Démographie des professionnels de santé : une hausse historique des effectifs formés et de nouvelles mesures pour renforcer l’accès aux soins (Dossier de presse)
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14/10/2026
Émis par : Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
Depuis 2017, le Gouvernement a engagé une transformation profonde des études de santé pour former davantage de professionnels et améliorer l’accès aux soins. La suppression du numerus clausus, la territorialisation des formations à travers la création de nouveaux sites de formation dans les territoires sous dotés notamment et les réformes successives ont permis un rattrapage historique et de retrouver une croissance dans la démographie du nombre de professionnels formés.
Le Gouvernement entend poursuivre cette dynamique et annonce son objectif de doubler le nombre d’infirmiers en pratique avancée en formation dès 2027. Par ailleurs, plus de 3 000 docteurs juniors de médecine générale se formeront sur le terrain et renforceront dès novembre l’offre de soins dans les territoires.
1. Une hausse historique du nombre de professionnels de santé, appelée à se poursuivre
La suppression du numerus clausus, la réforme de l’accès aux études de santé de 2019 et la territorialisation des formations ont permis de lever les principaux freins à l’augmentation des effectifs formés.
Les objectifs nationaux pluriannuels (ONP) fixés pour 2021-2025 ont été dépassés dans l’ensemble des filières de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie (MMOP). Désormais, plus de 10 300 étudiants sont admis chaque année en médecine, 3 400 en pharmacie, 1 400 en odontologie et plus de 1 000 en maïeutique.
Après ce rattrapage historique, le Gouvernement entend poursuivre l’augmentation des effectifs, dans le respect de la qualité des formations. Les concertations locales et nationales conduites en 2026 permettent de définir des seuils minimaux et non comme des plafonds. Cette dynamique s’accompagnera des ajustements de la première année des études de santé prévus pour la rentrée 2027.
Pour agir à plus court terme, le Gouvernement annonce également son objectif de doubler, dès 2027, le nombre d’infirmiers en pratique avancée (IPA) formés. Pour y parvenir, plusieurs freins seront levés, notamment par la suppression de la durée minimale d’exercice préalable à l’accès à la pratique avancée et l’ouverture effective de la validation des acquis de l’expérience (VAE) pour les IPA. Ces évolutions permettront d’accélérer la formation de nouveaux professionnels et de renforcer plus rapidement les équipes de soins.
2. Plus de 10 000 postes d’internat en 2026 : une progression historique et réelle dans toutes les spécialités et tous les territoires
En 2026, 10 260 postes d’internat ont été ouverts, soit 1 341 postes supplémentaires par rapport à 2025.
Cette augmentation bénéficie à plusieurs spécialités essentielles au système de santé. Au premier rang, la psychiatrie : 627 postes pourvus, soit +152 (+32 %) que l’année dernière. La psychiatrie a par le passé fait l’objet de nombreux postes non pourvus. Le gouvernement se félicite de ces travaux collectifs pour attirer dans la filière et les territoires ces futurs professionnels.
Sont également concernés :
- Médecine d’urgence : 545 postes pourvus, soit +90 (+19,8 %) ;
- Pédiatrie : 468 postes pourvus, soit +79 (+20,3 %) ;
- Anesthésie-réanimation : 540 postes pourvus, soit +60 (+12,5 %) ;
- Gynécologie-obstétrique : 275 postes pourvus, soit +46 (+20,1 %) ;
- Médecine cardiovasculaire : 232 postes pourvus, soit +38 (+19,6 %).
La médecine générale connaît une progression sans précédent avec 477 postes supplémentaires, portant à 4 070 le nombre de postes ouverts en 2026.Représentant près de 40 % des postes d’internat, elle demeure la première spécialité de formation médicale. La quasi-totalité des postes ont été pourvus : 4 068 sur 4 070.
Cette progression s’accompagne d’un renforcement des capacités de formation dans l’ensemble des territoires. Entre 2012 et 2026, le nombre de postes d’internat a augmenté de 2 696 (+36 %) à l’échelle nationale, dont 1 979 postes supplémentaires depuis 2017 (+24 %).
Cette hausse concerne toutes les régions, avec des progressions particulièrement importantes dans certains territoires :
Évolution par région entre 2017-2026
- Auvergne-Rhône-Alpes : +241 (+24 %)
- Bourgogne-Franche-Comté : +79 (+18 %)
- Bretagne : +79 (+18 %)
- Centre-Val de Loire : +160 (+73 %)
- Grand Est : +171 (+22 %)
- Hauts-de-France : +129 (+17 %)
- Île-de-France :+364 (+25 %)
- Normandie : +81 (+16 %)
- Nouvelle-Aquitaine : +160 (+22 %)
- Occitanie : +147 (+23 %)
- PACA et Corse : +156 (+28 %)
- Pays de la Loire : +104 (+22 %)
- Outre-Mer : +108 (+39 %)
Total France : +1 979 (+24 %)
Ces résultats témoignent de l’effort engagé pour mieux répartir les capacités de formation, notamment dans les territoires confrontés à des difficultés d’accès aux soins, et favoriser l’ancrage territorial des futurs médecins.
3. Dès novembre, plus de 3 000 docteurs juniors de médecine générale renforceront l’accès aux soins
À quelques semaines de son lancement, les principaux dispositifs nécessaires à la mise en œuvre de la quatrième année d’internat de médecine générale ont été sécurisés.
Dès le 1er novembre, plus de 3 000 docteurs juniors débuteront leur dernière année de formation en 2026-2027, dont 80 % dans des territoires caractérisés par des difficultés d’accès aux soins (ZIP, ZAC ou QPV).
Organisée autour de deux stages de six mois sur un même lieu d’exercice, cette année se déroulera en ambulatoire, sauf exceptions ou projets pédagogiques particuliers. Les docteurs juniors exerceront en autonomie, sous la supervision d’un praticien agréé maître de stage des universités (PAMSU).
Les modalités de rémunération ont été sécurisées : les docteurs juniors seront rémunérés par leur CHU de rattachement (rémunération de Docteur junior associés aux indemnités supplémentaires associées à la participation aux grades, à la PDSA etc) et les PAMSU directement par l’Assurance maladie, à l’exception des honoraires pédagogiques relevant des universités (pouvant aller jusqu’à 3 200€ / mois en plus de l’activité médicale).
Au-delà de la formation de cette année favorisant l’accompagnement à l’installation. Cette réforme permettra de réaliser plusieurs millions de consultations supplémentaires au plus près des patients. Une seconde vague d’environ 500 internes viendra compléter le dispositif dès mai 2027.
Le Gouvernement salue la mobilisation de l’ensemble des acteurs ayant contribué à préparer cette réforme : enseignants, universités, représentants des étudiants, internes et médecins, Ordre, agences régionales de santé, Assurance maladie et collectivités territoriales. Un dernier comité de suivi sera organisé avant son lancement et le suivi se poursuivra tout au long de son déploiement.
Le Gouvernement présentera en novembre un bilan des réformes des formations en santé engagées depuis 2017, afin de mesurer le chemin parcouru et de poursuivre l’adaptation des formations aux besoins de santé de la population.
Stéphanie RIST, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées : « Depuis 2017, nous avons fait le choix de former davantage de professionnels de santé. La suppression du numerus clausus a permis un rattrapage historique dont nous voyons aujourd’hui les résultats : plus de 10 000 postes d’internat ouverts en 2026, dont plus de 4 000 en médecine générale. Mais notre ambition ne s’arrête pas là. Nous voulons poursuivre cette augmentation, doubler le nombre d’infirmiers en pratique avancée formés dès 2027 et mieux accompagner l’installation des professionnels dans les territoires. C’est en ce sens que le PLFSS pour 2027 prévoit 52 millions d’euros (+13M€ comparé à 2026) pour les contrats d’engagement de service public.
Avec la quatrième année de médecine générale, plus de 3 000 docteurs juniors dont 80 % dans les territoires où les besoins sont les plus importants se formeront au plus près d’un projet d’installation. Notre cap est clair : former davantage, former mieux et former au plus près des besoins des Français. »
Philippe BAPTISTE, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace : « Depuis 2017, les universités ont démontré leur capacité à relever les défis quantitatifs, qualitatifs et territoriaux de la formation des professionnels de santé. Adapter notre système de formation à l’évolution des besoins de santé est une responsabilité collective et une nécessité. Cette transformation en profondeur a exigé un engagement sans précédent, reposant sur des investissements majeurs de l’État et de l’ensemble des acteurs de la formation. »
Contacts presse :
Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
Cabinet de Mme Stéphanie RIST
sec.presse.sfaph@sante.gouv.fr
Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace de France
Cabinet de M. Philippe BAPTISTE
secretariat.communication@recherche.gouv.fr
Mon commentaire de juin dernier « trois fois moins de médecins qui s’installent dans les déserts médicaux« – Dr Jean SCHEFFER
Il y a eu en 2025 une augmentation similaire à 2024 tant dans les zones pourvues que dans les déserts médicaux:
-2810 médecins en 2025 dans les zones pourvues et 2130 en 2024
-891 dans les déserts médicaux en 2025 et 591 en 2024
C ‘est donc trois fois moins de médecins qui s’installent dans les déserts médicaux
La lame de fond en faveur de l’installation en zone pourvue persiste et ceci avait été bien étudié et c’est bien ce qui explique que l’augmentation du Numérus Apertus est insuffisant pour réduire les déserts médicaux (voir la tribune de Jean de Kervsadoué dans « Le Point » – https://environnementsantepolitique.fr/2026/05/21/74714/)
Pour solutionner les déserts médicaux il est nécessaire de mener de front plusieurs actions en plus de l’augmentation du Numerus Apertus
–Une véritable régulation des installations basée sur le non conventionnement en cas d’installation en zone pourvue
–La création de centres de santé publics en territoire de désert médical, car il est prouvé que les Maisons de Santé Libérales ont tendance à s’installer dans des zones urbaines suffisamment denses.
–La lutte contres tous les autres déserts médicaux quel que soit le lieu d’exercice et la spécialité, qui passe par la création du « Clinicat Assistanat Pour tous »,obligatoire en fin d’internat, pour tous les futurs généralistes et tous les futurs spécialistes, à l’image de l’actuel assistanat partagé CHU-CHG (Voir: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2). C’est la solution immédiate pour combler les 40% de postes de PH vacants dans nos CHG et les 50% vacants dans les hôpitaux spécialisés-CMP, sans compter les vacances en PMI-Crèches-médecins scolaire et universitaire, en centre de santé, en médecine publique, médecine du travail, médecine pénitentiaire, santé publique, recherche…
-Mais est aussi indispensable la disparition progressive des dépassements d’honoraires qui doit aller de pair avec la fin du remboursement des soins par les complémentaires en plusieurs étapes. La première avec la généralisation du système assurentiel en vigueur en Alsace-Moselle, l’assurance complémentaire étant intégrée dans l’assurance maladie, créant une économie de 7 à 10 milliards qui permettra de revaloriser les actes sous-cotés.
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