Le médecin de famille plébiscité mais fragilisé : un modèle à réinventer
(Baromètre Odoxa)
Émis par : Odoxapour MadeForMed
La première édition du Baromètre de la médecine de famille réalisée par Odoxa pour MadeForMed, éditeur de logiciels dédiés aux médecins, vient de paraître.
Les principaux enseignements du Baromètre :
• Le « médecin de famille » est plébiscité par le grand public et les professionnels : 94% des médecins généralistes et 82% des Français déclarent qu’ils sont attachés à son rôle.
• L’appellation « médecin de famille » est même nettement préférée à celle de « médecin généraliste » : 63% des médecins la juge plus valorisante.
• Mais aujourd’hui, plus des 2/3 des généralistes estiment que le système de santé privilégie l’accès rapide aux soins (68%), au détriment du suivi des patients dans la durée.
• Et dans un contexte de saturation des professionnels de santé, moins de la moitié des Français se tournent vers leur médecin traitant quand ils ont un problème de santé (47%) alors que les autres privilégient le premier médecin disponible en RDV physique (16%), la téléconsultation (6%) ou attendent que le problème passe (31%).
• Une tendance accentuée par les plateformes de prise de rendez-vous et de téléconsultation dont les médecins généralistes soulignent l’impact négatif sur le suivi des patients dans la durée (71%) et la relation patients-médecins (78%).
Pour Julien Pourcel, médecin généraliste et co-fondateur de MadeForMed : « Avoir un médecin qui vous connaît, qui connaît votre histoire, vos antécédents, votre mode de vie, c’est ce qui permet de détecter les signaux faibles et de prévenir les problèmes de santé qui pourraient être évités. Le modèle du médecin de famille n’est pas une nostalgie : c’est un besoin, que les chiffres de cette étude rendent incontestable. La question est de savoir si nous voulons continuer à organiser un système qui l’affaiblit, ou au contraire nous donner les moyens de le préserver ».
Consulter le rapport de l’analyse détaillée de l’enquête, menée auprès d’échantillons représentatifs des médecins généralistes et des Français âgés de 18 ans et plus en cliquant ici
Sondage réalisé par Odoxa pour MadeForMed
Synthèse détaillée (1/2)
Pessimistes et déçus par un suivi dans la durée de moins en moins facile, les médecins généralistes plébiscitent le rôle de médecin de famille et ses atouts pour réenchanter la relation avec les patients.
Un très fort attachement au « médecin de famille » chez les généralistes et les Français, considéré comme un repère essentiel, moteur de la relation de confiance patients/médecins
• Le « médecin de famille » est plébiscité par le grand public et les professionnels : 94% des médecins généralistes et 82% des Français déclarent qu’ils sont attachés à son rôle.
L’appellation « médecin de famille » est même nettement préférée à celle de « médecin généraliste » : 63% des médecins la juge plus valorisante.
• Le rôle central du médecin de famille est reconnu par plus de 9 Français sur 10 : c’est un repère pour les patients (91%) et une figure essentielle du système de santé (91%).
Mais le pessimisme domine chez les médecins généralistes dans un contexte de forte baisse d’attractivité du métier
• 95% des médecins généralistes sont fiers d’exercer leur métier… mais ils sont tout aussi nombreux à considérer que c’est un métier difficile (95%).
• Et signe que les difficultés pèsent peut-être plus que la fierté d’exercer, 66% d’entre eux sont pessimistes pour l’avenir de leur profession. Dans le même ordre d’idée, 88% considèrent que l’exercice de la médecine est devenu moins attractif ces dernières années.
Entre pression sur l’accès aux soins et nouveaux réflexes des patients, un modèle fragilisé
• Si les médecins généralistes ont choisi la médecine générale, c’est avant tout pour la diversité des situations (69%), l’autonomie dans l’exercice (62%) et le suivi des patients dans la durée (56%)… mais aujourd’hui, plus des 2/3 d’entre eux estiment que le système de santé privilégie l’accès rapide aux soins (68%), au détriment du suivi des patients dans la durée.
• Illustration concrète des difficultés de suivi dans la durée, seuls les Français de 50 ans et plus consultent régulièrement leur médecin traitant.
Synthèse détaillée (2/2)
Pessimistes et déçus par un suivi dans la durée de moins en moins facile, les médecins généralistes plébiscitent le rôle de médecin de famille et ses atouts pour réenchanter la relation avec les patients
D’ailleurs, dans un contexte de saturation des professionnels de santé, moins de la moitié des Français ont le réflexe de se tourner vers leur médecin traitant quand ils ont un problème (47%) alors que les autres privilégient le premier médecin disponible en RDV physique (16%), la téléconsultation (6%) ou attendent que le problème passe (31%).
• Les Français reconnaissent pourtant l’importance d’un suivi régulier par le même médecin. 90% d’entre eux valident qu’il permet un meilleur suivi de la santé.
Essor des plateformes de rendez-vous et de téléconsultations : un facteur aggravant
• Les généralistes valident l’impact positif des plateformes de prise de rendez-vous et de téléconsultation sur l’accès aux soins (64%) et les conditions de travail (55%) mais
soulignent leur impact négatif sur le suivi des patients dans la durée (71%) et la relation patients-médecins (78%).
• Ils font cependant confiance aux outils numériques (outils d’aide au suivi, IA…) : 8 sur 10 d’entre eux considèrent qu’ils peuvent les aider à assurer leur rôle de « médecins de famille ».
Des solutions identifiées pour donner un nouveau souffle à la médecine de famille : réduire la charge administrative et revaloriser son rôle dans le parcours de soin
• Attachés au rôle du « médecin de famille », les médecins généralistes rejettent néanmoins son modèle traditionnel. La disponibilité permanente et la relégation au second plan de sa vie personnelle ne leur semblent plus du tout acceptables aujourd’hui. De nombreuses dimensions du rôle classique des médecins de famille doivent par contre être conservées selon eux et en premier lieu la relation de confiance avec les patients (83%).
• Les médecins généralistes identifient deux priorités pour renforcer le rôle et la place des médecins de famille : réduire la charge administrative (73%) et revaloriser leur rôle dans le parcours de soin (69%). Ces deux sujets ont été significativement plus mentionnés que la sensibilisation des patients à l’importance du suivi médical (56%) ou le renforcement de la coordination entre les professionnels de santé (46%).


