À chaque canicule, les dirigeants semblent surpris. Mais cela fait des décennies que les chercheurs alertent.

Climat : 50 ans d’alertes des scientifiques et d’immobilisme de nos dirigeants

ÉcologieClimat

À chaque canicule, les dirigeants semblent surpris. Mais cela fait des décennies que les chercheurs alertent sur le changement climatique dû aux gaz à effet de serre, et que les États ne réagissent presque pas. Chronologie.

par  Rachel Knaebel

23 juin 2026 à 08h00modifié à 17h24 https://basta.media/Canicule-climat-Giec-chronologie-50-ans-alertes-scientifiques-inaction-dirigeants

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Une femme âgée semble crier devant un paysage en feu qui rougit le ciel.

Une femme quitte sa maison menacée par un incendie de forêt dans le village de Gouves, sur l’île d’Eubée, en Grèce, le 8 août 2021. ©Konstantinos Tsakalidis

« L’heure est grave »résume le mouvement pour le climat dans un appel lancé par des dizaines d’organisations, alors que la France étouffe sous une canicule historique. « Records de chaleur meurtriers et cyclones dévastateurs, conflits pour l’accès à l’eau, reculs des politiques publiques de transition écologique et juste, montée de régimes autoritaires et multiples violations du droit international, attaques contre les défenseurs et défenseuses de l’environnement et renforcement des inégalités environnementales que subissent les populations les plus vulnérables… » égrène l’appel publié le 19 juin 2026.

Comment peut-on être surpris de cette nouvelle canicule ? En 2021 déjà, le sixième rapport du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, soulignait que « l’ampleur des changements récents dans l’ensemble du système climatique est sans précédent depuis des siècles. Il est incontestable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres ». Cette alerte constituait un « code rouge pour l’humanité », avait alors réagi António Guterres, le secrétaire général de l’ONU.

Depuis des décennies, les scientifiques alertent sur le changement climatique et ses conséquences. Depuis des décennies, les mouvements écologistes appellent à agir pour lutter contre le dérèglement climatique. Et depuis des décennies, les dirigeants tardent à agir. Chronologie.

1956 : « La température à la surface de la terre augmenterait de 3,6°C »

Au milieu des années 1950, le chercheur canadien Gilbert Plass publie plusieurs articles sur une possible augmentation de la température terrestre due aux émissions humaines de gaz à effet de serre. « Les derniers calculs montrent que si la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère doublait, la température à la surface de la Terre augmenterait de 3,6°C », écrit-il dans l’article « Le dioxyde de carbone et le climat », publié en 1956.

1965 : La Maison Blanche s’inquiète

En 1965, le président des États-Unis, Lyndon Johnson, commande à son comité consultatif scientifique un rapport sur le sujet. Le document met en garde le gouvernement contre la fonte rapide de l’Antarctique, l’élévation du niveau des mers, et des changements de température que pourrait causer la hausse des émissions de CO2.

1971 : « Urgence croissante à agir »

Dans un livre coordonné par le Massachusetts Institute of Technology, le MIT, Rapport de l’étude de l’impact de l’homme sur le climat, 30 spécialistes mondiaux du cycle du carbone et du climat affirment : « Nous connaissons suffisamment le fonctionnement du climat et la construction des modèles climatiques pour reconnaître la possibilité d’un changement climatique d’origine humaine. »

Couverture du Le rapport de l'étude sur l'impact de l'homme sur le climat de 1971, sur laquelle on voit la terre.

Le rapport de l’étude sur l’impact de l’homme sur le climat de 1971.

L’étude conclut qu’une « course contre la montre climatique » s’est engagée : « Nous sommes convaincus que l’homme peut influencer le climat et nous espérons que le rythme des progrès de notre compréhension pourra suivre l’urgence croissante à agir avant que certaines forces dévastatrices ne soient mises en mouvement – des forces que nous pourrions être impuissants à inverser. »

À la suite de cette synthèse, deux recommandations appelant à la vigilance sur les évolutions de l’atmosphère et à plus de recherches sur le climat sont émises lors du premier sommet mondial sur l’environnement, organisé par les Nations unies à Stockholm en 1972.

1979 : Première Conférence internationale sur le climat

Dans les deux décennies qui suivent, d’autres scientifiques travaillent sur la question de l’effet des gaz à effet de serre sur le climat. « À peu près tout ce que nous comprenons du réchauffement climatique à l’heure actuelle était déjà compris en 1979. Et peut-être même mieux compris », écrit le journaliste Nathaniel Rich dans son livre Perdre la terre.

Un rapport de l’Académie nationale des sciences des États-Unis, publié en 1979, estime déjà qu’il est hautement crédible qu’une augmentation du CO2 dans l’atmosphère entraîne un réchauffement planétaire. En cas de doublement du niveau de CO2, « les modélisations les plus réalistes prévoient un réchauffement global de la surface de la Terre compris entre 2°C et 3,5°C », dit le rapport conduit par le météorologue Jule Charney.

Les experts envisagent, compte tenu du rythme à l’époque de l’augmentation des émissions, un doublement du niveau de CO2 d’ici à 2030. Le chercheur prévient aussi qu’une politique d’attentisme sur le sujet reviendrait à attendre « jusqu’à ce qu’il soit trop tard ». Rétrospectivement, même si elle avait un peu surestimé la croissance exponentielle des émissions, cette mise en garde de 1979 n’était pas loin de la réalité, puisque le seuil de +1,5°C sera franchi bien avant 2030 en l’état des émissions.

La même année a lieu la première Conférence internationale sur le climat, à Genève. Les scientifiques de 50 nations tombent d’accord sur le fait qu’il est nécessaire et urgent d’agir. Quatre mois plus tard, à l’occasion d’une réunion du G7 à Tokyo, les dirigeants des pays les plus riches signent une déclaration dans laquelle ils s’engageaient à réduire leurs émissions de carbone. L’action internationale pour réduire les émissions semble sur la bonne voie…

1982 : Exxon modélise le changement climatique

La multinationale pétrolière états-unienne Exxon se penche sur la question du changement climatique depuis les années 1970. En 1982, l’entreprise produit en interne une modélisation du changement climatique, indiquant qu’une augmentation des émissions de CO2 causerait irrémédiablement un réchauffement de la planète. Exxon, comme d’autres compagnies exploitant des énergies fossiles, savait déjà que son activité contribuait au changement climatique, comme l’en ont accusé, dans une pétition en 2015, plusieurs centaines de milliers d’activistes et de citoyens états-uniens.

1984 : « Danger : la terre se réchauffe »

« Climat. Danger : la terre se réchauffe », titre le magazine français Géo« L’été de 2023 s’annonce encore plus torride que les précédents, prédit l’article. La planète chauffe et mijote comme une vulgaire casserole de potage oubliée sur le feu. Les climatologiques dénoncent un coupable : l’augmentation en teneur en gaz carbonique de l’atmosphère. »

1986 : Shell crée un « groupe de travail sur l’effet de serre »

L’entreprise pétrolière anglo-néerlandaise Shell a elle aussi bien conscience du problème. Le groupe de travail sur l’effet de serre qu’elle a créé en 1986 publie deux ans plus tard un rapport qui considère, au rythme des émissions de gaz à effet de serre, le risque d’un changement climatique important, pouvant conduire à une hausse de plusieurs mètres du niveau de la mer au 21e siècle.

Une du Spiegel en 1986 : « La catastrophe climatique ».

Une du Spiegel en 1986 : « La catastrophe climatique ».

1988 : Premier objectif de réduction des émissions

En juin 1988, lors d’une Conférence sur le climat organisée à Toronto (Canada), des centaines d’experts venus de dizaines de pays adoptent une déclaration commune, qui fixe un objectif de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2005. En décembre, l’ONU crée le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

1989 : Les pétroliers s’organisent contre toute régulation

Shell, Exxon Mobil et l’American Petroleum Institute, organisation qui regroupe les industriels états-uniens du gaz et du pétrole, participent à la création de la Global Climate Coalition (GCC), groupe d’entreprises qui luttent contre la régulation climatique. Les sept principales compagnies pétrolières occidentales (Chevron, Exxon, Shell, BP, Total…) sont, à elles seules, responsables de 15 % des émissions de CO2.

1990 : Premier rapport du Giec

« Le réchauffement de la planète est inéluctable » titre Le Monde le 31 octobre 1990au sujet du premier rapport du Giec. « Tous les scientifiques sérieux sont d’accord : pour la première fois de son histoire, l’humanité met en danger grave sa propre survie. »

Dans son premier rapport, le groupe de scientifiques « s’inquiète du fait que les activités humaines puissent modifier le climat de la planète par le biais de la production de gaz à effet de serre, par les émissions passées et continues de dioxyde de carbone et d’autres gaz qui entraîneront une augmentation de la température de la surface de la Terre, ce que l’on appelle communément le « réchauffement de la planète » ».

Le Giec prévoit alors une augmentation probable de la température moyenne mondiale d’environ 1°C au-dessus de la valeur de 1990 d’ici 2025, et de 3°C avant la fin du 21e siècle, ainsi qu’une augmentation du niveau moyen mondial de la mer de 20 cm d’ici 2025 et de 65 cm d’ici 2100. 31 ans plus tard, la montée du niveau des océans approche les 10 cm.

1992 : Sommet de la Terre de Rio

Le Sommet de la Terre à Rio en 1992 aboutit à l’adoption de la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique. Celle-ci reconnaît explicitement la responsabilité humaine dans ce phénomène. Elle fixe aussi l’objectif de la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui ne mettrait pas en danger le climat mondial. Mais aucune décision concrète n’est prise pour réduire ces émissions de gaz à effet de serre. L’objectif de réduction de 20 % d’ici 2005 proposé à Toronto quatre ans plus tôt n’a pas été repris dans la convention climat adoptée à Rio. Treize années ont passé depuis la réunion du G7 à Tokyo sur le sujet…

1995 : Deuxième rapport du Giec et première Conférence des parties sur le climat (COP)

Depuis leur premier rapport, « les concentrations de gaz à effet de serre ont continué à augmenter »note le Giec en 1995« On s’attend à ce qu’un réchauffement général conduise à une augmentation des jours extrêmement chauds et une diminution du nombre de jours extrêmement froids. […] Plusieurs modèles indiquent une augmentation de l’intensité des précipitations, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’événements pluvieux plus extrêmes. » Le groupe de scientifiques ajoute qu’« un changement climatique rapide et durable pourrait modifier l’équilibre entre les espèces, voire entraîner le dépérissement des forêts, ce qui modifierait l’absorption et la libération du carbone sur la terre. »

1997 : Protocole de Kyoto

Avec le protocole de Kyoto, 37 pays s’engagent sur des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, pour atteindre une réduction globale de ces émissions d’au moins 5 % entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990. Le protocole est entré en vigueur en 2005, le temps qu’un nombre significatif de pays le ratifient. Les États-Unis ne l’ont jamais ratifié, le Canada s’en est retiré. L’objectif de réduction, pourtant limité, n’a pas été tenu.

1998 : Plan de lobbying à 6 millions de dollars des industriels des fossiles

L’American Petroleum Institute met au point en 1998 un plan global de communication et d’action sur le climat (« Global Climate Science Communications Action Plan »). C’est un vaste projet de lobbying. Dans un mémo rendu public par le New York Times, l’organisation propose une stratégie à 6 millions de dollars pour peser sur le Congrès des États-Unis, les médias et autres arènes pour nier l’évidence du changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre.

2001 : Troisième rapport du Giec

Le troisième rapport du Giec prédit une hausse des températures jusqu’à + 5,8°C d’ici 2100 à défaut d’action résolue. « Les émissions de gaz à effet de serre et d’aérosols dues aux activités humaines continuent de modifier l’atmosphère d’une manière qui devrait affecter le climat », constatent les scientifiques en 2001. Les effets du dérèglement climatique sont déjà là. « À l’échelle mondiale, il est très probable que les années 1990 aient été la décennie la plus chaude et que 1998 ait été l’année la plus chaude depuis 1861. Dans certaines régions, comme certaines parties de l’Asie et de l’Afrique, la fréquence et l’intensité des sécheresses ont augmenté au cours des dernières décennies. »

2005 : Année la plus chaude depuis un siècle

Un rapport de la NASA constate que 2005 a été la plus chaude depuis la fin du 19e siècle.

2007 : Quatrième rapport du Giec

« Le réchauffement du système climatique est sans équivoque, écrit le Giec dans son quatrième rapportcomme le montrent aujourd’hui les observations de l’augmentation des températures moyennes mondiales de l’air et des océans, la fonte généralisée de la neige et de la glace et l’élévation du niveau moyen mondial de la mer. […] Une augmentation significative des précipitations a été observée dans les parties orientales de l’Amérique du Nord et du Sud, en Europe du Nord et en Asie centrale et septentrionale. Un assèchement a été observé au Sahel, en Méditerranée, en Afrique du Sud et dans certaines parties de l’Asie du Sud. »

2008 : Nouvelle négociation pour rien en Pologne

Lors de la quatorzième Conférence internationale sur le climat de Poznań, en Pologne, les 27 pays de l’Union européenne s’entendent sur les moyens de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20 % en 2020 par rapport à 1990, mais d’autres pays riches, comme le Canada ou le Japon, rechignent à s’engager. « Les conclusions de la 14e Conférence internationale sur le climat sont largement en deçà de ce qu’exige l’urgence de la situationconcluait alors la journaliste de Basta! Sophie Chapelle. Les pays du Nord se sont illustrés par leur absence de solidarité envers les pays du Sud. »

2009 : Accord de Copenhague

En 2009, lors de la quinzième Conférence sur le climat (COP15), à Copenhague au Danemark, où associations et mouvements internationaux sont particulièrement mobilisés, les pays du monde entier se mettent enfin d’accord pour limiter la hausse des températures sous 2°C d’ici à la fin du 21e siècle (par rapport aux températures préindustrielles, en 1850). L’accord de Copenhague prévoit aussi un effort financier des pays développés de 30 milliards de dollars sur 2010-2012. Mais le texte est critiqué pour la faiblesse des objectifs de réduction d’émissions et l’absence de contraintes pesant sur les pays signataires, donc d’obligation d’actions concrètes.

Une pancarte "There is no Planet B"

À la COP de Copenhague en 2009. 

CC BY-NC-ND 2.0Barnstormed via flickr

2010 : Un fonds vert pour le climat

Les accords de Cancún (Mexique) actent notamment le lancement d’un fonds vert pour le climat et d’un système de compensation pour lutter contre la déforestation. Mais dans le texte final de l’accord, « les populations autochtones et les communautés locales vivant des forêts ont été évincées »pointons-nous dans Basta! en 2010.

2011 : Le protocole de Kyoto prolongé

Le paquet de décisions de Durban (Afrique du Sud) prolonge la validité du Protocole de Kyoto jusqu’en 2020. Les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre acceptent de s’inscrire dans un accord global de réduction de leurs émissions, qui devra être précisé au plus tard d’ici à 2015 et entrer en vigueur en 2020.

2012 : Sommet de la Terre « Rio+20 »

Trois ans après le sommet de Copenhague, l’accord tiré de ce nouveau sommet de Rio table sur une limitation de la hausse de la température mondiale moyenne à 1,5°C. Pourtant, « c’est la planète qui est perdante dans cet accord a minima  »concluait-on sur Basta! après avoir suivi les négociations sur place. Car « aucun objectif collectif pour restreindre les subventions aux énergies fossiles ou davantage taxer les carburants n’a été fixé ».

2013 : Cinquième rapport du Giec

« Le réchauffement du système climatique est sans équivoque et, depuis les années 1950, bon nombre des changements observés sont sans précédent sur des décennies, voire des millénairesécrit le Giec en 2013L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer s’est élevé et les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté. »

Dans l’hémisphère Nord, la période 1983-2012 a « probablement été la période de 30 ans la plus chaude des 1400 dernières années, pointent les scientifiques. L’influence humaine sur le système climatique est évidente, rappellent-ils aussi. La poursuite des émissions de gaz à effet de serre entraînera un réchauffement supplémentaire et des changements dans toutes les composantes du système climatique. » Comment l’éviter ? « Pour limiter le changement climatique, il faut réduire considérablement et durablement les émissions de gaz à effet de serre », conclut le Giec sans détour.

À la COP19, à Varsovie, les mouvements sociaux et les ONG présents, constatant l’absence d’avancées, quittent la conférence. L’accord finalement trouvé in extremis permet tout juste de poursuivre les négociations.

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2014 : Premières marches pour le climat

En septembre, des marches pour le climat sont organisées à travers le monde. 100 000 personnes y participent à New York, 15 000 à Paris. En décembre, la Conférence climatique de Lima, au Pérou, doit préparer celle de Paris, l’année suivante. Elle a aussi créé l’« agenda de l’action », qui associe les acteurs non étatiques, notamment les entreprises, aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique. Mais encore une fois, c’est l’inaction qui l’emporte, comme nous l’expliquions sur Basta! : « Si le texte validé à Lima “note avec une vive préoccupation” l’écart entre ce qu’il faudrait faire d’ici 2020 et ce qui est actuellement sur les rails, aucune réponse concrète n’est apportée. »

2015 : Accord de Paris

L’accord adopté lors de la 21e Conférence internationale sur le climat (COP21) au Bourget, à Paris, le 12 décembre 2015, vise à limiter la hausse de la température en deçà de 2°C, en produisant tous les efforts pour la maintenir en deçà de 1,5°C. Ce sont les objectifs qui doivent prendre la suite du protocole de Kyoto. Là encore, l’accord, entré en vigueur l’année suivante, ne prévoit aucune contrainte. Sa mise en œuvre est soumise à la bonne volonté des États.

« Sans feuille de route clairement établie, sans mention des points de passage en 2020 et 2050 fixés par le Giec pour revenir sur une trajectoire inférieure à 2°C, l’accord de Paris met en danger le simple droit à vivre de nombreuses populations à travers la planète »réagissait Attac France, membre de la Coalition climat créée pour l’occasion.

Cinq personnes dont François Hollande les bars levés et joints sur un podium.

Séance plénière de la Cop21 pour l’adoption de l’accord de Paris, en 2015. 

Public Domain Dedication (CC0) via flickr

Manifestions pour le climat au moment de la COP21 de Paris, en 2015. ©Myriam Thiébault.

Dans le même temps, la campagne de désinvestissement des énergies fossiles, lancée par le mouvement 350.org, prend de l’ampleur. Des centaines de collectivités, investisseurs, universités ou organisations retirent leurs capitaux des banques et fonds investissant dans le secteur pétrolier, gazier ou le charbon.

2017 : Trump rejette l’accord de Paris

Le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, décide de sortir son pays de l’accord de Paris.

2018 : Grève des jeunes pour le climat

En 2018 et 2019, en Europe et dans le monde entier, des jeunes, lycéens, collégiens, étudiants se mobilisent pour le climat à la suite de la grève scolaire lancée par l’activiste suédoise Greta Thunberg.

En octobre, Jair Bolsonaro est élu président au Brésil. Pendant quatre ans, il sape l’action climatique de son pays. Sous sa présidence, la forêt amazonienne brésilienne est saccagée.

Une action d’Extinction Rebellion à Paris en 2019. ©Anne Paq

2019 : L’Allemagne décide de sortir du charbon

Alors encore très dépendante du charbon pour sa production électrique (plus d’un tiers de l’électricité allemande cette année-là), l’Allemagne, qui a décidé de sortir du nucléaire en 2011, acte enfin d’une sortie du charbon. Mais ce ne sera que pour 2038.

Des activistes occupent la mine de charbon de Garzweiler, en Allemagne, qui s’étend sur 43km2 et fait 200 mètres de profondeur. © Gilles Potte

Janvier 2021 : Joe Biden revient dans l’accord de Paris

Joe Biden, élu président des États-Unis, signe au premier jour de son mandat un décret présidentiel annonçant le retour des États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat.

Novembre 2021 : La diminution des énergies fossiles enfin évoquée

En France, le Parlement adopte en juillet 2021 une loi « climat » déjà « obsolète au regard des objectifs à atteindre »analyse l’économiste Maxime Combes sur Basta!. Le 9 août, le Giec publie son sixième rapport. Après la COP24 en 2018 à Katowice (Pologne) et la COP25 en 2019 à Madrid, une nouvelle Conférence des parties sur le climat a lieu à Glasgow, en Écosse.

Lors de cette conférence, pour la première fois, la diminution des énergies fossiles est évoquée, mais sans calendrier précis. « Même si l’accord de la COP26 ne rend pas l’objectif de 1,5°C totalement hors de portée, les gouvernements et les entreprises qui font obstacle à des mesures ambitieuses de lutte contre le changement climatique mettent sciemment en danger des communautés et des cultures entières au nom de leurs propres profits à court terme ou de leur convenance politique. L’histoire ne leur en fera pas grâce »réagit l’ONG Greenpeace UK à la sortie de la conférence.

2022-2024 : Lobbyistes pétroliers et « écologie punitive »

En 2022, la COP27 se tient en Égypte, en présence de 636 lobbyistes des énergies fossiles, dénombre alors l’ONG Global Witness. Sans trop de surprise, la fin des énergies fossiles ne figure toujours pas dans le texte. Pire, « en périphérie du sommet ont été signés une vingtaine de contrats sur le gaz, que les pays européens, notamment, recherchent fébrilement pour compenser la fermeture des pipelines alimentés par la Russie »critique le CCFD-Terre solidaire. Malgré tout, lors de cette conférence, les pays du Sud ont obtenu la création d’un fonds financier pour lutter contre les pertes et dommages qu’ils subissent à cause du changement climatique.

En France, la question du climat est très peu abordée pendant les débats de la campagne de l’élection présidentielle et des législatives de 2022. Le Rassemblement national de Le Pen et Bardella s’accroche à son discours accusatoire sur l’ « écologie punitive ». Et seuls le candidat écologiste Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon s’intéressent vraiment au sujetdu climat dans leur programme.

Des hommes sourient lors d'une déclaration officielle à la Cop28.

Lors de la Cop28 de Dubaï. 

CC BY-NC-SA 2.0 DeedUNclimatechange via flickr.

La COP suivante se tient à Dubaï, une monarchie pétrolière, en 2023. L’accord mentionne, certes, « une transition hors des énergies fossiles », mais « manque cruellement de fermeté », et de plan clair, critique Greenpeace. La COP29 de 2024, à Bakou, en Azerbaïdjan, autre haut lieu de l’extraction pétrolière, est un « échec », conclut le Réseau Action Climat. « Le défi reste entier pour s’assurer que les pays vulnérables aux effets des changements climatiques reçoivent des soutiens adaptés à leurs besoins »relève alors l’ONG.

2025 : Le retour de Trump

Réélu président en novembre 2024, Trump retire pour la deuxième fois les États-Unis de l’accord de Paris et refuse d’en respecter les engagements. Le président soutient aussi massivement le secteur états-unien des fossiles.

En novembre, la trentième Conférence internationale sur le climat a lieu à Belém, au Brésil, où le président Lula (gauche), revenu au pouvoir en 2023, relance l’action climatique et la protection de l’Amazonie. L’hôte brésilien entend saisir l’occasion pour donner un nouveau souffle à la dynamique de l’accord de Paris. Mais là encore, les espoirs sont douchés. Aucune feuille de route concrète n’est adoptée pour mettre fin à la destruction des forêts et commencer à sortir des énergies fossiles.

La transition avance à certains endroits. Dans l’Union européenne, pour la première fois en 2025, les énergies solaire et éolienne ont produit plus d’électricité que les fossiles.

2026 : Crise climatique et crise pétrolière

En février, les États-Unis et Israël attaquent l’Iran, qui bloque en retour le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial. Le monde entier, et en particulier des pays du Sud dépendants d’importations de pétrole, comme le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde, les Philippines, connaît une crise pétrolière historique. La planète transpire sous des températures qui augmentent sans cesse.

En mai déjà, l’Europe fait face à un épisode de canicule sans précédent pour ce mois de l’année. Dans le même temps, aux États-Unis, les majors pétrolières continuent de forer de nouveaux puits de pétrole

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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