Revue de presse du 4 novembre 2026
« Progrès ou eugénisme ? Le débat sur la sélection des embryons revient en force »
Date de publication : 4 novembre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=7b23b55dccaa07184057bf34b3082b89&id_newsletter=24571&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24571&from=newsletter&slnk=7
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C’est ce que titre Le Figaro, qui évoque « le débat sur l’autorisation d’un test peu connu du grand public mais faisant l’objet de controverses intenses : le DPI-A, ou diagnostic génétique préimplantatoire des aneuploïdies ».
Agnès Leclair rappelle que « cet examen permet de détecter les anomalies chromosomiques d’embryons conçus par fécondation in vitro, dont la trisomie 21, à partir de cellules prélevées à 5 ou 6 jours d’évolution. En France, le DPI-A est aujourd’hui réservé aux couples porteurs d’une maladie génétique grave, comme la mucoviscidose, en parcours de PMA ».
La journaliste note que « le débat sur son extension a fait rage pendant la révision de la loi de bioéthique de 2020. Ses partisans défendent une technique qui permettrait d’éviter d’implanter des embryons non viables à des femmes en parcours de PMA et donc de réduire le nombre d’échecs de grossesse et de fausses couches ».
« Ses opposants, eux, pointent un risque d’eugénisme et de «tri» des embryons, notamment de ceux porteurs d’une trisomie 21 », poursuit-elle.
Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC) et médecin, déclare ainsi que « la généralisation du DPI-A nous ferait entrer dans un système eugéniste, avec le risque de rejeter toutes les anomalies chromosomiques. Cela porte une vision de l’enfant parfait, normé, sans “anomalies” ».
« La définition de l’infertilité s’est élargie. Les femmes qui arrêtent la pilule ne comprennent pas qu’elles n’arrivent pas immédiatement à tomber enceintes. On se dépêche de faire une PMA dès que l’enfant n’arrive pas tout de suite. Ça ne fonctionne pas toujours bien, mais on ne se demande pas toujours si c’est la bonne réponse. Il y a une fuite en avant technique de la procréation », ajoute-t-elle.
De son côté, Virginie Rio, présidente de l’association Bamp !, appelle à « sortir des clichés sur le DPI-A. On accuse cette technique de tuer les bébés trisomiques ou d’être utilisée pour obtenir des embryons blonds aux yeux bleus mais ce n’est pas du tout le sujet. Il s’agit d’éviter le transfert d’embryons dont l’implantation est vouée à l’échec ».
« Certains s’accrochent mais mènent à des arrêts de grossesse précoces, d’autres ne permettent pas la naissance de bébés vivants. Pour les femmes qui suivent ce parcours, c’est une perte de chance et une violence émotionnelle », déclare la responsable.
Agnès Leclair note que ce mardi, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, « a renvoyé la balle au Comité national consultatif d’éthique (CCNE), qui doit rendre un avis en novembre sur l’évolution de la loi de bioéthique. En creux, la ministre ne semble donc pas favorable à un changement législatif rapide. Celui-ci pourrait cependant s’inviter plus rapidement dans l’agenda politique ».
« La députée Constance de Pélichy (Liot) a en effet présenté, le 28 octobre, une proposition de loi d’initiative transpartisane visant à autoriser le DPI-A sous conditions. […] Pour les femmes de plus de 35 ans, le recours au DPI-A «réduirait les interruptions naturelles de grossesse de 39% à 2,7%», selon son exposé des motifs »,remarque la journaliste.
PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE: MARINE TONDELIER APPORTE SON SOUTIEN À UNE PROPOSITION DE LOI VISANT À LÉGALISER UN EXAMEN INTERDIT EN FRANCE
ACTUALITÉ
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par Pierre Levrel,
le Mardi 3 novembre 2026 à 14:28, mis à jour le Mardi 3 novembre 2026 à 14:41 https://lcp.fr/actualites/procreation-medicalement-assistee-marine-tondelier-apporte-son-soutien-a-une-proposition
La candidate écologiste à l’élection présidentielle, Marine Tondelier, a apporté son soutien à une proposition de loi visant à légaliser le « diagnostic génétique préimplantatoire des aneuploïdies » (DPI-A), auquel elle-même a recouru lors de son parcours infructueux de procréation médicalement assistée (PMA). Ce test, interdit en France, permet de s’assurer que l’embryon implanté dans l’utérus au moment d’une fécondation in vitro ne présente pas d’anomalie chromosomique.
À l’occasion de la journée de la fécondité, la candidate à l’élection présidentielle et patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a annoncé son soutien sur Instagram à une proposition de loi transpartisane présentée la semaine dernière à l’Assemblée nationale, dont l’objectif est de légaliser le « diagnostic génétique préimplantatoire des aneuploïdies » (DPI-A). Pour appuyer ce soutien, elle a fait part de sa propre expérience, ayant elle-même recouru au test.
UN DIAGNOSTIC INTERDIT EN FRANCE
Le DPI-A permet d’examiner la composition chromosomique des embryons avant leur implantation dans l’utérus, à l’occasion d’une fécondation in vitro(= l’union d’un spermatozoïde et d’un ovocyte organisée à l’extérieur du corps). Ce diagnostic permettrait de limiter très fortement les fausses couches, de 39% à 2,7% selon une étude. Comme le rappelait la députée Constance de Pélichy (Liot), première signataire de la proposition de loi transpartisane visant à légaliser cet examen, sur 88.000 fécondations in vitro menées chaque année en France, 65.000 ne donnent lieu à aucune naissance.
Or, le DPI-A est encore illégal en France et continue de nourrir des réticences. Les opposants au test dénoncent des examens pouvant faire le lit de l’eugénisme, en sélectionnant les embryons les plus aptes et en ouvrant la porte à des choix en matière de capital génétique. La proposition de loi s’efforce de répondre à ces inquiétudes dans son exposé des motifs : « L’examen a pour seul objet la détermination du nombre de chromosomes de l’embryon. Il ne peut être utilisé à des fins de choix du sexe de l’enfant à naître ni pour la recherche de toute autre caractéristique génétique », peut-on lire.
DES CONTOURNEMENTS À L’ÉTRANGER
Malgré son interdiction, le DPI-A est aujourd’hui ouvert à des femmes informées qui disposent des capacités financières pour y recourir hors de France – puisqu’il est autorisé dans plusieurs pays de l’Union européenne. Marine Tondelier indique, dans sa publication Instagram, avoir dépensé plus de 10.000 euros dans un cycle FIV en Belgique. « Et ce n’est pas acceptable, car ça signifie que toutes les femmes ne peuvent pas y accéder », complète la conseillère régionale des Hauts-de-France.
J’AI RENCONTRÉ DES FEMMES QUI EN SONT À 80.000 EUROS DE DÉPENSES DE DPI-A DANS LES PAYS EUROPÉENS OÙ C’EST AUTORISÉ.
MARINE TONDELIER, DANS UNE PUBLICATION INSTAGRAM MISE EN LIGNE LE 2 NOVEMBRE.
La secrétaire nationale des Écologistes explique qu’elle-même présentait trois embryons anormaux sur un plan chromosomique, sur les cinq examinés, qui n’étaient donc pas viables pour une grossesse.
Lors de la présentation du texte, la semaine passée, Constance de Pélichy (Liot) a souhaité une première lecture rapide de la proposition de loi, qui a été déposée le 13 octobre, plutôt que l’ajout d’une disposition à une future loi de bioéthique – qui retarderait de plusieurs années une évolution du droit. Pour ce faire, la députée plaide pour l’inscription de cette proposition à l’ordre du jour transpartisan de l’Assemblée nationale, au cours de la première semaine du mois de décembre.
«J’ai eu recours à un examen interdit en France » : DIP-A, le débat sur la sélection des embryons revient en force
Par Agnès Leclair
Publié le 04/11/2026 à 08h15, mis à jour le 04/11/2026 à 11h17 https://www.lefigaro.fr/actualite-france/progres-ou-eugenisme-le-debat-sur-la-selection-des-embryons-revient-en-force-20261104
DÉCRYPTAGE – Les confidences de Marine Tondelier et les préconisations remises à la ministre de la Santé relancent la controverse sur cet examen qui permet de détecter les anomalies chromosomiques d’embryons conçus par FIV.
« À la fin de mon parcours PMA, j’ai eu recours à un examen interdit en France. » La confidence de la candidate Écologiste, Marine Tondelier, a relancé le débat sur l’autorisation d’un test peu connu du grand public mais faisant l’objet de controverses intenses : le DPI-A, ou diagnostic génétique préimplantatoire des aneuploïdies. Cet examen permet de détecter les anomalies chromosomiques d’embryons conçus par fécondation in vitro, dont la trisomie 21, à partir de cellules prélevées à cinq ou six jours d’évolution. En France, le DPI-A est aujourd’hui réservé aux couples porteurs d’une maladie génétique grave, comme la mucoviscidose, en parcours de PMA.
« Si je prends la parole sur ce sujet aujourd’hui, c’est pour qu’il soit enfin autorisé. Qu’on évite aux femmes et aux couples les souffrances inutiles que j’ai, comme tant d’autres, subies. Pendant trois ans, j’ai subi les galères d’un parcours de PMA non fructueux. J’ai fait plusieurs fausses couches », a raconté la secrétaire…
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