Geler les APL ne revient pas à demander « un petit effort à tout le monde »
le 24 septembre 2026
Au menu de ce nouveau graphorama : le gel des APL voulu par le ministre du Logement toucherait surtout les plus modestes ; la France est désormais une mauvaise élève européenne en matière de chômage ; la consommation d’électricité des data centers est déjà significative en Europe, et ce n’est que le début ; malgré leur importance dans certains secteurs essentiels, les structures de l’économie sociale et solidaire sont en difficulté.
1/ Gel des APL : les plus modestes vont trinquer
Les allocataires des aides au logement sont très concentrés parmi les bas revenus
Part de ménages bénéficiaires des APL au sein de chaque décile de revenu, en %

Source : EERFS 2023, Insee, calculs Pierre Madec
© Alternatives Economiques
« On demande un petit effort à tout le monde », a expliqué le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, samedi 19 septembre, pour justifier l’annonce du gel des aides personnalisés au logement (APL) pour 2027. Mais ce « tout le monde » a bon dos, car toucher aux aides au logement revient à grever directement le budget des plus modestes, ce que le ministre ne peut ignorer.
En 2023, près de huit bénéficiaires des APL sur dix appartenaient aux 30 % de Français les plus modestes. Ces mêmes bénéficiaires ont déjà pâti de lacontemporanéisation de la prise en compte des ressources en 2021, qui permet à l’exécutif de verser environ un milliard d’euros d’allocations en moins par an, alors que les loyers continuent d’augmenter.
Le même ministre fait partie d’un gouvernement qui refuse toute taxe Zucman sur le patrimoine des ultrariches et entend même alléger la fiscalité des donations. Il avait aussi lancé en début d’année un dispositif pour faciliter l’investissement locatif. Difficile, dans ces conditions, de croire que sa volonté est de partager équitablement l’effort.
Xavier Moléna