« Pourquoi le changement climatique devient une “urgence sanitaire mondiale” »
Date de publication : 29 octobre 2026 Temps de lecture: 3 min https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=ecfa42bbc6ad8684be95dfba397466df&midn=24524&from=newsletter

Esther Serrajordia constate dans La Croix que « dans un rapport publié […] par la revue médicale The Lancet Countdown, 300 chercheurs d’une centaine de laboratoires et universités à travers le monde affirment que le changement climatique doit être reconnu comme une «urgence sanitaire mondiale» par l’OMS ».
La journaliste relève ainsi qu’« en 2023, dans le monde, 710.000 personnes sont mortes d’avoir eu trop chaud, un bilan supérieur au nombre de décès attribués au paludisme ou au VIH. Parmi ces décès, au moins deux tiers sont directement imputables au réchauffement climatique provoqué par les activités humaines ».
« Si les données officielles des années suivantes ne sont pas encore disponibles, les experts […] anticipent un bilan encore plus lourd », ajoute Esther Serrajordia.
Elle note que « la publication […] a été signée par 146 experts issus d’une centaine d’institutions réparties dans 30 pays. Elle analyse les effets du changement climatique sur la santé des populations à l’échelle mondiale ».
Marina Romanello, directrice exécutive du projet scientifique, souligne ainsi : « Dix ans après l’Accord de Paris, nos conclusions sont sans ambiguïté : les effets néfastes du changement climatique sur la santé progressent plus vite que la réponse mondiale à ces effets » et « s’accélèrent même ».
Esther Serrajordia indique que « l’aggravation la plus spectaculaire [est] celle du nombre de décès liés à la chaleur : 540.800 par an entre 2016 et 2023, contre 398.363 entre 2006 et 2015 ».
« Les canicules et la sécheresse ne sont pas les seules conséquences délétères du réchauffement climatique pour la santé humaine. […] Les précipitations extrêmes, par exemple, pèsent sur la productivité agricole, intensifient les inondations, les glissements de terrains […] et compromettent l’accès à l’eau potable, favorisant ainsi la propagation et la transmission de maladies », continue la journaliste.
Agnès Soucat, responsable de la division santé et protection sociale de l’Agence française de développement (AFD), indique que « le changement climatique ne va pas seulement affecter notre économie et notre pouvoir d’achat mais aussi notre santé, et, plus généralement, la survie humaine de l’espèce. Il devient donc existentiel d’agir, comme nous le faisons à l’AFD en exportant le savoir-faire français, par exemple sur la construction d’hôpitaux bioclimatiques (conçus pour s’adapter à leur environnement naturel et réduire les dépenses énergétiques, NDLR) ».
Esther Serrajordia précise enfin que « le statut «d’urgence sanitaire mondiale» permettrait d’instaurer un «dispositif d’intervention d’urgence» coordonné entre États comme celui de l’OMS en cas de pandémie […], et de placer la santé au cœur de chaque décision en matière climatique, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre aux priorités de financement ».
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