Canicule et santé: les maladies chroniques et la santé des femmes

« Face aux canicules à répétition, les malades chroniques éprouvés : “C’est la débrouille” »

 Date de publication : 30 juillet 2026  https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=ccbb8e53ec421f0801b26676940ab4e0&midn=24147&from=newsletter

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Apolline Le Romanser observe en effet dans Libération : « Symptômes décuplés, épuisement exacerbé, médicaments à surveiller, matériel en panne… Alors que la France traverse un quatrième épisode de chaleurs extrêmes, de nombreux patients subissent à nouveau leurs conséquences. Sans avoir eu le temps de récupérer ».
La journaliste note que « dans les messages de prévention et les préoccupations des soignants, les «malades chroniques» figurent une fois de plus dans la liste des «populations vulnérables» lors des canicules. C’est-à-dire celles et ceux qui doivent déjà vivre avec des symptômes quotidiens ; qui risquent de décompenser même plusieurs jours après la retombée des températures ».
Apolline Le Romanser relève qu’« il y a les patients cardiaques, «puisque le système cardiovasculaire participe à la régulation de la température corporelle et est très sollicité en cette période, le risque d’infarctus augmente», cite l’épidémiologiste Basile Chaix, directeur de recherche à l’Inserm ».
« Mais aussi les personnes atteintes de maladies rénales, neurodégénératives ou neurologiques comme Alzheimer ou Parkinson, de diabète, de sclérose en plaques… Impossible de dresser une liste exhaustive, tant la chaleur fait dérailler le corps entier. Tout comme le manque de sommeil qu’elle induit ; la déshydratation », continue la journaliste.
Elle observe que « pour les concernés, il faut donc tenter de vivre avec. Sans savoir si et quand ils pourront enfin récupérer. Cet été, «la particularité, c’est la durée» des épisodes et leur répétition, soupire Laurent Di Méglio, dialysé depuis 2018. Des semaines calfeutré chez lui «à la lumière électrique», de sommeil perturbé. Et de soif, insupportable, qu’il ne peut pas épancher ».
Apolline Le Romanser rappelle en effet que « lorsque l’injonction générale est de ne surtout pas oublier les verres d’eau réguliers, «une personne sous dialyse n’en a quasiment pas le droit, boire trop d’eau peut rendre la séance plus compliquée et douloureuse», explique le vice-président de Renaloo ».
Elle indique qu’« il a trouvé un compromis : «Je bois de petites gorgées d’eau très fraîches.» Et il fuit encore plus la chaleur qui assécherait un peu plus sa bouche ».
Apolline Le Romanser ajoute que « la chaleur ne fait pas uniquement dérailler les corps. A plus de 35°C, Cyriaque Lemaître ne peut même plus faire confiance au capteur de glycémie collé à son bras. «La chaleur les dérègle. J’ai dû en jeter trois.» Et l’injection d’insuline qu’il s’est administrée sur cette base beaucoup trop forte, «je suis retombé en hypoglycémie» ».
« Avec ces canicules et chaleurs, le quinquagénaire vit un yoyo éprouvant entre «l’hypo et l’hyper» (trop ou pas assez de sucre dans le sang), les douleurs, la fatigue… et la vigilance accrue, pour éviter des conséquences plus graves », relève la journaliste.
Apolline Le Romanser note par ailleurs que « les médecins peuvent ne pas connaître l’étendue des dégâts des chaleurs extrêmes. C’est ce qu’avait mis en évidence l’association Endomind, centrée sur l’endométriose, en 2023 : la quasi-totalité des adhérentes interrogées rapportaient un décuplement de leurs douleurs, mais «les professionnels de santé ne le savent pas toujours, donc il n’y a pas de conseils», souligne Stéphanie Pierre, de France Assos Santé. La fédération d’associations de patients entame tout juste un travail de fond sur la chaleur et le changement climatique ».
Basile Chaix souligne : « On manque encore de connaissances fines maladie par maladie. Mais beaucoup de travaux sont lancés, il y a une sorte d’ébullition ».
La journaliste indique que « l’enjeu n’est pas seulement d’éviter aux concernés les couloirs hospitaliers. La multiplication des canicules et leur allongement avec le dérèglement climatique imposent de sortir de la seule gestion de crise ».
Stéphanie Pierre déclare ainsi que « tous les malades chroniques n’iront pas à l’hôpital, l’adaptation passe aussi par des réflexions sur le travail, les logements, des plans urbains plus cohérents, la formation des soignants… ».

« Bouffées de chaleur, troubles cardio-vasculaires… Comment la canicule pèse sur la santé des femmes »

 Date de publication : 30 juillet 2026  https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=722966d53ae994ede3359ca7f8c0a50a&id_newsletter=24147&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24147&from=newsletter&slnk=7

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C’est ce que titre Libération, qui remarque qu’« entre perturbations du cycle menstruel et aggravation des effets secondaires de la ménopause, les chaleurs extrêmes bouleversent les corps féminins ».
Anna Esnault-Carcuac relève ainsi : « Depuis la première canicule au mois de mai, Anne-Lise, 53 ans, a vécu une vingtaine de coups de chaud de ce type. En périménopause, période qui survient avant la ménopause, cette enseignante a fait l’expérience de ses premières bouffées de chaleur au mois de mars, alors plus faciles à supporter. Mais comme Anne-Lise, de nombreuses femmes ont ressenti ce phénomène plus intensément pendant les canicules ; d’autres ont aussi vu leurs cycles menstruels perturbés, signe que la chaleur bouleverse les corps féminins ».
Anne-Lise déclare : « C’est une sensation de brûlure extrême, un pic de chaleur assez paniquant, qui dure une minute et qui redescend ».
Anna Esnault-Carcuac explique que « l’intensité des bouffées de chaleur ressenties par certaines femmes en période de ménopause pourrait s’expliquer par un trouble de la régulation thermique de leur corps troublée, rendue plus compliquée par la chaleur extérieure ».
Le Dr Jean-Marc Emmanuelli, gynécologue, précise qu’« au moment de la ménopause, la production d’œstrogènes diminue, ce qui perturbe l’hypothalamus, la région du cerveau qui régule la température du corps ».
La journaliste observe que « la canicule semble aussi perturber le cycle menstruel des plus jeunes. C’est le cas de Bénédicte (prénom d’emprunt), étudiante de 23 ans qui, après un diagnostic d’endométriose il y a 5 ans, a commencé à prendre une pilule qui a supprimé ses règles. Pourtant, au mois de juin, la jeune femme a de nouveau connu des saignements. Bouffées de chaleur, maux de tête, fatigue intense et jambes gonflées ont rythmé son été. En juin, elle a même fait un malaise sur son lieu de travail ».
« Des troubles du cycle menstruel qui pourraient aussi s’expliquer par les perturbations de l’hypothalamus causées par la chaleur », remarque Anna Esnault-Carcuac.
Le Dr Michel Mouly, gynécologue, indique que « cette région du cerveau régule à la fois la température corporelle et la reproduction. C’est pourquoi une canicule peut avoir des répercussions sur le cycle menstruel. L’adaptation de l’organisme pour maintenir sa température autour de 37°C mobilise de nombreux mécanismes biologiques ».
La journaliste ajoute que « les maladies cardiovasculaires sont aussi concernées ». Nabila Bouatia-Naji, directrice de recherche à l’Inserm, déclare qu’« en période de canicule, il y a un risque plus élevé pour la santé cardiovasculaire en général. La fonction cardiovasculaire est très affectée par la chaleur parce que le cœur doit pomper beaucoup plus, et ça le fatigue ».
La chercheuse souligne de plus que les femmes « sont beaucoup moins bien diagnostiquées et au courant de leurs risques cardiovasculaires. […] Pendant la ménopause, les femmes connaissent des changements cardiovasculaires, probablement liés aux bouleversements hormonaux. L’hypertension peut arriver à ce moment-là et passer inaperçue ».
Anna Esnault-Carcuac relève en outre que « plusieurs études scientifiques ont par ailleurs démontré une surmortalité féminine pendant les canicules. Dans un article publié dans la revue Nature Medicine, des chercheurs de l’Institut de santé mondiale de Barcelone et de l’Inserm estiment que sur les plus de 60.000 morts provoquées par la canicule à l’été 2022 en Europe, «les décès de femmes sont supérieurs de 56% à ceux d’hommes» ».

Voir aussi:

Les feux libèrent des gaz et des particules dans l’air qui affectent la santé des populations,

https://environnementsantepolitique.fr/2026/07/23/canicule-plus-de-la-moitie-des-exces-des-5764-deces-sont-concentres-sur-les-journees-du-25-au-27-juin/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/07/12/les-hopitaux-en-premiere-ligne-face-a-la-canicule

https://environnementsantepolitique.fr/2026/07/05/selon-la-fhf-il-est-necessaire-de-debloquer-deux-a-trois-milliards-deuros-supplementaires-par-an-et-un-milliard-deuros-immediatement-pour-que-les-hopitaux-puissent-faire-face-aux-ca/

L’impréparation du pays à des canicules prévues depuis le premier rapport du GIEC en 1990.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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