobre 2024

Le Parisien publie un entretien avec le Pr Antoine Pelissolo, chef de service en psychiatrie à l’hôpital Henri-Mondor (AP-HP) à Créteil, premier adjoint au maire, qui « revient sur les problématiques de santé mentale dans l’espace public, face à des lits fermés et des soignants débordés, les élus tentent de boucher les trous ».
Le journal note en effet que le médecin « fait partie des psychiatres qui travaillent à la déstigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques. Dans la ville où il est premier adjoint, il intervient lors des cafés psycho, mis en place par le conseil local de santé mentale ».
Le Parisien interroge tout d’abord : « Des faits divers mettent en lumière les violences commises par des malades souffrant de troubles mentaux. Y en a-t-il plus qu’avant ? ».
Le Pr Pelissolo répond que « c’est plus visible parce qu’on en parle plus. Il y a 20, 30, 40 ans, il y avait les mêmes problèmes. Peut-être mettions-nous un mouchoir dessus. Il y a un demi-siècle aussi, les malades passaient toute leur vie dans les asiles. Un choix a été fait de développer un autre modèle, pour permettre à ces personnes de ne pas être enfermées toute leur vie ».
Le professeur ajoute : « On peut comprendre que ces événements choquent. Ils sont toujours très spectaculaires. Il y a un effet médiatique. Mais le nombre d’actes graves est bien plus élevé à l’encontre des personnes souffrant de troubles psychiques. Elles sont bien plus victimes qu’autrices ».
Le journal demande en outre : « La crise du Covid-19 a-t-elle accentué les troubles ? ».
Antoine Pelissolo observe qu’« on a assisté à une montée de toutes les pathologies en raison du stress et de la désorganisation de la société durant cette période. Mais ce qui s’est accentué, c’est la souffrance des jeunes, et principalement des jeunes femmes. À 15, 18 ans, il est beaucoup plus difficile de revenir dans le système quand on en est sorti ».
« Cette période a cependant permis une prise de conscience, on parle davantage de la santé mentale. Elle devient une cause nationale. Chez les jeunes, il n’y a pas de tabou : des influenceurs en parlent. C’est un progrès. Même s’il y a encore besoin de déstigmatisation », poursuit le psychiatre.
Le Parisien remarque : « Les maires se retrouvent en première ligne, parfois bien démunis… ».
Le Pr Pelissolo observe qu’« ils sont appelés par les habitants, les professionnels parce que les moyens manquent. Ils sont véritablement une plaque tournante. Mais ce n’est pas leur compétence. C’est la raison pour laquelle les conseils locaux de santé mentale sont essentiels. Cette instance permet de coordonner tous les acteurs, bien qu’elle ne soit pas suffisante ».
Le médecin souligne que « le manque de places, de lieux de vie adaptés, est criant. Plus de 10.000 places en France ont été fermées, 40.000 à 50.000 places à l’hôpital. On n’a pas assez créé d’alternatives. La psychiatrie de secteur est saturée. Le spectre des pathologies s’est élargi avec les psychoses, les dépressions, les addictions, les syndromes post-traumatiques ».
« Si la France est plutôt bien dotée en termes de médecins psychiatres par rapport aux autres pays, il faut augmenter le numerus clausus. Dans dix ans, on n’aura pas assez de jeunes formés », ajoute-t-il.
Le Pr Pelissolo déclare qu’« il faut des équipes mobiles notamment. L’aller vers a un sens évident en psychiatrie. Depuis 3 ans, nous avons construit une équipe avec l’hôpital intercommunal de Créteil pour les 15-30 ans. C’est à cet âge-là que les troubles démarrent. Aller les voir chez eux, s’assurer de leur état, de leur prise de traitement, il n’y a que comme ça qu’on peut espérer qu’il n’y ait pas de rechute »
« Santé mentale : un nouvel outil au service de la prévention, qui fait discuter maires, soignants, bailleurs et policiers »
Date de publication : 10 octobre 2024



A l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, ce jeudi 10 octobre, Agnès Vives indique en effet dans Le Parisien :« CLSM : le sigle n’est pas encore connu du grand public. Mais, aujourd’hui, c’est une des armes dont se dotent les collectivités ».
La journaliste explique que « derrière ces 4 lettres se cache le conseil local de santé mentale. Calqué sur son grand frère, le CLS, conseil local de santé, ou de son cousin le CLSPD, en matière de prévention de la délinquance, cet outil met en relation tous les acteurs (ville, soignants, bailleurs, justice, etc.) pour favoriser l’insertion des personnes ayant des troubles psychiques ».
Agnès Vives relève qu’« en Île-de-France, en 2022, selon l’agence régionale de santé (ARS), 51 communes en étaient dotées, sur les 141 qui comptent un quartier prioritaire de la politique de la ville. En effet, ces quartiers cumulant les difficultés, l’État donne un coup de pouce ».
La journaliste se penche sur Créteil, dans le Val-de-Marne, qui« fait partie des villes pionnières en la matière ».
Martine Garrigou-Gaucherand (PCF), adjointe chargée des questions de santé et ex-psychiatre, déclare ainsi que « dès 2015, nous avons identifié dans le cadre d’un diagnostic l’urgence des besoins en santé mentale avec des personnes qui n’étaient plus prises en charge, faute de médecins psychiatres, et alors que des lits fermaient ».
Agnès Vives note qu’« un an plus tard, le CLSM a été créé, coordonné par une psychologue, dont le poste est cofinancé à 50% par l’ARS. Réunions, formations en gestes de premier secours en santé mentale, cafés psycho, promotion de la santé mentale, les actions développées y sont variées ».
La journaliste ajoute que « le cœur du dispositif repose sur la cellule des cas complexes. En 2023, 57 situations ont été signalées, dont 54 pour des personnes isolées, avec un âge moyen de 58 ans. Sur les 6 derniers mois, le CLSM a été saisi de 22 cas. Avec, et c’est nouveau, de plus en plus de jeunes adultes ».
« Des remontées qui proviennent principalement du CCAS (centre communal d’action sociale), ou des bailleurs, mais la police, des habitants, et des familles de malades peuvent aussi toquer à la porte. […] SDF qui développent des troubles, personnes âgées isolées, malades de Diogène, voisins souffrant d’addiction avec des troubles neurologiques, les profils sont multiples », poursuit-elle.
Agnès Vives souligne que « le CLSM a donc fait ses preuves. L’ARS ambitionne d’ailleurs d’atteindre les 70 communes en 2028. Mais même sans quartiers difficiles, d’autres communes y voient un intérêt ».
Igor Semo (LR), maire de Saint-Maurice (Val-de-Marne), remarque que « le sujet de santé mentale peut surgir dans tous les milieux. On se doit aujourd’hui de mettre cette problématique à l’agenda. Être en réseau permet de trouver des solutions. Cela permet aussi aux aidants de se sentir moins isolés ».
La Croix titre pour sa part : « Santé mentale : comment aider un jeune qui va mal ? ». Jeanne Ferney note que « depuis la crise du Covid, les alertes sur la dégradation de la santé mentale des adolescents et jeunes adultes se multiplient. Si le recours à un spécialiste peut s’avérer nécessaire dans certains cas, les pistes qu’évoquent les psychiatres interrogés par La Croix sont à la portée de tous ».
Le Pr Ludovic Gicquel, chef du pôle de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du centre hospitalier Laborit, à Poitiers, remarque ainsi : « L’erreur qu’on a faite, c’est d’avoir trop invoqué le Covid, or la crise sanitaire est derrière nous et les chiffres ne redescendent pas ».
David Gourion, psychiatre à Paris, note que « certains marqueurs importants ne peuvent pas être ignorés, notamment l’augmentation des tentatives de suicide. Mais de même qu’on voit des parents banaliser des états de grande souffrance psychique chez leur enfant, certains ont tendance à dramatiser ce qui relève du coup de blues. Demandez à un ado comment il va, il vous répondra souvent qu’il va mal. L’adolescence est par définition une période où l’on peut avoir un côté torturé, et chercher à le revendiquer ».
Le Dr Stéphane Clerget, pédopsychiatre, observe : « Pour ma part, je n’y vois pas une aggravation du mal-être mais le signe d’un intérêt croissant pour la psychologie et la psychiatrie. Aujourd’hui, les jeunes savent qu’une écoute est possible et il la demande plus souvent ».
Jeanne Ferney observe : « Reste à savoir vers qui se tourner, à l’heure où les centres médico-psychologiques, clé de voûte de la psychiatrie ambulatoire des mineurs, sont pour la plupart saturés. «Les difficultés du secteur sont criantes, mais la densité de psychiatres et de pédo-psychiatres en France est l’une des plus élevées d’Europe», rappelle le Dr Gourion, pour qui le véritable enjeu se situe en amont de la prise en charge médicale ».
Le psychiatre indique : « Quand on parle de la santé mentale des jeunes, on oublie souvent de parler de prévention, or il n’y a pas besoin d’être psy pour en faire. Les parents, les grands-parents, les oncles et tantes, les enseignants : ce sont les personnes de l’entourage qui sont les mieux placées ».
La journaliste continue : « Réhabiliter la parole et l’échange, voilà ce que prescrivent en priorité ces psychiatres qui se veulent «résolument optimistes». Et paradoxalement, les réseaux sociaux du type TikTok sont parfois leurs meilleurs alliés ».
Le Pr Gicquel indique ainsi qu’« il y a tout un mouvement partiel mais réel de déstigmatisation des problèmes de santé psychiques sur ces réseaux ».
De son côté, Libération publie son « Libé des historiens », expliquant qu’« à l’occasion des «Rendez-vous de l’histoire», qui se tiennent à Blois du 9 au 13 octobre, les journalistes de Libération invitent une trentaine d’historiens pour porter un autre regard sur l’actualité ».
Le journal livre notamment un article de Raphaël Gallien, enseignant en histoire à Sciences-Po, doctorant à Paris-Cité, intitulé : « La «santé mentale», une notion à panser collectivement ».
L’historien remarque entre autres : « Outre la déshérence que connaît la psychiatrie, les tentatives de réduire les itinéraires de soin à un parcours normé et essentialisant témoignent d’une profonde méconnaissance de ce que ces souffrances impliquent ».
« Le symptôme psychique n’est pas un simple désordre à corriger ni la marque d’un mal à éradiquer. Il suppose au contraire de penser collectivement ce qu’il induit et dit de l’état d’une société, bien loin d’une «santé mentale» faussement universalisante et d’un état de «bien-être» retrouvé à partir de recettes génériques plus ou moins stéréotypées. […] Plutôt qu’une «santé mentale», c’est donc une «santé sociale» qu’il faudrait ambitionner », souligne Raphaël Gallien.
Rachel Bocher, psychiatre : « Les villes doivent s’engager à réfléchir à la santé mentale »
Entretien
Propos recueillis par Margot Brunet
Publié le 09/12/2022 à 20:00
Comment les municipalités peuvent améliorer la santé mentale des résidents en aménageant leur environnement ? Un colloque réunissant professionnels de santé, anthropologues, architectes et artistes a planché sur cette question le 1er et 2 décembre, à Nantes. Explications avec la psychiatre Rachel Bocher.
Chaque année, plus de 700 000 personnes mettent fin à leur jour. Parmi les 15-29 ans, le suicide est même la quatrième cause de décès. Alors que la santé mentale est un enjeu majeur de nos sociétés, cet indicateur se dégrade dans nombre de pays, dont la France, depuis la pandémie de Covid-19. Et si les municipalités pouvaient inverser la tendance ?
À LIRE AUSSI : Covid : 8e vague, impact sur l’hôpital, santé mentale… que dit le nouveau conseil scientifique ?
C’est en tout cas l’ambition de l’appel lancé lors du colloque « Villes et Santé mentale » qui s’est tenu à Nantes les 1er et 2 décembre dernier : pousser les municipalités à faire de la santé mentale de leurs résidents une priorité. Car le bien-être psychique dépend en grande partie de notre environnement et de notre cadre de vie. Or plus de la moitié de la population mondiale vit en milieu urbain, et ce pourcentage devrait atteindre 7 personnes sur 10 en 2050. D’où la nécessité, d’après Rachel Bocher, chef du service de psychiatrie au CHU de Nantes et commissaire scientifique du colloque, de monter des politiques urbaines favorables à une meilleure santé mentale des citadins. Entretien. (Suite abonnés…)
n a l’impression que tous les psys ont des problèmes » : la psychiatrie, la mal-aimée des étudiants en médecine
Santé mentale
Par Chloé Sémat
Publié le 11/10/2024 à 17:38 https://www.marianne.net/societe/sante/on-a-limpression-que-tous-les-psys-ont-des-problemes-la-psychiatrie-la-mal-aimee-des-etudiants-en-medecine

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La psychiatrie est de plus en plus délaissée par les étudiants en médecine qui affirment, pour plus d’un tiers d’entre eux, « avoir peur » de cette spécialité. Stigmatisation, manque de moyens, méconnaissance de la discipline… Les professionnels alertent sur le manque d’attractivité du secteur, alors que le gouvernement de Michel Barnier a érigé la santé mentale comme « Grande cause nationale pour 2025 ».
Quand il s’est lancé dans des études en médecine, Ali-Kemal, 26 ans, se prédestinait plutôt à la neurologie. « Quand j’ai finalement annoncé à mes potes que j’avais choisi la psychiatrie, certains se sont un peu moqués, ou m’ont gentiment fait quelques blagues… » Pourtant, l’étudiant à Paris l’assure : son choix pour cette spécialité était totalement « volontaire ».
Ali-Kemal fait ainsi partie des quelque 424 étudiants en France qui ont opté, à la rentrée 2024, pour cette spécialité. À noter que 65 postes sont restés vacants – un chiffre en hausse de 13,3 % par rapport à l’an dernier, comme le souligne le Collège National des Universitaires de Psychiatrie (CNUP). « On constate un certain désamour de cette discipline, lié notamment à sa méconnaissance », se désole Olivier Bonnot, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et président du CNUP.
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Une incompréhension de la discipline perceptible dans la population générale, alors que plus de six Français sur dix jugent l’univers de la psychiatrie « anxiogène », selon le baromètre réalisé par l’institut CSA pour le CNUP, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) et l’Association nationale des internes de psychiatrie (AFFEP).
Plus inquiétant encore pour les professionnels du secteur : « Les étudiants sont globalement en accord avec cette assertion », déplore Olivier Bonnot. En effet, ils sont 37 % à « avoir peur » de cette spécialité, qui reste cantonnée au top 4 des derniers choix des élèves, à l’issue des épreuves classantes nationales, avec la santé publique, la médecine du travail et la biologie.
« ON S’ACCROCHE À NOS PRÉJUGÉS »
Et la méthode d’enseignement, au cours des premières années d’études de médecine, n’a rien fait pour dissiper les nombreux aprioris des élèves : « On nous donne une simple liste de symptômes et les cours ne sont pas assez poussés par rapport à d’autres disciplines. De fait, on manque beaucoup d’informations en la matière, notamment sur le suivi du patient. On s’accroche à nos préjugés et certains continuent de penser que la psychiatrie se résume à donner des antidépresseurs », regrette Dahlia, étudiante en césure entre sa troisième et sa quatrième année de médecine, qui n’a pas encore fait son choix quant à sa future spécialité.
Une chose est sûre : la jeune femme de 20 ans souhaite faire un stage en psychiatrie pour essayer de passer outre la théorie qu’elle a survolée sur les bancs de sa faculté de Creil (Oise) pour s’essayer à la pratique. Car, si certains stages sont obligatoires comme en chirurgie ou en médecine générale, celui de psychiatrie reste optionnel – au grand dam des professionnels qui insistent, depuis de nombreuses années, pour l’imposer dans le cursus des étudiants.
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Ce manque de considération contribue à la stigmatisation d’une discipline, que beaucoup continuent de ne pas reconnaître comme une spécialité médicale à part entière. « Les praticiens ne considèrent pas leurs confrères psychiatres comme de « vrais médecins », ce qui s’illustre notamment par l’absence très fréquente de courriers médicaux leur étant adressés », confirme la psychiatre Déborah Sebbane, dans un articlepublié dans la revue Information psychiatrique en 2015.
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GRANDE CAUSE NATIONALE POUR 2025
Elle est en outre considérée comme étant « moins prestigieuse » que les autres spécialités par pas moins de 62 % des étudiants. Opaque, angoissante, synonyme d’enfermement… « C’est la mal-aimée des disciplines cliniques », constate, las, Ali-Kemal, qui regrette par ailleurs les idées reçues vis-à-vis des patients en psychiatrie, comme des professionnels. « On a l’impression que tous les psys ont des problèmes psychiatriques », note l’étudiant dans un rire jaune.
En effet, selon les données rapportées par la revue Information psychiatrique, 56 % des internes toutes spécialités confondues pensent qu’un étudiant en psychiatrie a probablement des antécédents psychiatriques personnels ou qu’il est « bizarre ». Les psychiatres sont quant à eux perçus comme des « gens confus, complexes et difficiles à comprendre ». Résultat, la profession tombe dans la désuétude… et les étudiants optant pour cette spécialité n’étant pas assez nombreux, le renouvellement démographique est loin d’être assuré. Rappelons qu’en 2023, un quart des psychiatres avaient plus de 65 ans.
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Or, en parallèle, les troubles psychiatriques sont devenus un enjeu prioritaire de santé publique, en dégradation constante depuis la pandémie de Covid-19. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un Français sur cinq sera touché au moins une fois dans sa vie par de tels troubles ou par une maladie mentale. Face à ce constat, le Premier ministre, Michel Barnier, a érigé la santé mentale comme « Grande cause nationale » pour 2025, lors de son discours de politique générale le 1er octobre dernier.
Un soulagement pour les professionnels du secteur, qui attendaient cette annonce depuis de longues années. « Maintenant, il va falloir informer la population générale sur ce que sont les troubles psychiatriques. Par exemple, quand quelqu’un se casse une jambe, il sait qu’il va devoir consulter un orthopédiste. En revanche, lorsqu’une personne entend des voix ou souffre d’une dépression, il n’est pas évident qu’elle se dirige automatiquement vers un psychiatre », observe Olivier Bonnot, qui prône une vaste campagne médiatique en la matière.