Budget 2027 : les acteurs de la transition énergétique montent au créneau
Energie | 05.10.2026 | https://www.actu-environnement.com/ae/news/budget-2027-transition-energetique-alerte-48604.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8NDA5Mw%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

LES POINTS À RETENIR
- Les signataires réclament une conférence nationale de la planification énergétique.
- Une loi de finances pluriannuelle dédiée à la transition est demandée par les filières.
« Il y a des économies de court terme qui coûteraient terriblement cher à la France et aux Français ». C’est l’avertissement qu’adressent les principaux syndicats des énergies renouvelables, des acteurs de la transition énergétique et des associations de défense de l’environnement (1) , ce lundi 5 octobre, au Premier ministre. Dans une lettre ouverte (2) , ils l’exhortent à ne pas sacrifier les ambitions et les moyens consacrés à la transition énergétique dans le cadre du budget 2027.
« Depuis plusieurs mois, les décisions affaiblissant la transition énergétique se succèdent et inquiètent fortement les collectivités territoriales, les consommateurs, les entreprises de la transition écologique, les producteurs issus du monde agricole et les associations de protection de l’environnement », déplorent-ils. Baisse des aides à la rénovation et aux filières renouvelables, délais administratifs «déraisonnables », et désormais menaces sur les CEE et le Fonds chaleur sont pointés du doigt.
Rappelant la publication, il y a quelques mois, de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), ils appellent le Gouvernement à assurer sa réussite en privilégiant d’abord « la sobriété et l’efficacité énergétique, puis la valorisation dans tous les territoires des énergies renouvelables et de récupération sous toutes leurs formes, et enfin le déploiement des autres solutions décarbonées ».
Or, au contraire, « les moyens et les mesures mis en place pour atteindre les objectifs fixés sont notoirement insuffisants et, de surcroît, à la baisse, en contradiction avec les objectifs énergétiques de la France. De même, les opérateurs publics (Ademe, Anah, …) sont injustement fragilisés ». Ces arbitrages auront un impact sur les factures énergétiques des ménages, des entreprises et des collectivités, préviennent-ils. Ils mettent également en péril des filières françaises de la transition énergétique (rénovation, ENR électriques et thermiques…). Les signataires soulignent également les risques de maladaptationface aux changements climatiques, le coût de l’inaction et les risques liés à la fragilisation d’acteurs indépendants.
Des outils pour assurer cohérence et visibilité
Ils demandent l’instauration d’une conférence nationale de la planification énergétique, représentative des acteurs, chargée d’accompagner la mise en oeuvre de la politique énergétique française déclinée dans la PPE, la stratégie bas carbone (SNBC) et le plan d’adaptation (Pnacc). « Cette instance sera chargée d’évaluer l’efficacité des moyens réglementaires, matériels et financiers alloués et d’en proposer les meilleures évolutions pour respecter les trajectoires de la planification énergétique. Elle devra coconstruire avec le Gouvernement les prochaines planifications et les politiques publiques y contribuant ».
Ils demandent également une loi de finances pluriannuelle de la transition énergétique et climatique, avec des trajectoires financières liées aux objectifs fixés. Cette loi fixerait les prélèvements nécessaires, les moyens financiers alloués et évaluerait les coûts évités par la mise en œuvre de cette stratégie de la transition énergétique.
1. Amorce, l’association française des professionnels de la géothermie (AFPG), Agir pour le climat, l’association nationale des pôles territoriaux et des payx (ANPP), le comité interprofessionnel du bois-énergie (Cibe), la fédération des élus des entreprises publiques locales (Fed Epl), Enerplan, Effinergie, la fédération des agences locales de l’énergie et du climat, France gaz renouvelables, France nature environnement, France renouvelables, France urbaine, l’association Négawatt, le réseau Cler, le SER, Soliha et via séva.
2. Consulter la lettre ouverte
https://www.agirpourleclimat.net/wp-content/uploads/2026/10/CP-Tribune-des-acteurs-de-la-TE_VF.pdf
Sophie Fabrégat, journaliste intégrée
Cheffe de rubrique énergie / agroécologie