Arrivée de 16 médecins juniors dans le Tarn

Déserts médicaux dans le Tarn : face au manque de médecins, plusieurs communes accueillent seize praticiens juniors depuis ce lundi

Ce lundi 2 novembre, 16 médecins juniors vont rejoindre les cabinets tarnais.

Publié le 03/11/2026 à 08:01 https://www.ladepeche.fr/2026/11/03/deserts-medicaux-dans-le-tarn-face-au-manque-de-medecins-plusieurs-communes-accueillent-seize-praticiens-juniors-depuis-ce-lundi-13627760.php

Article rédigé par Samuel Cadène

Samuel Cadène

Journaliste

La Dépêche du Midi

l’essentiel

Depuis ce lundi 2 novembre, 16 lieux de soins tarnais accueillent des docteurs juniors en médecine générale. Une première promotion de jeunes praticiens qui, sous supervision, prendra part aux consultations et au suivi des patients. Avec 241 étudiants déployés dans toute l’Occitanie, ce nouveau dispositif entend répondre aux difficultés d’accès aux soins et donner envie aux futurs médecins de s’installer durablement dans les territoires qui en ont le plus besoin. Les détails.

C’est une nouvelle étape dans la lutte contre les déserts médicaux. À partir de ce lundi 2 novembre, les premiers docteurs juniors en médecine générale feront leur entrée dans les cabinets et structures de soins ambulatoires d’Occitanie. Au total, 241 étudiants de quatrième année rejoindront les professionnels de santé des 13 départements de la région. Dans le Tarn, 16 lieux d’accueil ont été retenus, de Castres à Mirandol-Bourgnounac, en passant par Albi, Mazamet, Carmaux ou encore Cordes-sur-Ciel.

Ce lundi 2 novembre, 16 médecins juniors vont rejoindre les cabinets tarnais.
Ce lundi 2 novembre, 16 médecins juniors vont rejoindre les cabinets tarnais. SEBASTIEN LAPEYRERE

Derrière cette réforme de la formation médicale, l’enjeu est majeur : renforcer les soins de proximité tout en préparant la relève. Près de 42 % des docteurs juniors de cette première promotion seront affectés en zone d’intervention prioritaire pour l’installation des médecins.

Des consultations et un suivi au plus près des patients

Cette quatrième année du diplôme d’études spécialisées (DES) de médecine générale doit permettre aux étudiants de consolider leurs compétences dans les conditions réelles de l’exercice libéral. Accueillis par des médecins agréés maîtres de stage des universités, ils exerceront en ambulatoire, dans le cadre d’une autonomie supervisée.

À lire aussi : Déserts médicaux : ce village du Tarn propose un cabinet médical moderne et des aides financières pour trouver un médecin

Concrètement, ces jeunes praticiens ne seront pas de simples observateurs. Ils pourront recevoir des patients pour des problèmes de santé courants, participer aux soins non programmés, assurer des consultations de suivi, notamment pour les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques, et contribuer aux actions de prévention, de dépistage et de vaccination. Leur activité s’effectuera toujours avec l’accompagnement d’un médecin encadrant.

À lire aussi : Seize docteurs juniors pour remédier aux déserts médicaux en Tarn-et-Garonne

Pour les habitants, l’arrivée de ces étudiants doit contribuer à renforcer la capacité des structures locales à répondre aux demandes de soins. « La présence des docteurs juniors va contribuer aux actions visant à mieux répondre aux besoins de la population, notamment dans les zones sous-dotées », souligne l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie. L’objectif est aussi de familiariser ces futurs médecins avec les réalités des territoires, afin de favoriser leur installation à l’issue de leur formation.

Du sud au nord du Tarn, 16 lieux d’accueil mobilisés

Le maillage tarnais concerne des communes de toutes tailles. Dans le sud du département, les docteurs juniors seront accueillis à Castres, Mazamet, Verdalle, Labastide-Rouairoux et Vabre. Plus au centre, Réalmont, Alban et Lavaur figurent également parmi les sites retenus. À Albi, deux médecins accueilleront des étudiants, tout comme les communes de Gaillac, Le Séquestre, Coufouleux, Carmaux, Cordes-sur-Ciel et Mirandol-Bourgnounac.

On voit que la majorité des lieux d’exercice est dans une ville ou agglomération significative.

À lire aussi : Déserts médicaux : dans le Tarn, l’espoir renaît enfin avec l’arrivée de jeunes médecins et une inversion historique de la tendance **

Au-delà du renfort immédiat apporté aux structures de soins, l’ambition est de construire dans la durée. En découvrant les conditions d’exercice et les besoins des habitants, ces jeunes médecins pourraient bien trouver dans le Tarn leur futur territoire d’installation. Un pari sur la formation pour tenter de répondre, durablement, à l’un des défis les plus pressants du système de santé.

Commentaire Dr Jean SCHEFFER:

Il y a tromperie sur la marchandise: les médecins juniors sont des internes qui sont dans leur quatrième année, dernière année de formation qui est une année de professionnalisation et non pas la solution pour les déserts médicaux.

C’est bien ce qui est précisé par la présidente du syndicat jeunes médecins France la Dre Anna Boctor*

Le principal syndicat de Médecine générale (MG France) avait bien posé le problème en 2022 et 2024:

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Médecine générale, 4eme année d’internat : MG France pose des conditions.

Lier cette quatrième année aux problèmes démographiques dont souffrent la médecine générale et les patients est une erreur.

  • Création : 26 Septembre 2022
  • Mis à jour le 26 Septembre 2024.

Pour MG France, pas de quatrième année sans les conditions indispensables à sa mise en place.

Engagé depuis sa création pour la reconnaissance de la spécialité médecine générale et de sa filière universitaire, MG France considère que cette spécialité, au champ particulièrement large et complexe, nécessite bien une année professionnalisante comme toutes les autres spécialités.

Cette 4ème année d’internat doit être dédiée à la maîtrise de tout l’environnement professionnel, administratif et territorial du cabinet de médecine générale.
Elle doit donc se dérouler dans un cabinet de médecine générale et être encadrée par des généralistes en activité selon des modalités qu’il est impératif de préciser, sans oublier des locaux adaptés et des moyens humains pour aider ces médecins.

Pour les internes, de nombreuses conditions sont indispensables à cet exercice (statut, rémunération, logement, garanties d’encadrement…) et nécessitent un cahier des charges complexe qui doit impérativement être validé par les jeunes et les médecins en exercice.

Sans moyens, cette 4ème année professionnalisante ne constituera qu’une coquille vide : il sera difficile de trouver 3500 terrains de stages chaque année.

Enfin, penser que la 4ème année serait la solution aux problèmes de démographie médicale est une erreur. La pénurie est globale, rendant illusoire la désignation de certaines zones au détriment de ses voisines.

MG France met en garde contre des décisions précipitées qui risquent de compromettre une fois de plus l’attractivité de de la médecine générale, aggravant la désertification médicale, si les conditions d’exercice des internes et de médecins ne sont pas rapidement améliorées

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Tromperie également concernant les stages de 6 mois effectués en Hôpital général ou en CHU, c’est l’hégémonie des hospitalo-universitaires qui ont obtenu que des quatrième année passent 6 mois de stage en Hôpital situation qui n’a rien à voir avec la professionnalisation en médecine générale.

Pour les pouvoirs publics, ces stages des médecins juniors en zones prioritaires et l’augmentation du « numerus apertus » sont des arguments qui leur permettent d’éviter une véritable régulation des installations pourtant indispensable. En effet, les nouvelles installations s’effectuent dans 2/3 des cas en zones pourvues et les inégalités d’accès aux soins persistent.

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/28/carte-consultations-urgences-suivi-des-patients-241-medecins-juniors-arrivent-en-occitanie-pour-epauler-les-generalistes-et-lutter-contre-les-deserts-medicaux/

*https://environnementsantepolitique.fr/2026/11/03/le-syndicat-jeunes-medecins-et-sa-presidente-la-dre-anna-boctor-denoncent-une-illusion-a-propos-des-3000-medecins-juniors/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/10/28/federation-nationale-des-centres-de-sante-pour-une-4e-annee-de-formations-complementaires-encadrees-et-non-isole-dans-un-cabinet-ou-dans-un-desert-medical/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/11/01/laugmentation-du-nombre-de-medecins-notamment-generalistes-ne-permettra-reellement-dameliorer-lacces-aux-soins-que-si-ces-derniers-sont-bien-repartis-sur-le-territoire-g/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/30/un-arrete-precise-les-modalites-de-remuneration-des-maitres-de-stage-des-universites-msu/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/29/legere-amelioration-dans-lacces-aux-soins-en-medecine-liberale-ambulatoire/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/28/une-presentation-tronquee-par-le-jim-sur-les-nouvelles-installations-en-desert-medical/

**Déserts médicaux : dans le Tarn, l’espoir renaît enfin avec l’arrivée de jeunes médecins et une inversion historique de la tendance

Publié le 10/07/2026 à 09:01 https://www.ladepeche.fr/2026/07/10/deserts-medicaux-dans-le-tarn-lespoir-renait-enfin-avec-larrivee-de-jeunes-medecins-et-une-inversion-historique-de-la-tendance-13433052.php

Article rédigé par Vincent Vidal

Vincent Vidal

Journaliste

La Dépêche du Midi

l’essentiel

Après des années de pénurie, les premiers résultats apparaissent dans plusieurs territoires du Tarn. Arrivée de nouveaux médecins, fin progressive du numerus clausus, aides à l’installation et mobilisation des collectivités : la lutte contre les déserts médicaux commence à produire ses effets, même si les besoins restent importants.

Pendant des années, les initiatives se sont multipliées sans enrayer la progression des déserts médicaux. Mais dans le Tarn, les premiers signaux encourageants se dessinent. Dans plusieurs secteurs parmi les plus fragiles, de nouveaux médecins s’installent enfin, laissant entrevoir un début d’inversion de tendance.

Le département n’a pourtant pas ménagé ses efforts. Création de maisons de santé, ouverture de centres de santé par la Région à Mazamet, Arthès et Lacaune, futur accueil d’une vingtaine de médecins juniors par le Département, déploiement d’un médicobus... Autant d’outils destinés à rendre le territoire plus attractif pour les praticiens. Aujourd’hui, ces investissements commencent à porter leurs fruits.

« On voit enfin des résultats dans des secteurs particulièrement en difficulté, comme Labastide-Rouairoux, Lacaune ou Saint-Pierre-de-Trivisy », constate Étienne Moulin, président de l’Ordre des médecins du Tarn. Selon lui, cette embellie s’explique en grande partie par la fin progressive du numerus clausus, qui permet d’augmenter le nombre de médecins formés. « Ce mouvement va encore s’amplifier avec les départs à la retraite des générations du baby-boom. »

Un tournant attendu d’ici 2034

Le Tarn bénéficie également d’un contexte plus favorable. Face au coût de la vie et de l’immobilier dans les grandes métropoles, de jeunes praticiens se tournent davantage vers des départements comme le Tarn, où ils trouvent une patientèle importante et des conditions d’installation plus accessibles.

Pour Étienne Moulin, le véritable basculement pourrait intervenir à l’horizon 2034. « À cette échéance, il y aura suffisamment de médecins pour que les territoires puissent réellement se concurrencer afin d’attirer des praticiens, y compris dans les zones aujourd’hui déficitaires. »

Le président de l’Ordre attribue aussi ces progrès à la mobilisation collective. « Dans le Tarn, la Région, le Département, les intercommunalités et les communes travaillent dans le même sens. Cette coordination est un vrai facteur d’attractivité, alors même que la santé ne relève pas directement de leurs compétences. »

« Plus personne n’exerce cinq jours par semaine »

Les attentes des jeunes médecins ont également changé. Les maisons de santé pluriprofessionnelles, désormais au nombre de 58 dans le département, répondent à leur souhait de travailler en équipe, de partager les gardes et de préserver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

« Je ne connais plus un praticien qui exerce cinq jours par semaine », observe Étienne Moulin. « Les jeunes générations privilégient la qualité de vie et adaptent leur temps de travail. »

Autre évolution marquante : les femmes représentent désormais près de 80 % des nouvelles installations. Un profil qui renforce l’importance des dispositifs d’accompagnement proposés par l’État et les collectivités.

Le Tarn est encore loin d’avoir résorbé tous ses déserts médicaux. Mais après des décennies de dégradation, les indicateurs repassent progressivement au vert. Une tendance encore fragile, mais qui nourrit enfin un réel espoir.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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