Un tour de passe-passe à propos de la hausse du budget pour le fonds vert.

Budget : le fonds vert est-il vraiment en hausse comme l’a affirmé la ministre de la transition écologique ?

Jeudi, Monique Barbut s’est félicitée de voir l’enveloppe du fonds vert, qui soutient les collectivités locales, passer à « 1 milliard d’euros » en 2027. Selon l’Institut de l’économie pour le climat, il s’agit cependant d’un « tour de passe-passe ». 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

Publié le 02 octobre 2026 à 17h36, modifié hier à 09h13 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/10/02/budget-le-fonds-vert-pour-la-transition-ecologique-est-il-vraiment-en-hausse-comme-l-a-affirme-la-ministre-monique-barbut_6787184_3244.html?lmd_medium=lm&lmd_campaign=partager

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La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, Monique Barbut, à l’issue du conseil des ministres à l’Elysée, à Paris, le 1ᵉʳ octobre 2026.
La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, Monique Barbut, à l’issue du conseil des ministres à l’Elysée, à Paris, le 1ᵉʳ octobre 2026.  JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

C’était l’une des rares bonnes nouvelles que la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, avait à annoncer à la presse, jeudi 1er octobre, en présentant le projet de budget « globalement stable » de son ministère pour 2027 alors que plusieurs de ses collègues doivent se serrer la ceinture. L’enveloppe du fonds vert, qui accompagne les collectivités locales dans la transition écologique, « augmenter[a] pour atteindre 1 milliard d’euros en 2027 » – plus précisément 984 millions d’euros est-il indiqué dans les documents diffusés par Bercy –, a affirmé la ministre.

Cette augmentation a été promise par le premier ministre, Sébastien Lecornu, en juillet, quand la France suffoquait, alors que le fonds vert s’élevait cette année à 837 millions d’euros (contre 2,5 milliards il y a deux ans). « Cette hausse représentera 150 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2026, soit une progression de 20 % », a relevé Mme Barbut, précisant qu’« au moins la moitié du fonds vert sera consacrée à l’adaptation au changement climatique ».

François Thomazeau, directeur de programme à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), est lui dubitatif. Pour l’expert de ce think tank, cette annonce « semble relever d’une insincérité manifeste » alors que le gouvernement a fait du fonds vert « un totem politique ». Comme le montrent les documents budgétaires de Bercy, le fonds vert accueillerait pour 2027 une nouvelle enveloppe de 200 millions d’euros qui n’existait pas cette année, consacrée aux « dépenses pour immobilisations corporelles de l’Etat ». Cela correspond, selon M. Thomazeau, au financement de projets de rénovation énergétique des bâtiments publics de l’Etat.

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« On fait l’hypothèse qu’il s’agit d’un tour de passe-passe, explique-t-il. D’autres programmes dédiés à l’immobilier de l’Etat diminuent par ailleurs quand cette nouvelle ligne budgétaire apparaît dans le fonds vert. Ce sont 200 millions d’euros qui sont pour l’Etat lui-même et non pour les collectivités locales. Au final, l’argent réellement disponible pour ces dernières dans le fonds vert est en baisse. » Interrogé, le ministère de la transition écologique n’a pas souhaité commenter cette information.

Jeudi, Mme Barbut s’était satisfaite d’un budget pour son ministère sensiblement identique à celui de cette année (11,38 milliards d’euros en 2027, pour 11,66 millions en 2026). Elle s’est ainsi félicitée de pouvoir « préserver notre capacité d’action » dans un « contexte budgétaire très contraint », estimant que cela « représente un effort notable au regard de la situation budgétaire que connaît notre pays ».

« Politique de l’autruche »

L’ancienne présidente du WWF-France a aussi appelé à regarder le budget plus global de la mission écologie, développement et mobilité durable (25 milliards d’euros en 2027). « C’est aussi sur ce périmètre plus large que l’on peut mesurer le chemin parcouru », a-t-elle noté, soulignant que son montant « a progressé de 60 % entre 2019 et 2027 ».

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Le ministère a néanmoins assuré prendre sa part aux efforts d’économies demandés par le sommet de l’Etat. C’est notamment l’Agence de la transition écologique (Ademe) qui en fait les frais. Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la transition écologique, a confirmé pour 2027 une baisse de 350 millions d’euros du budget d’intervention de l’Ademe, comme l’a révélé Le Monde mi-septembre. Cette diminution est principalement portée par le fonds chaleur qui finance la décarbonation des collectivités locales (− 300 millions d’euros). « Nous assumons une logique de priorisation des investissements vers les collectivités qui en ont le plus besoin », a déclaré M. Lefèvre.

Des suppressions de postes sont aussi prévues : le ministère lui-même va perdre 126 équivalents temps plein (ETP) quand 156 ETP seront supprimés chez certains de ses opérateurs, en particulier au Centre d’études et d’expertise sur les risques (Cerema) et à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).

Pour Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat, il s’agit d’un budget « qui montre que le gouvernement fait la politique de l’autruche par rapport à l’été que l’on a vécu ». « Il n’y a pas de moyens supplémentaires pour l’adaptation du pays au changement climatique alors que les mois passés ont montré à quel point le pays était loin d’être prêt à y faire face », critique-t-elle. Un avis partagé par Jean Burkard, du WWF France. « On est invité à se réjouir car il y a des coups de rabot un peu partout ailleurs, souligne-t-il. Mais là où il faudrait accélérer, on nous dit qu’on reste au même niveau, c’est donc une mauvaise nouvelle. »

Raphaëlle Besse Desmoulières

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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