Stature présidentielle : François Hollande prend le pouvoir à gauche
Par Carl Meeus, pour Le Figaro Magazine

EXCLUSIF – L’ancien président de la République entend profiter de l’été pour installer sa candidature.
Les vrais politiques le savent : c’est au début de l’été qu’il faut installer une image pour en profiter à la rentrée. François Hollande, qui navigue dans les eaux politiques depuis le début des années 1980, n’a pas oublié cette règle. L’ancien président de la République, qui espère pouvoir se représenter pour, notamment, laver l’affront de 2017 où il n’avait pas pu le faire, pose les jalons de sa reconquête. Le baromètre Verian de la stature présidentielle enregistre une remontée sur quatre items : en juillet, François Hollande devient le premier à gauche, sur la compétence pour être un bon président, la représentation de la France et des Français et la capacité à prendre les décisions dont le pays a besoin. Il n’y a que sur la vision claire de l’avenir qu’il cède le pas à Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon.
Si le président de Place publique fait du surplace depuis le lancement de cet outil en avril dernier, le patron des insoumis est en progression et ne sera pas facile à déloger de la première place à gauche dans les intentions de vote. François Hollande veut croire qu’il est le seul à gauche capable de le faire. Mais, il l’a redit la semaine dernière, il ne veut pas d’une candidature de témoignage. L’ancien président ne veut se lancer que s’il est sûr de pouvoir l’emporter. Or, s’il est un scrutin où personne n’est sûr de rien plusieurs semaines, voire mois avant, c’est bien la présidentielle. La primaire du Parti socialiste cet automne risque donc de ne rien clarifier à gauche tant que François Hollande fera planer le doute sur sa candidature.
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Clarification au Rassemblement national
Même chose pour le bloc central. Les rendez-vous du printemps n’ont pas fait bouger les lignes. Édouard Philippe reste en tête sans véritablement creuser l’écart avec ses concurrents, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Aucune raison pour eux deux, malgré les appels incessants des amis de l’ancien premier chef de gouvernement d’Emmanuel Macron, de se retirer en sa faveur pour le moment.


Seul camp où la clarification s’est opérée : le Rassemblement national. C’est donc désormais Marine Le Pen la candidate. La députée du Pas-de-Calais profite de l’annonce de sa candidature pour renforcer sa stature présidentielle. Grâce notamment à l’appui des sympathisants LR, qui sont majoritaires (de 52 à 58 %) à lui accorder cette stature présidentielle. Iront-ils jusqu’à lui octroyer leur bulletin de vote en avril et mai prochains ?