Les pistes d’économies explosives de Sébastien Lecornu pour l’assurance maladie

Le gouvernement précise sa feuille de route d’économies pour la santé, ciblant les médicaments, les soins dentaires et les transports sanitaires

La ministre de la santé, Stéphanie Rist, a confirmé vendredi la hausse sur plusieurs actes médicaux du ticket modérateur, montant non remboursé par l’Assurance-maladie et transféré aux mutuelles, laissant présager de futures augmentations de leurs tarifs. La veille, elle avait annoncé le doublement du plafond des franchises médicales. 

Par Camille Stromboni

Publié hier à 19h27, modifié à 07h42 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/24/le-gouvernement-precise-sa-feuille-de-route-d-economies-pour-la-sante-ciblant-les-medicaments-les-soins-dentaires-et-les-transports-sanitaires_6731538_3224.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20260725&lmd_link&&M_BT=53496897516380#x3D;autrestitres-title-_titre_6

Temps de Lecture 3 min.

La ministre de la santé, Stéphanie Rist, à Paris, le 26 juin 2026.  JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

La facture pourrait être élevée pour les Français qui ont le plus recours au système de soin. Le gouvernement a dévoilé, coup sur coup, deux pistes d’économies d’ampleur qu’il compte mettre en œuvre pour limiter les déficits de l’Assurance-maladie, avant même l’ouverture du débat budgétaire sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027, attendu à l’automne. Toutes deux concernent les assurés, ce qui n’a pas manqué de provoquer un vent d’inquiétude et d’opposition dans le monde de la santé.

C’est au « ticket modérateur », soit la somme non remboursée par la Sécurité sociale – et prise en charge par les complémentaires santé dans la plupart des cas –, que le gouvernement prévoit de s’attaquer, pour plusieurs types d’actes médicaux, a confirmé la ministre de la santé, Stéphanie Rist, vendredi 24 juillet. Un projet, évoqué par l’exécutif devant les mutuelles dès le mois de juin, désormais officiel, avec l’envoi par le ministère de la santé des projets de décrets au conseil de la Caisse nationale de l’assurance-maladie, dont l’avis est consultatif.

Seront visés les médicaments dont le « service médical rendu » est jugé faible, comme la Bétadine, les bains de bouche, le Gaviscon… ou modéré, comme les laxatifs. Aujourd’hui remboursés respectivement par l’Assurance-maladie à hauteur de 15 % et de 30 % (le reste étant pris en charge par les complémentaires), ils le seront, demain, à hauteur de 5 % et de 15 %. Les transports sanitaires passeront, eux, d’un remboursement par l’Assurance-maladie de 55 % à 50 %, tandis que les consultations chez le chirurgien-dentiste ou les dispositifs médicaux verront ce taux diminuer de 60 % à 50 %.

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Soit des « mesures ciblées », a-t-on défendu, au cabinet du premier ministre, Sébastien Lecornu, pour maintenir notre système de santé « parmi les plus protecteurs au monde », bien loin de toute « hausse généralisée aveugle ».

« Petit effort »

Ces déremboursements pourraient s’appliquer à compter du 1er janvier 2027, et représenter 1,4 milliard d’euros d’économies. Un « transfert de charge », comme on l’appelle dans le jargon technique de la Sécurité sociale, de l’Assurance-maladie obligatoire vers les complémentaires (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance), dont les répercussions sont d’ores et déjà dénoncées de toutes parts, par les patients comme les soignants, qui pointent la hausse des cotisations à venir pour les assurés.

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La passe d’armes est désormais habituelle, entre Etat et complémentaires, alors que ces transferts se sont multipliés (en 2023 sur les soins dentaires, en 2026 notamment sur les forfaits hospitaliers). Ce vendredi, la ministre de la santé a ainsi soutenu que cette hausse des tarifs n’aurait rien d’« automatique », tandis que Matignon a assuré qu’il serait vigilant à ce qu’il n’y ait pas d’« augmentations massives ». Du côté des complémentaires, vent debout, on annonce « inévitablement » des « conséquences pour les assurés sociaux », des mots de la Mutualité française, principale fédération de mutuelles, qui a souligné qu’une « dépense de santé transférée ne disparaît pas : elle continue d’être financée par les Français, directement ou au travers d’une augmentation de la cotisation de leur complémentaire santé ». Règle qui, dans les faits, s’est confirmée ces dernières années, au vu de l’augmentation continue des tarifs.

Autre mesure d’économie, plus inflammable encore car elle touche directement au reste à charge des patients : le gouvernement a annoncé jeudi qu’il compte doubler le plafond annuel des franchises médicales, soit ces sommes non remboursées notamment sur les médicaments (1 euro par boîte), les actes paramédicaux (1 euro), les transports (4 euros) ; ou encore les consultations chez le médecin (2 euros) – on parle alors de « participations forfaitaires ». Ce seuil maximal, par an et par assuré, établi aujourd’hui à 100 euros (50 euros sur les franchises, 50 euros sur les participations), devrait passer à 200 euros, avec à la clé 750 millions d’euros d’économies. Un projet de hausse des montants et des plafonds des franchises avait été abandonné, à la dernière minute, par le gouvernement, à l’automne 2025 lors des débats budgétaires.

Il s’agira d’un « petit effort » demandé à « ceux qui sont les plus consommateurs de soins », a défendu le cabinet du premier ministre, tout en rappelant que 18 millions d’assurés en sont exonérés, en premier lieu les plus modestes (les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire), les femmes enceintes, les mineurs.

« Erreur monumentale »

Dans les rangs des patients, qui n’ont eu de cesse de dénoncer, ces dernières années, ces projets de « taxe sur la maladie », les réactions ne se sont pas fait attendre. « C’est une erreur monumentale, tonne Gérard Raymond, président de France Assos Santé, principale fédération d’associations de patients. Ces mesures ne vont en rien améliorer l’accès aux soins, sa pertinence ou sa qualité, mais au contraire, elles vont fragiliser les plus malades, et engendrer encore plus de renoncement aux soins. » Le responsable balaie l’argument rituel d’une responsabilisation, avancé par le gouvernement : « Qui prescrit une boîte de médicaments ? Ce n’est pas le patient ! Et s’il va voir 25 fois un médecin dans l’année, c’est peut-être qu’il manque des parcours d’accompagnement adapté, dit-il. Ce ne sont pas de petites sommes dont on parle, et il ne faudra pas s’étonner si cela encourage encore certains vers un vote extrême. »

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Le ton est tout aussi sévère dans l’arène politique et chez certains syndicats, tel l’UNSA, qui condamne, avec la hausse du ticket modérateur, « un affaiblissement inédit de notre modèle solidaire », et une « logique de transfert progressif des dépenses de santé vers les complémentaires » qui « remet en cause le principe fondateur de notre protection sociale ». « Ces mesures ouvrent de la pire des manières les discussions sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027 », déplore le député socialiste Jérôme Guedj, spécialiste des questions budgétaires en santé, qui regrette un « passage en force ».

Camille Stromboni

Franchises médicales et remboursement de médicaments : ce que pourraient rapporter les pistes d’économies explosives de Sébastien Lecornu 

Par Jean Cittone

Il y a 16 heures https://www.lefigaro.fr/conjoncture/franchises-medicales-et-remboursement-de-medicaments-ce-que-pourraient-rapporter-les-pistes-d-economies-explosives-de-sebastien-lecornu-20260722

Le premier ministre Sébastien Lecornu ressort du placard des mesures d’économies qu’il avait abandonnées lors des derniers débats budgétaires.
Le premier ministre Sébastien Lecornu ressort du placard des mesures d’économies qu’il avait abandonnées lors des derniers débats budgétaires. Alice Sacco / REUTERS

DÉCRYPTAGE – Dans le prochain budget, le premier ministre veut « demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 24 fois chez le médecin ».

La grenade vient d’être dégoupillée. À quelques mois des inévitables débats parlementaires qui auront lieu à l’automne autour de l’examen du budget de l’État (PLF) et de celui de la Sécurité sociale (PLFSS), Sébastien Lecornu a déroulé ce mercredi, dans une interview à Paris Match, plusieurs mesures explosives envisagées dans le domaine de la santé. « Le prochain budget devra comporter des réformes structurelles, même modestes, mais qui produisent des effets durables », a annoncé le premier ministre. Dans le viseur : le prix des médicaments et les franchises médicales.

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L’inexorable hausse des dépenses sociales revient chaque année hanter les débats budgétaires. En 2025, elles ont représenté 771 milliards d’euros, dont la plus grande partie pour le versement des pensions de retraite. La santé n’est toutefois pas en reste, avec plus de 265 milliards de dépenses allouées en 2025. La branche maladie est par ailleurs responsable de la plus grande partie du déficit de la Sécurité sociale (15,9 milliards d’euros en 2025, sur un déficit toutes branches confondues de 21,6 milliards). La hausse croissante des frais de santé est cependant difficile à juguler, car les Français âgés et en proie aux maladies chroniques sont de plus en plus nombreux. Mais le gouvernement ne désespère pas de les mettre à contribution.PASSER LA PUBLICITÉ

Augmenter les franchises médicales payées par les patients

« Nous devons être plus rigoureux avec la surconsommation de soins et demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 24 fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement », prévient Sébastien Lecornu. Une façon détournée d’annoncer une évolution du plafond des franchises médicales et des participations forfaitaires, un reste à charge non remboursé, qui représente notamment 1 euro par boîte de médicaments, 4 euros par trajet en transport sanitaire ou 2 euros par consultation, dans la limite de 100 euros par an (50 euros pour les franchises et 50 euros pour les participations forfaitaires). Une hausse de ces plafonds reviendrait à faire payer plus ceux qui consomment le plus de soins, mais pourrait rapporter 750 millions d’euros par an à l’Assurance-maladie, selon les chiffres avancés par le gouvernement.

Lorsqu’un traitement ancien n’apporte qu’un bénéfice thérapeutique faible voire quasi nul, son niveau de remboursement doit pouvoir diminuer Sébastien Lecornu

Augmenter le montant des franchises médicales avait déjà été envisagé l’an dernier par l’équipe du premier ministre, avec la création d’un « forfait de responsabilité » contenant un plafond de 200 euros de reste à charge pour les patients, lequel aurait pu rapporter 2,3 milliards d’euros en 2026, selon les chiffres du gouvernement. Une mesure finalement abandonnée par l’exécutif face à l’opposition farouche des parlementaires. Plus récemment, la Cour des comptes a préconisé d’aller chercher directement sur leurs comptes les franchises que les particuliers doivent à l’Assurance-maladie (lorsqu’ils se sont fait avancer leurs frais de santé par le tiers payant), celles-ci représentant une perte de 1,5 milliard d’euros chaque année.

Des médicaments « innovants » plus chers qu’efficaces

L’exécutif veut également s’attaquer au coût de certains médicaments. « Nous allons consacrer, en 2027, 16 milliards d’euros pour rembourser les médicaments innovants, explique Sébastien Lecornu. Lorsqu’un nouveau médicament apporte un progrès médical majeur, il est normal qu’il soit remboursé, c’est la force du modèle social français. À l’inverse, lorsqu’un traitement ancien n’apporte qu’un bénéfice thérapeutique faible voire quasi nul, son niveau de remboursement doit pouvoir diminuer. C’est une “règle d’or” en quelque sorte, qui remet la science au cœur de l’arbitrage budgétaire et non plus des considérations connexes. » Une telle règle pourrait se traduire par des centaines de millions d’euros économisés chaque année par l’Assurance-maladie, tant les sommes engagées sont colossales.

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« Il n’y avait qu’un seul médicament à plus de 80 000 euros il y a dix ans, il y en a 25 aujourd’hui », résumait Thomas Fatôme, le directeur général de la Caisse nationale d’Assurance-maladie (Cnam), début juillet. L’Assurance-maladie souligne que les traitements onéreux sont devenus le « principal moteur de la croissance des dépenses (dans ce domaine), malgré des innovations rares ». Les remboursements de la Cnam pour ces médicaments sont passés de 4,3 milliards d’euros en 2019 à 7,1 milliards en 2024, soit une hausse de plus de 60 %. Une courbe qui interroge, surtout car « ce mouvement concerne quasi exclusivement des médicaments ayant obtenu une amélioration du service médical rendu mineure ou absente », note la Cnam. Des médicaments très chers donc, mais qui ne soignent pas mieux les patients pour autant.

Ayant l’objectif de « payer le juste soin au juste prix », l’Assurance-maladie préconise de « privilégier, à efficacité comparable, les traitements et protocoles les plus efficients », c’est-à-dire des médicaments n’ayant pas besoin d’être administrés à l’hôpital, ou bien encore « de favoriser » des molécules génériques ou biosimilaires « face aux alternatives récentes coûteuses ». En s’appuyant sur des essais cliniques, la Cnam estime qu’une économie de plus de 128 millions d’euros serait possible, en agissant seulement sur quatre traitements ciblant des maladies graves. Une piste que le gouvernement compte bien essayer de mettre à profit en 2027.

 Déficit de la Sécu : Sébastien Lecornu met les plus malades à contribution »

 Date de publication : 24 juillet 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=251cafa4a42af4d8b39c2427485c32fe&id_newsletter=24110&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24110&from=newsletter&slnk=8

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C’est ce que titre Libération, qui observe qu’« en quête d’économies, le Premier ministre a annoncé […] un doublement des plafonds des franchises médicales, dès cet été. Une mesure qui va pénaliser les patients atteints de maladies chroniques ».
Nathalie Raulin remarque ainsi : « Aux plus malades de mettre la main à la poche. […] Les patients les plus consommateurs de soins vont devoir supporter une hausse du reste à charge sur leurs dépenses de santé dès cette année ».
La journaliste rappelle que « pour l’heure, les patients payent 2 euros non remboursés et non pris en charge par les mutuelles chaque fois qu’ils consultent un médecin, font une radio ou une analyse biologique, au titre de la participation forfaitaire. De même, ils acquittent 1 euro sur chaque boîte de médicament, et 4 euros par transport sanitaire, au titre des franchises médicales. Pour éviter une addition trop salée aux plus malades, le reste à charge est dans les deux cas soumis à un plafond annuel de 50 euros ».
Nathalie Raulin note qu’« aux yeux du gouvernement, ces plafonds fixés il y a 20 ans, sont aujourd’hui trop bas. […] Le Premier ministre s’apprête donc à les doubler, les portant au total de 100 à 200 euros. Oublieux de la promesse faite aux parlementaires, l’automne dernier, de ne pas agir dans leur dos, il compte passer par décret cet été ».
Gérard Raymond, président de France Assos Santé, réagit : « C’est une erreur monumentale, qui ne va pas contribuer à restaurer la confiance des Français dans leur système de santé. On culpabilise les malades et eux seuls, sans avancer aucune réforme structurelle susceptible d’améliorer l’offre de soin ».
Brigitte Dormont, économiste de la santé et professeure à l’université de Paris-Dauphine, remarque quant à elle que « c’est clairement une mesure d’urgence budgétaire. Relever le plafond des franchises est un levier simple et minimaliste pour limiter les remboursements de la Sécurité sociale et donc faire des économies ».
Elle ajoute que « sur le fond, c’est scandaleux. Une fois de plus, cela va totalement à l’encontre du principe de solidarité de la Sécurité sociale de ponctionner financièrement les plus malades au prétexte de les “responsabiliser” alors qu’ils ne sont pas à l’origine des prescriptions ».
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a déclaré que « si vous êtes quelqu’un qui a une maladie chronique, en moyenne, vous payez 78 euros de franchise par an actuellement, donc si on double, on peut estimer sur le reste à charge sera plutôt à 150 qu’à 200 euros ».
La journaliste note que selon la ministre, « le nombre de personne touchées sera limité. Et la même de rappeler que 18 millions d’assurés sociaux sont exemptés de ces franchises : les moins de 18 ans, les femmes enceintes de plus de 6 mois et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) et de l’aide médicale d’Etat (AME) ».
« En revanche, elle se garde de rappeler que le seuil de revenu pour toucher la C2S ou l’AME est de 868 euros par mois, très en deçà du seuil de pauvreté (1337 euros par mois) », remarque Nathalie Raulin.
Elle continue : « L’effort réclamé aux malades est plus conséquent que la ministre ne veut bien le dire. Pour preuve : le gouvernement escompte, grâce à cette mesure, faire économiser 750 millions d’euros à la Sécurité sociale dès 2026. Les patients atteints de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaques, tumeurs malignes, etc.) sont dans le collimateur ».
La journaliste indique que « ces patients en ALD, les plus consommateurs de soins car les plus souffrants, atteignent quasi systématiquement l’actuel plafond annuel de 100 euros de franchise. Or, selon des travaux de recherche, ils sont proportionnellement plus nombreux dans les catégories sociales modestes ».
Brigitte Dormont déclare ainsi que « la hausse du plafond des franchises va pénaliser au premier chef des malades pauvres mais pas assez pour bénéficier du filet de sécurité de la C2S. Il y a énormément de gens dans cette zone de distribution de revenu, notamment des personnes âgées, premières concernées par les pathologies chroniques ».
Le Parisien note aussi que « le doublement du plafond des franchises médicales annuelles, de 100 à 200 euros, annoncé par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, suscite la colère de France Assos Santé, qui dénonce une mesure culpabilisante pour les malades chroniques ».
Gérard Raymond, président de l’association, observe que « pour les plus malades, c’est la double, triple, quadruple peine. […] La façon dont c’est présenté, c’est extrêmement culpabilisant ».
Le journal remarque que « les plus éprouvés par cette mesure «seront les personnes polypathologiques», souvent âgées ».
Le quotidien relève que le responsable « suggère de «réfléchir au pourquoi de leur consommation de soins» : «Pourquoi certains nécessitent 50 boîtes de médicaments par an, plus de 25 consultations par an ? Il y a peut-être une autre manière d’accompagner ces personnes que de multiplier les actes», observe-t-il, en proposant aussi de «regarder les prescriptions de médicaments dans les Ehpad», pas forcément toutes «justifiées» ».
Gérard Raymond ajoute que « ces mesures créent de la défiance. On va avoir des renoncements aux soins, une incompréhension ».

Remboursements de soins : le gouvernement engage de nouveaux transferts vers les mutuelles

Interrogée sur les augmentations de tarifs que les mutuelles devront faire pour assumer les nouvelles dépenses à leur charge, la ministre de la santé, Stéphanie Rist, a répondu que « la répercussion sur le prix n’était pas automatique », sans communiquer le montant qui sera transféré par l’Assurance-maladie aux complémentaires santé. 

Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 10h45, modifié à 11h58 https://www.lemonde.fr/sante/article/2026/07/24/remboursements-de-soins-le-gouvernement-engage-de-nouveaux-transferts-vers-les-mutuelles_6731474_1651302.html

La ministre de la santé, Stéphanie Rist, lors de la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 30 juin 2026.
La ministre de la santé, Stéphanie Rist, lors de la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 30 juin 2026.  ALICE SACCO/REUTERS

Le gouvernement a engagé de nouveaux transferts de remboursements de soins de l’Assurance-maladie vers les complémentaires santé, a déclaré la ministre de la santé, Stéphanie Rist, sur Franceinfo, vendredi 24 juillet. Quatre projets de décrets ont été envoyés à l’Assurance-maladie, ayant trait à l’augmentation de la part des mutuelles dans le remboursement des transports sanitaires, des dispositifs médicaux, de certains médicaments et des soins dentaires, selon la lettre de saisine du conseil de l’Assurance-maladie, signée par la ministre de la santé et dont l’Agence France-Presse a eu connaissance.

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Un cinquième concerne le doublement du plafond de paiement des franchises médicales par les usagers, qui passe de 100 à 200 euros. Ce doublement a été annoncé jeudi par Mme Rist. La lettre de saisine ne mentionne pas le nouvel équilibre de remboursement entre l’Assurance-maladie et les mutuelles pour les quatre soins concernés.

En 2026, la hausse des dépenses de santé devraient atteindre 8,2 milliards d’euros

Interrogée par Franceinfo sur les augmentations de tarifs que les mutuelles devront faire pour assumer les nouvelles dépenses à leur charge, la ministre a répondu que « la répercussion sur le prix d’une mutuelle ou d’une complémentaire n’[était] pas automatique »« Nous travaillons avec ces complémentaires, avec des négociations, avec des travaux pour leur éviter au maximum cette augmentation des complémentaires », a-t-elle expliqué, tout en reconnaissant qu’elle « ne pouvait pas, à ce stade, leur imposer un gel des tarifs ».

La ministre de la santé n’a pas dévoilé le montant qui serait transféré par l’Assurance-maladie aux complémentaires santé. Jeudi soir, la Mutualité française avait évoqué, à l’issue d’une réunion à Matignon, des transferts de l’ordre de « 1,5 milliard à 1,7 milliard » d’euros.

Le gouvernement est à la recherche de moyens pour freiner la hausse des dépenses de santé, alors que le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros, selon les estimations officielles. En 2026, les dépenses de santé (objectif de dépenses de l’Assurance-maladie) doivent augmenter de 3,1 %, soit 8,2 milliards d’euros.

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Le Monde avec AFP

Hausse des franchises, recul de l’assurance-maladie : une saignée pour les malades

Le gouvernement passe en force, par décrets, des mesures conséquentes d’économies sur la santé : une hausse du plafond des franchises et un recul des remboursements. C’est la stupeur chez les socialistes et les écologistes, qui avaient permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale en 2025.

Caroline Coq-Chodorge  et Pauline Graulle

24 juillet 2026 à 12h44 https://www.mediapart.fr/journal/politique/240726/hausse-des-franchises-recul-de-l-assurance-maladie-une-saignee-pour-les-malades?utm_source=quotidienne-20260724-183217&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20260724-183217&M_BT=115359655566

C’estC’est en plein milieu de l’été, au lendemain de la fermeture annuelle des portes de l’Assemblée nationale, que la ministre de la santé a officiellement lancé les débats sur le budget de la Sécurité sociale en 2027. Ils s’annoncent explosifs.

Jeudi 23 juillet, Stéphanie Rist a annoncé sur RMC le relèvement du plafond des franchises médicales, de 100 à 200 euros. Puis vendredi 24 juillet, sur France Info, elle a poursuivi sur sa lancée avec une autre mesure d’économies pour l’assurance-maladie : la baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et des « médicaments les moins efficaces ».

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Stephanie Rist, ministre de la santé, le 15 juillet 2026, à l’Assemblée nationale à Paris.  © Photo Isa Harsin / SIPA

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Ces mesures échappent au débat parlementaire de l’automne, car elles vont passer par décrets, « dès 2026 » pour les franchises, a indiqué Stéphanie Rist jeudi. Les différents décrets d’application sont déjà sur le bureau du Conseil d’État et, pour simple avis, sur le bureau du conseil de la Caisse nationale de l’assurance-maladie (Cnam).

Les masses budgétaires en jeu sont colossales. La baisse des remboursements par l’assurance-maladie, qui seront largement transférées aux complémentaires, est évaluée par la Mutualité française « entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros ». « Une dépense de santé transférée ne disparaît pas : elle continue d’être financée par les Français, directement ou au travers d’une augmentation de la cotisation de leur complémentaire santé », rappelle la fédération qui regroupe les mutuelles françaises.

Une petite musique lancée par Lecornu

Au sujet de la hausse du plafond des franchises, la ministre de la santé a tenté de diluer l’effort financier, en expliquant qu’il était de « 18 euros par an » pour les assuré·es sociales et sociaux. Et « 18 millions de Français ne sont pas concernés », a-t-elle complété : les mineur·es, les femmes enceintes et « les plus modestes », à savoir les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).

Seulement, le plafond de revenus qui donne droit à cette couverture publique est très bas, en dessous du seuil de pauvreté : il ne faut pas gagner plus de 14 069 euros brut par an et par personne ou29 544 euros brut par an pour une famille de quatre personnes.

Sur chaque remboursement par l’assurance-maladie sont soustraites diverses franchises : 1 euro par boîte de médicaments ; 1 europar acte paramédical ; 4 euros par transport sanitaire ; 2 euros par consultation médicale, par examen radiologique et pour des analyses de biologie médicale. Ces franchises sont plafonnées : aujourd’hui, un·e patient·e ne peut pas payer plus de 100 euros par an. Ce seuil va donc passer de 100 à 200 euros.

Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’assurance-maladie.

France assos santé

Pour éviter de l’atteindre, la ministre incite chacun·e à « regarder dans son placard s’il reste des médicaments », car « nous avons trop de boîtes de médicaments qui ne sont pas utilisés ».

Cette petite musique a été lancée par le premier ministre, Sébastien Lecornu, mercredi 22 juillet dans Paris Match : « Nous devons être plus rigoureux avec la surconsommation de soins et demander un effort à ceux qui achètent plus de cinquante boîtes de médicaments par an ou vont plus de vingt-cinq fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement. »

Le message est limpide : l’effort est donc demandé à ceux qui « surconsomment », selon Sébastien Lecornu. Ce sont les plus malades, ceux en affection longue durée (ALD) : les malades du cancer, les diabétiques, les victimes d’AVC, les personnes atteintes d’une maladie psychiatrique de longue durée, d’une maladie neurodégénérative, les insuffisant·es cardiaques, respiratoires, rénaux, etc. 

Ils et elles voient régulièrement leur médecin traitant et des médecins spécialistes. Ils et elles font aussi beaucoup d’examens biologiques et radiologiques et utilisent les transports sanitaires quand ils sont trop dépendant·es pour se déplacer par elles et eux-mêmes. Et plus ils et elles sont âgé·es, plus ils et elles développent de maladies, plus leurs ordonnances sont fournies.

À LIRE AUSSIPersonnes malades, handicapées, âgées : le vrai coût de leur santé

22 février 2025

« Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’assurance-maladie », a dénoncé France assos santé, l’union des associations de patient·es. Elle dénonce encore « des mesures pénalisantes et alerte sur le risque de renoncement aux soins accru dans la population »

Ces malades, en particulier les plus âgé·es, sont déjà celles et ceux qui paient le plus de leur poche pour leur santé, notamment en dépassements d’honoraires, peu ou pas remboursés par les complémentaires santé. Or, ceux-ci explosent.

Un rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie leur a consacré un rapport en juin 2026 : 60 % des médecins, hors médecins généralistes, pratiquent des dépassements d’honoraires. Ils pèsent pour 4,7 milliards d’euros en 2025, en hausse de + 5,3 % par rapport à 2019.

Dans le même temps, les cotisations des complémentaires santé ont, elles aussi, beaucoup augmenté : l’association de consommateurs et consommatrices Que Choisir chiffre la hausse à +25 % en trois ans. Le recul annoncé de l’assurance-maladie va encore accélérer cette inflation.

Pilule amère pour les socialistes et les écologistes

Si l’annonce suscite une levée de boucliers du secteur sanitaire, elle a aussi déclenché une grosse colère de la gauche. À La France insoumise (LFI) d’abord, où Manuel Bompard n’a pas attendu pour partager son indignation : « Taxer les malades chroniques et les personnes en situation de handicap pour remplir les caisses, ça vous paraît fou ? C’est pourtant ce que va faire le gouvernement discrètement en plein été », a-t-il commenté jeudi 23 juillet sur X. 

Interrogé par Mediapart, son camarade vice-président de la commission des affaires sociales, Hadrien Clouet, vilipende quant à lui une « décision prise à la va-vite dans un bureau entre Stéphanie Rist et des lobbys et qui va conduire soit au report, soit au renoncement des soins, donc à une dégradation générale de la santé des gens ».

La stupeur est plus vive encore chez les socialistes et les écologistes qui avaient fait de la non-augmentation des franchises médicales l’une des principales mesures justifiant leur accord de non-censure du gouvernement en 2025.

Le premier ministre et la ministre de la santé ont rompu leur engagement et trahi non seulement les socialistes mais surtout les Français.

Sandrine Runel, députée socialiste

« Par la négociation, la recherche du compromis, […] nous assumons d’avoir nettoyé le musée des horreurs [du PLFSS], […] d’avoir fait reculer la politique d’Emmanuel Macron », se félicitait ainsi le 9 décembre 2025 le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, quelques minutes avant que ses député·es votent en faveur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. 

Inédite pour un groupe d’opposition, cette décision avait eu pour conséquence la rupture définitive de l’alliance entre le PS et LFIet avait créé d’importants remous au sein du parti d’Olivier Faure.

Sept mois plus tard, c’est donc peu dire que la pilule est amère. « On a découvert ça en écoutant RMC. Ces derniers jours, rien n’était parvenu à nos oreilles, ni du gouvernement ni des caisses d’assurance-maladie », raconte l’ancienne cheffe de file socialiste sur le PLFSS, Sandrine Runel, qui ne cache pas sa stupeur. 

Fustigeant la mesure sur le fond, « car elle pénalisera les malades », la députée lyonnaise dénonce aussi la méthode : « Le premier ministre et la ministre de la santé ont rompu leur engagement et trahi non seulement les socialistes mais surtout les Français », lâche-t-elle, ajoutant que « faire cela alors que l’Assemblée vient de fermer ses portes, c’est vraiment mesquin ».

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12 juillet 2026

La présidente du groupe écologiste à l’Assemblée, Cyrielle Chatelain, qui s’était abstenue sur le PLFSS en 2025, pour le laisser passer, ne décolère pas. « Lecornu est revenu sur sa parole, ce qui est inacceptable. Il a menti non seulement aux parlementaires, mais aussi aux Français », s’étrangle l’élue de l’Isère. Et de pointer que si l’annonce ne constitue pas « la première entorse » au deal passé à l’hiver 2025, « celle-là est énorme et entaille profondément la crédibilité de la parole gouvernementale »

Au sein d’un Parti socialiste qui avait fait l’objet de toutes les attentions gouvernementales après la dissolution de 2024, on regarde désormais avec inquiétude et consternation la « fuite en avant » de Sébastien Lecornu, un premier ministre dont la boussole politique semble aujourd’hui rivée sur les desiderata du parti Les Républicains.

De la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre à la réintroduction de l’acétamipride dans la loi d’urgence agricole, en passant par le vote de la loi Ripost ou la nomination de François-Noël Buffet comme défenseur des droits, ces dernières semaines, Matignon n’a ainsi cessé de donner des gages aux élu·es siégeant à la droite et à l’extrême droite de l’hémicycle. 

Alors que les socialistes n’excluent pas de voter la motion de censure sur le budget à la rentrée, le suspense est quasiment inexistant du côté des écologistes, où Cyrielle Chatelain estime que « l’erreur serait de refaire la même chose que l’an dernier ». Manière de dire que, cette fois, elle ne s’y laissera plus prendre. 

Caroline Coq-Chodorge  et Pauline Graulle

Pourquoi certains médicaments seront moins bien remboursés aux Français l’an prochain 

Par Jean Cittone

Il y a 1 heure

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Sébastien Lecornu profite de l’été pour prendre des mesures réglementaires explosives, plusieurs mois avant l’examen du budget de la Sécurité sociale.
Sébastien Lecornu profite de l’été pour prendre des mesures réglementaires explosives, plusieurs mois avant l’examen du budget de la Sécurité sociale. Sarah Meyssonnier / REUTERS

DÉCRYPTAGE – La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a transmis cinq décrets aux conseils d’administration des caisses de Sécurité sociale. Ils contiennent des mesures potentiellement explosives pour les patients.

L’Assemblée nationale vient tout juste de fermer ses portes pour la trêve estivale, mais le gouvernement n’est pas encore en vacances. Ce jeudi, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a transmis cinq décrets aux conseils d’administration des caisses de Sécurité sociale. Ils contiennent des mesures potentiellement explosives pour les patients, dont certaines avaient déjà fait bouillonner le Parlement l’an dernier lors des débats budgétaires. Ces textes réglementaires prévoient le doublement du plafond des franchises médicales et des participations forfaitaires à payer (le reste à charge des patients lors de l’achat d’un médicament ou d’une consultation) et une baisse du remboursement de plusieurs dispositifs médicaux par la Sécurité sociale, ce qui fait bondir les représentants des complémentaires santé.

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Sur les franchises médicales, le premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà expliqué ce mercredi vouloir « demander un effort » à ceux qui « achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 24 fois chez le médecin par an ». Une manière absconse d’annoncer cette hausse du plafond, fixé actuellement à 50 euros pour les boîtes de médicaments et les transports sanitaires, et à 50 euros pour les consultations chez le médecin. Le décret pris par le gouvernement prévoit de doubler ces deux plafonds, pour un reste à charge maximum qui s’établirait à 200 euros par an par personne, et ce dès la fin de l’année 2026. Concrètement, une personne qui achetait une boîte de médicaments devait jusqu’à présent s’acquitter d’un reste à charge d’un euro, jusqu’à la cinquantième boîte. Au-delà, cette franchise n’était plus demandée. Le décret prévoit de changer cela, ciblant donc expressément les plus grands consommateurs de médicaments.PASSER LA PUBLICITÉ

Près de 2 milliards d’euros d’économies par an

« 18 millions de Français continueront d’en être totalement exonérés », a cependant précisé la ministre de la Santé. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, les mineurs et les femmes enceintes ne seront en effet pas concernés par ce doublement des plafonds des franchises et des participations. Les Français en affection de longue durée (ALD), grands consommateurs de soins à cause de leur état de santé, devront quant à eux mettre plus souvent la main au portefeuille. L’impact financier estimé est d’environ 20 euros en plus par an en moyenne, mais sera de 50 euros pour les Français en ALD, précise-t-on dans l’entourage du premier ministre. Cette mesure devrait permettre, selon les chiffres du gouvernement, une économie de 750 millions d’euros en année pleine pour la Sécurité sociale.

Les quatre autres décrets transmis ce jeudi concernent quant à eux une baisse du ticket modérateur, c’est-à-dire la part des soins prise en charge par l’Assurance-maladie. Cette baisse concernera les médicaments dont le bénéfice thérapeutique est faible voire inexistant, le transport sanitaire d’un malade (dispositif sur prescription pour se rendre à un examen), les dispositifs médicaux (implants, prothèses, etc.) ainsi que les consultations chez les chirurgiens-dentistes.

À lire aussi Arrêts de travail, fraude, tabac… Les propositions de l’Assurance-maladie pour faire économiser 3,9 milliards d’euros en 2027 

Cette diminution ciblée du ticket modérateur par l’exécutif devrait toutefois se traduire par une hausse de la prise en charge par les organismes complémentaires, lesquels pourraient donc augmenter leurs tarifs. La Mutualité française, qui représente la majorité des mutuelles françaises, prévient d’ailleurs que « ces décisions entraîneront inévitablement des conséquences pour les assurés sociaux », car « une dépense de santé transférée ne disparaît pas », mais « continue d’être financée par les Français, directement ou au travers d’une augmentation de la cotisation de leur complémentaire ». Bien qu’ayant échangé avec le gouvernement avant la mise en place de ces mesures, la Mutualité française estime que ces décrets « ne permettront pas de répartir équitablement les efforts attendus ».

S’ils sont bel et bien appliqués, ces transferts représenteront entre 1 et 1,2 milliard d’euros par an, estime l’exécutif, portant l’ensemble des économies prévues par ces décrets à près de 2 milliards d’euros sur l’année 2027. De quoi amoindrir quelque peu le déficit de la Sécurité sociale, qui devrait être d’environ 20 milliards d’euros en 2026. Les organismes complémentaires ne devraient toutefois pas en rester là. Depuis l’an dernier, les mutuelles contestent farouchement la taxe exceptionnelle d’environ 1 milliard d’euros votée par les parlementaires, ainsi qu’un gel de leurs tarifs, qu’ils contestent juridiquement par le biais d’une question prioritaire de constitutionnalité.

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Franchises, médicaments peu efficaces, consultations chez le dentiste… Le Gouvernement annonce plus de 2 milliards d’euros d’économies

Matignon a annoncé ce vendredi 24 juillet une série de mesures réglementaires visant à diminuer à court terme les dépenses de santé, parmi lesquelles une baisse du taux de remboursement par l’Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré, des dispositifs médicaux, des transports sanitaires et des consultations chez le dentiste.

24/07/2026 https://www.egora.fr/actus-pro/politiques/franchises-medicaments-peu-efficaces-consultations-chez-le-dentiste-le?utm_source=Newsletter&utm_medium=gms_egora&utm_campaign=En_bref___Vendredi_24_juillet_2026&utm_medium=gms_egora&utm_source=email&utm_campaign=En%20bref-%20vendredi%2024%20juillet%20202620260724&sc_src=email_4997535&sc_lid=199008488&sc_uid=XYBlorZBtz&sc_llid=26323&sc_eh=5d463c22601bc0401

Par Aveline Marques

Cinq décrets sont actuellement soumis à la consultation. Le premier vise à doubler les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires, comme l’avait annoncé la ministre de la Santé jeudi. Les assurés concernés* pourraient payer de leur poche jusqu’à 200 euros par an. Un « petit effort extrêmement mesuré » qui représentera plutôt, en moyenne, 18 euros par an pour un assuré lambda et 49 euros pour les patients en ALD, précise le cabinet du Premier ministre, et qui permettra d’économiser 750 millions d’euros en année pleine. Le montant des franchises restera en revanche inchangé, tout comme les plafonds journaliers.

Le Gouvernement assume d’augmenter le reste à charge pour ceux qui utilisent le plus le système de santé, et qui n’étaient jusqu’alors, plus redevables de franchises et participations forfaitaires au-delà de la 50e boite de médicament et de la 25e consultation. Contre le gaspillage et la « surconsommation des soins », l’exécutif mise sur une responsabilisation des patients comme des médecins, appelés à ne plus « empiler les prescriptions » et à davantage prescrire selon les recommandations.

Dérembourser complétement les médicaments peu efficaces?

Autre mesure, prévue pour une entrée en vigueur le 1er janvier 2027 : la baisse du taux de remboursement par l’Assurance maladie des médicaments jugés les moins efficaces par la HAS. Les médicaments à SMR faible (Gaviscon, Spasfon, bétadine, bains de bouche…) ne seront plus pris en charge par l’assurance maladie obligatoire à 15% mais à 5%. Les médicaments à SMR modéré (laxatifs, par exemple) seront remboursés à 15%, contre 30% actuellement. Les mutuelles et complémentaires prendront en charge le différentiel, assure Matignon. De sorte que les Français « ne verront pas la différence au comptoir ». Rien ne changera pour les patients en ALD, qui resteront pris en charge à 100% par l’assurance maladie. 300 millions d’euros d’économies sont attendues l’an prochain.

D’autres mesures de « rééquilibrage » entre les dépenses prises en charge par l’Assurance maladie d’un côté et les complémentaires de l’autre seront mises en œuvre l’an prochain. La part AMO sur les dispositifs médicaux passera de 60 à 50%, tout comme celle sur les consultations dentaires. Pour les transports sanitaires, elle passera de 55 à 50%. Ce transfert aux complémentaires permettra d’économiser 1.1 milliard d’euros.

Au total, l’exécutif espère dégager en 2027 2.15 milliards d’euros au profit des hôpitaux, de l’accès aux soins et des médicaments innovants (16 milliards d’euros de dépenses en 2026, une centaine de nouveaux médicaments en 2027). « La philosophie c’est de mieux rembourser ce qui soigne et de moins rembourser ce qui soigne trop peu, voire pas du tout », expose le cabinet du Premier ministre. La HAS est d’ailleurs appelée à réévaluer les médicaments les moins efficaces, dont le maintien du remboursement pose question.

Le Gouvernement a engagé une consultation avec les représentants des mutuelles, assurances et autres instituts de prévoyance afin que cette hausse du ticket modérateur ne se traduise pas par une nouvelle augmentation des tarifs des contrats… Mais pour la Mutualité française, ces décisions mettront « inévitablement » les assurés sociaux à contribution. « Une dépense de santé transférée ne disparaît pas : elle continue d’être financée par les Français, directement ou au travers d’une augmentation de la cotisation de leur complémentaire santé », souligne la fédération dans un communiqué.

Les dentistes appelés à se mobiliser

De leur côté, les syndicats dentaires s’opposent vivement à cette mesure, qui relève plus d’un « jeu d’écriture » que d’une véritable politique de « maîtrise des dépenses de santé », pointent les Chirurgiens dentistes de France (CDF). « Prétendre réserver le remboursement aux seuls soins jugés « les plus efficaces » tout en désengageant le dentaire, c’est nier la valeur médicale et préventive de la chirurgie dentaire. Il n’y a pas de santé sans santé bucco-dentaire. » Le syndicat redoute également une hausse des inégalités et des renoncements au soin pour les patients (notamment les retraités, jeunes adultes et ménages modestes) qui prennent en charge seuls leur complémentaire, voire n’en ont pas.

Pour l’Union dentaire, c’est « une faute politique », « une insulte à notre profession » et « un très mauvais signal envoyé à tous les Français ». « Le dentaire ne peut pas devenir, année après année, la variable d’ajustement des déficits de l’Assurance maladie », lance son président, le Dr Elie Sfeir, qui appelle la ministre à renoncer à ce projet et la profession à se mobiliser.

*18 millions de Français restent exonérés : les mineurs, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).

Vers une réforme  :

Ces premières mesures seront suivies par le lancement de travaux à la rentrée, sur la base des conclusions de la mission AMO-AMC. A « moyen terme », il s’agira de conduire une « petite réforme structurelle du partage » entre assurance maladie et complémentaires, a indiqué Matignon.

Auteur de l’article

Aveline Marques

Rédactrice en chef web

Vers le doublement des franchises médicales

Jean-Bernard Gervais

24 juillet 2026 https://francais.medscape.com/viewarticle/doublement-des-franchises-médicales-2026a1000p0p?ecd=WNL_mdplsfeat_260725_mscpedit_fr_etid8535119&uac=368069PV&impID=8535119

Décidément, la période estivale est une saison propice au doublement du plafond des franchises médicales… En juillet 2025, Catherine Vautrin, alors ministre de la Santé, avait annoncé son intention de doubler le plafond des franchises médicales. 

Pour rappel, ces plafonds sont respectivement de 50 euros pour les franchises médicales (médicaments, actes paramédicaux, transports) et de 50 euros également pour les participations forfaitaires (consultations, radiologie, biologie). Finalement, le gouvernement de Bayrou où était nommé Catherine Vautrin avait été censuré, et la mesure remise aux calendes grecques. 

Pas d’augmentation des franchises

Cette année, c’est le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui vient d’ouvrir de nouveau les hostilités. Dans une interview donnée à Paris Match, le Premier ministre a annoncé « demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement ». 

La ministre de la Santé, Stéphanie Ristdans un entretien ce 23 juillet 2026 à RMC, a détaillé le contour de cette nouvelle réforme des franchises médicales. Il n’est pas question d’augmenter le montant de ces franchises (1 euro par boite de médicament, paramédical, 4 euros pour les transports, 2 euros pour la participation forfaitaire), mais de relever le plafond annuel de ces franchises. 

« Ensuite, pour être très claire, le débat sur les franchises a eu lieu l’an dernier et a été tranché par le Premier ministre : il n’y aura pas d’augmentation des franchises. Leur montant reste gelé à 1 € par boîte de médicaments. Ce qui évolue, c’est le plafond annuel. Depuis vingt ans, les Français qui dépassent un certain nombre de consultations ou de boîtes de médicaments paient au maximum 100 € par an. Nous doublons ce plafond, qui n’a pas changé depuis vingt ans », a notamment déclaré Stéphanie Rist. 

Toutefois, a-t-elle précisé, non seulement ces plafonds sont rarement atteints, mais de nombreux Français échappent aux franchises : « Il faut savoir qu’un patient atteint d’une maladie chronique paie aujourd’hui en moyenne 78 € par an. Si le plafond double, on peut donc estimer que le montant moyen serait plutôt autour de 150 € que de 200 €. Je le répète : nous ne modifions pas les franchises elles-mêmes. Par ailleurs, 18 millions de Français ne paient pas ces plafonds, car ils sont protégés par la complémentaire santé solidaire, sont enceintes ou mineurs. Ils ne sont donc pas concernés ; les autres le sont. » 

100 boîtes par médicaments

Et d’ajouter : « Le plafond correspond à environ 100 boîtes de médicaments par an. Beaucoup de patients resteront donc en dessous. Cette mesure peut aussi inciter chacun à vérifier s’il dispose déjà du médicament chez lui avant d’en reprendre. Le gaspillage de médicaments est un sujet important : nous travaillons à des mesures pour réduire le nombre de boîtes non utilisées, un problème que les infirmiers à domicile me signalent régulièrement. » 

L’argent ainsi économisé sera réinvesti dans la santé, a promis Stéphanie Rist : « Nous le faisons parce que nous devons continuer à investir dans l’hôpital, l’accès aux soins, les maisons France Santé et les médicaments les plus efficaces. Depuis 2017, 85 milliards d’euros supplémentaires ont été consacrés à notre système de santé, mais cet effort doit se poursuivre. » 

Elle a enfin ajouté que cette mesure sera prise par décret et pourrait être effective avant la fin de l’année. 

Réforme de 2024

Pour rappel, les franchises médicales ont été créées via la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2028 et mises en application dès le 1er janvier 2008, contrairement à la participation forfaitaire qui a été créé en 2004. 

À l’origine, les franchises étaient de 50 centimes d’euros par boite de médicaments, et acte paramédical et 2 euros par transport sanitaire. Elles ont été doublées en 2024 via un décret de février de cette année. Elles passaient à 1 euros par boîte de médicament, 1 euro par acte paramédical et 4 euros par transport sanitaire. La même année la participation forfaitaire était elle aussi doublée pour passer de 1 à 2 euros. 

Les plafonds n’ont en revanche pas évolué depuis 2008, soit 50 euros pour les franchises et 50 euros pour la participation forfaitaire, soit 100 euros. Si le gouvernement tient sa promesse, ce plafond global de 100 euros devrait donc doubler. 

Colère de l’UFMLS

Le président du syndicat Union française pour une médecine libre – syndicat (UFMLS), le Dr Jérome Martya vivement réagi sur les réseaux sociaux à cette annonce : « Alors, je suis en train de visiter l’établissement. Il semble que le gouvernement souhaite enquêter sur les patients qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou consultent leur médecin au moins 25 fois. Premier message à notre Premier ministre : dans cet établissement, 100 % des patients concernés dépassent 50 boîtes de médicaments par an. Je dis bien 100 %. Pour des patients chroniques, souvent atteints de plusieurs pathologies, c’est plus qu’habituel : c’est la norme. Cela signifie que l’on risque, comme souvent, de taxer ou surtaxer les personnes malades. Nous vivons dans un pays qui semble tourner le dos au principe même de l’Assurance maladie : cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins. Là, c’est exactement l’inverse : plus vous êtes malade, plus vous payez. » 

Et de conclure : « Ce ne sont pas de mauvais outils qui nous permettront de sortir de la crise actuelle, avec un déficit de plus de 15 milliards d’euros, probablement au-delà de 20 milliards, pour une Assurance maladie dont les dépenses atteignent 277 milliards d’euros par an. Quelle économie espérez-vous vraiment réaliser ainsi ? Deux ou trois cents millions d’euros tout au plus, en taxant les patients. »

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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