Canicule: plus de la moitié des excès des 5764 décès sont concentrés sur les journées du 25 au 27 juin,

« La canicule de juin a tué près de 6000 personnes, dont un tiers en Île-de-France »

 Date de publication : 23 juillet 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=da859c1bc7786071261be31178247b56&id_newsletter=24109&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24109&from=newsletter&slnk=6

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Soline Roy note dans Le Figaro : « Ils étaient hommes ou femmes, très âgés, quadragénaires ou adolescents, vivaient chez eux ou en établissement : en France, 6000 personnes manquent à l’appel, tuées par la canicule qui a frappé presque tout l’Hexagone dans la deuxième moitié de juin ».
La journaliste explique ainsi que « 5764 «décès toutes causes en excès» ont été enregistrés du 17 juin au 2 juillet, calcule Santé publique France (SpF) dans un bilan partiellement consolidé. […] «En excès», cela signifie qu’ils s’ajoutent aux «décès attendus» calculés à partir d’un modèle statistique basé sur l’historique des six dernières années ».
Soline Roy précise que « le bilan final des morts de l’été, fondé sur les causes de mortalité et qui ne sera pas disponible avant l’automne, sera sans aucun doute plus élevé. D’abord, signale le ministère de la Santé, parce que l’on ne peut pas préjuger de la survenue d’autres épisodes exceptionnels de chaleur d’ici la fin de l’été ».
« Par ailleurs, les morts liés à la chaleur peuvent survenir avec un effet retard, des décompensations survenant plusieurs jours, voire plusieurs semaines après la baisse des températures. […] Enfin, des décès liés à la chaleur surviennent aussi lorsque les températures sont «dans la normale de saison» ; parmi les «décès attendus» (pendant ces 15 jours, mais aussi tout au long de l’été) figurent donc déjà des décès liés à la chaleur »,remarque la journaliste.
Elle évoque un « premier enseignement tiré par le ministère de la Santé : ces chiffres sont les plus importants jamais calculés depuis la canicule historique de 2003. […] «Le système de santé s’est montré robuste», a-t-on ajouté du côté de la Direction générale de la santé, et les Ehpad ont appris de l’hécatombe survenue chez leurs pensionnaires il y a 23 ans.
Soline Roy remarque cependant que « plus d’un tiers de l’ensemble des décès recensés (liés ou non à la chaleur) a eu lieu à domicile, contre moins d’un quart habituellement. Dès le 26 juin, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’était dite «préoccupée» par l’importance des «décès à domicile» ».
La journaliste note en outre que « «de manière inédite», l’excès de mortalité a concerné «toutes les classes d’âge après 15 ans», souligne Guillaume Boulanger », de la direction de la santé environnementale de SPF.
Soline Roy relève ainsi que « les plus âgés ont, sans surprise, porté le plus lourd fardeau des vagues de chaleur avec 3719 décès en excès chez les 75 ans et plus, soit près de 65% du total des morts en excès et une surmortalité de 33% dans cette tranche d’âge. Mais les 15-44 ans déplorent 118 morts en excès (+30% par rapport à la mortalité attendue), les 45-64 ans 979 morts (+55%), et les 65-74 ans 936 morts (+37%) ».
La journaliste indique que « les causes précises des décès et le profil détaillé des morts ne seront pas connus avant plusieurs mois, mais on peut déjà penser que l’intensité et la précocité exceptionnelles de cette vague de chaleur ne sont pas étrangères au fait que beaucoup de décès soient survenus à domicile : contrairement à la canicule de 2003, survenue au cœur du mois d’août, celle de juin 2026 a frappé à une période de l’année où les Français étaient encore à l’école ou au travail ».
Le Parisien titre pour sa part : « Âge, région… Près de 6000 décès pendant la canicule historique de fin juin, voici leur profil ».
Nicolas Berrod retient aussi que « l’impact est visible, pour la première fois, dans toutes les tranches d’âge à partir de 15 ans. De quoi «souligner l’intensité remarquable et la durée de l’exposition à la chaleur de la population», avance Santé publique France. C’est même parmi les 45-64 ans que la surmortalité est la plus importante ».
Le journaliste ajoute que « toutes les régions sont concernées mais l’Île-de-France a été celle la plus touchée, avec quasiment deux fois plus de morts qu’attendu. […] Les décès «ont augmenté dans tous les types de lieux» (hôpital, Ehpad, domicile) mais «en particulier à domicile», décrit Guillaume Boulanger ».
« L’agence sanitaire prévient, cependant, que le lieu de décès n’est pas toujours bien signalé sur le certificat et que certains patients peuvent mourir à l’hôpital, après avoir souffert de la canicule ailleurs », continue Nicolas Berrod.
Libération retient de son côté : « Canicule : près de 6000 morts de plus qu’attendu lors de la canicule de juin, les jeunes aussi concernés ».
Apolline Le Romanser explique également que ces « données […] dessinent une tendance particulièrement inédite : tous les âges, à partir de 15 ans, ont été concernés par cet excès de mortalité ».
La journaliste ajoute que « l’Ile-de-France a été la région la plus touchée par cette surmortalité. Un excès de 2000 décès a été observé. Suivent le Grand-Est (635 morts), les Pays-de-la-Loire (553) et le Centre-Val-de-Loire (511). Seules la Corse, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur n’ont pas connu d’excès de mortalité ».

Morts causées par la canicule : le coût du déni climatique et de l’inadaptation

Les chiffres de la mortalité liée à la canicule du mois de juin se précisent et confirment la crise sanitaire traversée par la métropole. Plus de 5 000 morts « en excès » ont été comptabilisées à ce stade. Elles présagent d’un été au bilan catastrophique en vies humaines.

Caroline Coq-Chodorge

22 juillet 2026 à 20h40 https://www.mediapart.fr/journal/france/220726/morts-causees-par-la-canicule-le-cout-du-deni-climatique-et-de-l-inadaptation?utm_source=quotidienne-20260722-190111&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20260722-190111&M_BT=115359655566

« Faux« Faux »« scandaleux », a crié le premier ministre Sébastien Lecornu, le 30 juin à l’Assemblée nationale. Il répondait à la cheffe des Écologistes, Cyrielle Chatelain, qui avançait le nombre de 10 000 morts causées par la chaleur qui a accablé la France au mois de juin. Depuis, les chiffres tombent petit à petit et montrent qu’à terme, on ne sera pas loin du compte, voire au-delà.

Santé publique France vient de communiquer mercredi un bilan de « 5 764 décès toutes causes en excès », sur la période du 17 juin au 2 juillet 2026. Ces données ne sont pas encore tout à fait « consolidées », mais « le calcul est assez fiable », selon le ministère de la santé. Seulement, on sait déjà que ces premières données ne représentent qu’une partie des morts dues à la chaleur en été.

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Dans un couloir du service des urgences de l’hôpital universitaire Pellegrin, à Bordeaux, lors d’une vague de chaleur, le 23 juin 2026.  © Photo Philippe Lopez / AFP

Si plus de 5 000 décès sont recensés à ce stade, avec l’analyse plus précise des causes des autres décès survenus sur la période, d’autres viendront s’ajouter. Par exemple, à l’été 2025, alors le troisième plus chaud depuis 1900, Santé publique France a comptabilisé 1 000 morts en excès, mais l’agence estime que « plus de 5 700 décès sont attribuables à une exposition de la population à la chaleur ».

Une catastrophe naturelle et inégalitaire

Une chose est sûre, selon Kévin Jean, épidémiologiste à l’École nationale supérieure et spécialiste des liens entre santé, environnement et climat : « Cette canicule de juin a été un événement hors normes, tout le monde s’en est rendu compteLes chiffres permettent de mesurer son ampleur, et de reconnaître qu’il y a eu des victimes. Si une autre catastrophe naturelle avait causé plus de 5 000 décès, il y aurait une minute de silence ou un deuil national. »

Par ailleurs, puisque les canicules s’enchaînent, elles ont aussi des effets cumulatifs qui « fragilisent les personnes déjà malades, notamment les malades chroniques », explique Kévin Jean.

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La hausse des morts est particulièrement forte au domicile (voir graphique ci-dessous), bien plus qu’en établissements de santé. Les Ehpad semblent être parvenus à protéger leurs résident·es. « Au bas mot, 70 % de la mortalité en période de canicule pourrait être imputable à l’exposition à la chaleur dans les logements, estime Basile Chaix, épidémiologiste à l’Inserm, spécialiste des effets de l’environnement sur la santé. Cela explique l’ampleur de la mortalité malgré les efforts de végétalisation dans les villes, l’ouverture de salles rafraîchies, etc. C’est un aspect sur lequel on a le moins de prise, et qui est inégalitaire par tous les bouts : l’isolation ou le caractère traversant du logement, la capacité à s’équiper pour se protéger des rayons du soleil, la présence d’une climatisation… » 

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Nombre quotidien de décès toutes causes par type de lieu de décès, de 2024 au 02 juillet 2026, France hexagonale  © Santé publique France

La région la plus touchée est l’Île-de-France (+ 81,2 % de décès), devant le Centre-Val de Loire (+ 62,6 %) et les Pays de la Loire (+ 55,2 %). Car Paris et sa banlieue sont un immense îlot de chaleur urbaine, souligne encore Basile Chaix : « Une étude parue dans le Lancet a comparé les effets de la chaleur sur la mortalité dans 854 villes de 30 pays. Paris est la ville où ces effets sont les plus importants. Dans les moments les plus chauds, il fait 8 °C de plus à Paris. »

De 15 ans à 75 ans et plus

Autre fait frappant : il y a eu un excès de morts dans toutes les classes d’âge, dès 15 ans. Il est de + 29,6 % chez les 15-44 ans, et même de + 55,4 % chez les 45-64 ans. Cette hausse est étonnamment moins forte chez les 75 ans et plus (+ 33,3 %). Mais en chiffres bruts, il y a eu 3 719 décès en excès chez les plus de 75 ans, soit deux tiers de ce bilan total provisoire des morts de la canicule de juin.

Pour Kévin Jean, cet épisode a révélé « l’inadaptation à la chaleur des bâtiments, en particulier les hôpitaux et des établissements scolaires. Comme pendant le Covid, des écoles ont fermé, des examens ont été perturbés. On réalise que même les jeunes sont vulnérables ».

Plus largement, l’épidémiologiste juge « indécents » les messages de santé publique diffusés par le gouvernement : « “Hydratez-vous”était à peu près le seul message. Dans la communauté scientifique, on a aussi été scandalisés par les déclarations d’Emmanuel Macron qui a défendu “le gros travail” du gouvernement sur l’adaptation. »

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Les personnes isolées à domicile ont été les plus durement frappées. Kévin Jean déplore une communication insuffisante de la part des autorités : « Il aurait fallu faire de l’ingénierie sociale : travailler sur des slogans, des campagnes qui encouragent vraiment à demander des nouvelles de ses voisins. »

Santé publique France dispose de ces compétences en « promotion de santé », pour faire passer les bons messages par les bons canaux aux bonnes personnes. Seulement, l’agence est en cours de démantèlement et le gouvernement veut justement la priver de ses missions de communication. En juin, elle a même été empêchée de déployer sa campagne de prévention aux fortes chaleurs.

Caroline Coq-Chodorge

Canicule en France : 5 764 morts en excès constatées pendant l’épisode de juin, selon Santé publique France

  • Plus de la moitié des excès de décès sont concentrés sur les journées du 25 au 27 juin, relève Santé publique France, qui note que l’épisode du 17 juin au 2 juillet a causé une surmortalité qui n’avait pas été observée depuis la canicule de 2003.

Le Monde avec AFP

Publié hier à 15h38, modifié hier à 17h07 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/06/26/canicule-emmanuel-macron-et-sebastien-lecornu-sur-la-defensive_6715673_823448.html

Au centre de régulation du CHR de Metz-Thionville, à Metz, le 26 juin 2026.
Au centre de régulation du CHR de Metz-Thionville, à Metz, le 26 juin 2026.  KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

L’épisode caniculaire qu’a connu la France hexagonale du 17 juin au 2 juillet a causé une surmortalité jamais observée depuis la canicule de 2003, selon un bilan provisoire publié mercredi 22 juillet par Santé publique France. Au total, selon l’organisme public, au moins 5 764 morts en excès ont été estimées par rapport à la normale durant cette période. A titre de comparaison, l’agence sanitaire comptabilisait 5 700 décès attribuables à une exposition à la chaleur sur tout l’été 2025.

Lors de ces seize jours, plus de la moitié de ces excès de décès « toutes causes confondues » qu’on ne peut pas encore imputer avec certitude à la chaleur sont concentrés sur les journées du 25 au 27 juin, note Santé publique France. Et l’agence nationale de rappeler que « cet épisode inédit, caractérisé par sa précocité, son intensité et sa durée, a exposé la quasi-totalité de la population à de très fortes chaleurs dans une période encore importante d’activités scolaires et professionnelles ».

Fait notable, cet excès de mortalité national « a été observé de manière inédite pour toutes les classes d’âge à partir de 15 ans ». Les personnes âgées de 75 ans et plus constituent toutefois les deux tiers de ce bilan provisoire avec au moins 3 719 décès en excès, soit une hausse de 33,3 % par rapport à la normale. Santé publique France affirme d’ailleurs que les décès observés durant cette période « ont augmenté pour tous les types de lieux : établissement hospitalier, domicile et Ehpad/maison de retraite ».

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Ces chiffres sont à ce stade « non consolidés » dans l’attente d’un bilan définitif à l’automne, mais confirment le fort impact sanitaire de cet évènement climatique, très intense sur tout le territoire puisqu’il a touché 98,5 % de la population hexagonale. L’Ile-de-France a été particulièrement affectée, la mortalité y ayant doublé par rapport à son niveau normal, avec 1 999 décès. Les régions de Corse, d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur ont en revanche été un peu moins exposées, souligne Santé publique France.

Accusations d’impréparation

A ces 5 764 décès en excès s’ajoutent les 300 morts « toutes causes » excédentaires recensées pendant la première canicule de cette année, du 24 au 28 mai, plus précoce mais plus brève et moins intense que celle de juin. Et le pays a enchaîné à la mi-juillet, avec un troisième épisode de fortes chaleurs, alors que l’exposition répétée à des vagues de chaleur épuise les organismes, fragilisant tout particulièrement les populations vulnérables (enfants, personnes âgées, précaires, malades chroniques…), selon les spécialistes.

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Depuis la publication des premiers chiffres, qui progressivement s’affinent, les bilans de mortalité alimentent une âpre bataille politique, le gouvernement se voyant accusé d’impréparation par les oppositions. Les Ecologistes en particulier ont anticipé un bilan de 10 000 décès pour l’épisode de juin, aussitôt démenti par Matignon, tandis que le ministère de la santé récusait toute comparaison avec la canicule de 2003, qui avait causé une surmortalité de 70 000 personnes en Europe, dont 15 000 en France.

Dans son rapport, Santé publique France laisse entendre que le bilan humain de cet événement, appelé à se reproduire sur la base du changement climatique en cours, demande une meilleure anticipation des autorités. « Ces impacts soulignent l’importance de mettre en place des mesures de gestion et de prévention pour diminuer l’impact de la chaleur sur les populations, sans attendre d’observer des impacts sanitaires », écrit l’organisme public.

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Le Monde avec AFP

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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