Rendez-vous médicaux : des délais d’attente 3 fois plus longs qu’en 2019

Rendez-vous médicaux : des délais d’attente 3 fois plus longs qu’en 2019
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Santé

Publié le 17/03/2026 à 13:14 https://www.ladepeche.fr/2026/03/17/rendez-vous-medicaux-des-delais-dattente-3-fois-plus-longs-quen-2019-13277283.php

La Dépêche du Midi

Selon le dernier baromètre de la Fondation hospitalière de France, rendu public ce 17 mars, les délais d’attente pour consulter un médecin explosent. Les renoncements aux soins atteignent des niveaux alarmants. 

Attendre quatre mois et demi pour consulter un dermatologue, plus de trois mois pour voir un cardiologue ou même douze jours pour un rendez-vous chez un généraliste : ces délais, qui paraissaient énormes, semblent être devenus la norme en France. Le dernier baromètre de la Fondation hospitalière de France dresse un constat préoccupant sur l’accès aux soins dans l’Hexagone, révélant une situation qui ne cesse de se dégrader.

Des délais d’attente qui s’allongent dramatiquement et un renoncement aux soins

Par rapport à 2019, il faut désormais attendre trois fois plus longtemps pour consulter un médecin généraliste et deux fois plus longtemps pour obtenir un rendez-vous chez un ORL, un cardiologue ou un dermatologue.

Face à ces obstacles, de plus en plus de Français renoncent simplement à se soigner. Près de trois quarts des personnes ayant répondu au baromètre déclarent avoir déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années.

Voir aussi :

Il a dirigé le GEIPAN, le bureau des OVNIS, pendant 21 ans

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Les raisons de ces renoncements sont multiples, mais trois se détachent nettement :

  • 59 % des Français ont renoncé à des soins en raison de délais d’obtention de rendez-vous jugés trop longs ;
  • 40 % pour des raisons financières ;
  • 38 % des Français ont abandonné l’idée de consulter à cause de la distance géographique.

Les urgences hospitalières, un recours par défaut

Conséquence directe de ces difficultés d’accès aux soins : un engorgement des services d’urgence pour des motifs qui ne relèvent pourtant pas de l’urgence médicale. Le baromètre révèle qu’un Français sur deux s’est déjà rendu aux urgences alors que son cas ne le nécessitait pas.

Pourquoi un tel comportement ? Les raisons évoquées sont révélatrices des dysfonctionnements du système :

  • ne pas savoir à qui s’adresser en dehors du service d’urgence hospitalier ;
  • l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste ou spécialiste dans un délai acceptable ;
  • le refus de prise en charge sans rendez-vous par les médecins de ville.

Cette situation n’est pas seulement une source d’inconfort ou de frustration pour les patients. Elle représente un véritable enjeu de santé publique, avec des conséquences graves possibles : diagnostics tardifs, aggravations de pathologies non traitées, inégalités croissantes face à la santé.

La progression constante des délais d’attente depuis 2019 montre que la crise est structurelle et s’inscrit dans la durée. Déserts médicaux, vieillissement de la population, manque d’attractivité de certaines spécialités médicales : les causes sont multiples et appellent des réponses à la hauteur des enjeux.

TÉMOIGNAGES. Accès aux soins : « Je n’aurais jamais pensé pleurer pour avoir un médecin traitant. Jamais », quand se soigner devient impossible

Publié le 21/05/2026 à 06:39 , mis à jour à 09:11

Article rédigé par Anne-Laure de Chalup

Anne-Laure de Chalup

JournalisteLa Dépêche du Midi

Le délai moyen pour consulter un médecin généraliste est stable : trois jours en moyenne en France, mais combien de personnes se sont vu refuser un rendez-vous ? Ils sont malades et ne peuvent pas toujours se déplacer, mais n’ont pas pu trouver de médecin traitant… Témoignages. 

Les années passent et le constat reste le même : il est très difficile de se soigner en France. Jeunes ou vieux, ruraux ou urbains, les Français souffrent d’un manque cruel de généralistes et de spécialistes. 

« Je n’aurais jamais pensé pleurer pour avoir un médecin traitant. Jamais », confie Ludovic. Ce dernier a pourtant quitté la campagne du Pas-de-Calais pour rejoindre Lille, une grande agglomération où il pensait pouvoir vivre sereinement sa maladie. « Je souffre d’une sclérose en plaques et je suis atteint d’un cancer en phase terminale », expose-t-il. Mais à la douleur et à l’angoisse de la situation s’est ajouté le stress de ne pas pouvoir être pris en charge. En effet, en septembre, le « verdict est tombé », aucun médecin n’accepte d’accompagner ce Lillois. Avec SOS Médecins qui « vient uniquement si on a déjà une ordonnance » et « 99,9 % des médecins qui ne se déplacent pas », Ludovic, qui est alité, est dans l’impasse. Même en pleine crise, se tordant de douleur, rien à faire. 

4 heures de route pour un rendez-vous de 15 minutes

Le patient a donc effectué les allers-retours vers son ancien médecin traitant, dans le Pas-de-Calais, mais « 4 heures de route pour un renouvellement d’ordonnance qui prend 15 minutes, ça va un temps », relate-t-il. Ludovic a même fait appel à des médecins en ligne, proposant des téléconsultations d’urgence, non remboursées. « On s’en fiche de payer quand on souffre », explique-t-il. Mais à distance, il est interdit de prescrire de la morphine. Retour au point de départ. 

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« Le salut est venu d’un médecin du Samu qui, las de nous voir appeler chaque mois, a contacté un médecin de garde à minuit et demi pour qu’il passe chez moi à titre exceptionnel. Ce médecin est venu, bravant les règles strictes de sa garde, et a accepté de devenir mon médecin traitant. Sans lui, la souffrance était devenue telle que je ne voulais plus continuer. » Si la situation a fini par s’arranger pour Ludovic, il est conscient que tous les Français n’ont pas cette chance. 

« Je pense chaque jour aux centaines de milliers de Français qui traversent ces mêmes épreuves dans la solitude, sans la chance ou l’énergie que nous avons eue pour trouver une issue », lance-t-il. 

« Une angoisse terrible au quotidien »

Marie-France est de ceux-là. Victime d’un infarctus en 2018, souffrant d’une maladie pulmonaire et bipolaire, elle est aujourd’hui démunie, sans suivi médical. Elle vit pourtant à Lyon, juste à côté d’un médecin traitant. « Il ne veut rien savoir. Il dit qu’il a 3 000 demandes. 3 000 personnes ! Il ne peut pas s’occuper de tout le monde, il est complètement débordé. À Lyon, il y en a bien des médecins, mais ils sont tous saturés », raconte cette patiente, se déplaçant uniquement en fauteuil roulant. 

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Marie-France vit donc dans « une angoisse terrible au quotidien » et ne reconnaît plus son pays. « C’est vraiment grave, on est en France, en 2026, pas chez les Cro-Magnons ! », s’agace-t-elle. « Là, on marche sur la tête. On ne peut pas laisser des personnes malades et isolées sans aucune solution de secours », poursuit la Lyonnaise. 

L’agacement est le même chez Élisabeth, qui réside à Labège, à côté de Toulouse. « Il ne faut pas tomber malade, je vous le dis », assure-t-elle. Au téléphone, elle décrit l’enfer de la prise de rendez-vous pour un simple contrôle dermatologique. « Désormais, pour obtenir un rendez-vous avec un praticien disponible, la règle est stricte : si vous n’êtes pas déjà enregistré comme client dans leur cabinet, l’accès vous est refusé. Par téléphone, les secrétariats renvoient systématiquement vers la plateforme Doctolib… c’est le serpent qui se mord la queue », commente Élisabeth. 

« L’absurdité » des campagnes de dépistage 

Surtout qu’elle doit appeler les secrétariats, sur ses heures de travail, pour s’entendre bien souvent dire qu’ils ne prennent pas de nouveaux patients. « Il faut s’armer de patience », assure-t-elle. « À côté de cela, les autorités de santé prônent activement les campagnes de dépistage », poursuit cette Haut-Garonnaise, quelque peu agacée par l’absurdité de la situation. 

Face à cela, Élisabeth estime que le gouvernement devrait se montrer plus ferme avec les médecins, les obligeant à s’installer dans certaines zones sinistrées et régulant la pratique de la dermatologie esthétique.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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