Une centaine de salariés des secteurs de la santé, du social et du médico-social se sont rassemblés ce jeudi 11 juin devant le conseil départemental du Tarn

TARN. Les travailleurs du social, de la santé et du médico-social dénoncent un secteur à bout de souffle

TARN. Les travailleurs du social, de la santé et du médico-social dénoncent un secteur à bout de souffle

Société. Une centaine de salariés des secteurs de la santé, du social et du médico-social se sont rassemblés ce jeudi 11 juin devant le conseil départemental du Tarn. Ils dénoncent la baisse des financements, le manque d’attractivité des métiers et des conditions de travail toujours plus dégradées.

Publié le 11/06/2026 à 14h55 – Par Laura VaillantDevant le conseil départemental du Tarn, les syndicats se sont rassemblés pour revendiquer, entre autres, l’augmentation du nombre de lits et places d’accueil pour répondre aux besoins de la population. – © Laura Vaillant / Le Tarn libre

La colère gronde chez les travailleurs des secteurs de la santé et du social. Une centaine d’entre eux se sont rassemblés ce jeudi midi devant les locaux du conseil départemental du Tarn, à Albi, pour faire entendre leurs revendications. Une mobilisation de plus, dans un contexte tarnais difficile depuis plusieurs semaines.

Déjà au Relais de Montans, une annonce de plan social menaçant plus d’une trentaine de salariés est source de tension. « Des emplois sont mis en péril et des personnes vulnérables sont mises en danger », alerte Jean-Baptiste Barreau, délégué syndical CGT AEP La Landelle et membre du bureau de coordination syndicale santé, social et médico-social. Si les multiples rebondissements dans l’affaire de la structure sociale tarnaise ont poussé les syndicats à se mobiliser ce jeudi 11 juin, toujours est-il que leurs revendications sont nombreuses.

Des salaires qui ne suivent plus

L’intersyndicale déplore des conditions de travail de plus en plus difficiles, dues à des prises de décisions jugées inadaptées. À commencer par la « baisse de financement par le conseil départemental du Tarn aux associations de l’action sociale ». Les unités syndicales dénoncent le risque d’un impact sur « l’emploi, la prise en charge et in-fine sur les conditions de travail pour les équipes qui devront travailler plus, pour moins de salaire, avec moins de personnel ».

D’autant que les travailleurs de ces différents secteurs l’observent au quotidien : la crise des vocations est bien présente. Alors que SMIC a été augmenté au 1er juin, nombre de salaires ne suivent pas la tendance. « Cette hausse devrait se répercuter sur l’ensemble des salaires, il n’en est rien, s’indigne Arnaud Sabathier, secrétaire général USD CGT Santé action sociale du Tarn. Alors, de plus en plus de métiers qualifiés se retrouvent en dessous du SMIC. »

Avec les valeurs du point dans le privé et le point d’indice dans le public gelés, les syndicats déplorent des « pénuries de personnels quotidiennes et des conditions de travail de plus en plus insupportables » dues à un manque d’attractivité du métier. « Aujourd’hui, alors qu’il faut des diplômes pour travailler dans le secteur du social, on observe des recrutements de personnes qui n’en ont pas », dénonce Jean-Baptiste Barreau. Un des points de départ des défaillances du système ? « Oui, c’est certain », affirme le membre du bureau de coordination syndicale santé, social et médico-social.

Karen Erodi appelle à « d’autres choix politiques »

Le cri de colère des personnes mobilisées devant le conseil départemental a été entendu et soutenu par la députée LFI Karen Erodi, présente sur place. Interrogée, elle demande au Président du Département Christophe Ramond de « faire d’autres choix politiques » . « Il est membre du Parti socialiste, il faut qu’il se positionne pour en porter la voix dans ses instances », insiste-t-elle.

Une nécessité pour la femme politique qui déplore, notamment dans le secteur de la protection de l’enfance, un « désengagement de l’Etat qui ne finance que 3% de cette politique ». Trop peu pour elle, qui le dit, « au foyer de l’aide sociale à l’enfance, se sont douze mineures sur douze hébergées qui auraient été victimes de réseaux de prostitution ».

Si le rassemblement de ce 11 juin s’est achevé par une rencontre entre une délégation intersyndicale, l’ARS, le conseil départemental et la préfecture, les représentants des salariés restent prudents quant aux suites qui seront données à leurs revendications. Dans un secteur confronté à des difficultés croissantes, ils n’excluent pas de poursuivre la mobilisation. Un appel national à la grève est d’ailleurs prévu à la fin du mois et pourrait trouver un écho particulier dans le Tarn.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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