« Ménopause : le risque de thrombose associé aux traitements hormonaux oraux confirmé par une vaste étude »
Date de publication : 28 septembre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=6363daee0326f603353b56d2f5db39f2&midn=24370&from=newsletter
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Florence Rosier note dans Le Monde : « Quel est le rapport bénéfices-risques des traitements hormonaux de la ménopause (THM) ? […] La question reste très sensible, les nombreuses études sur le sujet livrant souvent des résultats hétérogènes ».
La journaliste indique qu’« une vaste étude danoise livre à son tour des résultats sur le sujet dans le British Medical Journal ».
Elle retient que « l’hormonothérapie de la ménopause, administrée par voie orale, est associée à un surrisque de formation de caillots sanguins (thrombose) dans les veines des jambes ou des poumons, indépendamment de la dose ou de la durée du traitement.
Quant aux risques d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral (AVC), ils sont limités, dans cette étude, à l’utilisation prolongée (plus d’un an) d’une hormonothérapie orale à base d’œstradiol à forte dose (plus de 1 mg/jour) ».
Florence Rosier ajoute que
« l’hormonothérapie transdermique, c’est-à-dire administrée par voie cutanée sous forme de patchs, de gels ou de sprays – de loin la plus utilisée en France – ne montre ici aucune augmentation du risque thrombotique, quels que soient le schéma thérapeutique, la dose ou la durée du traitement ».
La journaliste explique que « les auteurs ont examiné les données du registre de santé danois concernant les femmes âgées de 50 à 69 ans vivant au Danemark entre 2003 et 2021 ».
« Les chercheurs ont constaté que l’hormonothérapie orale à base d’œstrogènes (seuls ou associés à un progestatif) induisait «un cas supplémentaire de thromboembolie veineuse pour 1055 femmes sous THM orale pendant un an, un cas d’AVC supplémentaire pour 1642 femmes ainsi traitées et un cas d’infarctus supplémentaire pour 3846 femmes ainsi traitées» », note Florence Rosier.
Elle précise toutefois que « cette étude reste observationnelle. Surtout, les Danoises n’utilisent pas les mêmes progestatifs que ceux prescrits en France ; et le nombre de patientes ayant reçu une hormonothérapie transdermique reste limité dans ce pays, d’où une faible puissance statistique sur ce volet de l’étude ».
La journaliste rappelle que « plusieurs études marquantes, telle la méta-analyse publiée dans The Lancet en 2019, ont fortement suggéré un surrisque de cancers du sein chez les femmes traitées. A quoi s’ajoute cette coïncidence troublante : en France comme dans d’autres pays, la forte baisse des prescriptions de THM, après 2002, a été suivie d’une baisse rapide de l’incidence des cancers du sein chez les plus de 50 ans ».
Florence Rosier retient en outre « cette «énorme variabilité observée d’une femme à l’autre», relève Amani Meaidi, de l’hôpital Nordsjællands, à Hillerod (Danemark), qui a coordonné l’étude danoise ».
« Pourquoi certaines femmes ne ressentent-elles aucun symptôme ou presque, tandis que d’autres sont très affectées ? Pourquoi certaines sont-elles plus sensibles aux bénéfices ou aux risques des THM ? Comprendre les raisons de ces disparités, juge cette épidémiologiste, est «aussi important, au bout du compte, que de savoir comment traiter au mieux les symptômes» », conclut la journaliste.