Une présentation tronquée par le JIM sur les nouvelles installations en désert médical.

Les installations de médecins généralistes en forte hausse

Quentin Haroche

23 octobre 2026

Le nombre d’installations d’omnipraticiens a augmenté de 32 % en 2025 et de 23 % sur les six premiers mois de l’année 2026. La hausse est particulièrement marquée dans les zones sous-dotées.

L’assouplissement du numerus clausus dans les années 2000-2010 puis sa quasi-suppression en 2020 commencent progressivement à porter leurs fruits quant au nombre de nouveaux médecins se lançant dans la carrière médicale. Cette amélioration de la démographie médicale concerne notamment les médecins généralistes (sachant que le nombre d’internes en médecine générale a augmenté de 24 % entre 2017 et 2023). Les derniers chiffres de l’Observatoire de l’accès aux soins (un organisme de l’Assurance Maladie) publiés ce jeudi attestent ainsi que le problème chronique de la pénurie de médecins généralistes est peut-être en train de se résoudre lentement dans notre pays.

On y apprend ainsi que le nombre d’installations de nouveaux médecins généralistes est actuellement en plein boom. Ce sont 2 810 médecins généralistes qui se sont installés en 2025, soit une hausse de 32 % sur un an. La progression ne semble pas sur le point de s’enliser, bien au contraire : sur les six premiers mois de l’année 2026, les installations d’omnipraticiens ont encore augmenté de 23 %.

45 % d’installations en plus dans les déserts médicaux en 2025

Alors que la question de la répartition des médecins généralistes sur le territoire fait régulièrement débat, à tel point que certains défendent l’idée d’une suppression de la liberté d’installation, l’Observatoire de l’accès aux soins nous apprend que les installations sont particulièrement dynamiques dans les zones sous-dotées. Ce sont ainsi près de 900 omnipraticiens qui se sont installés dans des déserts médicaux en 2025 (dont 30 % en Ile-de-France), soit une hausse impressionnante de 45 % en un an. Sur les six premiers mois de l’année 2026, la progression est de 28,5 % sur un an.

On dit régulièrement que les médecins libéraux de la nouvelle génération prendraient moins de patients en charge que leurs aînés. Les chiffres de l’Observatoire de l’accès aux soins semblent cependant contredire cette idée. La patientèle médecin traitant des médecins généralistes a ainsi progressé de 22 % entre 2016 et 2025 et dépasse désormais les 1 000 patients par omnipraticien. En conséquence, la part des patients en affection de longue durée (ALD) n’ayant pas de médecin traitant est passée de 5,6 % en 2022 à 4,3 % en 2025. La file active des médecins généralistes est quant à elle stable depuis dix ans (à l’exception d’une nette baisse durant la crise sanitaire) autour des 1 600 patients.

Moins de la moitié des médecins de secteur 2 adhère à l’Optam

L’Observatoire profite également de la publication de ces nouveaux chiffres pour faire le bilan, plutôt positif, de deux mécanismes mis en place ces dernières années pour améliorer l’accès aux soins : la création des assistants médicaux, qui doivent permettre de libérer du temps médical pour les médecins, et le lancement du service d’accès aux soins (SAS). Ce sont en tout 10 000 assistants médicaux qui ont été engagés sur l’ensemble du territoire, avec des taux de recours par les médecins généralistes qui dépassent les 30 % dans certains départements ruraux comme l’Indre, la Corrèze ou la Charente ainsi que dans les départements d’outre-mer. Quant au SAS, dispositif qui doit assurer un accès aux soins non programmés aux patients soit via un médecin libéral, soit via les urgences hospitalières, il couvre désormais 100 % de la population métropolitaine.

Seule ombre dans ce tableau d’une amélioration globale de l’accès aux soins, l’Assurance Maladie constate que de moins en moins de médecins en secteur 2 adhèrent au dispositif d’Optam, qui permet d’encadrer les dépassements d’honoraires. Chez l’ensemble des médecins, ce taux d’adhésion est passé de 52,7 % en 2024 à 44,5 % en 2025. Même chez les généralistes, ils ne sont désormais que 64 % à adhérer à ce dispositif, contre 71 % en 2019. Voilà qui relance les débats sur l’avenir de l’Optam et du secteur 2 en général alors que l’Assurance maladie a lancé cette semaine un cycle de réflexion sur le sujet avec les médecins libéraux.

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Commentaire Dr Jean SCHEFFER:

Non la hausse n’est pas particulièrement marquée dans les déserts médicaux. Le total des nouvelles installations est de 2810 en 2025, soit une hausse totale de 32%. Seulement 900 ont choisi un désert médical , soit seulement 1/3 des nouvelles installations. On est loin d’une régulation des installations qui orienterait préférentiellement vers les déserts médicaux.

Concernant les spécialistes, moins de 50% acceptent une régulation des dépassements d’honoraires à travers l’OPTAM, et de plus en plus de généralistes choisissent le secteur 2, toutes situations qui aggravent l’accès aux soins de nos concitoyens.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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