Sécu et complémentaires: en quelques jours deux propositions opposées: I/Transfert massif vers les complémentaires (Experts IGAS-IGF) – II Gestion unique Assurance maladie-complémentaire (Tribune du groupe derrière A. Grimaldi)

I/« Sécu : ce rapport choc qui veut transférer des milliards de dépenses aux mutuelles »

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 Date de publication : 24 septembre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=9c66ca148a7475ff4916e4b350cafd92&id_newsletter=24335&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24335&from=newsletter&slnk=10

Temps de lecture: 2 min


Jean Cittone relève dans Le Figaro que « 4 experts ont été mandatés par le gouvernement pour «proposer les voies et moyens d’une réforme structurelle» entre l’Assurance-maladie obligatoire (AMO) et les complémentaires (AMC), notamment pour «contribuer à la soutenabilité de notre système de protection sociale» ».


« Leur rapport, remis aux ministres ce mercredi, propose plusieurs pistes explosives, avec notamment le transfert du remboursement d’une grande partie du coût du transport sanitaire de la Sécu vers les mutuelles », observe le journaliste.
Il indique notamment que les experts « estiment que le transfert d’une «partie significative des dépenses de transports sanitaires», qui ont représenté un coût de 6,7 milliards d’euros pour l’Assurance-maladie en 2024, permettrait de «capitaliser sur les compétences des organismes assureurs en termes d’assistance» ».


« Dans le même esprit, les 4 experts préconisent de transférer vers les organismes complémentaires «les dépenses d’optique et d’audioprothèses, actuellement financées par l’Assurance-maladie (respectivement 350 et 450 millions d’euros) afin de les responsabiliser en tant que gérant du risque de ces segments de dépense» », continue Jean Cittone.


Le journaliste relève que « la mission souhaite également que les mutuelles aillent plus loin en matière de prévention, un levier essentiel des politiques de santé mais dont la mise en œuvre se heurte bien souvent au court-termisme des décideurs politiques et institutionnels.

Le rapport propose donc que les organismes complémentaires, rebaptisés «Organismes d’assurance-santé» (Odas), consacrent «a minima 2% de leurs cotisations à la prévention en santé, notamment en entreprise, en privilégiant les actions probantes» ».


Jean Cittone ajoute que « les arrêts de travail […] font par ailleurs l’objet d’une proposition ambitieuse, avec la réforme des indemnités journalières (IJ) versées à la place du salaire du travailleur arrêté. Les experts préconisent «de confier une partie accrue des IJ associées aux premiers jours d’arrêts maladie aux employeurs, ce qui pourrait se traduire par un rôle accru des Odas (en prévoyance) et conforter leurs actions de gestion du risque en entreprise, y compris en prévention» ».
Le journaliste relève qu’« en faisant peser sur les employeurs (par le biais de leurs contrats de prévoyance) le coût des premiers jours d’un arrêt, les rapporteurs espèrent que ceux-ci feront en sorte d’améliorer les conditions de travail de leurs salariés et d’éviter ainsi en amont l’apparition de problématiques conduisant à un arrêt maladie ».

Rapport Sécu–mutuelles : un bon diagnostic, mais une architecture quasi inchangée

Frederic Bizard

Frederic Bizard

Professeur d’économie chez ESCP Europe | MBA de l’INSEAD

25 septembre 2026 https://www.linkedin.com/pulse/rapport-sécumutuelles-un-bon-diagnostic-mais-une-quasi-bizard-yzvbe/

Le rapport Hubert–Bouzou–Junique–von Lennep sur l’articulation entre Assurance maladie et complémentaires santé pose un diagnostic largement juste sur le financement: responsabilités illisibles, empilement des financeurs, prévention insuffisante, frais de gestion élevés…

Il fait des propositions intéressantes, mais chacune comprend des contradictions et limites flagrantes.

Ce qui va dans le bon sens :

–       Confier aux complémentaires le financement de certaines prestations au premier euro ;

  • Créer un « contrat essentiel » ;
  • Recentrer les remboursements de la sécu sur les soins dont la pertinence est scientifiquement établie ;
  • Donner aux complémentaires davantage de responsabilités dans la prévention.

Le rapport pointe du doigt les limites du système actuel et le rôle encore largement cantonné des complémentaires à celui de « co-payeurs ».

Mais sur chacun de ces points, le rapport s’arrête en chemin.

1. Un financeur unique par prestation… mais seulement pour les assureurs privés

Le rapport fait des mutuelles l’assureur unique au premier euro sur quelques postes. Pour tout le reste, il leur conserve leur rôle de complémentaire : deux payeurs pour un même acte. Le système reste illisible et coûteux : les complémentaires dépensent près de 9 Md€ en frais de gestion, soit près de 20 % des cotisations. Et la Sécu ne peut toujours pas piloter seule les prestations dont elle a la charge. C’est vouloir le beurre et l’argent du beurre : de nouveaux marchés pour le secteur, aucune clarté pour l’Assurance maladie.

Un soin, un payeur devrait être le principe directeur : celui qui finance doit pouvoir réellement gérer le risque, négocier, organiser et être responsable du résultat.

2. Un « contrat essentiel » qui risque de reproduire le contrat responsable

L’idée d’un contrat essentiel est intéressante à condition d’en faire un véritable contrat étalon, simple et comparable. Il doit faire baisser les primes et les coûts de gestion

Chaque offre de ce contrat essentiel est affichée sur un comparateur public : en un clic, chacun compare les prix de tous les assureurs pour le même contrat. La concurrence (concept peu évoqué dans le rapport) se joue alors sur l’efficience, le service rendu et la prévention .

Mais si ce contrat continue essentiellement à assurer les tickets modérateurs (le reste à charge de l’AMO) définis par l’Assurance maladie, on reproduira sous un nouveau nom une grande partie des dérives du contrat responsable. L’optique y resterait aussi, alors que de nombreux pays européens la laissent hors de l’assurance, faute d’aléa. C’est tuer l’idée même de contrat socle.

On changera l’étiquette sans changer le produit.

3. Recentrer la Sécu… sans refonder son pilotage

Le rapport veut recentrer la couverture sur les soins essentiels et scientifiquement prouvés, notamment à partir des évaluations de la HAS. C’est une orientation nécessaire et urgente.

Mais sélectionner et actualiser le panier de soins suppose une gouvernance capable d’arbitrer en permanence entre pertinence médicale, innovation, prévention et soutenabilité.

Les auteurs reconnaissent eux-mêmes la difficulté :

« En l’absence de transformations du système lui-même, de sa gouvernance et de son organisation, les changements proposés pour le financement s’avéreront inopérants. »

C’est précisément là que le rapport est vide, et c’est dommage. On ne fera pas évoluer la place des assureurs privés sans réformer l’assurance maladie et le système de santé en général.

4. Une ambition prévention timide

Le rapport propose que les complémentaires consacrent au minimum 2 % de leurs cotisations à la prévention et à l’accompagnement.

C’est un début bien timide et révélateur du risque d’affichage de cette évolution. La transformation devrait être beaucoup plus profonde.

L’accompagnement du capital santé des assurés doit devenir la mission centrale des assureurs privés, et le simple remboursement de soins une mission secondaire : prévention personnalisée, numérique et IA, accompagnement des parcours, partenariats avec les acteurs de prévention, mesure des résultats….

Les assureurs les plus innovants ont déjà commencé à prendre cette direction.

C’est probablement là que le rapport reste le plus conservateur : il donne davantage de responsabilités aux complémentaires sans transformer leur modèle.

Appliqué tel quel, il ne change rien de fondamental : ni au déficit structurel de l’Assurance maladie (15,9 Md€ en 2025, 17,7 Md€ attendus en 2029), ni au creusement des inégalités sociales de santé, ni à l’efficience du système. Il ne favorise pas les assureurs les plus performants. Ni, donc, les assurés et la collectivité.

La question n’est pas de redistribuer 5 milliards entre deux payeurs. Elle est de choisir une architecture claire : un payeur par prestation, une Sécu qui pilote l’essentiel, des assureurs privés réellement responsables de leur périmètre et investissant dans la santé au lieu de rembourser des restes à charge.

Le rapport pose une partie des bonnes questions. Il reste maintenant à aller au bout de ses propres constats.

Lien vers le rapport: https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_amo_et_amc_2025-111r1_septembre_2026-2.pdf?TSPD_101_R0=087dc22938ab2000063951c56eed47cd00625c8c20092b4e8b21bcd174d9fe23de01d18a89bebe3c086596d4681430008f560b52fab6a436618bf506126fbdda698da33c040e20d39b5f702585daae0e1e9479fc7248a28269e97cbeb8a2002f

Assurance maladie obligatoire et complémentaires santé : un éclairage chiffré sur les scénarios d’évolution du financement des soins

Publié le  24/09/2026 https://www.igas.gouv.fr/assurance-maladie-obligatoire-et-complementaires-sante-un-eclairage-chiffre-sur-les-scenarios-devolution-du-financement-des-soins

Émilie Fauchier-Magnan (IGAS), Anouk Canet, Adrien Charlet(IGF)


L’IGAS et l’IGF publient une étude de chiffrage destinée à éclairer les débats sur l’avenir de l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé

Synthèse: https://www.igas.gouv.fr/sites/igas/files/2026-09/Synthese%20rapport%20Chiffrage%20AMO%20AMC.pdf

Le rapport: https://www.igas.gouv.fr/sites/igas/files/2026-09/Rapport%20IGAS-IGF%20Chiffrage%20AMO%20AMC.pdf

Éclairer les choix de financement du système de santé 

Dans le prolongement du rapport « Refonder l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé au service de la transformation du système de santé » d’Elisabeth Hubert, Nicolas Bouzou, Stéphane Junique et Franck Von Lennep, l’IGF et l’IGAS publient des travaux d’analyses et de chiffrages de plusieurs scénarios d’évolution du partage des financements entre assurance maladie obligatoire (AMO) et complémentaires santé (AMC). Ce rapport, qui a alimenté le rapport des quatre personnalités qualifiées, ne formule pas de recommandations mais mesure l’impact de différentes options sur les dépenses publiques, les restes à charge des assurés et le niveau des primes payées auprès des complémentaires santé. Il présente également les effets redistributifs de ces scénarios. 

Bouclier sanitaire et décroisement du panier de soins : deux scénarios de réforme à l’étude

  • Le rapport analyse d’abord différents scénarios de bouclier sanitaire, consistant à plafonner les restes à charge après assurance maladie obligatoire : au-delà d’un certain montant de dépenses de santé, l’assurance maladie prendrait en charge 100 % des dépenses de santé. 
  • Il étudie également plusieurs scénarios de « décroisement » du panier de soins, consistant à confier intégralement certains postes de dépenses à un seul financeur (AMO ou AMC), en mettant fin au mécanisme de copaiement. 

Un exercice inédit de chiffrage

Ces travaux apportent un éclairage chiffré aux débats sur l’avenir du financement des dépenses de santé. À travers un exercice inédit de simulation et de chiffrage conduit conjointement par l’IGF et l’IGAS, avec le concours de la Drees, ils permettent d’apprécier les conséquences de différents scénarios d’évolution de l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé et contribuent ainsi à éclairer la décision publique.
 Les experts désignés par Macron dont une ancienne ministre de la santé veulent détruire la sécurité sociale !

II/ Santé : pour la création d’une Mutuelle complémentaire gérée par la Sécurité Sociale 

23 SEPTEMBRE 2026

PROTECTION SOCIALE

8 SEPTEMBRE 2026 https://blogs.mediapart.fr/les-invite-es-de-mediapart/blog/080926/sante-pour-la-creation-d-une-mutuelle-complementaire-geree-par-la-securite-sociale

Les invité·es de Mediapart

Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

Tribune

 « La gestion unique par la Sécu de l’Assurance maladie obligatoire et de l’Assurance maladie complémentaire entraînerait l’économie d’au moins 8 milliards de frais de gestion inutiles qui pourraient être utilisés pour améliorer l’accès aux soins. » Un collectif de professionnels de santé, d’élu·es et de personnalités demandent la création d’une Mutuelle complémentaire gérée par la Sécurité sociale et appellent à signer la pétition citoyenne sur le site de l’Assemblée Nationale. (https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5254)

 La cotisation aux Assurances santé complémentaires (Mutuelles, Instituts de prévoyance et Compagnies d’assurance) ne cesse d’augmenter. Plus 6% en moyenne en 2025 et plus de 25% en trois ans.

Les Complémentaires santé sont moins égalitaires que la Sécu dans la mesure où les prestations couvertes par les mutuelles dépendent du niveau de contrat souscrit (de base, intermédiaires et optimum).

Moins égalitaires, elles sont aussi moins solidaires, notamment pour les retraités : les plus modestes d’entre eux consacrent plus de 10% de leurs revenus pour payer les soins restant à leur charge après le remboursement par la Sécu, contre moins de 4% pour les retraités plus aisés.

Moins égalitaires et moins solidaires, les Assurances complémentaires sont aussi moins efficaces : alors qu’elles ne remboursent que 12,5% des soins, leurs frais de gestion atteignent, en 2024, la somme exorbitante de 8.7 milliards.

À l’inverse, la Sécu qui rembourse 80% des soins ne consacre que 7 milliards d’euros aux frais de gestion. Autrement dit, quand vous versez 100 euros à votre complémentaire santé seulement 80 euros vont au remboursement des soins tandis que lorsque vous cotisez 100 euros à la Sécu, plus de 95 euros vont aux soins.

Illustration 1
Une pharmacie dans les Yvelines, le 10 avril 2025.  © Photo Henrique Campos / Hans Lucas via AFP

C’est pourquoi nous demandons la création d’une Mutuelle complémentaire gérée par la Sécurité sociale respectant ses principes fondateurs de solidarité pour le financement (chacun paie en fonction de ses moyens), d’égalité pour les prestations (chacun reçoit en fonction de ses besoins) et de démocratie.

Cette Mutuelle complémentaire de la Sécu financée par les cotisations venant en complément de l’Assurance maladie obligatoire permettrait une prise en charge intégrale par la Sécu de l’ensemble des actes de soin et de prévention relevant de la solidarité et ayant montré leur efficacité.

Les complémentaires actuelles deviendraient des assurances supplémentaires pour des actes relevant du confort ou n’ayant pas démontré leur efficacité.

La gestion unique par la Sécu de l’Assurance maladie obligatoire et de l’Assurance maladie complémentaire, permettant de supprimer le doublon actuel des frais de gestion entre Sécu et Complémentaires, entraînerait l’économie d’au moins 8 milliards de frais de gestion inutiles qui pourraient être utilisés pour améliorer l’accès aux soins.

Nous signataires demandons la création pour nous tous d’une Sécu Intégrale gérant l’Assurance maladie obligatoire et l’Assurance complémentaire santé.

Pour signer la pétition, c’est ici

Premiers signataires :

Philipe Abecassis, économiste, maître de conférence ;
Francis Abramovici, médecin généraliste Maison de santé Simone Veil ;  
Dominique Acker, IGAS honoraire ; 
Hélène Adam, syndicaliste  ; 
Patrick Aeberhard, cardiologue cofondateur de Médecin du Monde ; 
Zahir Amoura, professeur de médecine ; 
Philippe Askenazy, professeur d’économie; 
Patrick Assayag, professeur de médecine ; 
Geneviève Azam, économiste ; 
Barrier, auteur réalisateur; 
Jacques Battistoni, médecin généraliste, ancien président de MG France ; 
Alain Beaupin, médecin généraliste ;
Bernard Bégaud, professeur de médecine ; 
Jacques Belghiti, professeur de médecine ; 
Nicolas Bélorguey, sociologue CNRS ; 
Lise Bérégovoy, consultante ; 
Francis Berenbaum, professeur de médecine ; 
Jean-François Bergman, professeur de médecine ; 
Lazare Bitoun, professeur de littérature américaine ;
Alexandre Bleibtreu, infectiologue hospitalier ;  
Marie-Caroline Bonnet-Galzy ancien directrice de l’IGAS, ancien présidente de Santé publique France ; 
Olivier Bouchaud, professeur de médecine ; 
François Bourdillon, ancien directeur général de Santé Publique France; 
Dominique Bourg, professeur d’université ; 
Marie-Germaine Bousser, professeure de médecine ;  
Jean Brami, médecin généraliste ; 
Jean-Hervé Bradol ; 
Pierre-Louis Bras, inspecteur général des affaires sociales honoraire, ancien directeur de la sécurité sociale ; 
Raphaël Briot, anesthésiste-réanimateur, maître de conférence ; 
Michel Bronstein, chirurgien ; 
Bernadette Bronstein, infirmière ; 
Gilles Brucker, professeur de médecine ;  
Martine Bulard, journaliste ;  
Guillaune Cadiot, professeur de médecine ; 
Laurent Cadreils, professeur des écoles ;  
Julia Cagé professeur d’économie ; 
Marylène Cahouet, professeure de lettres ; 
Sophie Caillat-Zucman , professeur de médecine ; 
Alain Cariou, professeur de médecine ; 
Claire Carette, professeure de médecine ;  
Lucie Castets, maire du 12ème arrondissement de Paris ; 
Yves Catonné, professeur de médecine ; 
Eric Caumes, professeur de médecine ; 
Rodolphe Charles, médecin généraliste ;  
Julie Chastang, médecin généraliste, maitresse de conférence ; 
François Chast, professeur de pharmacie, président honoraire de l’Académie de pharmacie ; 
Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU ; 
Hervé Chneiweiss, directeur de recherche au CNRS, professeur de biologie au Collège de France ; 
Elie Couraqui réalisateur scénariste ; 
Jean-François Cibien, président d’avenir hospitalier ; 
Philippe Corcuff, professeur de sciences politiques ;  
Benjamin Coriat, professeur d’économie ; 
Philippe Cornet, médecin généraliste ; 
Gérard Cornilleau, économiste OFCE ; 
Catherine Corsini, cinéaste ;  
Jézabel Couppey- Soubeyran, économiste, maitresse de conférence ; 
Edouard Couty , ancien directeur des hôpitaux ; 
Armand Creus, attaché territorial principal ; 
Patrice Darmont, professeur de médecine ; 
Brigitte Delemer, professeure de médecine ; 
Aldo Del Volgo, ancien médecin chef départemental de l’Assurance maladie ;  
Mady Denantes, médecin généraliste ; 
Jack Dion, journaliste ; 
Jean-Paul Domin, professeur d’économie ; 
Brigitte Dormont, professeure d’économie de la santé ; 
Patrick Dubbreil, médecin généraliste, Revue Pratiques ; 
Julien Duval, sociologue, directeur de recherche  CNRS ; 
Pierre Vladimir Ennezat, cardiologue hospitalier ; 
Hector Falcoff, médecin généraliste, SFTG Recherche; 
Didier Fassin anthropologue, médecin ; 
Eric Fassin , professeur de sociologie ; 
Gérard Filoche,  inspecteur du travail ; 
Bernard Filliat, président CTRC Aura ; 
Alain Fischer, professeur de médecine,  ancien président de l’Académie des sciences ; 
Marc Fleurbaey, professeur d’économie, directeur de recherche au CNRS ; 
Cynthia Fleury-Perkins, philosophe psychanalyste ; 
Philippe Fossati, professeur de médecine ; 
Irène Frachon pneumologue hospitalière;  
René Frydman, professeur de médecine; 
Vincent Gajdos, professeur de médecine ; 
Alain Gaudric, professeur de médecine émérite ;   
Brice Gayet, professeur de médecine ; 
Anne Gervais, hépatologue hospitalière; 
Agnès Giannotti, présidente de MG France ; 
Yves Gigou, cadre de santé, collectif 39 ; 
Luc Ginot, ancien directeur de la santé publique de l’ARS IdF ; 
Roland Gori, professeur de psychopathologie ; 
Patrice Grevet, économiste ;  
André Grimaldi, professeur de médecine; 
Robert Guédiguian, réalisateur de cinéma ,producteur et scénariste ;  
Jerôme Guedj, député ; 
Isabelle Guéguen, infirmière; 
Claude Guérin, professeur émérite de médecine ; 
Jean-Marie Harribey,  économiste, maître de conférence; 
Pierre de Haas, médecin généraliste, ancien président de la Fédération des maisons et des pôles de santé ; 
Maxime Hentzien, professeur de médecine ; 
Serge Hercberg, professeur de médecine; 
Albert Herszkowicz, médecin de santé publique ; 
Olivier Hermine, professeur de médecine ; 
Emmanuel Hirsch, professeur émérite d’éthique médicale ; 
Louis -Marie Horeau, journaliste ; 
Hélène Huber, économiste, maître de conférence ; 
Xavier Iacovelli, vice-président du sénat ; 
Juliette Inican, démographe ; 
Stanislas Johanet, anesthésiste réanimateur ; 
Samuel Joshua, professeur des sciences ; 
Jean-luc Jouve, professeur de médecine ; 
Vincent Jullien, professeur émérite de philosophie des sciences ; 
Florence Jusot, professeure d’économie ; 
Pierre Khalfa, économiste, fondation Copernic ; 
Karine Lacombe, professeure de médecine; 
Thomas Lacoste, réalisateur ; 
Martine Laville, professeure de médecine ; 
Anicet Le Pors ;  
Claude Leicher, médecin généraliste ; 
Dominique Leguludec, professeure de médecine, ancienne présidente de l’HAS ; 
Hervé Lelourec, agrégé de mathématiques, syndicaliste Snesup-FSU retraité ; 
Sylvie Lemmet ,présidente du CA de Santé publique France (SPF) ; 
Dora Lévy, médecin généraliste ; 
Frédéric Lopez, secrétaire général de Sud Santé Solidaires APHP ; 
Richard Lopez ,médecin généraliste, Président de la Fabrique des centres de santé ; 
Michaël Lowy, sociologue directeur de recherche au CNRS ; 
Olivier Lyon-Caen, professeur de médecine ; 
Paul Machto, psychiatre ;  
Antoine Malamoud, DRH ; 
Noël Mamère, écologiste ; 
Jacky Mamou, pédiatre, ancien président de Médecin du Monde ; 
Anne-Marie Magnier professeure de médecine ; 
Gustave Massiah, ancien professeur à l’Ecole d’architecture de Paris-La Villette ; 
Antoine Math, chercheur à l’IRES ;  
Dominique Méda, professeure de sociologie ;  
Didier Ménard, médecin généraliste ; 
Françoise Milewski, économiste ; 
Fadi Meroueh, praticien hospitalier, chef de service des soins de médecine pénitentiaire ;  
Olivier Milleron, cardiologue hospitalier ; 
Gilles Montalescot, professeur de médecine ; 
Gérard Mordillat, cinéaste et écrivain; 
Philipe Moulin, professeur de médecine ;  
David Mourgues, chef de projet Santé mentale ARS ; 
Lionel Naccache, professeur de médecine ; 
Israël Nisand, professeur de médecine; 
Valérie Paris, économiste de la santé; 
Gérard Ostermann, professeur de médecine ; 
Vincent Peillon, professeur de philosophie, ancien ministre ;  
Willy Pelletier, sociologue ; 
Patrick Pelloux, médecin urgentiste ; 
Antoine Pelissolo, professeur de médecine ; 
Corine Pelluchon, professeure de philosophie ; 
Alfred Penfornis, professeur de médecine ; 
Karine Petitprez, HAS ; 
Roland Pfefferon, professeur émérite de sociologie ; 
Renaud Piarroux, professeur de médecine ;  
Frédéric Pierru, sociologue, chercheur ; 
Michel Pigent, professeur émérite  d’histoire contemporaine ; 
Thomas Piketty, professeur d’économie ; 
Dominique Plihon, professeur d’économie ; 
Alain Policar, politiste, centre de recherches politiques de Sciences PO ; 
Raymonde Poncet-Monge, sénatrice ; 
Louis Potier, professeur de médecine ; 
Marie Laure Raffin Sanson, professeure de médecine ; 
Claude Rambaud, vice-présidente du Lien, association d’usagers de la santé ; 
Jacques Rigaudiat, Conseiller maître honoraire à la Cour des comptes ; 
Willy Rozenbaum, professeur de médecine ; 
Brigitte Rossigneux, journaliste ; 
Rémi Salomon, président de la commission médicale de l’APHP ; 
Paule Schneershon, psychologue ; 
Laurent Sedel, professeur de médecine ; 
Fabienne Servan-Schreiber, productrice de cinéma ; 
Jean Sibilia, professeur de médecine ;  
Didier Sicard, professeur de médecine, ancien président du comité consultatif national d’éthique ; 
Denis Sieffert, journaliste ; 
Gérard Slama ; 
Nicole Smolski, anesthésiste-réanimatrice ;  
Anne Souyris, sénatrice ; 
Alfred Spira, professeur de médecine ; 
Bruno Spire, médecin, chercheur INSERM ;  
Camille Spire, présidente de l’association AIDES ; 
Henri Sterdyniak, économiste ; 
Christian Surmonne, professeur de lettres ; 
Antoine Tabarin ;  
Jacques Testart, biologiste ; 
Benoît Teste, ancien secrétaire général de la FSU ;  
Marine Tondelier, secrétaire nationale des verts ; 
Mathé Toullier, association des familles victimes du saturnisme ; 
Alain Trébucq, ancien directeur de revues médicales ; 
Jacques Treiner, physicien, chercheur ; 
Roland Tubiana, infectiologue hospitalier ; 
Marc Antoine Valentin, infectiologue hospitalier ; 
Jean Paul Vernant, professeur de médecine ; 
Pauline Vetillard, médecin généraliste ; 
Jocelyne Viateau, radiologue ; 
Jean Vignes infirmier de psychiatrie, ancien secrétaire général de SUD santé-sociaux ; 
Frédéric Villebrun, médecin généraliste ; 
Eric Vuillard, écrivain ; 
Patrick Weil, directeur de recherche CNRS émérite ; 
Olivier Youinou, infirmier anesthésiste ; 
Michael Zemmour, économiste, enseignant chercheur ; 
Gabriel Zucman, professeur d’économie à l’école normale supérieure; 
Mahmoud Zureik , professeur de médecine.

Commentaire Dr Jean SCHEFFER

Retour en arrière:

Déjà en 2011 dans « Le monde » l’économiste Brigitte Dormont parlait d’ une « Grande Sécu « (https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/26/grande-secu-les-citoyens-malades-ou-bien-portants-auraient-gros-a-gagner-avec-cette-reforme_6103723_3232.html) et en 2012 le sociologue F. Pierru et le Pr A. Grimaldi, dans « Le Monde Diplomatique », proposaient d’autres pistes pour la santé publique avec la suppression complète des assurances-maladie complémentaires, avec un taux de prise en charge publique de 100 %. (https://www.monde-diplomatique.fr/2012/06/GRIMALDI/478590).

Lors de la campagne présidentielle 2017, Fillon veut détruire la sécurité sociale, Martin Hirsh (Directeur de l’APHP) et Didier Tabuteau (Chaire santé de Sciences Po) publient dans « Le Monde » un article retentissant parlant de la création d’une « Assurance Maladie Universelle » (https://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/14/creons-une-assurance-maladie-universelle_5062590_3232.html).

Depuis l’eau a coulé sous les ponts et rien n’a avancé.

Qu’est-il possible de faire 10 ans après ?

C’est depuis ces années que de nombreux militants de gauche proposent des solutions reprenant les idées des années 2011-2017.

Pour être pragmatique, il suffirait avant d’envisager un vrai 100% santé, un stade intermédiaire, en étendant au reste de la France le système de couverture en vigueur en Alsace-Moselle*. La complémentaire santé y est gérée directement par l’assurance maladie. Résultat: un coût moindre de gestion et de cotisations, la cotisation est indexée sur les revenus , les prestations couvrent aussi les ayants droit sans supplément, une meilleure couverture, un régime équilibré financièrement, autogéré,

Si ce système était créé, cela supprimerait les couts de gestion de nos complémentaires qui naviguent entre 15 et 30% de nos cotisations contre 5% pour l’assurance maladie, ainsi que les coûts de gestion entre assurance maladie et complémentaires. Cette simplification serait à l’origine d’une très importante économie de l’ordre de 10 à 14 milliards que l’on pourrait consacrer en priorité à la réévaluation des actes sous cotés. Cette réévaluation serait la première mesure permettant de supprimer les suppléments d’honoraires.

*https://www.senat.fr/rap/r23-770/r23-7701.pdf (pages 76-80)

En synthèse, le rapport des experts remis cette semaine va tout à fait dans les sens d’une privatisation et financiarisation de notre système de santé publique, dans le droit fil des usines à Radiologie, à biologie, à soins dentaires, à télé-médecine financés par des fonds de pension qui exigent des rendements à deux chiffres. Le transfert massif de prise en charge pour des soins courants vers les complémentaires aggraverait lourdement le reste à charge de nos concitoyens. L’accès aux soins déjà impossible pour de nombreux français (dépassements d’honoraires, déserts médicaux…) n’en serait que plus restreint.

Nous sommes pour l’intégration de la gestion de notre complémentaire dans l’assurance maladie, soit en clair la suppression du rôle actuel des mutuelles et assurances privées.

On nous bassine sur le faible reste à charge des Français, un des plus bas de l’OCDE, ce qui est une légende pour ne pas dire un mensonge, car il n’est pas tenu compte dans ce calcul gouvernemental du coût de nos complémentaires ?

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Régime Alsace-Moselle – Données 2013

Depuis l’Etat a amoindri légèrement le système en imposant avec l’obligation d’être affiliés par leur employeur à une complémentaire santé, et en refusant le 100% santé Macron pour l’optique, les prothèses auditives,

Le système reste cependant toujours très avantageux.

Ils conservent le régime local, là où la France de l’intérieur n’a que la complémentaire santé.

Ce régime local repose sur un système solidaire sans pareil, ce qui le différencie des mutuelles ou assurances privées. D’abord parce que+++ la cotisation est indexée sur les revenus.+++

Pouvant varier de 0,75 à 2,5 %, elle est fixée depuis 2005 par le conseil d’administration à 1,5 % des revenus déplafonnés. Donc, plus on gagne d’argent, plus on cotise. Et inversement.
Ensuite parce que les prestations couvrent aussi les ayants droit, sans supplément, là où un régime non solidaire augmente la cotisation de 20 %.
Le régime local profite donc énormément aux personnes à faibles revenus avec beaucoup d’enfants. Enfin,+++ il ne fait aucune différence avec les personnes dont la dépense de soins est plus élevée+++
Philippe MARQUE.

Voir aussi:

Le monde diplomatique et les complémentaires https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=40217&action=edit

« Le 100% sécu », « la Grande Sécu » , ou « une assurance maladie universelle » , ou « une complémentaire santé universelle » , ou « une renationalisation et une recentralisation de l’assurance-maladie »  https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=24512&action=edit

https://www.egora.fr/actus-pro/acces-aux-soins/une-mesure-de-bon-sens-ces-medecins-relancent-lidee-dune-grande-secu?utm_source=Newsletter&utm_medium=gms_egora&utm_campaign=En_bref___Lundi_28_octobre_2024&utm_medium=gms_egora&utm_source=email&utm_campaign=En%20Bref%20-%20lundi%2028%20octobre%20202420241028&sc_src=email_4411240&sc_lid=164523523&sc_uid=XYBlorZBtz&sc_llid=15600&sc_eh=5d463c22601bc0401 ou bien https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/25/pour-une-assurance-complementaire-geree-par-la-securite-sociale_6359630_3232.html

« Pour une assurance complémentaire gérée par la Sécurité sociale » https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=54733&action=edit

Pour une Sécurité sociale intégrale avec un financement adapté https://www.gaucherepublicaine.org/respublica-societe/respublica-protection-sociale/pour-une-securite-sociale-integrale-avec-un-financement-adapte/7436159?amp=1

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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