Changement climatique et apiculture : les impacts et solutions d’adaptation
Agroécologie | Aujourd’hui à 15h41 https://www.actu-environnement.com/ae/news/changement-climatique-apiculture-impacts-adaptation-48382.php4#xtor=EPR-50

LES POINTS À RETENIR
- 89 % des apiculteurs interrogés constatent des perturbations sur la durée et la précocité des floraisons.
- 95 % des apiculteurs ont opté pour l’isolation de leurs ruches comme mesure d’adaptation.
Face à la multiplication des évènements climatiques, l’apiculture n’est pas épargnée. Comportement inhabituel des colonies, raréfaction des ressources florales… Dans une synthèse (1) , l’interprofession des produits de la ruche (Interapi), en collaboration avec le centre d’étude et de ressources sur la diversification (Cerd) et l’association BIO Bourgogne-Franche-Comté, a répertorié les impacts du changement climatique sur l’apiculture et recense des moyens d’adaptation pour y faire face.
Pour analyser l’impact des changements climatiques, plusieurs paramètres influents pour l’apiculture ont été pris en compte : la récurrence des températures critiques, l’évolution des températures des mois hivernaux, l’évolution des précipitations, le stress hydrique, le risque de gel, ou encore l’évolution des jours venteux. Par exemple, l’augmentation des températures hivernales va avancer la reprise végétative et donc sensibiliser les plantes mellifères au gel printanier. Les jours particulièrement venteux peuvent handicaper, voire empêcher, le vol des abeilles. Selon les régions, certains paramètres sont plus susceptibles à se produire. À titre d’exemple, les régions côtières sont plus sujettes d’éprouver des jours venteux. La réponse au changement climatique est donc variable selon les régions.
Impacts des changements climatiques perçus par les apiculteurs sur différentes thématiques de leur métier© Synthèse InterApi sur l’impact des changements climatiques sur l’apiculture française
En tout état de cause, les impacts du changement climatique se font principalement ressentir sur les ressources mellifères et plus particulièrement sur la durée et la précocité des floraisons. C’est le cas pour 89 % des répondants à une enquête nationale sur les impacts du changement climatique sur la filière apicole (2) . Ces perturbations affectent la production de miel à la baisse pour 79 % des répondants, avec un impact plus important sur les apiculteurs de la moitié sud du pays. La réduction de la période hivernale favorise également le développement de varroa (Varroa destructor), principal parasite de l’abeille.
Face à ces conséquences, les apiculteurs ont pu envisager plusieurs solutions. Les interrogés ont majoritairement (95 %) opté pour une isolation de leurs ruches sur le dessus ou les côtés. Seul un tiers (34 %) a adapté leur matériel, et moins de 20 % prévoient de changer de race pour des abeilles qui s’adaptent mieux aux variations de ressources en pollen. Enfin, 30 % des apiculteurs abandonnent des miellées (acacia et châtaigner), d’autres (16 %) en choisissent de nouvelles (comme la lavande), ou encore se concentrent sur des miellées productives du printemps (17 %).
À l’avenir, la régulation thermique des ruches, en les disposant à proximité de points d’ombre et d’eau, sera cruciale. L’adaptation des stratégies de récolte pour faire face aux sécheresses estivales et à la variabilité pluviométrique au cours de l’année doit également être mise en œuvre, selon la synthèse.1. Consulter la synthèse
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-48382-synthese-apiculture-changement-climatique.pdf2. 117 apiculteurs ont répondu à l’enquête en ligne diffusée du 6 janvier au 15 Octobre 2023.
Camille Girardin Lang, journaliste intégré
Éditrice – rédactrice juridique