Le DGS adjoint de la ville de Castres saisit la justice contre Médiacités

Justice. Castres : le DGS adjoint de la ville de Castres saisit la justice contre Médiacités, Médiapart et l’Observatoire national de l’extrême droite

Justice. Foulques Lattaignant de Lédinghen, le directeur général adjoint des services de la ville de Castres (DGS) a assigné Médiacités, Médiapart et l’Observatoire national de l’extrême droite devant le tribunal judiciaire de Paris au nom du respect de la vie privée.

Publié le 03/11/2026 à 09h00 https://www.letarnlibre.com/actualite-15482-justice-castres-le-dgs-adjoint-de-la-ville-de-castres-saisit-la-justice-contre-mediacites-mediapart-et-l-observatoire-national-de-l-extreme-droite?utm_medium=email&utm_source=newsletter&utm_campaign=NL_2026-11-03&utm_content=bloc2

– Par Dominique ESCORNE

Justice. Castres : le DGS adjoint de la ville de Castres saisit la justice contre Médiacités, Médiapart et l'Observatoire national de l'extrême droite
L’audience aura lieu le 6 novembre au tribunal judiciaire de Paris. – © DR

 » J’ai droit au respect de ma vie privée et au respect de ma vie familiale. Ma religion ne regarde que moi. Je demande à être respecté. Effectivement, j’ai un cousin qui appartient à la communauté sacerdotale de Saint-Sulpice. J’ai aussi un oncle qui a fondé un pèlerinage catholique traditionaliste. Mais je ne suis pas responsable de leurs décisions… »

« …C’est un article qui jette une suspicion sur mon travail en tant que DGS adjoint et cela fait de moi une cible pour l’extrême gauche. La liberté de la presse, je la respecte, mais elle s’arrête où commence la liberté de l’individu. Je demande à être respecté « , explique Foulques Lattaignant de Lédinghen, le directeur général des services adjoint de la ville de Castres, recruté par Florian Azéma, le maire RN, après son élection à la mairie de Castres en mars 2026.

PUBLICITÉ

Des liens familiaux avec le catholicisme traditionnaliste

Et pour faire respecter son droit, l‘ancien directeur de cabinet du maire de Chartres a décidé d’assigner le journal en ligne Médiacités, mais également Médiapart et l’Observatoire national de l’extrême droite devant le tribunal de Paris. Motif : avoir «  exposé publiquement des informations relatives à sa vie privée  » et ainsi causé «  un trouble manifestement illicite « .

Le plaignant demande à la justice d’ordonner aux médias susmentionnés qu’ils suppriment les informations personnelles le concernant et qu’ils s’acquittent de 1 000 euros au titre du préjudice moral et des frais de justice. L’article en question, intitulé « À Castres, la mairie RN recrute sur les bancs des églises les plus rigoristes « , a été publié le 13 juillet dernier dans l’édition toulousaine de Médiacités.

« Un contexte politique qu’il est légitime de raconter « 

Dans cet article, la journaliste évoque les liens familiaux de Foulques Lattaignant de Lédinghen, dont le cousin et l’oncle entretiennent des liens avec des courants catholiques traditionalistes. Ce que le principal intéressé ne dément pas. Mais il juge ses informations sans rapport avec le poste qu’il occupe à la mairie de Castres et qui relève de la sphère familiale et privée.

Dans sa démarche, il a reçu d’ailleurs le soutien de Florian Azéma, le maire de Castres. « C’est un article attentatoire à sa vie de famille, dont des membres appartiennent à l’église catholique traditionnaliste. Après tout ce sont des éléments qui concernent la vie privée et sa vie de famille. Ce n’est pas un délit d’appartenir à l’église catholique traditionnaliste. Il m’a informé avoir saisi la justice pour défendre sa vie privée et je le soutiens dans sa démarche « , précise le maire de Castres.

« Aucune information publiée n’est contestée par le plaignant »

Nicolas Barriquand, le directeur de la publication de Médiacités fait une tout autre lecture de cette assignation en référé devant le tribunal de Paris qui relève selon lui d’une procédure  » bâillon « . « Nous déplorons ce genre de procédure. Aucune des informations que nous avons publiées n’est contestée par le plaignant… »

« …Nous considérons qu’il est justifié de publier ces informations pour nos lecteurs car elles relèvent, selon nous, d’un contexte politique qu’il est légitime de raconter dans cet article. Puisque Foulques Lattaignant de Lédinghen a décidé de saisir la justice, c’est à la justice de trancher « ,relève ce dernier. L’affaire doit être examinée lors de l’audience du vendredi 6 novembre. Affaire à suivre.

A Castres, l’extrême droite policée n’oublie pas ses fondamentaux

Publié le 15 septembre 2026 à 6h00

Par Lea Paredes

https://www.mediacites.fr/decryptage/toulouse/2026/09/15/a-castres-lextreme-droite-policee-noublie-pas-ses-fondamentaux/

Élu surprise en mars, Florian Azema soigne son image pour coller à l’effort de dédiabolisation du RN. Une opération qui ne l’empêche pas d’afficher un discours sécuritaire et d’entretenir des liens avec les réseaux catholiques rigoristes.

En mars, Florian Azema a été élu maire de Castres avec seulement 29,8 % des voix. / Illustration Mediacités – Instagram

Visite de personnes âgées dans leurs résidences, rétablissement du « concert de rentrée », absent depuis 2020, sur la place Druot… Dans un style plus policé que son voisin de Carcassonne, le maire de Castres travaille son ancrage dans la ville depuis son élection en mars dernier dans le cadre d’une quinquangulaire (Voir un rappel des résultats en bas de l’article). « Il est présent partout : sur le terrain, sur les réseaux sociaux. Il se donne un côté rassembleur », observe Jean‐Antoine Escande, membre de l’opposition socialiste.

Mais cette image policée ne résiste pas longtemps à l’examen. Derrière les discours de proximité et de rassemblement, les marqueurs de l’extrême droite affleurent rapidement.

Le comédien Alexis Michalik en a fait les frais en juin dernier lorsque la municipalité a déprogrammé sa pièce de théâtre « Passeport ». Cette œuvre, qui retrace le parcours d’un exilé érythréen, est accusée par Florian Azema, de faire « la promotion des clandestins » et ne correspondait pas « aux idées défendues pendant la campagne ».

Saisi sur la question, le tribunal administratif a jugé, en août dernier, qu’en l’absence d’un contrat définitif avec la compagnie, la municipalité était en droit de modifier sa programmation.

La sécurité et l’équilibre budgétaire au cœur du récit municipal

Comme il est d’usage dans les municipalités RN, la question sécuritaire fait l’objet de toutes les attentions. À Castres, Florian Azema a mis en place une brigade canine, augmenté le nombre de caméras et renforcé la présence policière sur le terrain. À grand renfort de vidéos publiées sur les réseaux sociaux, le maire se place en première ligne de la lutte contre la délinquance, notamment contre les rodéos urbains.

Sur un autre terrain, Florian Azéma entend également se présenter en gestionnaire rigoureux des finances publiques. Celui qui appelait dès le début de son mandat à « une gestion du budget en bon père de famille », a annoncé un vaste plan d’économies, baptisé « 3R » pour « redresser, rebondir, réussir ». Objectif affiché : relever les comptes après un rapport très critique de la Chambre régionale des comptes, publié fin 2025, sur l’état des finances de la Ville.

Un rapport musclé aux oppositions

Les tensions entre majorité et opposition ne sont pas propres aux municipalités d’extrême droite. Mais, force est de constater que les séances du conseil municipal donnent lieu à de vifs affrontements. En juin, Florian Azéma a publiquement demandé à Jean‐Antoine Escande, élu socialiste, de s’expliquer sur sa présence lors d’une manifestation marquée, selon la mairie, par des insultes envers des policiers municipaux. Une séquence en dehors de tout cadre réglementaire, qui a interrompu les débats municipaux pendant plusieurs minutes.

Cette tension s’est également illustrée, au printemps, par le refus de la mairie de mettre une salle municipale à disposition de l’Institut La Boétie, le laboratoire intellectuel de La France insoumise. La municipalité a justifié sa décision en s’appuyant sur le règlement intérieur. Le groupe LFI local conteste l’interprétation faite par la Ville et dénonce une « censure politique déguisée en prétexte administratif ».

La place grandissante de la religion

Dès ses premières semaines de mandat, le maire de Castres a inscrit à l’agenda municipal la « Fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme », un personnage historique depuis longtemps abandonné à l’extrême droite par les autres forces politiques. Peu après, la mairie a changé le logo de la commune pour le remplacer par le blason historique portant comme devise « Être toujours Debout pour le service de Dieu et de leur Roy ».

Florian Azema a également recruté ces deux plus proches collaborateurs dans les milieux catholiques rigoristes : Xavier Fruleux, au poste de directeur de cabinet, et Foulques de Ledinghen, comme directeur général adjoint des services (aujourd’hui passé DGS), tous deux proches de la Fraternité Saint Pie‑X, que le ministère de l’Intérieur classe parmi les groupes faisant l’objet de vigilance pour « dérives sectaires ».

Comme le détaillaient France 3 Occitanie et Mediacités, Xavier Fruleux entretient également des liens forts avec la galaxie de Pierre‐Édouard Stérin ; ce milliardaire d’extrême droite qui mène un projet politique au service d’une vision chrétienne conservatrice de la société. Interrogé à ce sujet, le maire assure les avoir recrutés pour leurs compétences et leur expérience.

Cet été, un autre épisode est venu prouver la prépondérance du catholicisme pour la nouvelle municipalité. Lors du défilé du 14 Juillet, un représentant du clergé catholique local a été invité à figurer au premier rang, aux côtés de Florian Azéma. En habit clérical, il apparaissait à droite du maire sur les photographies officielles que l’élu a lui‐même publiées sur ses réseaux sociaux.

Pour Paul Collin, porte‐parole de la Ligue des droits de l’Homme, dans le Tarn, ce choix pose question : « Le maire est en droit d’inviter des représentants religieux à des cérémonies officielles. Néanmoins, il ne doit favoriser aucun culte. Si les textes ont été respectés, l’esprit de la loi, quant à lui, ne l’a pas été : le représentant religieux a été placé au premier rang, à côté du maire. Symboliquement, c’est le respect de la laïcité et les fondements républicains qui sont mis en cause. »

À Castres, la nouvelle mairie RN recrute sur les bancs des églises les plus rigoristes

En mars dernier la ville de Castres, sous-préfecture du Tarn, est tombée dans l’escarcelle du Rassemblement national. Pour l’épauler, le jeune maire, Florian Azéma, a recruté une équipe issue de réseaux catholiques traditionalistes proches de la galaxie de Pierre-Édouard Stérin.

Florian Azema, le maire RN de Castres (en haut) a recruté plusieurs cadres issus de la mouvance catholique traditionaliste pour diriger l’administration municipale, comme Foulques de Lattaignant de Ledinghen (à gauche) et Xavier Fruleux (à droite). / Illustration Mediacités

Célébrer Jeanne d’Arc et le patriotisme, remplacer le logo de la Ville par le blason historique et sa devise « être toujours Debout pour le service de Dieu et de leur Roy », annuler une pièce de théâtre au motif qu’elle ne « correspond pas aux idées défendues pendant la campagne », le début de mandat du maire RN de Castres coche tous les marqueurs de l’extrême droite au pouvoir.

À 29 ans, Florian Azéma a créé la surprise en remportant l’élection avec 29,85 % des suffrages, au terme d’une quinquangulaire inédite dans la sous‐préfecture du Tarn. Rapportés au nombre d’inscrits, seuls 17,3 % des électeurs castrais ont voté pour l’ancien attaché parlementaire du député RN Frédéric Cabrolier.

Depuis, ce juriste, qui a fait campagne sous le slogan « On répare, on relève, on grandit », s’attelle à donner des gages aux catholiques les plus traditionalistes. En témoigne la nomination de trois hommes à des postes clefs de la commune.

Le premier d’entre eux est Xavier Fruleux, nommé directeur de cabinet du maire. Lors des conseils municipaux, il est celui qui souffle à l’oreille du premier magistrat. Dans les services municipaux, il est également décrit comme très présent, pilotant les questions managériales avec autorité.

Du côté de la direction des services, un autre recrutement a fait grincer des dents à la fin du mois d’avril. En recourant au dispositif légal « d’accroissement temporaire d’activité », la mairie a pu recruter …(Suite abonnés…)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Votre commentaire