« Il y a de plus en plus de difficultés d’accès à l’avortement », alerte Sarah Durocher, présidente du Planning familial
Publié le lundi 28 septembre 2026 à 06:21
L’invité de 6h20
INFO FRANCE INTER. Dans son baromètre sur l’accès à l’IVG, le Planning familial note de plus en plus de difficultés. Sa présidente, Sarah Durocher, dénonce notamment l’augmentation des refus de prise en charge par les professionnels de santé. Elle appelle à mettre fin à la clause de conscience.
Avec
- Sarah DurocherPrésidente nationale du Planning familial.
Malgré l’inscription de l’avortement dans la Constitution il y a plus de deux ans, son accès à l’avortement est de plus en plus difficile en France, alerte un baromètre du Planning familial que France Inter dévoile en exclusivité lundi 28 septembre, en cette Journée internationale pour le droit à l’avortement. « Il y a de plus en plus de difficultés d’accès à l’avortement », alerte Sarah Durocher, présidente du Planning familial, sur France Inter, lundi matin.
Selon cette enquête, le manque de professionnels formés, les déserts médicaux, font passer les délais d’attente au-delà des cinq jours prévus par la loi. Trois femmes sur quatre ayant avorté dans un établissement de santé ont attendu plus de sept jours pour obtenir leur rendez-vous, contre 54% en 2024. Le droit à l’avortement a été officiellement inscrit dans la Constitution le 8 mars 2024. Le Planning familial demande que le délai pour pouvoir avorter passe à 22 semaines au lieu de 14 actuellement, « comme dans d’autres pays européens », souligne Sarah Durocher.
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À l’occasion de la Journée internationale pour le droit à l’avortement ce lundi, le Planning familial appelle à une mobilisation massive. « Si jamais la droite conservatrice arrivera au pouvoir, bien évidemment que le droit à l’avortement sera attaqué. Ce n’est pas une exception, ça sera attaqué, pas par la loi, mais par l’accès », explique Sarah Durocher.
Difficultés d’accès, manque d’information et de structures
Le principal frein à l’accès à l’avortement est la ruralité et les difficultés d’accès géographiques pour 89% des personnes interrogées, devant le manque d’information (76%) et le manque de structures et/ou de professionnels (60%).
L’association dénonce « une véritable fracture territoriale, avec un accès généralement plus difficile en zone rurale et éloignée des grandes villes, qui se double d’inégalités sociales pour les personnes disposant de moins de ressources ou de possibilités de déplacement ».
« Parcours de la combattante »
Le Planning familial dénonce des « parcours semés d’obstacles » avec des refus d’accompagnement, des pressions ou une absence de choix de la méthode d’IVG. Une femme sur deux indique qu’un professionnel a refusé de l’accompagner pour l’intervention, contre 27% en 2024.
Selon cette enquête, deux femmes sur trois ayant avorté ont ressenti des pressions ou un jugement lors de l’avortement. « On a des témoignages de professionnels qui vont être très jugeants, très culpabilisants », souligne Sarah Durocher. « Avoir un refus, c’est quelque chose en fait, c’est une non-prise en charge. C’est très angoissant pour des femmes et parfois elles sont obligées d’aller voir un, deux, trois professionnels », ajoute la présidente du Planning familial, qui parle d’un « parcours de la combattante ».
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Le Planning familial appelle à mettre fin à la clause de conscience des professionnels de santé. « Ça participe à la stigmatisation d’un acte », déplore Sarah Durocher. « Pourquoi l’avortement, il y aurait une double conscience spécifique ? Je pense que c’est vraiment un changement de culture de faire en sorte que l’avortement soit un acte tout comme les autres », souligne-t-elle.
Des recherches sur les réseaux sociaux et avec l’IA
Une femme sur cinq n’a pas eu le sentiment d’avoir pleinement eu le choix de sa méthode d’IVG, d’après le baromètre qui pointe également des difficultés à s’informer sur l’avortement. 42% des femmes interrogées ayant eu recours à une IVG citent Internet comme source d’information, devant leur entourage. Le Planning familial note que la recherche d’informations sur l’IVG « se modernise » et passe désormais également par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle. « L’IA oriente bien vers le planning familial actuellement, mais vous le savez très bien que ce sont des choses qui peuvent évoluer et que les personnes en France et dans le monde qui sont anti-avortement ont beaucoup d’argent et parfois aussi peuvent même un peu diriger les réseaux sociaux, donc bien évidemment qu’on a une inquiétude », affirme Sarah Durocher.
Le Planning familial a également interrogé dans cette enquête 55 associations départementales. 62% estiment que l’accès à l’IVG n’est pas facile dans leur département, contre 47% en 2024. 58% considèrent que l’avortement est encore perçu de manière péjorative, contre 44% en 2024. 62% indiquent que les personnes qui avortent n’ont pas toujours le choix de leur méthode d’IVG, contre 56% en 2024.