La psychiatrie publique ne peut plus être le parent pauvre de notre système de santé
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Délais trop longs, manques de structures de proximité et d’effectifs : face aux parcours d’obstacles que rencontrent les patients, des présidents de conseil de surveillance de centres hospitaliers appellent à agir sans attendre.

Dans de nombreuses zones rurales ou périurbaines, les délais s’allongent, les structures de proximité manquent, et les équipes peinent à répondre à la demande. (Giza 01, 500px/Getty Images)
Santé mentale
Par
Un collectif de présidentes et de présidents du conseil de surveillance de centres hospitaliers
Publié le 27/04/2026 à 17h05
En France, la santé mentale est devenue un enjeu crucial, avec une forte augmentation des troubles psychiques, notamment chez les jeunes. Les besoins explosent, tandis que l’offre de soins peine à suivre.
En 2024, aux côtés d’une douzaine d’élus locaux présidents de conseils de surveillance d’établissements publics de santé mentale, nous avons lancé une alerte collective sur la situation critique de la psychiatrie publique.
Cette dernière joue un rôle central dans notre système de santé. Elle constitue le pilier de la prise en charge des troubles psychiques, en garantissant un accès aux soins pour tous, quels que soient les moyens financiers ou la situation sociale. Elle assure également une présence sur l’ensemble du territoire grâce à une organisation en secteurs, permettant une prise en charge de proximité. Ce maillage territorial est essentiel pour éviter les ruptures de soins et maintenir un lien continu avec les patients, notamment les plus vulnérables. Par conséquent, les difficultés que traverse aujourd’hui la psychiatrie publique ébranlent l’ensemble de l’édifice de la santé mentale.
Reçus le 13 novembre 2024 par le cabinet de la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, nous avons été appelés à proposer des solutions concrètes. Le 24 février 2025, nous avons ainsi remis un plan structuré de 16 mesures pour répondre aux difficultés de fond du secteur : attractivité des métiers, organisation territoriale des soins, renforcement des moyens…
Depuis, les tensions persis… (suite abonnés)
Commentaire Dr Geneviève Hénault
Quand des élu·es locaux président·es de conseils de surveillance d’établissements publics de santé mentale prennent le temps de faire une tribune publiée dans Libération pour faire le constat que leur alerte du 13 novembre 2024, alors qu’ils et elles étaient reçu·es par le cabinet de la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, a été une opération blanche :
(…) ❝ nous avons été appelés à proposer des solutions concrètes. Le 24 février 2025, nous avons ainsi remis un plan structuré de 16 mesures pour répondre aux difficultés de fond du secteur : attractivité des métiers, organisation territoriale des soins, renforcement des moyens… Depuis, les tensions persistent. Et c’est dans les territoires qu’elles s’expriment avec le plus de force.❞
Ils et elles avaient aussi rappelé l’importance de l’organisation des soins psychiatriques sur le modèle du secteur. Un an et demi plus tard, ceux-ci sont démantelés, les uns après les autres, dans un silence des plus assourdissants.
Un an et demi plus tard, le privé lucratif continue à s’étendre. Un an et demi plus tard, la population est de plus en plus abandonnée face à ses troubles psychiques et les inégalités d’accès aux soins s’accentuent, d’un territoire à l’autre, d’un département à l’autre, d’une ville à l’autre.
Tension ? Effondrement, oui !