ARTICLE DU JOUR
Suicide assisté : une décision qui va bien au-delà de l’importance des symptômes
Par Mme Aude Rambaud
(Saint-Germain-en-Laye)
Date de publication : 1er octobre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=fa26a186937fc588fe7a5c0ec78d5a15&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24373&from=newsletter&slnk=4
Temps de lecture: 2 min
Le suicide assisté est une décision lourde de sens, motivée par plusieurs facteurs qui interagissent. C’est ce que montre une équipe suisse qui a interrogé des patients engagés dans cette démarche. Cette étude qualitative parue le BMJ montre que cette décision résulte d’un processus prospectif de construction de sens, ancré dans des valeurs personnelles, des considérations relationnelles et une conscience du temps, plutôt que comme une simple réaction à la souffrance physique.
Le suicide assisté est généralement décrit dans la littérature comme une décision résultant de facteurs tels que la douleur, la perte d’autonomie, l’atteinte à la dignité et des souffrances insupportables.
Pour mieux comprendre les processus réels inhérents à cette décision, une équipe suisse a interrogé des personnes engagées dans cette démarche sur leurs motivations profondes.
Les participants ont été recrutés entre 2023 et 2025 par l’intermédiaire de trois associations pour le droit de mourir dans la dignité et grâce à des contacts avec des professionnels de santé. Les entretiens avaient lieu au domicile des participants ou à l’hôpital.
Au total, 30 adultes ont accepté de participer, tous faisaient preuve de discernement et communiquaient correctement à l’oral, et quatorze d’entre eux sont décédés par suicide assisté quelques semaines après l’entretien.
Ces personnes ont décrit leur décision comme le fruit de l’interaction complexe entre plusieurs processus qui ont consolidé, stabilisé et renforcé le choix de recourir au suicide assisté au fil du temps :
-le besoin de maîtriser le processus de fin de vie,
-la validation externe apportée par les proches, les professionnels de santé ou les associations de défense du droit à mourir dans la dignité,
-la recherche d’une cohérence entre leur vie et leur mort, et
-le sentiment d’urgence d’entamer la demande avant qu’il ne soit trop tard.
Référence :
Solenne Blanc et al.
How patients explain and make sense of their decision for assisted suicide in Switzerland (the Exit Project): qualitative exploratory study
BMJ 2026;394:e100610
Retrouvez l’abstract en ligne
How patients explain and make sense of their decision for assisted suicide in Switzerland (the Exit Project): qualitative exploratory study
BMJ 2026; 394 doi: https://doi.org/10.1136/bmj-2026-100610 (Published 15 September 2026)Cite this as: BMJ 2026;394:e100610
- Solenne Blanc
1, doctoral student,
- Lea Heistrüvers
2, doctoral student,
- Sofia Savinelli
3, research collaborator,
- Mathieu Bernard
4, associate professor,
- Gian Domenico Borasio
5, researcher,
- Ralf J Jox
1, professor,
- Philip Larkin
6, professor,
- Anca-Cristina Sterie
7, assistant professor,
- Claudia Gamondi
5, head of palliative and supportive care service
- Correspondence to:
S Blanc (solenne.blanc@chuv.ch)
Abstract
https://www.bmj.com/content/394/bmj-2026-100610#
Objective To explore how people actively pursuing assisted suicide in Switzerland frame and report the motivations underpinning their decision.
Design Qualitative exploratory study using semistructured interviews analysed through reflexive thematic analysis within a constructivist framework.
Setting Participants were recruited across Switzerland between October 2023 and July 2025 through three right-to-die associations and contact with healthcare professionals, including palliative care clinicians and general practitioners. Interviews were conducted in French, German, or Italian and were set in participants’ homes or in hospitals.
Participants 30 adults with decision making capacity who were able to communicate verbally and had contacted a right-to-die association to initiate an assisted suicide request were recruited to the study. Participants were interviewed while actively engaged in the assisted suicide request process. Fourteen participants subsequently died by assisted suicide within weeks of the interview.
Results Participants described the decision to request assisted suicide as the outcome of several motivational processes interacting rather than being caused by a single precipitating factor. Analysis identified six interrelated themes: imagining and shaping one’s own death, considering assisted suicide as a trusted commodity, seeking validation and common ground, reclaiming personal power over the medicalisation of dying, crossing the unbearable threshold, and seizing the narrowing window of opportunity. These themes functioned as dynamic, interacting motivations that consolidated, stabilised, and reinforced the choice to pursue assisted suicide over time.
Conclusions In this study, the pursuit of assisted suicide emerged as prospective, meaning making processes embedded in personal values, relational considerations, and awareness of time, rather than solely as a reactive response to physical suffering. Recognising this complexity may support more ethical clinical dialogue and inform policy discussions in jurisdictions where assisted dying is permitted or under consideration.
