87% des GHT ont un département d’information médicale, il n’est vraiment opérationnel que dans 40% des cas

La territorialisation de l’information médicale est bien loin d’être pleinement aboutie

À l’occasion des 10 ans des GHT, Hospimedia dresse un bilan de cette grande réforme hospitalière et propose un regard prospectif. Si 87% ont un département d’information médicale, il n’est vraiment opérationnel que dans 40% des cas. Les tensions sur les effectifs et le manque de convergence des systèmes d’information entravent cette mutualisation.

Par Thomas Quéguiner — à Nancy

6 octobre 2026 à 16h34Partager https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20261006-les-10-ans-des-la-territorialisation-de-l?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_campaign=EDITION_QUOTIDIENNE&eq_type=SMS&eq_date=2026-10-07&eq_pos=3

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Un peu plus de la moitié des Dim de territoire déclarent des postes vacants, le plus souvent médicaux mais une mutualisation d'une partie au moins des effectifs existe tout de même dans 88% des GHT. 57% des groupements disposent de métiers d'ingénierie. (Ingram/BSIP)
Un peu plus de la moitié des Dim de territoire déclarent des postes vacants, le plus souvent médicaux mais une mutualisation d’une partie au moins des effectifs existe tout de même dans 88% des GHT. 57% des groupements disposent de métiers d’ingénierie. (Ingram/BSIP) Droits réservés

Dix ans après la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT), où en est le déploiement de leurs départements d’information médicale (Dim) ? Force est de constater que dans 104 des 135 GHT, 87% disposent d’un tel dispositif. Celui-ci paraît a priori largement mis en place mais seuls 40% le jugent pleinement opérationnel, difficile dès lors de véritablement le conceptualiser. C’est ce qui ressort d’une enquête menée cet été par la FHF et présentée le 6 octobre à Nancy (Meurthe-et-Moselle) à l’occasion de ses journées des données de santé et finances hospitalières. Quant aux quinze GHT qui en sont totalement dépourvus, cela s’explique avant tout par un manque de disponibilité de la ressource médicale, puis de façon ponctuelle par l’existence d’un groupement mono-établissement par fusion, une absence de priorisation dans les fonctions mutualisées ou encore des difficultés informatiques.

Une médiane à trois ETP médicaux par Dim

Justement, cette question du management et avec elle la problématique des effectifs est aujourd’hui l’un des principaux facteurs favorisants ou bloquants à approfondir pour poursuivre plus avant une mutualisation qui somme toute avance. Les effectifs médicaux cumulés du Dim de territoire apparaissent plutôt bien corrélés avec ceux du GHT mais cela masque un tableau très hétérogène. D’un côté, 14% des équivalents temps plein (ETP) médicaux sont vacants, ce qui touche directement 44% des GHT sondés. De l’autre, 25% s’avèrent mutualisés, ce qui concerne cette fois la plupart des GHT (87%) avec 20% des groupements dans lesquels il s’agit d’une réalité pour tous les postes médicaux. Globalement, la médiane des effectifs s’établit à trois ETP médicaux par Dim en sachant que 11% des GHT n’y consacrent qu’un seul praticien.

Du côté des personnels non médicaux, les vacances de postes tournent en ETP aux alentours des 2% et les mutualisations des 8%. Une majorité des Dim territoriaux (78%) disent avoir professionnalisé le recueil en médecine, chirurgie et obstétrique à l’échelon de leur groupement, et ceci totalement dans 45%. L’enquête de la FHF témoigne également d’une forte corrélation entre effectifs et professionnalisation, en sachant que la fonction de recueil et de contrôle qualité explique la majorité des écarts en effectifs. Le recours à des prestataires privés pour cause de tensions sur les ressources humaines est observé dans un cinquième des Dim territoriaux. Enfin, ils sont 57% à indiquer disposer d’une compétence d’ingénieurs dans leur équipe, soit 7% des effectifs non médicaux pour s’occuper à parts égales (de 30 à 35%) de la statistique, la datascience et l’informatique.

Plus largement, c’est l’organisation même des Dim de territoire qui apparaît très hétérogène puisque seuls 63% des répondants signalent l’existence d’une charte et 60% d’un règlement intérieur. Dans l’ensemble, le niveau d’organisation est avancé dans la moitié des GHT voire abouti pour 16% d’entre eux mais en devenir ou peu structuré dans un tiers des cas. La gestion des ressources humaines n’est pas concertée avec le médecin responsable de l’information médicale du territoire dans 44% des situations. La mutualisation dans le budget G de l’ensemble du Dim territorial ne prévaut que dans un quart des groupements et dans 36% elle est totalement inexistante. Les procédures communes sont une réalité dans 58% des GHT, en majorité autour du codage, des contrôles et autres plans d’action qualité mais 30% de tous les Dim ont aussi travaillé à calibrer en commun l’analyse des données ou les sujets liés à la confidentialité.

Des échanges inexistants avec 40% des CMG

Selon les résultats fournis par la FHF, 62% des Dim de territoire effectuent une réunion de l’ensemble de leurs personnels au moins une fois par an, celle-ci étant le plus souvent trimestrielle ou mensuelle (20% à chaque fois) voire hebdomadaire (11%). Et s’il existe des échanges réguliers programmés avec les partenaires naturels du Dim que sont les directions des affaires financières et les commissions médicales du groupement (CMG), il n’y en a tout de même aucun d’organisé avec ces mêmes CMG dans 40% des cas.

Un logiciel PMSI commun dans 45% des cas

Quoi qu’il en soit, le manque d’intégration est la première explication du fait qu’une ou plusieurs des missions réglementaires du Dim de territoire ne sont pas réalisées. Ce constat est observé dans 42% des GHT, viennent ensuite le manque de ressources humaines (36%), l’absence de sollicitation (31%) ou encore le peu de moyens ou les difficultés informatiques (27%). Le Dim participe surtout aux analyses portant sur les parts de marché et parcours patients, en sachant que les directions des hôpitaux parties au GHT sont les principaux commanditaires des analyses, devant l’établissement support et la commission médicale du groupement. De même, le Dim a été sollicité pour l’élaboration du projet médico-soignant partagé dans 69% des GHT puis dans 56% pour leur suivi, si bien que dans un tiers des cas il n’a produit aucune analyse ni contribué à la rédaction de ce qui est pourtant le cœur du réacteur d’un GHT.

Enfin, l’un des autres éléments bloquants avec les ressources humaines au déploiement d’un Dim de territoire s’avère sans conteste le système d’information. La présence d’un logiciel commun pour traiter le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) se vérifie dans 35 à 45% des cas selon le champ d’activité, avec une convergence de ces outils amorcée auprès de seulement 51% des répondants n’en disposant pas pour au moins un des champs. Parmi eux, 66% n’ont aucune échéance connue à date. L’existence d’une base commune n’est avérée que dans 50% des groupements, à tout le moins en médecine, chirurgie et obstétrique et pour les soins médicaux et de réadaptation, et dans 30% pour l’hospitalisation à domicile et la psychiatrie. Les médecins de l’information médicale peuvent y accéder dans 60% des cas, pas seulement donc le praticien responsable, et dans 50% des situations la direction.

43% des crédits Ségur versés aux établissements

À mi-parcours fin 2025 du Ségur investissement qui couvre les années 2021-2030, près de 70% des projets ont été instruits et validés par les ARS, un taux projeté à 85% à la fin de cette année, a indiqué le 5 octobre la Direction générale de l’offre de soins lors des journées nancéiennes organisées par la FHF. Pour plus de 40% des dossiers, les travaux ont débuté, sont en cours voire terminés, avec cette fois un prévisionnel qui devrait approcher les 60% fin décembre. Enfin, 15% des opérations programmées sont déjà mises en service, une proportion attendue non loin des 25% à la fin de l’année.

Par ailleurs, les ARS ont désormais en main la quasi-totalité (99%) des quelque 15,5 milliards d’euros (Md€) de crédits, si ce n’est à date cet été 82 millions d’euros (M€) maintenus en réserve. Et sur cette somme, 6,7 Md€ ont été versés aux établissements (43%), dont les deux tiers des 6,5 Md€ alloués en restauration des capacités financières, 80% des 1,5 Md€ prévus pour financer l’investissement du quotidien et 20% des 7,5 Md€ réservés aux projets immobiliers prioritaires.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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