Les taux de 15 % et de 30 %, appliqués aux médicaments dont le service médical rendu est respectivement faible ou modéré, atteignent des sommets d’absurdité administrative (F. Bizard économiste en santé).

Le ridicule ne tue pas mais il coûte cher à la sécu !

Frederic Bizard

Frederic Bizard

Professeur d’économie chez ESCP Europe | MBA de l’INSEAD

24 juillet 2026

Rembourser 25 centimes pour les reprendre ensuite : bienvenue dans la politique du médicament en 2026.

La France compte aujourd’hui quatre taux de remboursement des médicaments par l’Assurance maladie : 15 %, 30 %, 65 % et 100 %.

À cela s’ajoutent évidemment les médicaments non remboursés.

Cette architecture est déjà d’une complexité difficilement défendable. Mais les taux de 15 % et de 30 %, appliqués aux médicaments dont le service médical rendu est respectivement faible ou modéré, atteignent des sommets d’absurdité administrative.

Que ferait un responsable politique soucieux de l’efficacité de la dépense publique ?

Il réévaluerait ces médicaments et assumerait une décision claire : si leur valeur médicale est insuffisante, ils n’ont pas vocation à être financés par l’Assurance maladie. Les économies réalisées pourraient alors être consacrées aux traitements réellement efficaces et aux innovations thérapeutiques.

Le gouvernement choisit exactement l’inverse : maintenir le dispositif, mais abaisser les taux de 15 % à 5 % et de 30 % à 15 %.

Prenons un médicament coûtant 5 euros, désormais remboursé à 5 %. L’Assurance maladie devra verser 25 centimes au pharmacien lorsque le patient bénéficie du tiers payant.

Mais comme une franchise médicale de 1 euro s’applique à chaque boîte — dans la limite du remboursement — la CNAM devra ensuite récupérer ces mêmes 25 centimes sur un futur remboursement versé à l’assuré.

Autrement dit : enregistrer une créance, verser 25 centimes au pharmacien, tracer l’opération, puis reprendre 25 centimes au patient lors d’un remboursement ultérieur.

Des flux financiers, des écritures comptables et des coûts de gestion… pour un remboursement net égal à zéro.

Dans une série de politique-fiction, on trouverait le scénario un peu grossier.

Tout cela ferait un excellent scénario de politique-fiction sur Netflix. C’est pourtant notre politique de santé, en 2026.

Commentaires:

Michaël Finaud • 2e

Médecin interniste hémato-oncologue et gériatre humaniste en semi-retraite hyperactive

2 j

Si les décideurs voulaient vraiment faire des économies sur les médicaments remboursés, il suffirait de rembourser à l’unité comme beaucoup de pays le font.
Sachant que 50% des boîtes remboursées finissent à la poubelle !
Ces franchises, usines à gaz stupides, pénalisent les plus fragiles et ne profitent qu’aux assurances complémentaires et aux fabricants !

Voir aussi:

« Le doublement du plafond de la franchise est la pire des mesures paramétriques, puisqu’elle ne pèse que sur les plus vulnérables » (F. Bizard Economiste de la santé). https://environnementsantepolitique.fr/2026/07/25/77616/

Les pistes d’économies explosives de Sébastien Lecornu pour l’assurance maladie https://environnementsantepolitique.fr/2026/07/23/77438/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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