80 responsables universitaires évoquent la nécessité d’un effort budgétaire supplémentaire de 1 milliard d’euros en 2027 et proposent des pistes de financement.

Mobilisation étudiante : les présidents d’université somment le gouvernement de « répondre à la jeunesse »

Dans un manifeste publié mardi 20 octobre, 80 responsables universitaires évoquent la nécessité d’un effort budgétaire supplémentaire de 1 milliard d’euros en 2027 et proposent des pistes de financement.

Par Soazig Le Nevé

Publié le 20 octobre 2026 à 14h45, modifié le 20 octobre 2026 à 15h43

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Durant une manifestation sauvage après la mobilisation des étudiants, lycéens et enseignants, à Lyon, le 8 octobre 2026.
Durant une manifestation sauvage après la mobilisation des étudiants, lycéens et enseignants, à Lyon, le 8 octobre 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

« Combien de violences faudra-t-il subir pour que nous puissions recommencer à aller de l’avant ? », interrogent 80 présidents d’université et directeurs d’établissements dans un manifeste, publié mardi 20 octobre. Ils réclament « un effort budgétaire supplémentaire de 1 milliard d’euros dès 2027, première étape d’une programmation pluriannuelle ambitieuse, prolongée à partir de 2028 par un grand plan d’investissement immobilier de 1 milliard d’euros par an ».

Pour financer cette rallonge, les signataires proposent deux pistes « aisément mobilisables » : une réforme du crédit d’impôt recherche – qui coûte près de 8 milliards d’euros par an à l’Etat – et la suppression des aides publiques à l’apprentissage pour l’enseignement privé lucratif.

Le manifeste réitère la demande d’états généraux de la jeunesse, déjà formulée par l’association France Universités au début de la crise, « pour replacer celles et ceux qui sont notre avenir au cœur du débat préparant l’élection présidentielle de 2027 ».

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Les signataires déplorent que « les dégradations et les violences verbales » semblent être aujourd’hui les seules formes d’expression « qui forcent, sinon l’écoute, du moins une forme de prise en compte à la tête de l’Etat ». Alors que la jeunesse exprime « ses inquiétudes, ses colères, mais aussi son besoin d’être entendue et de pouvoir se projeter dans l’avenir », « nous devons lui répondre », préviennent les signataires.

« Cause nationale »

Trois priorités doivent à leurs yeux être prises en compte, faisant de la jeunesse une « cause nationale ». D’abord, la lutte contre la précarité étudiante, à travers une réforme des bourses sur critères sociaux, « permettant d’en revaloriser les montants, d’améliorer leur progressivité et d’élargir leur accès », ce qui nécessiterait 340 millions d’euros supplémentaires, selon les calculs de France Universités.

Seconde priorité : « redonner aux universités les moyens de garantir leurs missions », avec 500 millions d’euros supplémentaires de financement récurrent dès 2027, pour compenser des mesures salariales et de carrière décidées par l’Etat mais assumées financièrement par les établissements. Il faut aussi financer 20 000 places supplémentaires à l’université ainsi que la réforme de l’accès aux études de santé prévue à la rentrée 2027, dont le coût atteint 30 millions d’euros, selon le collectif.

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Troisième urgence : lancer « un nouveau grand plan Campus consacré à la rénovation énergétique, à l’adaptation climatique des bâtiments, notamment au confort thermique d’été, et à la modernisation des espaces pédagogiques et scientifiques ». Un fonds d’urgence de 200 millions d’euros dès 2027 viendrait amorcer un futur plan national d’investissement immobilier de 1 milliard d’euros par an à partir de 2028, projette le manifeste.

« Nous n’avons tout simplement plus les moyens de mener à bien nos missions de service public et de tenir la promesse républicaine de l’égalité des chances », insistent les signataires, qui concluent que la mobilisation de la jeunesse « ne devrait pas être une surprise : [elle] est la conséquence logique des restrictions et du manque de confiance vécus par les institutions publiques de formation et d’accompagnement de la jeunesse ».

Soazig Le Nevé

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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