Plus que jamais, le gouvernement doit répondre aux revendications.

Enseignement public : la gauche ferait-elle mieux ? Le débat entre Paul Vannier (LFI) et Yannick Trigance (PS)

Sarah Benhaïda

Depuis un mois, la jeunesse manifeste. Parti des quartiers populaires, ce mouvement, qui a gagné les lycées et les universités les plus privilégiées avant d’être rejoint par les enseignants et le monde syndical, pose la question de l’état de l’école après dix ans de macronisme. Les responsables des questions d’éducation de LFI et du PS en discutent.

19 octobre 2026 à 17h15

19 octobre 2026 à 17h15 https://www.mediapart.fr/journal/france/191026/enseignement-public-la-gauche-ferait-elle-mieux-le-debat-entre-paul-vannier-lfi-et-yannick-trigance-ps?utm_source=quotidienne-20261019-201011&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-%5BQUOTIDIENNE%5D-quotidienne-20261019-201011&M_BT=115359655566

La journée de mobilisation du 17 octobre a achevé de convaincre le député Paul Vannier, chargé des questions d’éducation au sein de La France insoumise (LFI) : « Plus que jamais, le gouvernement doit répondre aux revendications », affirme-t-il à Mediapart, dans un entretien croisé avec Yannick Trigance, conseiller régional d’Île-de-France et chargé des questions éducatives au Parti socialiste (PS).

Un mois après le début du mouvement lycéen, les deux hommes en dressent un premier bilan et tracent des pistes pour la suite. Abroger Parcoursup, revenir sur la réforme du lycée, en finir avec le baccalauréat en contrôle continu… Pour Paul Vannier et Yannick Trigance, le pouvoir devrait écouter et mettre en œuvre les revendications de la jeunesse, plutôt que de lui répondre par la répression.

Tous deux plaident également pour débloquer des moyens afin de rendre l’école publique de nouveau « attractive » face à un enseignement privé sous perfusion de subventions publiques et « se nourrissant des carences de l’école de la République ». Et veulent valoriser l’enseignement professionnel, parent pauvre de l’Éducation nationale, décisif pour « la bifurcation écologique à accomplir », selon le député insoumis.

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Paul Vannier et Yannick Trigance, dans les locaux de « Mediapart », le 15 octobre 2026.  © Photo Jeanne Mercier / Mediapart

« Mediapart » : Quelle est votre réaction après la journée de mobilisation du samedi 17 octobre ?

Yannick Trigance : Les saccages de commerces, guérillas urbaines, destructions d’édifices publics par des individus qui n’ont rien à voir avec les manifestations pacifiques sont inexcusables. Ces actes de sauvagerie mettent en danger manifestants, passants et commerçants, et salissent les revendications légitimes de la jeunesse qui se mobilise pacifiquement depuis des semaines sans réponse aucune de l’État.

Les violences policières ne justifient jamais la stratégie du chaos et le pouvoir doit cesser de miser sur le pourrissement du mouvement social. Notre jeunesse mérite des réponses concrètes et urgentes, pas le mépris ! Emmanuel Macron doit recevoir lycéens et étudiants, répondre à leurs propositions et revoir totalement le projet de budget 2027 en matière d’éducation pour enfin assurer les conditions d’une scolarisation qui garantisse le droit à une éducation de qualité pour toutes et tous.

Ce système gère la pénurie de places à l’université en laissant des élèves sur le bord du chemin.

Yannick Trigance

Paul Vannier : Le 17 octobre 2026 restera comme l’une des plus puissantes journées de mobilisation de ces dernières décennies, rassemblant plus de huit cent mille manifestants partout en France. La macronie y a répondu par une violence inouïe, générant le chaos, dans la continuité de ses 49-3 permanents, de son refus du résultat démocratique des élections législatives de 2024, du massacre des lycéens en lutte pour leurs droits. Il n’y a pas d’issue à cette fuite en avant répressive. Plus que jamais, le gouvernement doit répondre aux revendications.

La construction et l’élaboration politique du discours de cette jeunesse me frappent. Les lycéens que j’ai rencontrés remontent très vite aux causes gouvernementales de leur situation. Ils m’ont aussi beaucoup parlé de Valérie Pécresse [présidente Les Républicains (LR) du conseil régional d’Île-de-France – ndlr]. Ils le disent : s’il n’y a pas de porte aux toilettes du lycée Jean-Jaurès d’Argenteuil, c’est la conséquence des choix politiques de la présidente du conseil régional. Mais pour toute réponse, les lycéens n’ont pour l’heure reçu que celle de la matraque.

Abroger Parcoursup est la grande revendication des lycéens et LFI comme le PS réclament sa suppression. Par quoi le remplace-t-on ?

Paul Vannier : On abroge Parcoursup et la réforme Blanquer aux emplois du temps épuisants pour mettre fin au régime d’angoisse que la machine à trier macroniste inflige depuis dix ans à des millions d’élèves et à leurs familles.

Je défends une école qui dote de droits ses élèves : rétablissons le droit à poursuivre ses études dès lors qu’on est titulaire du baccalauréat – qui doit redevenir un diplôme national et plus un bac à la carte avec le contrôle continu. Et ce droit doit s’exercer en toute liberté. Si la première réponse de la société à un jeune, c’est « tu ne vas pas pouvoir faire ce que tu veux, tu vas plutôt faire quelque chose que tu ne souhaites pas et qui n’a aucun rapport avec les spécialités que tu as choisies », c’est la garantie du décrochage.

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Paul Vannier dans les locaux de « Mediapart », le 15 octobre 2026.  © Photo Jeanne Mercier / Mediapart

Il faut ouvrir 250 000 places à l’université, en BTS, en IUT pour élever le niveau général de qualification de tous les bacheliers des voies générale, technologique et professionnelle. Cela peut se faire rapidement car beaucoup de locaux sont disponibles. Il faut aussi des professeurs. Cela coûte 3 milliards d’euros. Deux fois moins que la suppression de l’ISF [impôt sur la fortune – ndlr].

Yannick Trigance : Parcoursup est une machine à fabriquer de l’injustice sociale. Il y a eu la disparition des repères nationaux du bac avec la réforme Blanquer, une désorganisation complète du secondaire, les emplois du temps qui démontent le rythme de vie des élèves, le contrôle continu qui met une pression énorme dès la première sur les jeunes et sur leurs parents…

Les macronistes ont fermé trois mille écoles en dix ans.

Paul Vannier

Ce système ne fait que gérer la pénurie de places à l’université en laissant des élèves sur le bord du chemin. L’orientation en amont est très discriminante et il n’y a plus aucune passerelle, au point qu’un lycéen me disait récemment : « Ce qui est flippant, c’est qu’on n’a pas le droit à l’erreur. » Il faut changer entièrement ce système complètement verrouillé.

On nous dit toujours « ça coûte cher », mais l’économiste Élise Huillery montre comment 1 euro investi dans l’éducation bénéficie à toute la société pour les générations présentes et à venir. La dépense éducative représentait 6,8 % du PIB en 2024, c’est 25 milliards d’euros de moins qu’au milieu des années 1990.

La question démographique revient aussi beaucoup dans les débats…

Paul Vannier : Prudence. Toutes les projections ne se vérifieront pas. Mais oui, la baisse du nombre d’élèves pourra permettre, à condition de maintenir les moyens, d’abaisser le nombre d’élèves par classe, largement supérieur à la moyenne de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques – ndlr].

Les macronistes ont fermé trois mille écoles en dix ans. Nous voulons l’accès à une école publique à moins de quinze minutes du domicile. Cela suppose une planification et de la volonté politique, et si nous ne le faisons pas, le privé prendra la place. Il y a déjà des déserts d’écoles publiques dans le Maine-et-Loire, en Vendée, dans le Morbihan, où des familles ne peuvent pas inscrire leurs enfants à l’école publique parce qu’elle est à plus d’une heure de route, alors qu’une école privée sous contrat se trouve, elle, à proximité.

Yannick Trigance : La baisse de la démographie scolaire indique qu’il y aura 1,7 million d’élèves en moins d’ici à 2035, cela peut être une opportunité. En cessant les suppressions de postes, on pourrait abaisser les effectifs à dix-neuf élèves par classe, disposer de remplaçants et permettre la formation continue des enseignants. Au lieu de cela, le gouvernement supprime encore mille cinq cents postes sur le budget 2027, portant à dix mille le nombre de suppressions depuis 2017.

Voulez-vous supprimer le financement public des établissements privés ?

Paul Vannier : J’ai déposé une proposition de loi introduisant un système de malus pour pénaliser les établissements privés sous contrat qui contribuent à la ségrégation sociale et scolaire. Ils verraient diminuer jusqu’à 50 % les moyens que leur allouent l’État et les collectivités, aujourd’hui estimés entre 12 et 15 milliards d’euros, car ils alimentent un séparatisme.

En quarante ans, la proportion d’élèves issus des catégories les plus favorisées a doublé dans ces établissements et celle des élèves issus des catégories les moins favorisées a été divisée par deux. Il y a trois fois plus d’élèves boursiers dans le public que dans le privé. Si rien n’est fait, nous allons vers un système éducatif à deux vitesses.

Jamais Emmanuel Macron n’a parlé de mixité sociale.

Yannick Trigance

Si nous gagnons la présidentielle, les choses seront clarifiées. Si vous ne protégez pas les enfants, leur santé, si vous méprisez leurs droits, si vous contribuez à la ségrégation, si vous n’accueillez pas les enfants en situation de handicap, vos financements publics baisseront massivement. Nous reviendrons complètement sur les subventions des collectivités qui ont explosé : 350 % d’augmentation sous Valérie Pécresse, plus de 300 % sous Laurent Wauquiez… L’argent public ne peut plus servir à entretenir des patrimoines privés, surtout quand nos établissements doivent être adaptés aux effets du changement climatique.

Yannick Trigance : Aujourd’hui, 75 % des collèges dont les indices de position sociale [IPS, conditions socio-économiques et culturelles des familles des élèves d’un établissement – ndlr] sont les plus élevés sont privés et 98 % des collèges dont les IPS sont les plus bas sont publics. Le privé sous contrat accueille peu d’enfants en situation de handicap, peu de classes de Segpa [sections d’enseignement général et professionnel adapté – ndlr]…

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Yannick Trigance, dans les locaux de « Mediapart », le 15 octobre 2026.  © Photo Jeanne Mercier / Mediapart

Jamais Emmanuel Macron n’a parlé de mixité sociale. Le seul qui a essayé d’y toucher, c’est Pap NDiaye et cela lui a coûté son poste. Il y a un problème d’entre-soi social jusqu’au plus haut niveau de l’État au point qu’une ministre à peine nommée [Amélie Oudéa-Castéra – ndlr] déclarait qu’elle mettait ses enfants dans le privé faute de remplaçants dans l’école publique !

Notre députée Fatiha Keloua-Hachi a déposé une proposition de loi visant à conditionner les subventions à l’enseignement privé sous contrat, comme à l’enseignement public, en fonction du niveau des IPS. En Haute-Garonne, le président socialiste Sébastien Vincini l’a fait. Mais je souligne qu’on peut avoir de la mixité sociale sans mixité scolaire dans certains établissements, du fait de l’organisation pédagogique qui sécrète une forme de séparatisme : par exemple, des classes bilingues ou européennes où les enfants restent tout le temps ensemble.

Il y a eu une volonté politique de faire échouer l’école publique. L’objectif est idéologique et marchand.

Paul Vannier

L’enseignement privé sous contrat se nourrit des carences de l’école de la République. Dans mon département, la FCPE 93 a calculé qu’un enfant perd l’équivalent d’une année scolaire complète faute de remplaçants. J’ai été directeur d’école et enseignant vingt-six ans en éducation prioritaire, je n’ai jamais vu de parents qui ne voulaient pas que leur enfant réussisse. Mais quand un parent voit qu’il n’y a pas les conditions d’enseignement nécessaires à une scolarité réussie, il se dit « je vais ailleurs ». L’enjeu de la qualité et de l’attractivité de l’école publique est donc déterminant.

Plus globalement, quel bilan faites-vous des deux mandats d’Emmanuel Macron en matière d’éducation ?

Yannick Trigance : Ils ont signé le démantèlement de l’école de la République, la mise en place d’une politique ultralibérale qui aggrave les inégalités et le déterminisme social qui était déjà une marque de notre système éducatif depuis trop longtemps. Ayons le courage de dire que les dysfonctionnements actuels ne nuisent pas à tout le monde mais seulement aux enfants issus des milieux les moins favorisés ou de certaines classes moyennes.

C’est aussi un système qui maltraite nos enseignants, parmi les moins payés, les moins formés, qui ont le plus d’élèves dans leurs classes et qui font plus d’heures en comparaison des pays de l’OCDE. Il y a eu huit ministres de l’éducation, dont sept en cinq ans – ce qui veut dire qu’aucun ministre n’a fait deux rentrées scolaires – et quasiment autant de réformes, toutes injonctives, jamais co-construites avec les enseignants. Mais le temps de l’école n’est pas le temps du politique et nos enseignants et leurs élèves ont besoin d’apaisement pour avancer ensemble sur le chemin des apprentissages.

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Paul Vannier : Grâce au travail exceptionnel des personnels de l’Éducation nationale, souvent au prix de sacrifices personnels et d’efforts considérables,l’école publique émancipe et qualifie des millions d’élèves chaque année. Mais elle est au bord de l’effondrement. Chaque année, vingt millions d’heures de cours ne sont pas remplacées. Lors de l’épisode caniculaire cet été, mille huit cents établissements ont été fermés ou perturbés. Dans certains territoires d’outre-mer, les cours se font sur une demi-journée plutôt qu’une journée entière pour faire tourner les élèves dans les salles.

Depuis 2017, plus de onze mille postes ont été supprimés, essentiellement dans le second degré, donc dans les lycées, là où la crise explose. Ces dix dernières années, il y a eu une volonté politique de faire échouer l’école publique à coups de réformes, de contre-réformes, d’injonctions contradictoires et de diminutions des moyens. L’objectif est idéologique et marchand. Si l’école publique tombe, c’est le marché éducatif qui s’ouvre.

Yannick Trigance : Il y a deux choix de société : celle de l’entre-soi, de l’individualisme, de la compétition qui mène au séparatisme – c’est le modèle ultralibéral développé par Macron et ses ministres depuis 2017, mais aussi par la droite et évidemment l’extrême droite ; ou une école de l’émancipation et de la fraternité qui garantit à chaque enfant le droit à une éducation de qualité : c’est notre projet.

Pour cela, il faut recruter. Mais entre paupérisation et désertion des concours, où trouve-t-on des professeurs ?

Paul Vannier : Les concours ne parviennent plus à attirer et les viviers sont déqualifiés. La cause est d’abord salariale. Aujourd’hui, un enseignant commence sa carrière autour d’un smic. Cétait 2,2 smic dans les années 1980. Cette question n’est pas catégorielle mais d’intérêt général.

Nous rattraperons les conséquences du gel du point d’indice depuis 2010 en augmentant de 20 % le traitement des personnels. Nous mettrons en place une procédure de pré-recrutement, ouverte aux niveaux bac et bac + 3, pour engager des étudiants vers les métiers de l’enseignement. Nous titulariserons l’ensemble des contractuels.

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Lors de la journée de mobilisation lycéenne à Paris le 6 octobre 2026.  © Photo Ophélie Loubat pour Mediapart

Répondre à la crise profonde du métier d’enseignant, c’est aussi restaurer la liberté pédagogique des professeurs mise à mal par l’introduction des techniques du new public management. Nous mettrons fin à la multiplication des hiérarchies intermédiaires qui bureaucratisent et alourdissent la charge des enseignants.

Yannick Trigance : Il faut trente-cinq ans en France pour qu’un enseignant atteigne le niveau le plus élevé de l’échelle de rémunération. Dans les pays de l’OCDE, c’est vingt-cinq ans. La formation, initiale et surtout continue, est un autre élément pour l’attractivité. Les pays dans lesquels les élèves réussissent le mieux indépendamment de leur milieu sont ceux où les enseignants sont les plus formés.

Il y a un véritable attachement des enseignants à leur profession mais aussi un déficit de reconnaissance.

Yannick Trigance

Bientôt, plus de 300 000 des 750 000 enseignants vont partir à la retraite. Il faudra recruter. Nous portons depuis longtemps le recrutement des professeurs à bac + 3 plutôt qu’à bac + 5 parce qu’il y a des jeunes qui ne peuvent pas faire cinq ans d’études pour des raisons économiques.

Il y a un véritable attachement des enseignants à leur profession mais aussi un déficit de reconnaissance : selon un sondage récent, 93 % des enseignants aiment leur métier, mais 77 % ne le conseilleraient pas à quelqu’un de leur entourage.

Quelle place voulez-vous pour les lycées professionnels, en pointe du mouvement actuel ?

Yannick Trigance : Deux mandats de macronisme ont maltraité et méprisé le lycée professionnel, ses enseignants et ses élèves qui viennent très souvent des milieux les plus défavorisés. En ce moment, ils sont mobilisés donc on les voit, mais sinon, l’enseignement professionnel, on en parle peu dans notre société.

Pourquoi, par exemple, les lycéens de la voie professionnelle n’ont pas de cours de philo, comme dans les filières générale et technologique ? Il faut permettre à ces élèves d’avoir droit comme les autres à des enseignements dits fondamentaux et rééquilibrer la dérive des dernières années avec de plus en plus de stages en entreprise qui, parfois, se terminent dramatiquement. Le programme socialiste propose également des établissements rassemblant bacs généraux, technologiques et professionnels.

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Paul Vannier : Les macronistes ont progressivement vidé la voie pro de ses contenus – enseignements professionnels et généraux –, remplaçant les professeurs par des patrons, les cours par des stages. Le rattachement du lycée professionnel – 650 000 élèves, soit un tiers des lycéens – au ministère du travail résume la visée macroniste : transformer les élèves en main-d’œuvre corvéable.

L’apprentissage a été priorisé pour atteindre l’objectif du Medef : un million d’apprentis. Des dizaines de milliards d’argent public ont été jetés à fonds perdu, créant un effet d’aubaine massif pour des entreprises qui ont bénéficié d’une main-d’œuvre quasi gratuite.

Que cette campagne présidentielle soit l’occasion d’une confrontation sur le fond.

Paul Vannier

Nous réinvestirons massivement dans la voie professionnelle sous statut scolaire qui garantit une bien meilleure insertion professionnelle que l’apprentissage. Pour répondre aux défis de la bifurcation écologique, nous devons élever le niveau général de la qualification. Nous reviendrons donc au bac pro en quatre ans, ouvrirons l’accès des lycéens de la voie professionnelle à une allocation d’autonomie de 1 300 euros par mois dès 16 ans pour leur permettre de réussir leurs études alors que beaucoup d’entre eux échouent aujourd’hui, contraint·es de travailler.

Enfin, l’une des conséquences de Parcoursup, c’est que de nombreux étudiants issus de la voie générale occupent des places en BTS, faute d’en trouver ailleurs. Nous ouvrirons davantage de places en BTS pour permettre aux bacheliers professionnels de poursuivre leurs études.

À l’approche de l’élection présidentielle, l’école est-elle assez portée dans le débat politique ?

Yannick Trigance : Depuis la loi de refondation de l’école de 2013 de Vincent Peillon, il n’y a pas eu une grande loi en matière d’éducation. Et depuis, tout a été imposé à coups de décrets. On parle parfois de l’éducation, mais on parle abaya, portable ou uniforme, alors que le projet pour l’école est un projet de société. Pour les socialistes, il y a nécessité de redéfinir collectivement ce que nous attendons de notre école, pierre angulaire de notre projet de société.

Paul Vannier : Le débat public sur l’école est dépolitisé, ramené à des questions prétendument techniques ou catégorielles. Or le terrain éducatif confronte des modèles, des visions politiques. Le projet éducatif de La France insoumise est encastré dans son projet politique. Que cette campagne présidentielle soit l’occasion d’une confrontation sur le fond. C’est la condition pour permettre aux citoyens de trancher, démocratiquement, l’avenir que nous voulons.

Sarah Benhaïda

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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