Hausse de 45% des installations de généralistes dans les déserts : ces chiffres de l’Assurance maladie qui tordent le cou pour certains à la loi Garot
L’Assurance maladie vient de dévoiler son nouvel Observatoire de l’accès aux soins. Elle se félicite d’une nette hausse des installations des médecins généralistes, par rapport aux années précédentes, notamment dans les zones d’intervention prioritaires. Une progression qui s’explique, selon la Cnam, par la hausse du nombre de places dans les facultés de médecine.
Par Sandy Bonin
Une « nette reprise » démographique. Après une baisse de près de 10 % observée en 2024, l’année 2025 est marquée par hausse de 32% des primo installations de médecins généralistes. Au total, 2 810 médecins généralistes se sont installés pour la première fois en exercice libéral, contre 2 130 en 2024.
« Cette progression porte le nombre de primo-installations à un niveau plus de deux fois supérieur à celui observé en 2012. Elle constitue un signal encourageant pour le renforcement de l’offre médicale de premier recours et devra se confirmer dans la durée », relève l’Assurance maladie dans son communiqué de présentation des chiffres de l’Observatoire de l’accès aux soins pour 2025.
«Nette reprise» de l’installation de médecins généralistes en 2025, selon l’Assurance maladie
«Ce regain de la démographie des médecins généralistes en ville s’explique notamment par le relèvement significatif au cours de la décennie précédente du nombre de places ouvertes dans les facultés de médecine», indique l’Assurance maladie.
L’Assurance maladie a observé une «nette reprise» de l’installation de médecins généralistes libéraux en 2025, qui a augmenté de 32% par rapport à 2024 après six ans de stagnation voire de baisse, une tendance qui devrait «se poursuivre», a-t-elle indiqué jeudi dans un communiqué. En 2025, 2810 médecins généralistes se sont installés en libéral, contre 2130 l’année précédente, et un peu plus de 2300 sur les années d’avant, selon les chiffres de son «observatoire de l’accès aux soins».
«Ce regain de la démographie des médecins généralistes en ville s’explique notamment par le relèvement significatif au cours de la décennie précédente du nombre de places ouvertes dans les facultés de médecine», indique l’Assurance maladie. Ce relèvement ne commence à produire «ses effets sur le nombre d’installations que maintenant, et cette tendance positive devrait se poursuivre dans les mois et années à venir», estime-t-elle.
Autre signal encourageant selon l’Assurance maladie, «ce rebond démographique bénéficie en particulier aux zones d’intervention prioritaires», les territoires les plus sous-dotés en offre médicale. «Ainsi, en 2025, 891 médecins généralistes s’y sont installés, soit près de 300 installations supplémentaires par rapport à 2024 et une hausse de près de 45% en un an», indique l’institution. Les chiffres montrent par ailleurs que la proportion de patients en ALD (affection de longue durée) sans médecin traitant se maintient à 4,3% fin 2025, alors même que la population de malades en ALD ne cesse d’augmenter.
«Des résultats encourageants» dans la lutte contre la désertification médicale
Le recours aux assistants médicaux continue par ailleurs d’augmenter (+20% de contrats signés en un an), tandis que le service d’accès aux soins (SAS, accessible via le 15) couvre désormais 98,5% de la population française, selon l’Assurance maladie
En revanche, mauvais signal pour l’accessibilité financière des soins, l’Observatoire constate un recul du nombre de praticiens choisissant le dispositif de maîtrise des suppléments d’honoraires (Optam), mis en place pour tenter d’endiguer la hausse de ces suppléments. «Le nombre de médecins adhérents s’établit à 15.461, soit 1832 adhérents de moins qu’en 2024», et le taux d’adhésion des médecins concernés recule nettement à 44,5 % (52,7%).
Au total, l’Observatoire montre «des résultats encourageants» dans la lutte contre la désertification médicale «à confirmer dans la durée», estime l’Assurance maladie. En mars, l’Observatoire de la démographie médicale publié par l’Ordre des médecins avait confirmé une nouvelle hausse du nombre de médecins en activité régulière en 2025 (libéraux et salariés), après des années d’effritement.
Commentaire Dr Jean SCHEFFER
Les « Anti régulation » crient victoire sous le prétexte qu’il y a près de 300 installations. supplémentaires par rapport à 2025 dans les déserts médicaux . Et c’est pour eux un argument pour affirmer qu’il n’y a pas lieu de réguler les installations.
En réalité il y a en 2025 une augmentation similaire à 2024 tant dans les zones pourvues que dans les déserts médicaux:
-2000 médecins en 2025 dans les zones pourvues et 2130 en 2024
-891 dans les déserts médicaux en 2025 et 591 en 2024
C’est donc seulement 30 % des médecins qui s’installent dans les déserts médicaux
La lame de fond en faveur de l’installation en zone pourvue persiste et ceci avait été bien étudié et c’est bien ce qui explique que l’augmentation du Numérus Apertus est insuffisant pour réduire les déserts médicaux (voir la tribune de Jean de Kervsadoué dans « Le Point » – https://environnementsantepolitique.fr/2026/05/21/74714/)
Pour solutionner les déserts médicaux il est nécessaire de mener de front plusieurs actions en plus de l’augmentation du Numerus Apertus
–Une véritable régulation des installations basée sur le non conventionnement en cas d’installation en zone pourvue
–La création de centres de santé publics en territoire de désert médical, car il est prouvé que les Maisons de Santé Libérales ont tendance à s’installer dans des zones urbaines
–La lutte contres tous les autres déserts médicaux quel que soit le lieu d’exercice et la spécialité, qui passe par la création du « Clinicat Assistanat Pour tous », obligatoire en fin d’internat, pour tous les futurs généralistes et tous les futurs spécialistes, à l’image de l’actuel assistanat partagé CHU-CHG (Voir: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2). C’est la solution immédiate pour combler les 40% de postes de PH vacants dans nos CHG et les 50% vacants dans les hôpitaux spécialisés-CMP, sans compter les vacances en PMI-Crèches-médecins scolaire et universitaire, en centre de santé, en médecine publique, médecine du travail, médecine pénitentiaire, santé publique, recherche…
-La disparition progressive des dépassements d’honoraires qui doit aller de pair avec la fin du remboursement des soins par les complémentaires en plusieurs étapes. La première avec la généralisation du système assurentiel en vigueur en Alsace-Moselle, l’assurance complémentaire étant intégrée dans l’assurance maladie, créant une économie de 7 à 10 milliards qui permettra de revaloriser les actes sous-cotés.
Voir aussi:
https://environnementsantepolitique.fr/2026/06/10/75576/
https://environnementsantepolitique.fr/2026/06/09/75364/
https://environnementsantepolitique.fr/2026/05/22/74732/