Le gouvernement veut mettre à contribution les mutuelles de santé pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

Budget de la Sécu : « L’effort demandé aux adhérents des mutuelles va être sans précédent », déplore Éric Chenut

Publié le mercredi 23 septembre 2026 à 06:21 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/la-question-de-6h20-du-mercredi-23-septembre-2026-5997961?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-09-23&at_position=5

L’invité de 6h20

Le gouvernement veut mettre à contribution les mutuelles de santé pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. Éric Chenut, président de la Fédération nationale de la Mutualité française, s’inquiète des répercussions sur les adhérents.

« L’effort qui va être demandé aux adhérents des mutuelles va être sans précédent », déplore Éric Chenut, président de la Fédération nationale de la Mutualité française, mercredi 23 septembre, sur France Inter. Le gouvernement veut réduire d’un tiers le déficit de la sécurité sociale, en trouvant entre 6 et 7 milliards d’euros d’économie dans le budget de l’an prochain. Pour cela, il demande notamment aux mutuelles de faire un effort qu’elles vont devoir répercuter sur les cotisations des assurés.

Le président de la Fédération nationale de la Mutualité française rappelle que les mutuelles seront déjà mises à contribution, à partir de janvier 2027, « sur le champ du dentaire, sur un certain nombre de classes de médicaments qui vont être remboursées désormais plus qu’à 5%, et puis sur les dispositifs médicaux, sur les transports ». Et d’insister : « D’habitude, quand il y a des mesures de transfert, c’est 500 millions, cette année c’est 1,5 milliard, c’est-à-dire c’est trois fois plus. » Avec cette somme demandée par le gouvernement, « il y aura forcément un impact sur les cotisations », affirme-t-il.

« La santé est taxée comme un produit de luxe »

« C’est une des raisons pour lesquelles nous demandons aux parlementaires qui ont la capacité de le décider de moduler le niveau de taxes sur les cotisations que vous payez en tant qu’assurés sociaux », explique Éric Chenut. « Aujourd’hui dans notre pays, ces taxes, c’est 16,15% », alors qu’« en Italie c’est 2,5%, en Allemagne c’est 0% », poursuit-il, ajoutant qu’en France, « la santé est taxée comme un produit de luxe ». Les mutuelles représentées par sa fédération estiment que « la santé est un bien essentiel et donc il faudrait qu’elle soit taxée au maximum au niveau des biens essentiels, c’est-à-dire au maximum à 5,5% ».

Pour Éric Chenut, « le montant du déficit qui se creuse d’année en année montre que cette méthode de juste transférer de la dépense n’est pas à la hauteur des enjeux ». Il appelle à des campagnes de prévention auprès des patients et professionnels de santé, notamment pour éviter la multiplication des actes médicaux. « Il y a un rapport sénatorial qui montre qu’il y a entre 50 et 70 milliards de dépenses que l’on pourrait éviter, donc on pense quand même que là, il y a un travail à faire », affirme le président de la Fédération. « Si on harmonisait les prescriptions à partir de référentiels déterminés par les médecins, par les sachants eux-mêmes, on pourrait économiser 15 à 20 milliards d’euros par an », assure-t-il.

L’équipe

Mathilde Munos

Journaliste française

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire