« Santé : un nouvel “Observatoire” pour traquer la désinformation suscite des réserves »
Date de publication : 22 octobre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=e5a6b246c84bc9eaeb011331eaa43bd4&id_newsletter=24478&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24478&from=newsletter&slnk=6
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Mattea Battaglia note dans Le Monde : « Abandon de traitements, achat de produits dangereux, refus vaccinal, modification de l’alimentation, défiance à l’égard du monde médical… La ministre de la santé, Stéphanie Rist, n’a pas manqué d’exemples pour légitimer l’installation […] d’un «Observatoire de la désinformation en santé» ».
La journaliste rappelle que « chargé d’identifier les fausses informations, de les documenter et d’y répondre, avec «la science pour boussole», […] le dispositif avait déjà été promis par l’un de ses prédécesseurs, Yannick Neuder, avant d’être intégré dans une «stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé» ».
Stéphanie Rist a ainsi déclaré ce mercredi : « Mésinformation, désinformation, infodémie : tout ce qui brouille durablement la capacité à réaliser des choix libres et éclairés devient un risque sanitaire ».
Mattea Battaglia évoque « le fonctionnement du dispositif d’infovigilance et les outils de sensibilisation sur lesquels il pourra s’adosser. A commencer par une chaîne TikTok, «Le Check-up», support de courtes vidéos faisant intervenir des infectiologues, des médecins de santé publique, des gynécologues et autres experts pour déconstruire les fausses informations ».
La journaliste relève ainsi qu’« à l’occasion d’Octobre rose, […] la première vidéo de «désintox» porte sur la mammographie ».
Suzette Delaloge, présidente de l’Institut national du cancer, souligne que « beaucoup de fake news circulent sur le dépistage, relayant l’idée que les effets de certains examens radiologiques, mais aussi de certains traitements, comme la chimiothérapie, seraient parfois pires que le mal. Quand un diagnostic est posé, en oncologie, les patients se trouvent dans une situation de vulnérabilité que nous devons prendre en compte. Et lutter contre la désinformation y participe ».
Mattea Battaglia indique que « les mécanismes de désinformation à l’œuvre dans le secteur ne sont une découverte pour personne. La santé est devenue le premier domaine de signalements traités par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) ».
La journaliste retient que « l’Observatoire de la désinformation exercera une veille continue, publiera des baromètres et des recherches. Une «communauté d’acteurs publics», dont les agences régionales de santé, devra faire remonter des «signaux faibles» de désinformation sur les réseaux sociaux ou sur le terrain. Des médecins et experts pourront ensuite produire des éléments de réponse diffusés sur Internet ».
Mathieu Molimard, pharmacologue et coauteur d’un rapport sur la désinformation en santé, remarque cependant qu’« un observatoire, sans moyens véritables en dehors de la communication, aura du mal à courir derrière les fausses informations qui pullulent sur les réseaux sociaux et sont sans limite. […] Le vrai travail doit être fourni sur le terrain, en donnant des armes aux professionnels, médecins, pharmaciens, etc., pour qu’ils soient capables de donner la réplique aux patients ».