Doublement des plafonds de franchise : « Faire payer toujours plus les usagers ne constitue pas une politique de santé publique »
Alors que le Gouvernement vient d’annoncer le doublement du plafond annuel des franchises sur les boites de médicaments et des participations forfaitaires sur les consultations, France Assos santé alerte sur le risque de renoncements aux soins. Les usagers dénoncent « une hausse du reste à charge » qui va « fragiliser encore plus l’accès aux soins ».
Par Sandy Bonin
Stéphanie Rist a annoncé ce jeudi 23 juillet le doublement du plafond annuel des franchises médicales. Le montant maximal de ce reste à charge, actuellement fixé à 50 euros pour les franchises sur les boites de médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires et 50 euros pour les participations forfaitaires sur les consultations ou actes médicaux, s’élèvera donc à 200 euros.
« Ces annonces s’inscrivent dans une longue série de mesures qui, année après année, alourdissent la facture pour les patients : baisse de remboursement des soins dentaires, hausse des franchises, des participations forfaitaires et de plusieurs forfaits hospitaliers. Prises ensemble, ces décisions fragilisent toujours davantage l’accès aux soins, notamment pour les personnes âgées, les ménages modestes, les personnes en situation de handicap et celles vivant avec une maladie chronique » a dénoncé France Assos Santé dans un communiqué. Les usagers « s’opposent fermement » à ces annonces et redoutent « une hausse des cotisations des complémentaires santé, avec le risque de nouveaux renoncements aux soins à la clé ».
« Faut-il, une fois encore, rappeler que ce ne sont pas les patients qui décident des soins et des médicaments qui leur sont prescrits ? », pointe France Assos Santé. Les usagers estiment que cette mesure « pénalisera directement les 2,5 millions de personnes sans complémentaire santé et ne peut qu’entrainer une nouvelle hausse des cotisations pour les autres, notamment les personnes âgées qui acquittent déjà les primes les plus élevées ».
« Faire payer toujours plus les usagers ne constitue pas une politique de santé publique », souligne le communiqué qui appelle plutôt à chercher des économies du côté « de la pertinence des soins » et des « actes inutiles ». « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance maladie », conclut France Assos Santé.
« On s’attendait à des sales coups pendant l’été, c’était implicite dans (…) l’annonce de chercher un milliard de coupes sur la « Sécu » dès 2026″ faite par le Gouvernement en juillet, a dénoncé Denis Gravouil, de la CGT, à l’AFP. « Ce sont des restes à charge pour les plus fragiles, on continue le déshabillage de la Sécurité sociale ». « Il aurait été plus sage, de la part du gouvernement, d’attendre le prochain budget de la Sécurité sociale (NDLR : à l’automne) pour tout mettre sur la table » et mettre également à contribution « les entreprises », les « industries du médicament » ou « les professionnels de santé », a également réagit le secrétaire général adjoint de l’Unsa Dominique Corona, qui dénonce une mesure « scandaleuse ».
Pour la Mutualité Française, qui représente près de 500 mutuelles, la mesure « pèsera avant tout sur les personnes âgées et les patients atteints de pathologies chroniques, sans traiter les causes profondes des difficultés de financement du système de santé ».
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Santé — Analyse
Hausse des franchises, recul de l’assurance-maladie : une saignée pour les malades
Le gouvernement passe en force, par décrets, des mesures conséquentes d’économies sur la santé : une hausse du plafond des franchises et un recul des remboursements. C’est la stupeur chez les socialistes et les écologistes, qui avaient permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale en 2025.
Caroline Coq-Chodorge et Pauline Graulle
24 juillet 2026 à 12h44 https://www.mediapart.fr/journal/politique/240726/hausse-des-franchises-recul-de-l-assurance-maladie-une-saignee-pour-les-malades?utm_source=quotidienne-20260724-183217&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20260724-183217&M_BT=115359655566
C’estC’est en plein milieu de l’été, au lendemain de la fermeture annuelle des portes de l’Assemblée nationale, que la ministre de la santé a officiellement lancé les débats sur le budget de la Sécurité sociale en 2027. Ils s’annoncent explosifs.
Jeudi 23 juillet, Stéphanie Rist a annoncé sur RMC le relèvement du plafond des franchises médicales, de 100 à 200 euros. Puis vendredi 24 juillet, sur France Info, elle a poursuivi sur sa lancée avec une autre mesure d’économies pour l’assurance-maladie : la baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et des « médicaments les moins efficaces ».

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Ces mesures échappent au débat parlementaire de l’automne, car elles vont passer par décrets, « dès 2026 » pour les franchises, a indiqué Stéphanie Rist jeudi. Les différents décrets d’application sont déjà sur le bureau du Conseil d’État et, pour simple avis, sur le bureau du conseil de la Caisse nationale de l’assurance-maladie (Cnam).
Les masses budgétaires en jeu sont colossales. La baisse des remboursements par l’assurance-maladie, qui seront largement transférées aux complémentaires, est évaluée par la Mutualité française « entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros ». « Une dépense de santé transférée ne disparaît pas : elle continue d’être financée par les Français, directement ou au travers d’une augmentation de la cotisation de leur complémentaire santé », rappelle la fédération qui regroupe les mutuelles françaises.
Une petite musique lancée par Lecornu
Au sujet de la hausse du plafond des franchises, la ministre de la santé a tenté de diluer l’effort financier, en expliquant qu’il était de « 18 euros par an » pour les assuré·es sociales et sociaux. Et « 18 millions de Français ne sont pas concernés », a-t-elle complété : les mineur·es, les femmes enceintes et « les plus modestes », à savoir les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).
Seulement, le plafond de revenus qui donne droit à cette couverture publique est très bas, en dessous du seuil de pauvreté : il ne faut pas gagner plus de 14 069 euros brut par an et par personne ou29 544 euros brut par an pour une famille de quatre personnes.
Sur chaque remboursement par l’assurance-maladie sont soustraites diverses franchises : 1 euro par boîte de médicaments ; 1 europar acte paramédical ; 4 euros par transport sanitaire ; 2 euros par consultation médicale, par examen radiologique et pour des analyses de biologie médicale. Ces franchises sont plafonnées : aujourd’hui, un·e patient·e ne peut pas payer plus de 100 euros par an. Ce seuil va donc passer de 100 à 200 euros.
Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’assurance-maladie.
France assos santé
Pour éviter de l’atteindre, la ministre incite chacun·e à « regarder dans son placard s’il reste des médicaments », car « nous avons trop de boîtes de médicaments qui ne sont pas utilisés ».
Cette petite musique a été lancée par le premier ministre, Sébastien Lecornu, mercredi 22 juillet dans Paris Match : « Nous devons être plus rigoureux avec la surconsommation de soins et demander un effort à ceux qui achètent plus de cinquante boîtes de médicaments par an ou vont plus de vingt-cinq fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement. »
Le message est limpide : l’effort est donc demandé à ceux qui « surconsomment », selon Sébastien Lecornu. Ce sont les plus malades, ceux en affection longue durée (ALD) : les malades du cancer, les diabétiques, les victimes d’AVC, les personnes atteintes d’une maladie psychiatrique de longue durée, d’une maladie neurodégénérative, les insuffisant·es cardiaques, respiratoires, rénaux, etc.
Ils et elles voient régulièrement leur médecin traitant et des médecins spécialistes. Ils et elles font aussi beaucoup d’examens biologiques et radiologiques et utilisent les transports sanitaires quand ils sont trop dépendant·es pour se déplacer par elles et eux-mêmes. Et plus ils et elles sont âgé·es, plus ils et elles développent de maladies, plus leurs ordonnances sont fournies.
À LIRE AUSS
IPersonnes malades, handicapées, âgées : le vrai coût de leur santé
22 février 2025
« Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’assurance-maladie », a dénoncé France assos santé, l’union des associations de patient·es. Elle dénonce encore « des mesures pénalisantes et alerte sur le risque de renoncement aux soins accru dans la population ».
Ces malades, en particulier les plus âgé·es, sont déjà celles et ceux qui paient le plus de leur poche pour leur santé, notamment en dépassements d’honoraires, peu ou pas remboursés par les complémentaires santé. Or, ceux-ci explosent.
Un rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie leur a consacré un rapport en juin 2026 : 60 % des médecins, hors médecins généralistes, pratiquent des dépassements d’honoraires. Ils pèsent pour 4,7 milliards d’euros en 2025, en hausse de + 5,3 % par rapport à 2019.
Dans le même temps, les cotisations des complémentaires santé ont, elles aussi, beaucoup augmenté : l’association de consommateurs et consommatrices Que Choisir chiffre la hausse à +25 % en trois ans. Le recul annoncé de l’assurance-maladie va encore accélérer cette inflation.
Pilule amère pour les socialistes et les écologistes
Si l’annonce suscite une levée de boucliers du secteur sanitaire, elle a aussi déclenché une grosse colère de la gauche. À La France insoumise (LFI) d’abord, où Manuel Bompard n’a pas attendu pour partager son indignation : « Taxer les malades chroniques et les personnes en situation de handicap pour remplir les caisses, ça vous paraît fou ? C’est pourtant ce que va faire le gouvernement discrètement en plein été », a-t-il commenté jeudi 23 juillet sur X.
Interrogé par Mediapart, son camarade vice-président de la commission des affaires sociales, Hadrien Clouet, vilipende quant à lui une « décision prise à la va-vite dans un bureau entre Stéphanie Rist et des lobbys et qui va conduire soit au report, soit au renoncement des soins, donc à une dégradation générale de la santé des gens ».
La stupeur est plus vive encore chez les socialistes et les écologistes qui avaient fait de la non-augmentation des franchises médicales l’une des principales mesures justifiant leur accord de non-censure du gouvernement en 2025.
Le premier ministre et la ministre de la santé ont rompu leur engagement et trahi non seulement les socialistes mais surtout les Français.
Sandrine Runel, députée socialiste
« Par la négociation, la recherche du compromis, […] nous assumons d’avoir nettoyé le musée des horreurs [du PLFSS], […] d’avoir fait reculer la politique d’Emmanuel Macron », se félicitait ainsi le 9 décembre 2025 le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, quelques minutes avant que ses député·es votent en faveur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Inédite pour un groupe d’opposition, cette décision avait eu pour conséquence la rupture définitive de l’alliance entre le PS et LFIet avait créé d’importants remous au sein du parti d’Olivier Faure.
Sept mois plus tard, c’est donc peu dire que la pilule est amère. « On a découvert ça en écoutant RMC. Ces derniers jours, rien n’était parvenu à nos oreilles, ni du gouvernement ni des caisses d’assurance-maladie », raconte l’ancienne cheffe de file socialiste sur le PLFSS, Sandrine Runel, qui ne cache pas sa stupeur.
Fustigeant la mesure sur le fond, « car elle pénalisera les malades », la députée lyonnaise dénonce aussi la méthode : « Le premier ministre et la ministre de la santé ont rompu leur engagement et trahi non seulement les socialistes mais surtout les Français », lâche-t-elle, ajoutant que « faire cela alors que l’Assemblée vient de fermer ses portes, c’est vraiment mesquin ».
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La présidente du groupe écologiste à l’Assemblée, Cyrielle Chatelain, qui s’était abstenue sur le PLFSS en 2025, pour le laisser passer, ne décolère pas. « Lecornu est revenu sur sa parole, ce qui est inacceptable. Il a menti non seulement aux parlementaires, mais aussi aux Français », s’étrangle l’élue de l’Isère. Et de pointer que si l’annonce ne constitue pas « la première entorse » au deal passé à l’hiver 2025, « celle-là est énorme et entaille profondément la crédibilité de la parole gouvernementale ».
Au sein d’un Parti socialiste qui avait fait l’objet de toutes les attentions gouvernementales après la dissolution de 2024, on regarde désormais avec inquiétude et consternation la « fuite en avant » de Sébastien Lecornu, un premier ministre dont la boussole politique semble aujourd’hui rivée sur les desiderata du parti Les Républicains.
De la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre à la réintroduction de l’acétamipride dans la loi d’urgence agricole, en passant par le vote de la loi Ripost ou la nomination de François-Noël Buffet comme défenseur des droits, ces dernières semaines, Matignon n’a ainsi cessé de donner des gages aux élu·es siégeant à la droite et à l’extrême droite de l’hémicycle.
Alors que les socialistes n’excluent pas de voter la motion de censure sur le budget à la rentrée, le suspense est quasiment inexistant du côté des écologistes, où Cyrielle Chatelain estime que « l’erreur serait de refaire la même chose que l’an dernier ». Manière de dire que, cette fois, elle ne s’y laissera plus prendre.
Caroline Coq-Chodorge et Pauline Graulle

Doublement du plafond des franchises et des forfaits, transferts massifs vers les complémentaires santé : les patients pénalisés, l’accès aux soins fragilisé !
Au cœur de l’été, le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles mesures pour faire face à la hausse des dépenses de l’Assurance Maladie, avec pour conséquence une hausse des restes à charge pour les usagers et une augmentation inévitable des cotisations des mutuelles. France Assos Santé dénonce des mesures pénalisantes et alerte sur le risque de renoncements aux soins accrus dans la population.
–Doublement du plafond des franchises et des forfaits,
-Baisse du remboursement de certains médicaments,
-Désengagement de l’Assurance maladie sur les soins dentaires et les dispositifs médicaux, avec transfert des remboursements vers les mutuelles
France Assos Santé s’oppose fermement aux nouvelles annonces gouvernementales qui viennent une fois de plus peser dans les budgets des ménages. Les usagers vont en effet être confrontés à une nouvelle augmentation de leurs restes à charge et une hausse des cotisations des complémentaires santé, avec le risque de nouveaux renoncements aux soins à la clé.
Ces annonces s’inscrivent dans une longue série de mesures qui, année après année, alourdissent la facture pour les patients : baisse de remboursement des soins dentaires, hausse des franchises, des participations forfaitaires et de plusieurs forfaits hospitaliers. Prises ensemble, ces décisions fragilisent toujours davantage l’accès aux soins, notamment pour les personnes âgées, les ménages modestes, les personnes en situation de handicap et celles vivant avec une maladie chronique.
Faut-il, une fois encore, rappeler que ce ne sont pas les patients qui décident des soins et des médicaments qui leur sont prescrits ?
Les constats sont pourtant connus. La Drees montre, dans un document publié en février dernier, que les restes à charge pèsent davantage sur les plus fragiles, tandis que le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM) alerte, dans son rapport 2026, sur l’explosion des dépassements d’honoraires.
Alors que les pouvoirs publics reconnaissent eux-mêmes ces difficultés qui génèrent des inégalités d’accès aux soins, une hausse des tickets modérateurs, représentant près de 2 milliards d’euros de transferts vers les complémentaires santé, se confirme.
Elle pénalisera directement les 2,5 millions de personnes sans complémentaire santé et ne peut qu’entrainer une nouvelle hausse des cotisations pour les autres, notamment les personnes âgées qui acquittent déjà les primes les plus élevées.
Les besoins de financement de notre système de santé sont réels. Mais faire payer toujours plus les usagers ne constitue pas une politique de santé publique. Les économies doivent être recherchées dans la pertinence des soins, une meilleure coordination des parcours, la réduction des actes inutiles et un investissement beaucoup plus ambitieux dans la prévention.
Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance maladie.
Déficit de la santé : faire payer les plus vulnérables pour éviter de réformer le système
Frederic Bizard
Professeur d’économie chez ESCP Europe | MBA de l’INSEAD
24 juillet 2026 https://www.linkedin.com/pulse/déficit-de-la-santé-faire-payer-les-plus-vulnérables-pour-bizard-2gcye/
La promesse de ne pas être mis en risque financier quand on est très malade n’est plus tenue.
Le gouvernement de Sébastien Lecornu choisit de cibler les « gros consommateurs » de soins.
Mais qui sont-ils réellement ?
Des malades, souvent âgés de plus de 75 ans, atteints d’un cancer, d’une insuffisance rénale ou d’une insuffisance cardiaque.
Les 5 % de patients qui concentrent 51 % des dépenses ne sont pas des consommateurs excessifs : ce sont les personnes les plus gravement malades.
Les classes populaires et moyennes sont surreprésentées dans ce groupe. Ce sont pour l’essentiel des retraités polypathologiques, avec une pension inférieure à 1 500 euros. Sans capacité d’épargne, le seul arbitrage possible face à cette mesure est de renoncer aux médicaments les plus coûteux pour échapper à la franchise. S’ensuivra une dégradation de leur état de santé — et des dépenses futures bien plus lourdes.
Leur demander un effort financier supplémentaire ne comblera pas le déficit structurel de l’Assurance Maladie, supérieur à 15 milliards d’euros (16 en 2025, 18 prévus en 2029). En revanche, le coût sanitaire, social et politique sera considérable, à quelques mois de l’élection présidentielle.
La contradiction avec la politique menée depuis 2018 est saisissante :
➡️ En 2018, le « 100 % Santé » visait à supprimer le reste à charge sur les lunettes, les soins dentaires et les audioprothèses.
➡️ En 2026, le gouvernement augmente le reste à charge des patients atteints de cancers et d’autres pathologies graves.
La logique solidaire au cœur du modèle de 1945 est remise en cause par ce type de décision. Le système protège de moins en moins bien ceux qui ont le plus besoin d’être protégés.
Activer les vrais leviers de maîtrise de la dépense
La dérive de nos dépenses de santé s’explique par trois causes structurelles :
1️⃣ L’échec du virage préventif. Les affections de longue durée concernent aujourd’hui 20 % de la population et pourraient en toucher 25 % en 2035. Elles expliquent déjà 80 % de la hausse des dépenses publiques et les deux tiers du stock.
2️⃣ Un retard technologique qui pèse sur la productivité. Faible automatisation, charges fixes élevées, effet Baumol : notre système mobilise toujours plus de ressources sans gains de productivité suffisants. Le retard de numérisation, et maintenant d’usage de l’IA, génère des surcoûts évitables.
3️⃣ Des coûts administratifs exorbitants. La gestion absorbe 16 milliards d’euros par an, soit 6 % des dépenses de santé, contre environ 3 % en moyenne en Europe. Le système de financement à deux étages assurantiels en est largement responsable, en plus de la cause précédente.
Tant que ces trois causes ne seront pas traitées, le déficit de l’Assurance Maladie restera hors de contrôle : plus de 15 milliards d’euros aujourd’hui, 18 milliards prévus en 2029.
Le gouvernement écope la mer avec une petite cuillère.
Le doublement du plafond de la franchise est la pire des mesures paramétriques, puisqu’elle ne pèse que sur les plus vulnérables.
Inefficace économiquement, profondément injuste socialement – cela ressemble fortement à une erreur politique à quelques mois de la présidentielle, ou un énorme cadeau pour les oppositions, selon le camp où l’on se place!
Lien vers l’interview France Info de Frédéric Bizard du 23 juillet 2026: https://www.fredericbizard.com/franchises-faire-payer-les-plus-vulnerables-pour-eviter-de-reformer-le-systeme-france-info-le-23-juillet-2026/
Voir aussi:
Les pistes d’économies explosives de Sébastien Lecornu pour l’assurance maladie