« Etienne Pot, un médecin de terrain au chevet de Santé publique France »
Date de publication : 4 novembre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=3a8a6127886bcbbc7a4d5ca29f9961a9&id_newsletter=24571&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24571&from=newsletter&slnk=8
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Dans Le Monde, Sandrine Cabut brosse le portrait de l’addictologue, qui « entend renforcer la visibilité de l’agence, fragilisée par plusieurs inspections et des critiques sur son fonctionnement, dont il vient de prendre la direction générale. Il mise sur une communication plus accessible et une prise en compte des sujets stratégiques actuels ».
La journaliste note en effet qu’« à 40 ans, le Dr Etienne Pot vient de prendre officiellement les rênes de Santé publique France, agence dont la mission est «d’améliorer et de protéger la santé des populations» ».
Sandrine Cabut souligne qu’« avant de piloter le suivi sanitaire des Français pour 3 ans, c’est la santé de l’agence elle-même qu’il lui faut prendre en main.
Ce vaisseau amiral de la santé publique […] était un peu dans la tourmente. Depuis le printemps 2025, Santé publique France a fait l’objet de trois missions de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur son organisation, ses missions de communication et le fonctionnement de ses 16 cellules régionales ».
« Autant de rapports vécus comme des épées de Damoclès par les équipes, déjà fragilisées par des critiques de la Cour des comptes, fin 2022. Sans compter la démission, le 24 septembre, du référent à l’intégrité scientifique de l’institution, Hervé Maisonneuve, qui avait omis de déclarer des liens d’intérêt avec le laboratoire Pfizer. Pas de quoi entamer l’optimisme du nouveau directeur général », remarque la journaliste.
Etienne Pot déclare ainsi : « Je suis arrivé avec la volonté farouche de défendre l’agence, de lui redonner des couleurs ».
Sandrine Cabut note que « sa mission commence par un travail de fond sur la communication ».
Le responsable souligne en effet : « Que ce soit dans le champ de la santé publique ou du handicap, il y a un énorme enjeu d’accessibilité dans la façon de parler. Est-ce qu’on ne s’adresse pas surtout à ceux qui sont déjà convaincus ?
Est-ce qu’il n’y a pas parfois une sorte de suffisance scientifique ? On a le droit de partager des incertitudes scientifiques, de dire “on ne sait pas”, en s’adressant à la société et pas seulement aux professionnels de santé ».
La journaliste ajoute que « pour lui, vulgariser n’est pas un gros mot. […] Parler vrai et rester intelligible. C’est une de ses marques de fabrique. […] Etienne Pot en est convaincu, l’agence nationale de santé publique n’est pas assez identifiée. Parfois trop effacée ou trop prudente ? ».
Etienne Pot remarque : « Je crois que si, par exemple, elle avait été plus lisible sur ce qu’elle faisait, il n’y aurait peut-être pas eu autant d’inspections [de l’IGAS].
J’ai dit aux équipes : arrêtez de vous justifier de tout, vous êtes des experts. Mais le rôle de l’agence, c’est aussi de donner davantage d’explications, d’émettre plus d’hypothèses ».
Sandrine Cabut s’interroge cependant :
La question s’est posée de longue date sur des sujets sensibles politiquement, comme l’alcool. En 2023, deux campagnes de prévention de Santé publique France sur ce thème avaient ainsi été rejetées par le gouvernement, qui n’a par ailleurs jamais soutenu officiellement l’opération « Dry January » (« mois sans alcool ») ».
Etienne Pot fait savoir : « Je serai très attentif à ce qu’on ne m’interdise pas de communiquer sur certains sujets, car c’est l’indépendance scientifique de l’agence ».