Un refus obstiné d’alliance avec LFI, un refus de parler de génocide à Gaza, un flou programmatique, après une primaire étroite qu’il a imposé avec l’aide des médias…, c’est mal parti ! (Dr J. SCHEFFER)

Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann doit sortir du flou programmatique

Éditorial

Le Monde

Si le candidat social-démocrate a le mérite de la clarté sur son refus d’alliance avec La France insoumise, ses propositions sur plusieurs sujets de fond restent imprécises.

Publié aujourd’hui à 11h30, modifié à 12h27  https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/10/13/presidentielle-2027-raphael-glucksmann-doit-sortir-du-flou-programmatique_6793086_3232.html

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Le résultat est net et sans appel. Avec plus de 66 % des suffrages, soit environ 79 000 voix sur les 134 000 inscrits, Raphaël Glucksmann a facilement remporté, dès le premier tour, la primaire sociale-démocrate organisée dimanche 11 octobre par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste. Ce score est la concrétisation d’une large approbation par les électeurs de la gauche modérée de ce qu’incarne le député européen (Place publique) : discours pro-européen, écologiste, soutien indéfectible à l’Ukraine dans la guerre d’invasion menée par la Russie et, surtout, refus de toute alliance avec La France insoumise (LFI) et son dirigeant, Jean-Luc Mélenchon.

Si ce vote assoit une légitimité qui manquait jusqu’alors à M. Glucksmann – un novice en politique, coprésident d’une petite formation, n’ayant exercé que le mandat d’eurodéputé –, il n’en demeure pas moins que la seule opposition à M. Mélenchon ne saurait constituer ni un projet présidentiel ni un programme de candidat.

Ainsi, s’il a bien fait comprendre contre quoi il se battait – notamment contre l’« hégémonie » de LFI sur la gauche et contre la brutalisation du débat politique –, M. Glucksmann peine encore à donner à sa candidature un cap clair.

Depuis qu’il s’est lancé, au début de l’été, dans la campagne présidentielle, le candidat social-démocrate a, il est vrai, mis en avant plusieurs propositions, notamment dans son livre Nous avons encore envie (Allary, 192 p., 18,90 €). Entre autres, l’organisation d’une convention citoyenne sur l’immigration, l’augmentation du nombre d’enseignants, un service civique obligatoire de dix mois. Sa proposition de compenser une baisse de la CSG par la mise en place d’une taxation sur les « très gros héritages » a également suscité un vif débat dans l’ensemble de la gauche.

Raphaël Glucksmann après sa victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.
Raphaël Glucksmann après sa victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Mais, dans le même temps, il n’a pas dissipé un certain flou sur plusieurs sujets de toute première importance, qui méritent pourtant une réponse claire, sérieuse et rapide. Il en va ainsi de la situation financière catastrophique dans laquelle est plongée la France. M. Glucksmann préconise la mise en place d’une taxation des hauts patrimoines, dont le rendement, pour redresser les comptes publics du pays dans le rouge, est largement insuffisant. De même, sur le dossier des retraites, le nouveau candidat désigné se borne, pour l’instant, à vouloir abroger la réforme des retraites de 2023, à revenir à un âge de référence de 62 ans et à davantage tenir compte de la pénibilité du travail. Sans plus entrer dans le détail.

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Ce manque de consistance dans les propositions se retrouve également à propos du mouvement lycéen en cours. Si M. Glucksmann a exprimé sa solidarité envers les manifestants non violents, dont il estime les revendications légitimes, il n’a pas plus développé ses pistes de sortie de crise. Surtout, il n’est pas venu sur les points de blocage et a estimé, sur France 2, que « le rôle d’un politique [n’était pas] d’aller manifester ». Une autre différence majeure avec les responsables LFI, qui sont nombreux à avoir fait des déplacements lors des manifestations et dans des établissements mobilisés. Un risque, également, pour M. Glucksmann : celui de laisser le champ libre, au sein des mouvements sociaux, à ses concurrents « insoumis ».

Le Monde

*Présidentielle 2027 : refuser toute alliance avec LFI aux législatives, l’engagement fragile de Raphaël Glucksmann

Analyse

auteurSandrine CassiniRobin Richardot

Alors que la question des relations avec le parti de Jean-Luc Mélenchon a été la principale ligne de fracture de la primaire à gauche, le Parti socialiste reste ouvert à des accords avec La France insoumise. Les scores de chacun à la présidentielle détermineront largement la stratégie à venir.

Publié hier à 06h00, modifié hier à 08h43  https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2027/article/2026/10/12/presidentielle-2027-refuser-toute-alliance-avec-lfi-aux-legislatives-l-engagement-fragile-de-raphael-glucksmann_6792415_6205049.html

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Raphaël Glucksmann à son arrivée au Solaris, dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, le 11 octobre 2026.
Raphaël Glucksmann à son arrivée au Solaris, dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, le 11 octobre 2026. MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Pour Raphaël Glucksmann, qui a gagné haut la main la primaire de l’espace social-démocrate avec 66 % des suffrages dimanche 11 octobre, la ligne a été tranchée : il n’y aura pas d’alliance avec La France insoumise (LFI) aux législatives qui devraient intervenir après l’élection présidentielle de 2027. D’ailleurs, pendant cette campagne, le nouveau candidat à l’Elysée compte bien reprendre au chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, le drapeau de « l’hégémonie à gauche ». « La question des alliances, c’est réglé maintenant, écarte le sénateur écologiste de Paris Yannick Jadot, soutien du coprésident de Place publique. On voit que la clarté est un gage de succès. Le débat est clos et on ne revient plus dessus. » Mais Raphaël Glucksmann aura-t-il les moyens d’appliquer cette résolution ?

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S’allier ou pas avec Jean-Luc Mélenchon : cette question a constitué la principale ligne de fracture de la campagne de la primaire, opposant deux camps. D’un côté Raphaël Glucksmann et le député (Parti socialiste, PS) de l’Essonne Jérôme Guedj, également candidat et tout aussi farouchement hostile au quadruple candidat à la présidentielle. De l’autre, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, soutenu en ce sens par l’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal. Malgré sa large victoire, pas sûr que l’eurodéputé ait définitivement convaincu les militants socialistes, généralement beaucoup plus favorables à l’union que les cadres, et ce alors que la gauche sait, dans l’adversité ou face à l’extrême droite, s’unir aussi facilement qu’elle se fracture.

Pendant les débats, le député (Gauche républicaine et socialiste) du Val-d’Oise Emmanuel Maurel est le seul qui n’a pas pris parti, assurant que le sujet des alliances était prématuré. Si Marine Le Pen devient présidente de la République, cette ligne sera-t-elle tenable ?, a-t-il interrogé. Pour Luc Broussy, président du conseil national du PS et proche d’Olivier Faure, « parler des législatives maintenant n’a pas de sens ». De fait, c’est le score à la présidentielle de Raphaël Glucksmann qui sera déterminant : passer devant Jean-Luc Mélenchon le placera en position de force. Inversement, être loin derrière le mettra en situation de faiblesse.

Bataille féroce sur le terrain

Aura-t-il, dans cette hypothèse, encore la main sur les investitures, lui qui ne maîtrise pas l’appareil socialiste ? Il n’en a aucune garantie. Raphaël Glucksmann s’est montré fort dépourvu au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale, en 2024, lorsque le PS décidait dans l’urgence de nouer une alliance avec LFI dans le cadre du Nouveau Front populaire (NFP). Le parti à la rose prenait ce virage sans lui demander son avis, le jour même de l’annonce de ses 14 % aux élections européennes. A La Bellevilloise, le QG de campagne de la liste PS-Place publique à l’époque, non seulement les fauristes se montraient favorables à l’union, mais les membres du courant minoritaire du PS aussi, eux qui avaient pourtant bataillé sans relâche contre LFI.

Pendant les élections municipales de mars, Raphaël Glucksmann n’a pas non plus été capable d’empêcher le PS de s’allier avec LFI : à Toulouse avec François Briançon, à Clermont-Ferrand avec Olivier Bianchi, ou à Brest (Finistère) avec François Cuillandre, qui était d’ailleurs un proche de l’ancien président de la République François Hollande. En privé, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, analysait récemment que, si une large alliance comme celle du NFP ou de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale ne lui paraissait plus possible, des accords locaux le restaient. Confrontés aux mêmes problématiques, les « insoumis » se gardent d’ailleurs d’être aussi définitifs que Raphaël Glucksmann. Si leurs militants crient « plus jamais PS » dans les meetings, les cadres ont montré dans le passé qu’ils savaient être plus souples.

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Ce dimanche 11 octobre aura surtout montré que Raphaël Glucksmann devra s’attendre à une bataille féroce avec les militants et sympathisants de LFI sur le terrain. Le 7 septembre, le candidat Place publique avait déjà été chahuté par quelques militantes lui reprochant de ne pas être « la vraie gauche », lors du rassemblement pour la loi intégrale place Vendôme, à Paris. Le 5 octobre, un homme avait perturbé sa réunion publique à Marseille en le traitant de « sale traître »à la cause palestinienne.

Dimanche, le candidat a reçu une poignée de riz sur la tête de la part de personnes criant « Mélenchon président ». « Glucksmann, tu vas faire 2 % », lui a lancé dans la soirée un autre passant pro-LFI au moment de la sortie du candidat d’un restaurant dans le quartier de Belleville, à Paris, juste avant qu’il soit enfariné. « Soutien au taxi », a commenté sur le réseau social X le député LFI des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu, alors que le candidat à la présidentielle montait en voiture. « Il y a un vrai sujet démocratique face à ce harcèlement de la part des “insoumis” », s’énervait le sénateur (PS) de l’Oise Alexandre Ouizille, membre de l’équipe de campagne de Raphaël Glucksmann. La confrontation ne fait que commencer.

Pour approfondir  (1 article)

Sandrine Cassini et  Robin Richardot

**Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire à gauche, doit désormais mettre la famille sociale-démocrate en ordre de bataille

Par Sandrine Cassini et Robin Richardot

Publié hier à 05h33, modifié hier à 09h19 https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2027/article/2026/10/12/presidentielle-2027-raphael-glucksmann-vainqueur-de-la-primaire-a-gauche-au-defi-de-mettre-la-famille-sociale-democrate-en-ordre-de-bataille_6792381_6205049.html

Décryptage

Le coprésident de Place publique, qui l’a emporté dès le premier tour, dimanche, a revendiqué la « rupture avec le macronisme » et la fin de « l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche », tout en assurant que le principal adversaire reste « l’extrême droite ».

Il est 18 h 50, dimanche 11 octobre, quand le coprésident de Place publique, Raphaël Glucksmann, débarque au croisement de la rue de Ménilmontant et de la rue Boyer, dans le 20e arrondissement de Paris. Sur les visages de ses équipes, de grands sourires. On s’embrasse chaleureusement. Leur candidat vient de remporter la primaire de l’espace social-démocrate dès le premier tour de scrutin, avec un score de 66 %, au-delà de tous les pronostics. Mais sur la route qui le conduit au Solaris, le quartier général de la primaire, où tous les candidats sont conviés, un autre comité d’accueil l’attend. « Mélenchon, président ! », entend-on depuis un bar voisin. Aux fenêtres, des affiches de La France insoumise (LFI). Des habitants lui versent du riz sur la tête. « Raphaël, président ! », répliquent avec force les militants de Place publique venus le soutenir.

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Cette première confrontation témoigne de la bataille des deux gauches à venir dans la campagne présidentielle. Les « insoumis », qui avaient, ces dernières semaines, ostensiblement ignoré Raphaël Glucksmann, faisant comme s’il n’était pas de leur niveau, nomment à nouveau cet adversaire. « Sortie de route. Fin de parcours », a commenté le député LFI du Val-d’Oise Paul Vannier sur X, en s’adressant au Parti socialiste (PS), qui, selon lui, « sort de la scène politique nationale » et pour qui Raphaël Glucksmann est « prétendant au leadership au sein du bloc macroniste ».

Sur scène, Raphaël Glucksmann a lui aussi désigné ses rivaux, promettant d’être le « candidat de la justice sociale et fiscale, de la révolution écologique et de la démocratie », revendiquant une « rupture avec le macronisme » et attaquant « l’hégémonie d[u chef de file de LFI, Jean-Luc] Mélenchon sur la gauche française », même si le principal ennemi reste « l’extrême droite ». « Non, [la candidate du Rassemblement national] Marine Le Pen ne sera pas à l’Elysée en 2027. Ce soir, la bataille de France commence », a-t-il proclamé à la tribune.

Les candidats Emmanuel Maurel, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal et Jérôme Guedj, lors de la soirée électorale de la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.
Les candidats Emmanuel Maurel, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal et Jérôme Guedj, lors de la soirée électorale de la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Chez ses soutiens, de l’ancien ministre Guillaume Garot à la sénatrice du Val-de-Marne Laurence Rossignol, en passant par le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, ou l’ex-sénateur de Paris David Assouline, personne n’avait été aussi optimiste : sur les 134 000 votants, l’eurodéputé a obtenu 79 000 voix environ. Autrement dit, les quelque 80 000 personnes qui ont payé 15 euros pour participer au processus, en plus des adhérents des partis et mouvements concernés, se sont massivement portées sur Raphaël Glucksmann. « On ne s’attendait pas à un score si large, qui montre un soutien massif et multilatéral », s’est félicité le sénateur (PS, Oise) Alexandre Ouizille, qui avait déjà rejoint l’équipe de campagne du député européen.

Quand il monte à son tour sur scène, Olivier Faure est sonné par son score anémique. Le premier secrétaire du PS a terminé cette primaire avec 14 % des suffrages, et seulement 17 400 voix, et n’a pas réussi à percer au-delà des cercles militants du PS. En prenant la parole, il regarde à peine l’eurodéputé, qui l’écoute dans le public au côté du député (Gauche républicaine et socialiste) du Val-d’Oise Emmanuel Maurel et de son collègue de l’Essonne Jérôme Guedj, qui ont tous les deux obtenu un peu moins de 6 % des voix, mais qui ont immédiatement apporté leur soutien au vainqueur, en ligne avec la charte signée dans le cadre du processus.

Une gifle pour Olivier Faure

Sans enthousiasme, le premier secrétaire finit par donner le point à son rival. « Cher Raphaël Glucksmann, tu as su convaincre une majorité des votants », lui a-t-il dit, certifiant qu’il allait « respecter avec sagesse », « le processus démocratique de la primaire ». Ce soutien du bout des lèvres s’explique par l’énorme coup de massue reçu par Olivier Faure. Dans son camp, si personne n’envisageait la victoire, aucun n’avait anticipé une telle gifle : les pronostics les plus pessimistes le plaçaient à 30 % des suffrages. « C’est le jeu démocratique, quand on joue, il faut être prêt à perdre », a admis le numéro deux du parti, l’eurodéputé Pierre Jouvet, préférant voir « la photo des candidats rassemblés ce soir ». Quant à la critique portée par Olivier Faure ces derniers jours, qui a accusé Raphaël Glucksmann d’être une « option centriste », il s’agissait là d’un simple « argument de campagne », assure Pierre Jouvet.

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« Ce soir, il faut qu’on digère deux ou trois trucs », abonde le président (PS) du département de Haute-Garonne, Sébastien Vincini, qui sentait toutefois l’effet de « la dynamique sondagière ». « C’est comme cela que Ségolène Royal avait roulé sur Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn », se souvient celui qui avait fait la campagne de l’ancienne finaliste à la présidentielle de 2007.

Pas question pour les soutiens de Raphaël Glucksmann d’en rajouter ni de demander la démission d’Olivier Faure de la tête du PS. Tous savent combien ils ont besoin de ses troupes pour faire campagne. Les deux hommes se sont embrassés lorsque Raphaël Glucksmann et les autres candidats l’ont rejoint sur scène pour une photo de famille.

Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, lors de la soirée électorale de la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.
Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, lors de la soirée électorale de la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Absent de la soirée et de la primaire en général, François Hollande a tout de même envoyé un message de félicitations à Raphaël Glucksmann pour sa victoire « qui clarifie une ligne » et « engage une démarche qui doit donner de l’élan ». « C’est une première étape », fait savoir son entourage. Pour l’ancien président de la République (2012-2017), qui se tient toujours prêt comme recours de la famille sociale-démocrate, le scénario de la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann n’est cependant pas l’option la plus profitable.

La plus acerbe a été Ségolène Royal, qui a terminé la compétition avec 7,6 % des voix et qui n’a pu s’empêcher de décocher de nouvelles flèches à l’égard du vainqueur, trouvant « malheureux » que celui qu’elle avait qualifié de « stagiaire » soit désigné, et regrettant que, « pour la première fois de son histoire, le PS n’ait pas de candidat » à la présidentielle. « Je voulais que l’histoire du socialisme ne s’arrête pas », a-t-elle enfoncé, dans une rhétorique également utilisée par Olivier Faure avant le scrutin.

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« Gauches irréconciliables »

C’est dans cette ambiance que Raphaël Glucksmann va devoir rassembler. Pour le moment, aucune discussion n’a eu lieu sur les moyens qui lui seraient attribués pour faire campagne. Fort de l’expérience de 2016, lorsque Benoît Hamon, vainqueur de la primaire, avait longuement bataillé avec l’appareil avant de pouvoir se lancer, il a insisté pour pouvoir débloquer rapidement les fonds versés par les votants de la plateforme commune réservée à la primaire ainsi que sur celle du PS, soit un total de 1 million d’euros, une fois soustraits les frais de la primaire (250 000 euros environ).

Raphaël Glucksmann, à Paris, le 11 octobre 2026.
Raphaël Glucksmann, à Paris, le 11 octobre 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Mais sa mission sera également de montrer sa capacité à rallier « les écologistes », comme il en a fait le vœu dimanche soir. Loin de féliciter le vainqueur, la cheffe de file des Verts, Marine Tondelier, a fustigé ce « choix du repli », qui refuserait « toute perspective d’alliance large de toute la gauche et des écologistes ». « Le chemin de la victoire passe par le refus du clanisme et du concept des gauches irréconciliables », a-t-elle fustigé. Alors que Les Ecologistes ont prévu d’acter le 13 décembre la stratégie à suivre, autour de la candidate, certains prônent déjà une candidature autonome du parti. Une option pour celle qui s’est, depuis les législatives de 2024, positionnée comme « trait d’union » de la gauche, qui aurait l’avantage d’éviter de choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann.

Les soutiens de Raphaël Glucksmann, rassemblés après sa victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.
Les soutiens de Raphaël Glucksmann, rassemblés après sa victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »
Raphaël Glucksmann, félicité par Yannick Jadot, après sa victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.
Raphaël Glucksmann, félicité par Yannick Jadot, après sa victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, à Paris, le 11 octobre 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

A La Cantine, le bar de Belleville où Raphaël Glucksmann poursuivait sa soirée avec ses militants mais sans aucun des candidats battus, le sénateur de Paris Yannick Jadot a jugé la réaction de Marine Tondelier « médiocre ». Lui-même a d’ailleurs été suspendu du parti, payant ainsi son soutien au coprésident de Place publique. « Marine Tondelier nous a fait perdre les deux tiers de nos électeurs et continue sur cette mauvaise pente », juge celui qui veut « démontrer aux écolos sincères que c’est là que cela se passe » et qu’il appelle à rejoindre la campagne.

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Pour Raphaël Glucksmann, la soirée s’est terminée comme elle avait débuté. Devant ses fidèles, il a une nouvelle fois déroulé son triptyque : être « la force de rupture du macronisme », comme pour faire mentir les détracteurs qui l’accusent d’être le nouvel Emmanuel Macron, « barrer la route » de Marine Le Pen, et montrer que l’« hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche a pris fin ». Dimanche, le leader « insoumis » s’adonnait à une nouvelle démonstration de force en réunissant plus de 10 000 militants dans un meeting à Clermont-Ferrand. Signe que la campagne a commencé, Raphaël Glucksmann, qui avait reçu du riz quelques heures plus tôt, a terminé la soirée enfariné.

Pour approfondir  (1 article)

Analyse Article réservé aux abonnés    Présidentielle 2027 : refuser toute alliance avec LFI aux législatives, l’engagement fragile de Raphaël Glucksmann

Sandrine CassiniRobin Richardot

Primaire à gauche : au lendemain de sa victoire, Raphaël Glucksmann veut que la gauche sociale-démocrate renoue avec la « radicalité » et incarne la « rupture »

L’eurodéputé a été largement désigné candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle, dimanche soir, avec 66 % des voix. Il devance de très loin le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure (14 %). Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel obtiennent tous moins de 10 % des votes.

Live animé par Ariane Ferrand, Dorian Jullien et Allison Ferrera (service photo)

Live terminé Article se déroulant en direct

Mis à jour hier à 12h38 https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2027/live/2026/10/12/en-direct-primaire-a-gauche-les-socialistes-ont-dit-qu-ils-souhaitaient-mettre-fin-a-la-politique-de-zig-zag-d-olivier-faure-estime-philippe-brun-au-lendemain-de-la-victoire-de-raphael-glucksmann_6791926_6205049.html

Raphaël Glucksmann à Paris, le 11 octobre 2026. - MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »
Raphaël Glucksmann à Paris, le 11 octobre 2026. MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le 12/10 à 12:03 L’essentiel

Ce qu’il faut retenir après la large victoire de Raphaël Glucksmann dès le premier tour de la primaire sociale-démocrate dimanche : 

  • Avec plus de 66,17 % des voix (79 613), le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, s’est imposédimanche soir dès le premier tour comme le candidat de la gauche sociale-démocrate. Il va devoir rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse.
  • Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, encaisse, lui, une sévère défaite, avec 14,46 % des voix (17 398). C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses propres rangs pour le représenter dans une élection présidentielle. M. Faure, qui avait considéré qu’une victoire de M. Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les autres candidats.
  • L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n’avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n’a obtenu que 7,62 % des voix. Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont chacun recueilli un peu moins de 6 % des voix. Ils faisaient figure d’outsiders.
  • Quelque 120 787 votants se sont exprimés sur les 134 456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l’ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions à la plateforme ad hoc et a obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche soir.
  • La question du maintien d’Olivier Faure à la tête du PS, après sa lourde défaite, est posée. Interrogé sur le sujet, Raphaël Glucksmann a botté en touche, arguant ne pas être un cadre du parti. « C’est un plébiscite contre Olivier Faure », a lancé quant à lui lundi matin le député Philippe Brun, qui n’avait pas pu se présenter à la primaire en raison de sa suspension du PS : « A sa place, j’en tirerais les conséquences qui s’imposent. »
  • Raphaël Glucksmann a été enfariné, dimanche soir, alors qu’il quittait La Cantine de Belleville, dans le nord-est de Paris, où il avait réuni ses soutiens pour célébrer sa victoire à la primaire.

Raphaël Glucksmann était lundi matin l’invité du 8 h 20 de France inter. Il a réagi à sa victoire :

  • Le cofondateur de Place publique considère que la primaire est un « tremplin » et que la gauche sociale-démocrate peut enfin « chasser l’esprit de défaite ».
  • Il affirme que les débats sur la ligne politique et sur les alliances sont désormais clos. « La ligne, elle est tranchée. Quand il y a eu un tel écart, une telle netteté dans la victoire, on ne revien[t] plus sur la question de la ligne », a-t-il déclaré.
  • Raphaël Glucksmann tend également la main aux Ecologistes. « Je veux qu’on travaille ensemble », leur a-t-il lancé. Il invite en outre François Hollande et Bernard Cazeneuve à participer au « combat commun », tout en les mettant en garde : « Vu la gravité de la situation, je n’imagine pas qu’on puisse s’adonner à autre chose qu’à l’intérêt général », a-t-il affirmé. 

Le 12/10 à 11:31 Vos questions 

Où en est Raphaël Glucksmann dans les intentions de vote ? 

Bonjour le monde, suite à la primaire et en l’état actuel des choses, de combien de points lui créditent les derniers sondages pour la présidentielle ?

Mathéo

Après les sondages, Raphael a t il des chances d’être au second tour ?

bang bang

« Le Monde » et les sondages : le nombre de garde-fous que nous nous sommes imposés est sans équivalent dans la presse française 

Publié le 13 septembre 2026 à 19h00

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Un travail au long cours est mené avec nos partenaires, Ipsos BVA, le Cevipof, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne, pour décrypter les évolutions de l’électorat jusqu’en 2027. Comme pour les précédentes élections, Le Mondeassume une philosophie radicale : seulement huit vagues seront réalisées jusqu’aux probables élections législatives de 2027 – six pour la présidentielle, deux autour des probables législatives.

Notre première enquête, publiée dimanche 13 septembre, donnait les résultats suivants :

  • Dans un scénario où Raphaël Glucksmann est le seul candidat de l’espace social-démocrate (en concurrence à gauche principalement avec Jean-Luc Mélenchon de LFI, Marine Tondelier des Ecologistes et Fabien Roussel du PCF) et où Edouard Philippe (Horizons) est l’unique candidat de l’ancien bloc macroniste, M. Glucksmann est sondé à 12,5 % (avec une marge d’erreur de 0,6 %). Il arriverait alors en quatrième position, derrière Marine Le Pen (33,5 %), Edouard Philippe (17,5 %) et Jean-Luc Mélenchon (15,5 %).
  • Dans le scénario où Gabriel Attal (Renaissance) est l’unique candidat de l’ancien bloc macroniste, M. Glucksmann est sondé à 13,5 % (avec une marge d’erreur de 0,6 %). Il arriverait alors en troisième position, derrière Marine Le Pen (34 %) et Jean-Luc Mélenchon (15,5 %), devant Gabriel Attal (13 % %), mais dans la marge d’erreur avec M. Attal.

Commentaire Dr Jean SCHEFFER:

L’éditorial du « monde » suite à la désignation de Raphaël Glucksmann par la « primaire étroite » du PS, voulue par lui, comme candidat à la présidentielle de la Social Démocratie, est très démonstratif de la fragilité de cette candidature:

-« La seule opposition à M. Mélenchon ne saurait constituer ni un projet présidentiel ni un programme de candidat« 

-« M. Glucksmann peine encore à donner à sa candidature un cap clair.« 

-« Sa proposition de compenser une baisse de la CSG par la mise en place d’une taxation sur les « très gros héritages » a également suscité un vif débat dans l’ensemble de la gauche » Cette proposition aurait comme conséquence de priver la sécurité sociale de la moitié du montant de la CSG, c’est exactement ce que propose la droite et l’extreme droite avec la taxe sociale, qui diminuerait encore la cotisation sociale des entreprises privant la sécurité sociale d’une partie de ses ressources. C’est faire disparaître le salaire différé des salariés (cotisation patronale), conquête de la libération, permettant la création de la sécurité sociale.

–« il n’a pas dissipé un certain flou sur plusieurs sujets de toute première importance, qui méritent pourtant une réponse claire, sérieuse et rapide » (une taxation très insuffisante des hauts revenus pour diminuer déficit et dette; sur le dossier des retraites, le nouveau candidat désigné se borne, pour l’instant, à vouloir abroger la réforme des retraites de 2023, à revenir à un âge de référence de 62 ans et à davantage tenir compte de la pénibilité du travail;

-Un manque de consistance dans les propositions se retrouve également à propos du mouvement lycéen en cours (il n’a pas plus développé ses pistes de sortie de crise. Surtout, il n’est pas venu sur les points de blocage et a estimé, sur France 2, que « le rôle d’un politique [n’était pas] d’aller manifester ).

Avec sa « primaire étroite », taillée sur mesure, avec une sélection par l’argent des non encartés, il a exclu les écologistes, le PC, les dissidents de LFI dont François Ruffin et Clémentine Autain.

Avec 10% des intentions de vote, refusant toute alliance avec les insoumis, il ne peut que se tourner vers le centre des macronistes ou la droite LR, qui sont à l’origine avec l’Europe (mondialisation et concurrence libre et non faussée) de la désindustrialisation, et de l’aggravation de la dette.

NB: la désindustrialisation de la France avait débuté sous Sarkozy et poursuivie sous Hollande.

Il y avait beaucoup mieux à faire un réanimant « le Nouveau Front Populaire » qui avait permis de terminer en tête des dernières législatives. Mais entre temps, les médias dont 90% sont aux mains des milliardaires de droite et d’extreme droite, ont attisé la haine envers la personne de Mélenchon, qui de son côté ne s’est pas privé de quelques provocations.

Mais le minimum de respect concernant les militants et élus LFI , serait de les écouter, et de lire le programme* qui reprend les grands thèmes de la campagne de 2016. Pour ce qui concerne la santé, ils me conviennent à part ma proposition de « Clinicat Assistanat pour Tous » **, que je ne retrouve pas.

*Propositions des insoumis en rapport avec la santé

Organiser l’élection des administrateurs de la Sécurité sociale par les assurés eux-mêmes et leur donner le pouvoir de lever les cotisations

Ajouter le droit de mourir dans la dignité (y compris avec assistance) et l’accès garanti à des soins palliatifs dans la Constitution

Soutenir l’inclusion du droit à l’IVG et à la contraception, et leur accès gratuit pour toutes les femmes, dans la Charte européenne des droits fondamentaux

Faire appliquer l’interdiction des thérapies de conversion en ciblant les acteurs qui en font la promotion

Augmenter drastiquement le nombre de psychologues au sein des universités et renforcer les services de santé pour assurer un accès gratuit aux soins (dentaires, gynécologiques, etc.) à l’ensemble des étudiants

Intégrer dans cette conscription un bilan de santé et une évaluation des capacités d’écriture, lecture et calcul, avec mise à niveau si nécessaire. Elle comprendra aussi une formation gratuite à la conduite et le passage de l’examen du permis de conduire

Retirer la dette Covid des comptes de la Sécurité sociale, réformer la Caisse d’amortissement de la dette sociale, qui prive la Sécurité sociale de 18 milliards d’euros par an

La France Insoumise

Garantir l’accueil scolaire et la santé publique gratuite pour tous

Lancer un plan d’urgence de prévention et d’éradication des punaises de lits, avec la création de services publics locaux dédiés

Garantir le droit à la santé des enfants, notamment la santé mentale

Élargir la médecine du travail aux chômeurs, avec visite obligatoire au-delà de six mois

Porter un objectif de zéro mort au travail

Reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle

Établir des seuils thermiques minimaux et maximaux dans les locaux intérieurs de travail, imposer des temps de pause obligatoire par température extrême

Renforcer la médecine du travail, en l’intégrant au service public de santé, en restaurant la visite médicale obligatoire à l’embauche et les visites périodiques dans la carrière, y compris durant les périodes de chômage

Inscrire tous les produits cancérogènes pointés par le Centre international de recherche sur le cancer dans les facteurs de maladies professionnelles, dont les pesticides

Utiliser systématiquement le régime de contrôle public des investissements étrangers dans les secteurs où c’est possible (défense, santé, produits agricoles, recyclage de matières critiques, réseaux de transport) et élargir le décret qui le permet à tous les secteurs cruciaux de la bifurcation écologique

Renforcer le planning familial, augmenter et pérenniser les financements des associations féministes et LGBTI

Rembourser le traitement hormonal de la ménopause

Garantir l’égal accès et l’effectivité du droit à l’IVG et le choix de la méthode d’IVG et supprimer la double clause de conscience des médecins

Lutter contre les mouvements anti-choix qui entravent les droits et la santé sexuelle et reproductive et le droit à l’avortement

Offrir un bilan de santé et une évaluation des capacités d’écriture, lecture et calcul, avec mise à niveau si nécessaire ainsi qu’une formation gratuite à la conduite et le passage du permis de conduire à chaque jeune dans le cadre du service citoyen obligatoire

Assurer la prise en charge par la Sécurité sociale de l’ensemble des dispositifs médicaux nécessaires à la vie quotidienne

Créer une association sportive dans tous les établissements scolaires du premier degré pour rendre gratuite et accessible la pratique d’une activité physique encadrée par des professionnels

Interdire la publicité pour les paris sportifs et retirer son agrément à tout opérateur qui ne respecterait pas cette interdiction

Renforcer l’éducation physique obligatoire avec 4h d’enseignement par semaine et soutenir les études de sciences et techniques des activités physiques et sportive (STAPS) dans la construction d’une politique sportive ambitieuse

Rembourser le sport santé, ou « sport sur ordonnance », grâce à la Sécurité sociale

Consacrer l’apprentissage de la natation dans le cadre scolaire en le rendant obligatoire

Renforcer l’accessibilité aux équipements sportifs des personnes en situation de handicap

Reconnaître la spécificité des sourds et malentendants dans les compétitions sportives olympiques

Redéployer et renforcer les conseillers techniques et sportifs (CTS) sur tout le territoire

Mettre en place un plan national d’urgence pour la construction et la rénovation des équipements sportifs, notamment les équipements publics de proximité favorables aux pratiques libres (piscines, salles d’escalade, salles de remise en forme, pistes de skate, etc.)

Favoriser la gratuité des activités sportives pour les populations les plus pauvres

Faire des grands plans de lutte contre le racisme et les violences sexistes et sexuelles dans le sport et les compétitions sportives

Planifier la réduction progressive des doses d’engrais et de pesticides, interdire immédiatement les plus dangereux (glyphosate, néonicotinoïdes) et l’importation de productions qui en contiennent

Établir un plan d’urgence pour la dépollution rapide des régions durablement polluées en France, dont en priorité la Guadeloupe et la Martinique victimes du chlordécone et créer un fonds d’indemnisation spécifique des victimes, offrant une réparation intégrale pour toutes les victimes de maladies liées au chlordécone, qu’elles soient professionnelles ou environnementales

Prendre en charge et indemniser les victimes, y compris indirectes, des essais nucléaires français et reconnaître leurs dommages environnementaux, en particulier en Polynésie

En Guadeloupe et en Martinique, reconnaître le statut de crise sanitaire et écologique concernant l’eau potable et son assainissement, la contamination au chlordécone, et les effets cocktails avec d’autres substances dont les conséquences sont inconnues

Adopter un plan d’adaptation aux pandémies et zoonoses non liberticide, basé sur la société du roulement et la planification sanitaire

Abroger les lois sur l’état d’urgence sanitaire et le passe sanitaire

Reconnaître les épidémies et pandémies au titre des catastrophes naturelles

Interdire le dépôt de brevets sur les médicaments et les équipements nécessaires à une réponse sanitaire urgente et rendre obligatoire le partage de connaissances en vue d’une production massive et équitablement répartie des biens médicaux de première nécessité

Réquisitionner les entreprises indispensables à la production de matériel sanitaire (masques, tests, purificateurs)

Faire un pôle public du médicament qui devra :

Assurer une relocalisation de la production de médicaments

Garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique

Nationaliser certaines filiales critiques (notamment le doliprane)

Assurer le contrôle des prix sur l’ensemble des produits de santé et communiquer sur leurs coûts réels

Permettre la transparence sur le financement de la recherche et du développement

Mettre en place une conditionnalité des aides perçues par les entreprises privées pour la recherche de vaccins et médicaments

Produire et diffuser massivement les vaccins et traitements passés sous licence d’office

Reconstruire le service public hospitalier et instaurer le « 100 % Sécu » en remboursant à 100 % les soins de santé prescrits et en intégrant les mutuelles dans la Sécurité sociale

Réouvrir progressivement des services d’urgences, de maternités et des EHPAD publics assurant un service de santé public de proximité à moins de trente minutes de chaque Français

Sortir de la politique du chiffre à l’hôpital : remplacer l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) par un objectif national des besoins d’assurance-maladie (ONBAM), financer les hôpitaux par une dotation globale, un prix de journée et une tarification à l’acte pour les seules activités techniques programmées

Publier immédiatement le nombre de décès faute de prise en charge, revenir sur les suppressions de lits et les fermetures temporaires d’accueil dans les services hospitaliers

Abroger la hausse des franchises médicales de 2024

Engager un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du soin et du médico-social (médecins, infirmiers, aides-soignants et personnels administratifs), revaloriser les métiers, les salaires et la tarification de certains actes libéraux des infirmiers

Actionner tous les leviers pour combattre les déserts médicaux :

Recrutement de médecins publics

Créer un réseau public de centres de santé pluridisciplinaires ou communautaires et de coopératives médicales en lien avec des infirmiers référents et déployer de manière effective le statut d’infirmier de famille

Financer l’augmentation du nombre de places en faculté de médecine en partant des besoins et la création d’écoles normales de santé dans les territoires

Rétablir l’obligation de participation de l’ensemble des médecins à la permanence des soins dans chaque département

Réguler l’installation des médecins et généraliser les guichets uniques pour toutes les démarches d’installation des soignants

Éradiquer d’urgence la précarité administrative, sociale et statutaire dans laquelle sont maintenus les praticiens diplômés hors Union européenne et leur permettre d’exercer de manière pérenne en France

Faire du plan national santé environnement (PNSE) un moyen d’éradiquer les maladies chroniques liées à la malbouffe et à l’exposition aux pollutions, notamment dans un cadre professionnel (pesticides, radioactivité, amiante, produits chimiques)

Mettre fin à l’épidémie de VIH en France par un grand plan national de dépistage et de traitement

Faire un véritable plan pour la santé mentale :

Réouvrir, dans un premier temps, des lits de psychiatrie publics

Renforcer les réseaux de CMP (centres médico-psychologiques)

Permettre le suivi psychologique ambulatoire par le conventionnement de professionnels

Augmenter le nombre de places en faculté de médecine dans la filière psy

Faire de la prévention en renforçant la médecine du travail ainsi que la médecine scolaire et universitaire

Protéger la recherche de la finance et supprimer l’influence des entreprises privées dans les activités médicales et hospitalières

Légaliser et encadrer par un monopole d’État la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins récréatives dans des conditions permettant de lutter contre l’addiction

Affecter les recettes des taxes sur le cannabis à des programmes de lutte contre les addictions, notamment en milieu scolaire, et à une politique de prévention, de réduction des risques et d’aide à la désintoxication

S’attaquer aux causes des addictions, pour engager une politique de réduction des risques plutôt que de continuer une politique de répression des consommateurs

Confier le pilotage de la politique de lutte contre les drogues au ministère de la Santé et non plus de l’Intérieur

Lutter contre les organisateurs du trafic de cigarettes et viser une jeunesse « zéro tabac »

Créer un ministère de la Production alimentaire

Interdire d’urgence les additifs les plus controversés, limiter la liste des additifs autorisés à ceux admis dans l’agriculture biologique

Fixer des taux maximaux de sel, de sucre et d’acide gras saturés dans les aliments transformés et garantir l’application de la loi y compris dans les Outre-mer

Rendre le nutri-score (étiquetage nutritionnel) obligatoire pour en finir avec la désinformation de la grande distribution

Interdire la publicité alimentaire sur tous les supports (radiophonique, audiovisuel et électronique) à destination des enfants et adolescents

Créer une heure hebdomadaire d’éducation à la nutrition de la maternelle au collège

Expérimenter une garantie universelle d’accès à des aliments choisis comme premier jalon d’une « sécurité sociale de l’alimentation » et soutenir les différentes expérimentations locales et communales de sécurité sociale de l’alimentation

Donner les moyens au service de santé des armées, renforcer le dispositif ATHOS et simplifier l’indemnisation et la reconnaissance de la blessure psychique au sein de l’armée française

Créer une Organisation mondiale de l’environnement et défendre l’ Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) libérée des intérêts de l’industrie pharmaceutique

Élargir le dispositif de la licence d’office et lever les brevets sur les vaccins et autres moyens médicaux de lutte contre les pandémies

Garantir l’accès à l’aide médicale d’État (AME)

Mettre la politique de cohésion au service de la planification écologique, du développement des territoires, de la lutte contre la précarité urbaine et la désertification rurale (déserts médicaux, administratifs, économiques, etc.)

Renforcer la traçabilité et les contrôles sanitaires sur les produits agricoles importés en Europe pour éviter, par exemple, que du boeuf aux hormones se retrouve dans nos assiettes malgré l’interdiction théorique

Mettre en œuvre dans les États une clause de sauvegarde sanitaire interdisant l’importation de produits mettant en cause une norme sanitaire nationale, à comprendre comme une clause de non régression

Développer des filières publiques, à l’échelle de la France ou de l’Union européenne, pour la production de l’ensemble des biens et services nécessaires à la planification écologique et qui remplissent des besoins essentiels (médicaments, produits alimentaires, biens de consommation courants) pour retrouver notre souveraineté

Appliquer une clause de sauvegarde sanitaire quand une production agricole importée contient des produits interdits en France pour des raisons de santé publique

Interdire le glyphosate et établir un plan de sortie de l’ensemble des pesticides de synthèse et des engrais chimiques dangereux pour l’environnement et la santé humaine

Garantir le droit de vote et d’éligibilité des personnes en situation de handicap, notamment aux élections européennes. Garantir l’accès à l’ensemble du processus électoral : accès à l’information, à la propagande électorale, au matériel (notamment via l’usage de sous-titres, braille, LSF, méthode FALC…) et l’accès aux bureaux de votes

Mettre dans la charte des droits fondamentaux l’accès gratuit et sûr à la contraception et à l’IVG, garantir le droit à l’éducation à la sexualité dans tous les États membres de l’Union européenne. Garantir leur effectivité en pratique en étendant le mécanisme de respect de l’État de droit, la possibilité de sanctions financières et de blocage des subventions européennes en cas de violations de ces libertés fondamentales

Garantir un budget européen sensible au genre, à la promotion de l’égalité femmes-hommes, aux droits et la santé sexuels et reproductifs et la lutte contre les discriminations

Inscrire les droits et la santé sexuels et reproductifs (DSSR) dans la Charte européenne des droits fondamentaux

Inclure la pilule et autres dispositifs de contraception, y compris le préservatif, dans une liste de médicaments essentiels pour éviter les pénuries

Appliquer la « clause de l’européenne la plus favorisée » pour harmoniser par le haut les droits des femmes en Europe, notamment en matière de santé sexuelle et génésique et de lutte contre les violences faites aux femmes

Garantir le remboursement et l’accès aux soins de santé spécifiques aux personnes transgenres, tels que les traitement hormonaux et opérations chirurgicales

Garantir l’accès gratuit et rapide à la Procréation médicalement assistée (PMA) pour tous les européens qui le souhaitent, quelle que soit la situation socio-économique, maritale, l’identité de genre ou l’orientation sexuelle

Faire appliquer dans les États de l’Union européenne le principe d’auto-détermination du genre préconisé par la Résolution n°2048 de 2015 du Conseil de l’Europe, supprimer les obligations médicales préalables au changement d’état civil et interdire les mutilations et stérilisations forcées de personnes intersexes

Inscrire le droit à mourir dans la dignité dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Défendre la généralisation du droit à la fin de vie assistée en Europe et faciliter dès à présent l’accès des citoyens européens qui souhaitent en disposer dans les États où il est déjà légalisé

Permettre la liberté de circulation et donner des droits identiques à toute personne en situation de handicap quelle que soit sa nationalité et quel que soit l’État membre dans lequel elle se trouve, en renforçant la proposition de Carte européenne des personnes en situation de handicap et en l’étendant aux déplacements de longue durée

Garantir l’accessibilité de l’ensemble des infrastructures aux personnes en situation de handicap, et notamment les transports, en imposant que le règlement sur les droits des passagers de bus impose l’accessibilité aux services de transports régionaux et locaux, et que le règlement sur les droits des personnes en situation de handicap voyageant par les airs ne permettent plus d’interdire l’embarquement de personnes en situation de handicap pour des « raisons de sécurité »

Soutenir et accélérer le processus de désinstitutionalisation, en prenant pour exemple les États membres innovants et ayant de bonnes pratiques. Exiger l’ouverture sur l’extérieur des structures spécialisées pour les personnes ayant un besoin impératif d’accueil en internat et leur permettre de bénéficier de soins de proximité, dans leur État membre. Garantir, par des contrôles indépendants, le bien-être et la dignité des usagers

Mettre en place un accès effectif des exilés aux soins physiques et mentaux ainsi qu’au soutien psychosocial

Élargir le dispositif de la licence d’office et lever les brevets sur les vaccins et autres moyens médicaux de lutte contre les pandémies

**Clinicat Assistanat pour Tous

a motivation de ma proposition est sur le lien « Vision Globale -Solution globale »:

https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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