Depuis le début de l’été, les barrages du Tarn sont beaucoup sollicités, dépassant même les niveaux de 2022.

TARN. Barrages : des niveaux d’eau préoccupants mais contrôlés

Vie locale. Depuis le début de l’été, les barrages du département sont beaucoup sollicités, dépassant même les niveaux de 2022.

Publié le 24/07/2026 à 08h30 – https://www.letarnlibre.com/actualite-13986-tarn-barrages-des-niveaux-d-eau-preoccupants-mais-controles?utm_medium=email&utm_source=newsletter&utm_campaign=NL_2026-07-24&utm_content=bloc6

Par Arthur Edeline

TARN. Barrages : des niveaux d'eau préoccupants mais contrôlés
Le Dadou en amont du Barrage de Razisse, en août 2022, victime de la sécheresse. – © Dominique Escorne / Archives Le Tarn libre

Agriculteurs, industriels et particuliers, tout le monde subit les restrictions d’eau en vigueur. Ces dernières sont mises en place en raison d’une conjonction de plusieurs phénomènes. Les fortes chaleurs des dernières semaines provoquent une augmentation des besoins en eau pour l’ensemble de la population, ainsi qu’une plus grande absorption d’eau par les végétaux.  » Avec les fortes chaleurs, il y a une forte évapotranspiration qui peut être comprise entre 6 millimètres et 1 centimètre par jour « , explique Stéphane Bonnaud, responsable du bureau ressources en eau à la Direction Départementale du Tarn.  » Sur une petite surface, c’est négligeable, mais sur des grandes retenues d’eau, c’est assez conséquent « . Cela impact également fortement l’indice d’humidité des sols. Si l’on ajoute à cela le fait qu’il ne pleut pas beaucoup et en petite quantité, cela génère de fortes tensions, que doivent gérer les services de gestion de l’eau.

Sur les bases de 2022

Si l’on compare la situation de cette année avec celle de l’année 2022, qui avait connu une grande sécheresse, les ouvrages sont plus sollicités. D’autant plus que l’on se base sur les chiffres enregistrés au 21 juillet 2026, alors que les chiffres de 2022 étaient ceux du 31 juillet. À l’heure actuelle, le barrage de Rassisse a encore 1,35 million de mètres cube disponibles, soit 39% de la réserve. Celui de Bancalié dispose de 5,12 millions de mètres cube disponibles, soit 79% de la réserve, mais ce pourcentage devrait baisser dans les prochains jours et semaines en raison de l’augmentation des débits sur l’ouvrage. Le barrage des Saints-Peyres dispose encore de 12,9 millions de mètres cube, soit 65% de la réserve ; celui de Saint-Géraud (gestion partagée entre le Tarn et le Tarn-et-Garonne) contient encore 5,8  millions de mètres cube, soit 48% du stock total, et le réservoir de la Fourogue est dans une situation un peu plus inquiétante, avec 250 000 mètres cube disponibles. Ces chiffres sont voués à évoluer en permanence compte tenu du contexte hydroclimatique. À noter que le barrage de Raviège dispose de 3 millions de mètres cube, mais que cette réserve est impossible à mobiliser avant le 21 septembre en raison de plusieurs réglementations.

Devant ces chiffres  » record « , la préfecture du Tarn a annoncé la mise en vigueur de plusieurs restrictions d’eau dans tous les secteurs pour tenter de freiner la crise (irrigation, agriculture, industriels, particuliers).  » Ce n’est pas alarmant, la situation est encore maîtrisable « , affirme Stéphane Bonnaud.  » On ne sait pas comment la situation va évoluer puisqu’il n’est pas sûr qu’il pleuve, donc la prudence doit être de mise « . La situation tendue demande un travail collectif notamment de la part des syndicats d’eau potable, des gestionnaires d’ouvrages et de tous les acteurs de l’eau, et des efforts sont demandés à tous les usagers en matière d’économie d’eau. Le département du Tarn est actuellement en situation d’alerte pour l’eau potable, et il passera en alerte renforcée à partir de samedi 25 juillet à 8h du matin. La situation des cours d’eau et des communes en matière de restrictions est disponible sur le site vigneau.gouv.fr. Tous les Tarnais sont donc concernés par des mesures de restriction.

Les rivières en difficulté

Si le niveau des barrages est plutôt bas pour la période, les niveaux en eau potable restent satisfaisants.  » Une surveillance accrue est néanmoins en place pour qu’il n’y ait pas de pénurie d’eau potable, ce qui reste notre priorité« , explique le service dédié à la préfecture. Pour rappel, les principaux lieux d’eau potable du département sont la rivière Tarn, la Montagne noire et les barrages des Camazes, de Rassisse et des Saints-Peyres. 

Depuis 2 ans, l’association interdépartementale Tarn Aveyron est en charge de la gestion du soutien d’étiage afin de respecter les débits d’objectif. Et ce, afin de pouvoir satisfaire tous les usages et maintenir les milieux aquatiques. Dans ce genre de cas, il n’y a plus de limites administratives, la coordination interdépartementale prend le dessus pour gérer l’état des rivières d’amont en aval, de la façon la plus cohérente possible pour harmoniser les restrictions. Il existe trois niveaux de gestion : le débit d’alerte, d’alerte renforcée et le débit de crise. Au regard de l’arrêté préfectoral du 16 juillet dernier, l’état global des rivières du Tarn est préoccupant. Elles sont pratiquement toutes en crise, et subissent donc des interdictions totales de prélèvements pour tenter de les préserver.

Si les gros cours d’eau tels que le Tarn, l’Agout, le Dadou, le Thoré et le Sor sont réalimentés régulièrement grâce aux barrages, ce n’est pas le cas pour les plus petites rivières. En réalité, les ruisseaux tarnais ne sont en quasi-totalité pas réalimentés par des lâchers d’eau, ce qui a un impact sur ces dernières. En fonction du niveau de dégradation des petits cours d’eau, les conséquences peuvent être lourdes. Des pêches de sauvetages peuvent même être organisées, quand c’est possible, par la fédération de pêche, pour venir en aide aux poissons et à la biodiversité, mais il existe trop de ruisseaux pour intervenir partout. Sur beaucoup de cours d’eau, il n’y a pas de solutions. Pour en savoir plus, le réseau Onde de l’Office français de la biodiversité (OFB) propose en ligne un outil d’aide à l’anticipation et à la gestion des situations de sécheresse.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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