Mouvements lycéens: demandes et réflexions

Etudiants et lycéens présentent « dix mesures d’urgence », des « revendications » appelant à des « réponses immédiates »

L’initiative doit servir de « base de travail » au gouvernement dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, a annoncé l’Union étudiante lundi 5 octobre, alors qu’une trentaine de sites universitaires étaient bloqués à la suite du mouvement lycéen. 

Par Soazig Le Nevé

Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 10h00 https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/10/06/etudiants-et-lyceens-presentent-une-plateforme-commune-de-revendications-appelant-a-des-reponses-immediates_6788827_4401467.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=undefined&lmd_link=tempsforts-title&M_BT=53496897516380

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Lors du blocus de l’université Paris Cité, à Paris, le 5 octobre 2026.
Lors du blocus de l’université Paris Cité, à Paris, le 5 octobre 2026.  ABDUL SABOOR/REUTERS

Entre lycéens et étudiants, la jonction est désormais officialisée : elle se matérialise par une plateforme intitulée « Les revendications de la jeunesse, dix mesures d’urgence », pensée comme « une base de travail avec le gouvernement » et lancée lundi 5 octobre. Toutes les organisations syndicales et associatives, mais aussi les particuliers, sont appelées à s’y rallier.

A la veille de la manifestation nationale prévue le mardi 6 octobre, 18 universités étaient bloquées – sur un total de 30 sites, de Strasbourg à Reims en passant par Caen, Paris, mais aussi Bordeaux et Aix-en-Provence –, selon l’Union étudiante. De plus, une fermeture préventive a été décidée dans cinq établissements dont les portes sont restées closes, lundi, notamment à Tours, Nantes et Angers.

Signée, à ce stade, par l’UNEF et Solidaires étudiants, la plateforme commune de revendications a été initiée par l’Union étudiante, en lien avec l’Union syndicale lycéenne (USL). « Nous avons recensé tout le week-end les revendications issues des assemblées générales devant les lycées et les universités, explique Eloïse Lefebvre-Milon, secrétaire générale de l’Union étudiante. Nous voulons clarifier les revendications des lycéens et des étudiants pour convaincre au-delà de ceux qui sont engagés. »

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La représentante étudiante affiche une stratégie : « le rapport de force par le nombre ». « Il faut arriver à massifier le mouvement. En tant qu’étudiants, on ajoute nos propres revendications à celles des lycéens pour lesquelles nous voulons des réponses claires, concrètes et des annonces budgétaires dans le projet de loi de finances 2027 », prévient-elle.

Pour la vice-présidente de l’UNEF, Alice De Brito, « le gouvernement a posé une copie budgétaire qui est à revoir de A à Z. C’est un projet de loi de finances de casse sociale, qui prévoit la familiarisation du mode de calcul des aides sociales [l’étudiant restant rattaché au foyer fiscal des parents], le gel des APL, et seulement la moitié de l’argent nécessaire pour assurer les repas à 1 euro pour tous », détaille-t-elle.

La Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), majoritaire en nombre d’élus dans les Crous et au sein de l’instance consultative auprès du ministère de l’enseignement supérieur, n’avait pas encore signé la plateforme lundi après-midi, mais elle partage largement ses mots d’ordre. « Les lycéens nous ont montré quelle pouvait être l’ampleur d’une mobilisation, souligne sa présidente, Suzanne Nijdam. Côté étudiant, des actions sont menées depuis le mois de mai pour protester contre la suppression des APL pour les étudiants extracommunautaires et les frais différenciés qui leur sont appliqués, mais cette mobilisation avait du mal à prendre. »

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Le 15 septembre, une intersyndicale de l’enseignement supérieur avait lancé une mobilisation nationale avec laquelle le mouvement lycéen fait désormais le lien. « Nous avons des revendications communes qui sont liées aux conséquences du sous-financement massif et chronique de l’éducation nationale et des universités qui fait qu’on ne peut plus étudier dignement », poursuit-elle.

« Supprimer toute sélection »

Parmi les 10 mesures d’urgence figurent un plan d’investissement d’urgence pour la rénovation des établissements scolaires et universitaires et le recrutement massif de personnels de santé et d’orientation afin d’arriver à un ratio d’un pour 500 élèves.

Attendues également, une refonte des rythmes scolaires et universitaires avec la garantie d’une heure trente de pause méridienne, et la fin de toute sélection à l’entrée à l’université ou en master grâce à la création de 150 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. « Nous souhaitons supprimer toute sélection, c’est-à-dire enlever les algorithmes pour qu’on puisse être candidat dans la ville de son choix et que le bac puisse garantir cette candidature. Si on clique, on s’inscrit, et il y a zéro sélection et zéro condition de notes », détaille Eloïse Lefebvre-Milon.

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La lettre aux ministres, envoyée dimanche 4 octobre par le premier ministre Sébastien Lecornu, n’est pas à la hauteur de la situation, jugent les organisations étudiantes. « Elle illustre l’incompétence du gouvernement qui a besoin d’un mouvement social pour donner des consignes à ses ministres au lieu de s’adresser directement aux jeunes. Elle montre aussi que le gouvernement tremble et ça nous renforce pour obtenir une victoire », veut croire la secrétaire générale de l’Union étudiante.

Une autre convergence est espérée par les syndicats étudiants, cette fois avec les enseignants-chercheurs. « Quand on parle de nos conditions d’études, on parle de leurs conditions de travail. On espère que des préavis de grève des syndicats professionnels vont être posés », confie Eloïse Lefebvre-Milon, qui salue par ailleurs le ralliement d’agriculteurs et de cheminots à l’occasion de la manifestation du 6 octobre. Les organisations étudiantes doivent être reçues par le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, mercredi 7 octobre. « S’il n’en ressort aucun engagement, nous appellerons à bloquer les facs à nouveau dès le lendemain », prévient la secrétaire générale de l’Union étudiante.

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Soazig Le Nevé

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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