« “Une bombe à fragmentation pour notre santé” : ces pics de bruit qui nous rendent fous »
Date de publication : 8 octobre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=ccf562a36e7824862c3655b6f3c4044e&id_newsletter=24408&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24408&from=newsletter&slnk=6
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Frédéric Mouchon dévoile dans Le Parisien les résultats d’une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) pour l’observatoire francilien Bruitparif.
« Il en ressort que le bruit est la première nuisance de proximité des Franciliens et figure au troisième rang des inconvénients au fait de résider en Île-de-France », note le journaliste.
Il explique que « la pollution sonore a même détrôné en dix ans la pollution atmosphérique au rang des pires nuisances en région parisienne. Trois habitants sur quatre s’en déclarent préoccupés ».
Frédéric Mouchon précise que « l’intolérance concerne moins la «rumeur urbaine», ce bruit de fond récurrent lié au trafic routier et aérien, que «les pics de bruit» ». Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif, indique : « C’est la moto qui pétarade mais aussi les gens qui parlent fort dans les transports en commun ou à la terrasse des bars ».
Le Crédoc observe que « la grande couronne et la province rejoignent, voire dépassent la capitale. Signe que la dégradation perçue n’est plus un phénomène de cœur d’agglomération mais un ressenti partagé sur l’ensemble du territoire francilien ».
Fanny Mietlicki souligne que « cette tendance observée en Île-de-France est sans doute exactement la même dans toutes les grandes villes françaises. Nos rythmes de vie sont si intenses qu’on a besoin de calme et que l’on aspire à se retrouver chez soi dans sa bulle où le logement demeure pour une majorité de gens une zone tampon avec l’extérieur ».
Bertrand Lukacs, président de l’association Pour une ville souhaitable, évoque quant à lui « une bombe à fragmentation pour notre santé. […] Le long du canal Saint-Martin [à Paris], on a subi la nuit des moyennes à plus de 70 dB, soit l’équivalent de ce qu’on peut mesurer le long du périphérique ».
Jean-Michel Klein, président d’ORL-DPC, organisme de formation des médecins oto-rhino laryngologues, remarque quant à lui qu’il y a « globalement plus de bruits qu’avant en ville. À force de les accumuler, ces nuisances sonores nous provoquent des cicatrices dans l’oreille interne. Alors que ça ne survenait avant qu’autour de 60 ans, des cas d’accélération du vieillissement de l’oreille peuvent désormais apparaître dès 45 ans ».
Frédéric Mouchon relève que « le bruit a des effets délétères sur la santé. Chargé de recherche au Centre du sommeil et de la vigilance à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, Maxime Chauvineau a observé une concordance entre les zones urbaines les plus bruyantes et la prise accrue de médicaments contre l’insomnie chronique ».
Le chercheur déclare que « les pics de bruit peuvent aussi être associés à des risques d’éveil ou de fragmentation de nos nuits. Nous allons d’ailleurs lancer une étude en 2027 auprès de 500 personnes pour mesurer le degré de bruit qu’ils subissent au niveau de leur oreiller et en mesurer l’impact sur leur sommeil ».