Les villes européennes doivent renforcer leurs mesures d’adaptation face au changement climatique
Gouvernance | Aujourd’hui à 00h31 https://www.actu-environnement.com/ae/news/villes-europeennes-adaptation-climatique-sante-48485.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8NDA3NQ%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

© Gerald VillenaBesançon est l’une des rares villes françaises a avoir atteint 30 % de couverture arborée par rapport à sa surface urbaine.
LES POINTS À RETENIR
- Seules deux villes françaises atteignent les 30 % de couverture arborée recommandés.
- Les émissions de GES par habitant ont reculé de 42,6 % dans les villes françaises.
Le rapport État du climat en Europe (ESOTC) alerte depuis deux ans sur le fait que l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite. Et en raison de leurs infrastructures et de leur densité en population, les villes sont plus particulièrement concernées par les effets du changement climatique et de de sesconséquences sur la santé. C’est ce qu’analyse cette première édition de l’évaluation du changement climatique et de ses effets sur la santé dans les villes européennes (1) du Lancet Countdown Europe.
De façon non surprenante, les villes du sud de l’Europe sont plus impactées par les risques de chaleur (la mortalité en raison de la chaleur a augmenté de 160,6 % entre 1991-2000 et 2015-2024) et d’incendies (le risque d’incendie a augmenté de 7 % entre 2003 et 2023). Outre les dégâts visibles qu’ils provoquent, des effets plus inapparents sur la qualité de l’air peuvent engendrer des irritations ou une diminution de la fonction pulmonaire. Les villes de l’Est de l’Europe sont quant à elles les plus touchées par la propagation de maladies contagieuses en raison du changement climatique, telles que la dengue (une augmentation de 369,3 % sur la période 2015-2024 par rapport à la période 1981-2010), le chikungunya, et le virus Zika.
En ce qui concerne plus spécifiquement les villes françaises, le nombre moyen annuel de décès liés à la chaleur a augmenté de 73 par million entre 2015-2024 par rapport à la période 1991-2001. L’effet îlot de chaleur des villes les rend plus sensibles à une augmentation de la mortalité pour cause de chaleur, comparativement aux espaces ruraux. Pour favoriser le rafraîchissement urbain et réduire la pollution atmosphérique, la Commission économique des Nations unies pour l’Europe recommande aux villes de disposer de 30 % de couverture arborée par rapport à leur surface urbaine. Toutefois, seules deux villes françaises (Fréjus et Besançon), avaient atteint ce niveau de couverture en 2020, retient The Lancet. La moyenne est plutôt de 9,2 % de couverture arborée dans les villes. Des améliorations sont donc à prévoir. On peut toutefois noter une amélioration avec une diminution de 42,6 % des émissions de gaz à effet de serre par habitant dans les villes françaises, dont la principale baisse se concentre sur le secteur de l’énergie (68 %).
Si le rapport félicite les mesures d’adaptation engagées dans la plupart des villes, « il reste encore beaucoup à faire pour protéger de manière adéquate les citadins européens contre les risques climatiques croissants », dénonce-t-il. L’aménagement urbain est essentiel pour réduire les effets du changement climatique, défend The Lancet. L’augmentation des espaces verts urbains, l’utilisation de matériaux de construction absorbant moins la chaleur, la suppression des revêtements imperméables et la promotion des modes de transport actifs et des transports en commun sont autant de moyens pour y parvenir.
1. Consulter l’étude
https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(26)00100-3/fulltext

Camille Girardin Lang, journaliste intégré
Éditrice – rédactrice juridique