Augmentation des cancers du sein: certains doutent de l’intervention de différents polluants (Revue de presse)

 Pesticides, perturbateurs endocriniens, pollution atmosphérique : sont-ils responsables de la hausse des cas de cancer du sein ? »

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 Date de publication : 15 octobre 2026 Temps de lecture: 4 min


C’est ce que se demande Quentin Benoist dans Le Figaro. Le journaliste observe qu’« alors que le nombre de cas de cancers du sein augmente depuis 30 ans, les expositions environnementales, notamment aux pesticides, sont souvent accusées d’être à l’origine de cette hausse. Mais la réalité scientifique est plus complexe ».


Il fait ainsi « un état des lieux épidémiologique. En France, près d’un million de femmes vivent avec un cancer du sein ou y ont survécu, et la probabilité de développer cette maladie augmente depuis 30 ans ».

La Dr Claire Morgand, épidémiologiste et directrice de l’observation, des sciences des données et de l’évaluation à l’INCa, remarque que « la France compte plus de 61.000 nouveaux cas par an, soit deux fois plus qu’en 1990 ».


« Mais comment expliquer cette augmentation du nombre de cas ? », continue Quentin Benoist. La Dre Morgand répond que « la principale raison tient essentiellement à une population plus nombreuse et vieillissante ».


« Le reste est plus difficile à expliquer : tous les cancers sont d’origine multifactorielle », ajoute Barbara Pistilli, oncologue et responsable du Comité de pathologie mammaire de l’Institut Gustave Roussy.


Le journaliste précise que « les formes héréditaires représentent entre 5 et 10% des cancers du sein, mais elles n’expliquent pas l’augmentation des diagnostics. L’évolution des risques liés à la vie reproductive des Françaises pourrait en revanche y contribuer ».


Barbara Pistilli explique que « des grossesses plus tardives, le fait d’avoir moins d’enfants et un allaitement plus court pourraient réduire certains effets protecteurs à long terme contre le cancer du sein ».

Quentin Benoist note que « certains traitements hormonaux de la ménopause augmentent également le risque de développer un cancer du sein. […]

Plus d’un tiers des cancers du sein seraient attribuables à des facteurs de risque bien identifiés, à commencer par l’alcool (15%), le surpoids (8%), le tabac (4,5%), un régime trop pauvre en fibres (4%), etc. Le travail de nuit, classé comme «probablement cancérogène», qui concerne de plus en plus de femmes en France, est aussi suspecté de participer à cette hausse ».


La Dre Morgand indique toutefois que « ces facteurs de risque connus ne permettent pas d’expliquer tous les cancers du sein. Environ 30% des cas n’ont pas de cause identifiée de manière certaine ».
Elle ajoute qu’« on dépiste plus que dans d’autres pays, ce qui augmente mécaniquement le nombre de diagnostics, l’incidence est forcément plus élevée ».


Quentin Benoist continue : « Il n’empêche que les inquiétudes persistent, notamment face à l’augmentation des risques constatée chez la femme jeune (moins de 40 ans) ». La Dre Morgan remarque que « cette augmentation de l’incidence chez la jeune femme, bien que peu marquée, reste mal expliquée ».


Le journaliste note que « ces zones d’ombre interrogent ; certaines spécificités françaises pourraient-elles les expliquer ? La France figure parmi les dix grands utilisateurs de pesticides au monde, ce qui alimente les inquiétudes.

Dans le cas des expositions environnementales, comme les pesticides, les perturbateurs endocriniens, la pollution atmosphérique et les PFAS, le niveau de preuve est néanmoins plutôt faible ».


« Identifier la responsabilité d’un polluant est une tâche extrêmement ardue. Les expositions à des polluants chimiques sont relativement faibles pour la population générale et se comptent par milliers », ajoute Quentin Benoist.
Il note que « pour construire des modèles statistiques robustes et estimer la part des cancers attribuable à chaque polluant, il faut reconstituer ces expositions le plus précisément possible sur des milliers de personnes pendant plusieurs années : la tâche est titanesque. La hausse de ces cancers reste donc, pour partie, une énigme statistique à l’heure actuelle ».


« Pour autant, les travaux progressent et de plus en plus de recherches sur l’exposome – l’ensemble des expositions au cours de la vie – sont en développement », poursuit le journaliste.

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/13/octobre-rose-occulte-les-causes-environnementales-du-cancer-du-sein-qui-ne-relevent-pas-de-choix-individuels-amelie-cadier-loriaud-philosophe-et-medecin/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/12/cancers-du-sein-une-colere-se-fait-de-plus-en-plus-entendre/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/08/cancer-su-sein-le-role-de-lexposition-aux-rayonnements-ionisants-et-a-pres-de-200-produits-chimiques-ainsi-que-le-travail-de-nuit/

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« Travailler de nuit plus de deux nuits par semaine pendant plus de 10 ans multiplie le risque de cancer du sein par trois » https://environnementsantepolitique.fr/2026/03/05/72213/

Une augmentation très importante des cancers du sein chez les jeunes femmes au cours des 3 dernières décennies https://environnementsantepolitique.fr/2025/10/10/66997/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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