« Troubles dépressifs: la vulnérabilité des femmes prend racine dans les inégalités de genre »
Date de publication : 3 novembre 2026 Temps de lecture: 3 min

Elodie Papin explique dans Le Monde que « le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes montre [dans un rapport] que le risque plus élevé de dépression chez les femmes est le produit d’une construction sociale, ces dernières étant, tout au long de leur vie, plus exposées aux inégalités et aux violences ».
La journaliste relève ainsi que « les troubles dépressifs concernent 18,2% des femmes, contre 12,8% des hommes. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a souhaité explorer les raisons de cet écart ».
« S’appuyant sur de nombreuses études et publications scientifiques, sa commission Santé, droits sexuels et reproductifs a présenté […] son rapport intitulé «Santé mentale : genre et troubles dépressifs, pourquoi les femmes sont-elles plus à risque ?» », fait savoir Elodie Papin.
Bérangère Couillard, présidente du HCE, précise : « On laisse parfois supposer qu’il existe une vulnérabilité naturelle des femmes. Nous souhaitions montrer que c’est la société qui fabrique les éléments expliquant que les femmes soient plus à risque d’états dépressifs ».
Elodie Papin retient notamment que « le rapport souligne la place importante du harcèlement scolaire parmi les facteurs environnementaux identifiés. Il prend des formes différentes entre les deux sexes, les garçons étant plus fréquemment exposés physiquement, alors que «les filles subissent davantage des formes relationnelles et verbales – exclusion, rumeurs –, dont les effets sur la santé mentale sont tout aussi délétères mais moins visibles» ».
La journaliste note qu’« à l’adolescence, l’écart s’installe durablement. Entre 15 ans et 19 ans, l’anxiété et la dépression touchent deux fois plus les filles que les garçons, avec des données hospitalières particulièrement inquiétantes ».
Le rapport précise ainsi qu’« en 2025, le taux d’hospitalisation pour geste auto-infligé – tentative de suicide ou automutilation – chez les filles de 10 ans à 19 ans atteint 482 pour 100.000, soit le niveau le plus élevé tous âges et sexes confondus, et presque deux fois supérieur à la moyenne observée entre 2012 et 2019 ».
Elodie Papin constate que « les femmes sont aussi vulnérabilisées par la maternité ». Le HCE souligne que « le suicide et les causes psychiatriques sont désormais la première cause de mortalité maternelle [sur la période entre le début de la grossesse et un an après la naissance] en France et représentent 17% des décès maternels, soit 1 décès toutes les trois semaines ».
La journaliste indique que « les facteurs de risque sont «multiples et cumulatifs : antécédents psychiatriques, isolement, précarité, violences conjugales, traumatismes, manque de soutien ou pathologies chroniques». «Les expériences de soins perçus comme irrespectueux» peuvent constituer un facteur aggravant ».
Elodie Papin ajoute que « le HCE met également en avant la souffrance psychique des femmes âgées, souvent invisibilisée. […] Le HCE appelle à un grand plan national de lutte contre la solitude et l’isolement social. […] Au total, le HCE liste 42 recommandations ».