« Un médecin bloque l’ouverture d’un centre de santé… en plein désert médical ! »
Date de publication : 15 octobre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=e9c13e1023cad711dfb86d9b874cdb30&id_newsletter=24446&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24446&from=newsletter&slnk=7
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Emmanuel Senecharles explique en effet dans Le Parisien : « Cela devait être une belle fête. Les locaux flambant neufs et tant attendus de la structure pluriprofessionnelle devaient ouvrir leurs portes sous les applaudissements le 2 octobre dernier […] à Brou (Eure-et-Loir). Mais c’est finalement dans un climat de profonde rancœur que le projet se retrouve enlisé ».
Le journaliste explique que « l’inauguration du nouveau pôle de santé […] a été brutalement annulée suite à un recours auprès de l’Ordre des médecins. Une praticienne de la commune dénonce des agencements et des procédés non conformes selon elle aux règles déontologiques ».
Le maire Benjamin Pécriaux déclare : « C’est une situation incompréhensible et profondément préjudiciable pour notre territoire confronté à la désertification médicale. […] Un projet d’accès aux soins mûrement réfléchi, financé et prêt à fonctionner, se retrouve torpillé par une action corporatiste au détriment de l’intérêt général ».
La Dre Ingrid Benoit déclare quant à elle : « Je n’ai rien contre ma consœur. Je serai ravie de l’accueillir ».
Emmanuel Senecharles précise que « le cœur du différend réside, selon elle, dans des choix d’agencement aberrants. «Le secrétariat a été prévu dans l’actuelle salle d’attente du bâtiment», explique la praticienne. Or, avec sa propre patientèle, cette salle est déjà pleine à craquer. Surtout, elle pointe un risque majeur pour la confidentialité ».
La Dre Benoit remarque : « Le secrétariat est juste à l’entrée. Si les gens prennent rendez-vous sur place, à mon avis, cela ne permettra pas la tenue du secret médical. Il suffisait que ce secrétariat soit implanté ailleurs ».
Le journaliste précise que « ce recours s’appuie sur les articles 56 et 90 du code de déontologie médicale, régissant respectivement la confraternité, les conditions d’installation à proximité d’un confrère, ainsi que la protection du secret professionnel et la préservation de la qualité et de la sécurité des soins ».
Emmanuel Senecharles poursuit : « La Dre Ingrid Benoit a siégé par le passé dans l’ancienne équipe municipale qui l’a fait venir, tandis que le médecin qui s’apprête à s’installer, la Dre Elsa Khatchadourian, est l’épouse du maire actuel. […] Un télescopage entre vie publique et sphère privée qui alimente toutes les rumeurs locales ».
Le journaliste note que de leur côté « les autorités sanitaires et ordinales jouent la carte de la plus grande réserve. Du côté du GIP Pro Santé Centre-Val de Loire, sa directrice Aline Chassine Deniau appelle au calme et à la raison ». La responsable déclare : « Nous espérons que le dialogue pourra primer pour que cet outil de santé indispensable aux habitants puisse ouvrir ses portes dans les meilleurs délais ».
« Un son de cloche similaire résonne au conseil départemental de l’Ordre des médecins d’Eure-et-Loir, qui refuse de se prononcer sur le fond », continue Emmanuel Senecharles.