Une fois encore, ils savaient et ils n’ont rien fait (Clémentine Autain) – Le monde politique continue de ne pas considérer la lutte contre le réchauffement climatique comme une priorité absolue (« Le Monde »)

Cher·es ami·es, 

Une fois encore, ils savaient et ils n’ont rien fait. 

90% de la population est placée sous vigilance orange ou rouge, dans 89 départements. Un record ! Les êtres humains sont en souffrance, physique et psychique. Des milliers de personnes vont encore mourir de la canicule cette année. Les fortes chaleurs mettent également la végétation et la faune en danger. 

Nous avançons vers le précipice alors que les solutions sont connues.

Sur le banc des accusés : un capitalisme reposant sur les énergies fossiles. Ce système économique qui fait primer la loi du profit sur nos vies est accompagné, encouragé, par des décisions politiques. C’est un choix. Nous pouvons donc en faire un autre.

Les irresponsables qui nous gouvernent font mine d’être pris de court devant la canicule.  Comment ne pas avoir la rage ? Le constat scientifique est sur la table depuis les années 1960. Le fameux rapport Meadows pointait dès 1972 les conséquences d’un modèle fondé sur la croissance illimitée dans un monde aux ressources finies. Le premier rapport du GIEC, c’est 1990. Nous étions prévenus.

Pendant ce temps, l’inaction climatique s’est tranquillement installée au sommet de l’État. Pire, les reculs sont même de saison sous Macron. Le budget du « fonds vert », crée en 2023 pour financer les projets des collectivités locales destinés à accélérer la transition écologique et nos capacités à faire face aux épisodes caniculaires, a été divisé par… 3 ! Et pendant ce temps l’IA, dont l’empreinte carbone est catastrophique, devient l’horizon enviable des dirigeants. On marche sur la tête.

Ce ne sont pas les discours climato-sceptiques voire négationnistes qui ont pris le dessus. Ce sont les intérêts de multinationales. Total publiait en 1971 un article sur les conséquences préoccupantes de la combustion d’énergie fossile pour l’atmosphère. Ces conclusions ont été méthodiquement enterrées. Une étude de 2017 a montré que le groupe pétrolier américain ExxonMobil savait depuis les années 1980 que le changement climatique était réel et causé par des activités humaines. Mais là encore, ces informations ont été enterrées au profit d’une propagande visant à protéger les profits des groupes pétroliers. Et n’oublions pas les banques commerciales qui ont prêté main forte à cette expansion des énergies fossiles. 

Si les gouvernements successifs se couchent devant les lobbys économiques, c’est que leur idéologie correspond à leurs intérêts. En dehors de la croissance et de la compétitivité, point de salut pour ces assassins de l’écosystème. 

Et maintenant, devant le déjà-là de la catastrophe, c’est encore aux gestes individuels que le pouvoir renvoie. Il faut entendre la Ministre de la Santé nous raconter en direct sur BFM : « la canicule, ça concerne chacune et chacun d’entre nous » (sans rire). Et de nous recommander de boire de l’eau, d’éviter de faire du sport ou de tempérer nos logements. La réponse ultime ? Un numéro vert ! Consternant. 

Je le dis avec force : seul un changement structurel de notre organisation sociale et économique peut nous protéger. 

Cela suppose de combattre les logiques capitalistes et productivistes par des politiques publiques fortes. La fiscalité et la règlementation sont des leviers. Un ensemble de mesures concrètes doivent, dans le même temps, être mises en œuvre avec volontarisme : investir massivement dans la rénovation thermique, transformer notre système agricole, prioriser les usages de l’eau, développer les transports collectifs dans les zones urbaines et rendre accessibles les voitures électriques dans les territoires ruraux et périurbains, maitriser le développement de l’IA… 

Le préalable, c’est de cesser de considérer que « There is no alternative » au capitalisme prédateur et destructeur, à la soumission du pouvoir politique aux intérêts de quelques multinationales. C’est même là que commence la démocratie.

Face au dérèglement climatique, sécuriser nos vies suppose de renouer avec l’esprit public et de partager les richesses comme les ressources. C’est dit. Maintenant il faut le faire.

Clémentine Autain

Canicule : une impréparation flagrante, une anticipation indispensable

Éditorial

Le Monde

Toutes les politiques publiques à venir doivent tenir compte du changement climatique et de ses conséquences. Et le sujet doit être placé au cœur de la campagne présidentielle 2027.

Publié hier à 10h15, modifié à 11h41 https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/22/canicule-une-impreparation-flagrante-une-anticipation-indispensable_6706576_3232.html?srsltid=AfmBOor4KAxKttL2YAvsvF013JH1pakmVUC9_GybbOvYNhVPxZOGxR6_

Temps de Lecture 2 min

Notre maison est en train de brûler et nous regardons toujours ailleurs. Près de vingt-quatre ans après l’avertissement de Jacques Chirac lors du Sommet de la Terre de 2002, la seconde vague de chaleur hors norme pour la saison – en moins d’un mois – qui frappe la France sert de révélateur. Le monde politique continue de ne pas considérer la lutte contre le réchauffement climatique comme une priorité absolue.

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Certes, face à l’ampleur de la canicule qui va durer toute la semaine du 22 juin, le gouvernement a voulu montrer qu’il n’était pas dépassé par les événements. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, et le ministre du logement, Vincent Jeanbrun, ont présenté, mercredi 17 juin, un bilan du troisième plan national d’adaptation au changement climatique, une feuille de route censée préparer la France à un réchauffement de 4 °C d’ici à 2100. Mme Barbut s’est félicitée que 85 % des actions prévues aient été engagées, et a dépeint une France à la pointe, en Europe, sur l’adaptation au changement climatique.

On ne peut toutefois que déplorer le double discours du gouvernement sur la question écologique. Car le satisfecit de Mme Barbut ne saurait cacher le manque de moyens, qui fragilise toute politique volontariste. Ainsi, au lendemain de la première canicule de la fin mai, le gouvernement décidait de geler près de 20 % du budget du fonds vert (162,5 millions d’euros), qui permet de soutenir les collectivités territoriales dans leurs investissements au service de la transition écologique et dans la lutte contre le réchauffement climatique.

De même, l’impréparation de l’éducation nationale, alors que des pics de très fortes chaleurs sont attendus sur plusieurs jours, montre que le danger n’est pas encore pris à sa juste mesure. Impossible de plaider la surprise : les scientifiques documentent et alertent depuis des années sur les conséquences de l’augmentation des températures.

Cette négligence face à un phénomène qui entraîne plus de 5 000 morts par an en France, selon une étude de l’ONG Oxfam, est aussi présente dans la campagne présidentielle qui débute. L’extrême droite et une partie de la droite ciblent ainsi toute mesure écologique – le développement des énergies renouvelables, la lutte contre les passoires thermiques ou la mise en place de zones à faibles émissions – comme l’illustration d’une politique liberticide et « punitive ». La gauche, quant à elle, est plus préparée sur ces sujets puisque convertie à l’écologie depuis plusieurs années. Mais elle n’arrive pas à se faire entendre et se perd dans des querelles de personnes.

Un tronçon du canal Saint-Martin ouvert à la baignade, à Paris, le 17 juin 2026.
Un tronçon du canal Saint-Martin ouvert à la baignade, à Paris, le 17 juin 2026.  ARNAUD FINISTRE/AFP

Les événements climatiques extrêmes qui se répètent à un rythme de plus en plus soutenu doivent servir à une prise de conscience généralisée. Il y a des priorités absolues : faire en sorte que les établissements médicaux, les Ehpad et les écoles puissent bénéficier d’équipements, notamment des climatiseurs, permettant d’obtenir des températures supportables. Pour autant, les conséquences incertaines et les limites d’un plan de massification de la climatisation n’en font pas une solution soutenable.

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Rien ne sera résolu avec des mesures ponctuelles. La lutte contre le réchauffement climatique s’envisage comme un nouveau paradigme autour duquel doit se décliner un grand nombre de politiques publiques. Se contenter de réagir au coup par coup ne suffit plus. Il faut planifier, anticiper. Et, pour commencer, placer la prise en compte de la catastrophe en cours au centre de l’élection présidentielle de 2027.

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Pour approfondir  (1 article)

Voir aussi:

Canicule : à un an de la présidentielle, les politiques en plein déni des enjeux de l’adaptation au réchauffement

Alors qu’une sévère vague de chaleur bouleverse le quotidien des Français, l’adaptation au changement climatique reste un angle mort des politiques et des candidats pour 2027. 

Par Raphaëlle Besse DesmoulièresJulie Carriat et Mariama Darame

Publié hier à 06h01, modifié hier à 10h26 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/22/canicule-a-un-an-de-la-presidentielle-les-politiques-en-plein-deni-des-enjeux-de-l-adaptation-au-rechauffement_6706433_3244.html

Temps de Lecture 6 min.

Lors d’une vague de chaleur, à Paris, le 21 juin 2026.
Lors d’une vague de chaleur, à Paris, le 21 juin 2026.  CAMILLE MILLERAND/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Cela fait quelques semaines, déjà, que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 est lancée, de visites en meetings, de déplacements en matinales. Aucun grain de sable ne vient enrayer la mécanique déjà bien installée des candidats, et surtout pas la deuxième vague de chaleur de l’année, qui plonge la France dans la fournaise alors que l’été commence à peine. Si bien que nombre de candidats semblent en passe de contourner le sujet.

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Il y a ceux qui l’abordent avec légèreté. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), en visite vendredi 19 juin au salon VivatTech, tenait surtout à défendre la tenue du concert organisé dimanche par les « insoumis » à Paris pour la Fête de la musique, sous 36 °C. « Faites les Andalous, sortez dehors plus tard, la Fête de la musique si vous la décalez un peu, hé ça ira, il y aura moins de soleil », a-t-il déclaré.

Il y a ceux qui font l’impasse. Samedi après-midi, au Parc floral de Paris, dans le bois de Vincennes, c’est dans une salle climatisée, mais où nombre de militants Les Républicains (LR) avaient tombé la veste, que Bruno Retailleau a tenu son premier meeting de campagne. « Merci d’avoir bravé la canicule », a dit le candidat de LR à ses militants. Et ce fut tout sur le sujet. Prônant « une écologie de droite, qui ne punira pas », Bruno Retailleau n’a pas craint de saluer dans son public « des milliers de cœurs qui brûlent pour la France, prêts à s’enflammer pour la France ».

Une réflexion collective nécessaire

Tout se passe comme si la plupart des candidats à la présidentielle vivaient dans le déni de cet épisode climatique, qui bouleverse pourtant le quotidien des Français travaillant en extérieur, logeant dans des bouilloires thermiques, passant des examens dans des salles surchauffées, sans parler des personnes âgées isolées et des enfants. A l’approche de l’élection présidentielle, la question est pourtant éminemment politique. A l’heure où l’exécutif redoute que cette canicule, similaire à celle d’août 2003, ne débouche sur une crise sanitaire, Emmanuel Macron s’en tient pourtant à des conseils de bon sens. « Veillons les uns sur les autres. Soyons collectivement attentifs à nos aînés, à nos enfants et aux personnes isolées ou fragiles », a répété dimanche 21 juin, sur X, le chef de l’Etat.

Dans un Ehpad, à Strasbourg, le 20 juin 2026.
Dans un Ehpad, à Strasbourg, le 20 juin 2026.  PASCAL BASTIEN POUR « LE MONDE »

Or, comme le dit Sophie Dubuisson-Quellier, directrice du Centre de sociologie des organisations (Sciences Po Paris), plutôt que de faire « comme si le problème venait de nos choix individuels », cet énième épisode extrême appelle une réflexion collective « pour adapter nos modes de fonctionnement – et pas seulement nos modes de vie, mais la manière dont on produit, dont on enseigne, dont on soigne – à ce climat qui change ».

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Dans ce paysage politique pauvre en discours sur l’adaptation, Marine Le Pen a fait entendre, comme à l’été 2025, une défense de la climatisation. « C’est une décision de santé publique que d’équiper massivement l’ensemble de nos locaux publics en commençant par ceux qui accueillent les plus faibles », a-t-elle déclaré à la presse depuis le salon VivaTech. Un temps, l’ancienne présidente du Rassemblement national était seule à prêcher en ce sens, face à une gauche condamnant la climatisation comme une « mal-adaptation ».

Au fil de la montée des températures, Les Ecologistes ont mis de l’eau dans leur vin. Ils affirment désormais que la climatisation n’est « ni un tabou ni la réponse à tout »« Il y a des endroits où on ne peut plus se passer de clim », a reconnu, dimanche sur LCI, Marine Tondelier, numéro un du parti. « Pour les écoles, les bâtiments publics, bien sûr qu’il faut la climatisation. Elle doit être installée en vertu d’une décision collective », poursuit la députée écologiste de Paris Léa Balage El Mariky, tout en se prononçant contre sa généralisation au niveau individuel en ville.

Pas assez de moyens

Ce débat sur la climatisation, qui ne suffira pas pour s’adapter à une France à + 4 °C en 2100, masque mal le manque de vision climatique de long terme de bien des candidats à la présidentielle. Pour le sociologue Jean-Baptiste Comby (Centre nantais de sociologie), l’heure n’est plus aux leçons de morale individuelles. « Quand les gens entendent que le président de la FIFA parcourt 20 000 kilomètres en avion en une semaine, ils peuvent se dire que le problème ce n’est pas leur climatisation… et d’ailleurs ils seraient sans doute prêts à s’en passer si l’alternative était là », poursuit-il. Mais le fait est que la France a pris beaucoup de retard en matière d’adaptation.

A cet égard, les archives sont cruelles pour les responsables politiques. Lors d’une vague de chaleur en 2019, Edouard Philippe, alors premier ministre, répondait ainsi à une question de l’opposition à l’Assemblée nationale : « Au-delà des mesures d’urgence, nous devons nous adapter, adapter notre bâti, notre urbanisme, nos services publics. Nous le faisons, avec des mesures ambitieuses qui produiront leurs effets dans le temps », disait-il.

Des serviettes installées aux fenêtres du 8ᵉ étage pour se protéger de la chaleur, à Bavilliers (Territoire de Belfort), le 21 juin 2026.
Des serviettes installées aux fenêtres du 8ᵉ étage pour se protéger de la chaleur, à Bavilliers (Territoire de Belfort), le 21 juin 2026.  PASCAL BASTIEN POUR « LE MONDE »

Une promesse qui n’a pas suffi. Certes, la forte instabilité gouvernementale des dernières années n’a pas aidé à lancer ces chantiers colossaux. Mais surtout, malgré les grandes ambitions affichées par les ministres de l’environnement successifs, les moyens ne suivent pas. « C’est là où ça pèche, juge Adèle Tanguy, chercheuse à l’Institut du développement durable et des relations internationales, très peu de mesures du plan national d’adaptation au changement climatique ont des enveloppes budgétaires nouvelles. » Quant au fonds vert, son enveloppe est passée de 2,4 milliards d’euros en 2024, à 837 millions pour 2026 dont près de 20 % ont été gelés récemment.

Autre sujet politique, l’échelon d’action pour cette adaptation. Aux avant-postes du réchauffement climatique sur leurs territoires, les élus locaux n’en font pas tous la même priorité, que ce soit pour rénover les écoles ou proposer des lieux rafraîchis pendant les pics de chaleur. « Pendant la canicule de mai, on s’est tourné vers l’Etat, qui a au final assez peu de moyens d’action, souligne François Thomazeau, expert à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), on a laissé les maires relativement tranquilles alors que ce sont eux qui sont en première ligne. »

« Impréparation indigne de la République »

Si l’adaptation est si mal engagée, c’est peut-être aussi parce que, même parmi les scientifiques, le sujet a longtemps été le parent pauvre de la politique climatique. Les efforts étaient mis au service de l’atténuation, qui consiste à tenter de limiter les risques futurs. « J’avais l’espoir qu’on réussirait, collectivement, à limiter ce réchauffement de façon à ce que l’adaptation reste facile. Ce n’est pas le cas », a regretté le climatologue Jean Jouzel, 79 ans, en ouverture d’un colloque sur le sujet, le 10 juinIl a fallu attendre l’accord de Paris en 2015 pour qu’atténuation et adaptation soient mises sur le même plan. En Europe, les premiers pays à s’y attaquer sont ceux qui ont été frappés de façon précoce, les Pays-Bas par des inondations, l’Espagne et la Grèce par les fortes chaleurs.

Boulevard de la Chapelle, à Paris, lors d’une vague de chaleur,  le 21 juin 2026.
Boulevard de la Chapelle, à Paris, lors d’une vague de chaleur, le 21 juin 2026.  CAMILLE MILLERAND/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

En France, à l’inverse, reste le sentiment, à chaque nouvel épisode de canicule, que le pays n’est pas prêt. Devant la gravité de l’épisode en cours, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a dû revoir son organisation interministérielle. A la demande du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, une cellule de crise – réunissant pas moins de 14 ministres – a été installée samedi, à la veille de la Fête de la musique, Place Beauvau, pour « territorialiser » la gestion de la canicule. De l’interdiction de la consommation d’alcool sur la voie publique à la fermeture des établissements scolaires, « cette cellule doit nous permettre de nous coordonner pour savoir ce que l’on met en place au fur et à mesure de l’évolution de la crise », appuie-t-on dans l’entourage de M. Nuñez.

« Comme si la canicule était un événement inattendu », a déploré samedi la députée (Génération écologie) des Deux-Sèvres Delphine Batho, candidate déclarée à la présidentielle, dénonçant une « impréparation indigne de la République ». Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, estime quant à elle qu’un « formidable déni » occulte le sujet. « Ce qu’il faut faire est massif, mais comme il ne faut pas emmerder les Français, ce n’est pas dicible, alors on fait comme si ça n’existait pas », juge l’ancienne ministre du logement de François Hollande.

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Alors même que, pendant l’été 2025, 5 700 personnes sont mortes à cause de la chaleur, selon Santé publique France, les canicules restent un « sujet saisonnier », regrette Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement (ex-Fondation Abbé Pierre). « On subit et après on oublie », déplore-t-il, se disant « atterré » du peu de sensibilité face à cette surmortalité qui touche bien souvent « des personnes âgées qui meurent à domicile ». Et contrairement aux idées reçues, les plus âgés sont loin d’être les seuls à en souffrir : selon les données de Santé publique France, la canicule précoce de mai a affecté la santé des jeunes (moins de 15 ans) et des adultes de manière plus marquée que d’habitude, et ces deux populations ont concentré les hyperthermies et coups de chaleur.

Au parc des Sources, à Vichy (Allier), le 21 juin 2026.
Au parc des Sources, à Vichy (Allier), le 21 juin 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Faute de mesures d’adaptation, les effets des canicules sont par essence inégalitaires, et touchent au devoir de protection que notre société s’impose ou non. Adaptation des écoles, des hôpitaux, des logements, des infrastructures, des transports : les défis sont colossaux et les besoins financiers immenses… Encore faut-il que les candidats se saisissent de ces enjeux. « Des mesures structurantes sont nécessaires, note Jean-François Julliard, directeur général de France Nature Environnement, mais elles ne sont pas assez séduisantes pour des politiques en campagne qui ont besoin de mesures à court terme. »

Raphaëlle Besse DesmoulièresJulie Carriat et Mariama Darame

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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