Le gouvernement vient d’amputer le plan d’urgence pour la rénovation des écoles des deux tiers.

Canicule : dans les écoles et les hôpitaux, des promesses en l’air 

Au cours de l’été caniculaire, des engagements ont été pris pour les écoles et les hôpitaux. En cette rentrée toujours brûlante, le corps enseignant n’a rien vu arriver. Quant aux soignants, ils ont hérité de climatiseurs mobiles achetés en catastrophe sur le budget des établissements.

Caroline Coq-Chodorge  et Estelle Levresse

4 septembre 2026 à 15h27 https://info.mediapart.fr/optiext/optiextension.dll?ID=YM83fVfLsG9kczt8liGzE65aUN6XeJpTvV-0AjQlMANWmSLvsx7G2WxJCy59a_vm1T8nj2gfNqlLCEwYwIw

AprèsAprès un été caniculaire, une partie de la France suffoque à nouveau. Du Sud-Ouest à la Nouvelle-Aquitaine, en passant par la vallée du Rhône, les températures sont reparties à la hausse depuis le vendredi 4 septembre, avec plus de 35 °C prévus à Toulouse (Haute-Garonne), Nîmes (Gard) ou encore Avignon (Vaucluse).

Les services publics essentiels, comme les écoles et les hôpitaux, sont-ils prêts à faire face à ce nouvel épisode de chaleur ? Et les promesses du gouvernement ont-elles été tenues ? 

« À ce stade, jour de rentrée, je n’ai pas constaté d’aménagement particulier dans mon établissement : pas de ventilateurs, pas de travaux sur les plafonds, rien de visible… », confie un professeur des écoles des Pyrénées-Atlantiques, qui préfère rester anonyme. « Ce qui me frappe surtout, c’est l’absence totale du sujet au niveau national. Alors qu’une nouvelle vague de chaleur pointe son nez, ça devient anxiogène pour moi en classe… », précise-t-il.

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Un collectif de parents d’élèves recouvre les fenêtres de l’école Marie-Anne-du-Boccage de blanc de Meudon pour protéger les enfants de la chaleur, à Nantes (Loire-Atlantique), le 20 juin 2026. © Photo Sébastien Salom-Gomis / Sipa

Plusieurs enseignant·es interrogé·es par Mediapart font part du même désarroi face à l’absence de mesures concrètes prises pendant l’été pour préparer leurs établissements scolaires à de nouvelles chaleurs. Tous gardent un souvenir douloureux des dernières semaines de juin, quand leurs salles de classe se sont transformées en fournaise – au total, selon les chiffres du ministère de l’éducation nationale, 4 000 écoles ont été contraintes de fermer et 11 000 autres d’aménager leurs horaires.

Rien n’a bougé depuis juillet

Le 28 mai 2026, le ministère de l’éducation nationale publiait pourtant un « Plan ministériel de gestion des vagues de chaleur ». Le plan, à décliner par chaque académie, prévoyait notamment une cartographie des établissements les plus exposés, des relevés de températures, des mesures pour les personnels vulnérables et des actions d’adaptation pour les bâtiments.

« Ce plan ministériel aurait dû entraîner des actions au niveau départemental, assure Blaise Laurent, élu du personnel Force ouvrière (FO) Enseignement dans le Vaucluse. Dans la réalité, rien n’a bougé depuis juillet : toujours pas de cartographie des établissements, pas de relevés de températures organisés, et aucune information sur l’installation de fontaines d’eau fraîche, de ventilateurs ou de climatiseurs mobiles », déclare cet enseignant du premier degré.

En termes de financement, le plan d’urgence canicule a discrètement été amputé de 40 millions d’euros au cours de l’été.

Alors que 36 °C sont attendus à Avignon ce vendredi, Blaise Laurent s’interroge : « Comment se concentrer, travailler dans ces conditions ? » L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), organisme spécialisé dans la prévention des risques professionnels, indique qu’au-delà de 30 °C, la chaleur peut constituer un risque pour la santé lors d’une activité de bureau.

« On nous parle de solutions de repli dans des bâtiments climatisés, c’est bien, mais on ne peut pas emmener notre matériel. Comment assurer notre mission pédagogique ? En tant qu’employeur, l’État doit garantir la sécurité de tous les agents et, par extension, des élèves. Il prend cette obligation à la légère », s’indigne le représentant syndical.

Questionné par Mediapart, le cabinet du directeur académique du Vaucluse assure que « chaque situation est appréciée au cas par cas, en tenant compte des conditions météorologiques et des spécificités de chaque établissement » et que « des équipements ont été réalisés dans plusieurs établissements scolaires », sans préciser lesquels.

Mobilisation des parents

En termes de financement, le plan d’urgence canicule a discrètement été amputé de 40 millions d’euros au cours de l’été. Le 26 juin, la Banque des territoires et le programme Actee avaient annoncé 50 millions d’euros pour accompagner 12 500 établissements scolaires : 10 millions d’euros devaient être consacrés aux diagnostics thermiques de 2 500 écoles particulièrement vulnérables, tandis que 40 millions devaient permettre d’accompagner 10 000 autres établissements dans la préparation de leurs travaux. 

Selon Politico, seul le premier volet aurait finalement été maintenu, après une réduction de la contribution d’Actee. Le Monde, qui confirme en partie ces informations, précise que le gouvernement a finalement décidé de geler 40 millions d’euros, ramenant l’enveloppe effectivement consacrée au plan à 16 millions d’euros.

Certaines communes ont toutefois profité des vacances pour équiper leurs écoles, selon les retours des sections départementales du SNUipp-FSU, syndicat du premier degré : ventilateurs à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), Puteaux (Hauts-de-Seine) et Martigues (Bouches-du-Rhône), climatiseurs à Mirefleurs (Puy-de-Dôme) et Nice (Alpes-Maritimes), ou encore climatisation et végétalisation à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence).

À Nantes (Loire-Atlantique), c’est la mobilisation des parents, réunis au sein du collectif 35 °C à l’école, qui semble avoir fait bouger les choses. Outre un protocole spécifique à chaque école et un comité de suivi, ils ont obtenu que des établissements soient équipés de volets en bois. « On sent la municipalité assez à l’écoute, mais on va suivre cela de près, pour être sûrs que ce sera dans le budget », prévient Stéphanie Resche, membre du collectif.

35,8 °C à la pharmacie hospitalière, ce n’est pas terrible pour les médicaments…

Blandine Chauvel, hospitalière à la Pitié-Salpêtrière

Ces initiatives restent ponctuelles. Pour François Resnais, du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SPDEN), la lenteur des transformations n’est pas une surprise, compte tenu des délais des collectivités, de leur capacité à dégager des enveloppes d’investissement et du contexte budgétaire.

Seul changement acté pour le moment, les épreuves des examens se dérouleront en matinée, jusqu’à 13 heures maximum. « C’est une bonne chose. Mais cela ne règle pas le problème des cours », déclare Lætitia Aresu, du Sgen-CFDT.

Une réunion consacrée aux retours d’expérience des épisodes de canicule est prévue le 9 septembre avec les organisations syndicales.

Pour ces dernières, il faut désormais sortir de la gestion dans l’urgence. « On est arrivés à un point de bascule cet été », estime Sophie Vénétitay, secrétaire nationale du Snes-FSU. Elle réclame un protocole national précisant la conduite à tenir, adossé aux différents niveaux d’alerte et de vigilance, « pour ne pas à chaque fois redécouvrir le sujet ».

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Un aménagement de fortune pour rafraîchir un bureau à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et le service de pédiatrie du CHU de Toulouse cet été.  © Documents Mediapart

Les canicules successives ont aussi durement frappé les malades. Au CHU de Toulouse, « il a fait au début de l’été jusqu’à 40 °C dans les chambres des enfants », rappelle le syndicaliste CGT Julien Terrié. Le jeudi 3 septembre, le ministère de la santé a assuré que 33 000 climatiseurs ont bien été livrés dans l’été aux hôpitaux et 16 000 aux Ehpad, comme promis. À Toulouse, « le personnel s’est bien battu en juillet ». « On a obtenu seize armoires de ventilation. En pédiatrie, deux suffisent pour rafraîchir tout le service », se félicite le syndicaliste CGT.

À l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le XIIIe arrondissement de Paris, la syndicaliste Blandine Chauvel, membre du comité social d’établissement local, a reçu de nombreuses photos de thermomètre prises par des collègues. Elle égrène : « 35,4 °C dans le bureau d’une collègue, 35 dans la chambre d’un patient, 35,8 à la pharmacie hospitalière, ce n’est pas terrible pour les médicaments… »Durant l’été, des climatiseurs ont bien été livrés. Mais ce sont de petites machines mobiles, dont le tuyau doit sortir à l’extérieur. Blandine Chauvel raconte « les opérations de calfeutrage des tuyaux, avec du stock et des bâches ». Pour Julien Terrié, ces petits climatiseurs sont « des pansements sur des jambes de bois, il en faut deux pour rafraîchir une chambre ».

Des dons de climatiseurs mobiles

À Paris, des chef·fes de service ont fait jouer leurs relations pour obtenir des dons. La Caisse d’épargne a ainsi livré « 33 climatiseurs mobiles au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, afin de soutenir en priorité le service d’oncologie », dans le cadre d’une opération de « mécénat », a communiqué la banque. L’hôpital Georges-Pompidou, dans le XVarrondissement de Paris, a, lui, bénéficié d’un don de 300 climatiseurs par le groupe Mulliez. Le chef du service d’urgences Philippe Juvin, également député Les Républicains, a expliqué le 28 juin à France Info avoir lui-même appelé le groupe Mulliez : « À 9 heures le lendemain, on avait 300 climatiseurs », s’est-il félicité.

Les coups de com politiques ont parfois viré à la farce, comme en Auvergne-Rhône-Alpes, où le député Laurent Wauquiez a annoncé l’achat par la collectivité de 1 500 climatiseurs, « fabriqués dans la région », a-t-il promis. Hélas, « les établissements ont reçu des climatiseurs made in China, certains dotés de prises inadaptées », raconte Ophélie Labelle, à la direction fédérale de la CGT Santé.

D’autres établissements « ont acheté des climatiseurs mobiles chez Leclerc ou Brico Dépôt, qui ne vont pas durer, parce que les centrales d’achat des hôpitaux ont rapidement été en pénurie », explique Ophélie Labelle. 

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Pour financer tous ces climatiseurs, le ministère a annoncé le 25 juin « le déblocage d’une enveloppe exceptionnelle de 100 millions d’euros ». C’est là que les choses se compliquent sérieusement. Car les hôpitaux affirment de leur côté avoir acquis eux-mêmes ces climatiseurs. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, qui en compte 35, explique ainsi à Mediapart avoir lancé dès le mois de juin l’acquisition de climatiseurs : « 3 600 supplémentaires ont été commandés et livrés » pendant l’été.

Ces 100 millions d’euros ont-ils réellement été versés aux hôpitaux ? La réponse est complexe. Le ministère explique que « chaque établissement a passé ses propres commandes », sur ses deniers donc. « Les besoins exprimés ont été couverts en totalité », assure encore le ministère de la santé.

Mais, pour le syndicat des directeurs d’hôpitaux Syncass-CFDT, « il n’était pas garanti que la commande soit intégralement couverte au plan financier. Nous n’avons pas de vision d’ensemble ». Selon un directeur chargé des finances qui requiert l’anonymat, les 100 millions promis ne sont pas une enveloppe exceptionnelle, mais sont pris sur le budget des hôpitaux en 2026. « Cet argent dépensé pour les climatiseurs manquera ailleurs », explique cette source.

Pour les Ehpad non plus, il n’y a pas eu d’argent supplémentaire pour acheter les 16 000 climatiseurs. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, l’a expliqué le 6 juillet : c’est « le fonds consacré à la qualité dans les Ehpad » qui a été « utilisé ».

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« Les climatiseurs mobiles ne constituent pas une politique de long terme », a également reconnu le premier ministre. Il a annoncé que 600 millions d’euros seront fléchés pour « la rénovation énergétique et le confort d’été », soit « le rafraîchissement, les protections solaires, la ventilation, l’isolation et la rénovation des façades ». Seulement, cette somme sera dépensée « d’ici 2035 », soit un peu plus de 60 millions d’euros par an, moins que l’argent dépensé cet été pour de simples climatiseurs, très loin des besoins. En 2024, l’Inspection générale des affaires sociales chiffrait entre 1 et 2,5 milliards d’euros les besoins des établissements de santé pour leur transition énergétique.

Le CHU de Toulouse (qui n’a pas répondu aux questions de Mediapart) est habitué aux canicules, et le personnel y a des revendications anciennes : « Cela fait dix ans qu’on demande des filtres anti-UV sur les fenêtres, qui font baisser la température de 7 °C. Mais, cet été, il a fallu sortir les couvertures de survie. On a aussi besoin de stores qui fonctionnent. Et il faut arrêter les plans d’austérité sur le personnel ouvrier : on a réalisé cet été que l’équipe de réparation des climatiseurs a été divisée par deux. Si la maintenance des appareils n’est pas assurée, cela sera de nouveau la catastrophe l’été prochain. Et on ne cesse de demander une formation du personnel aux risques environnementaux, qui a toujours été refusée par la direction. »

Caroline Coq-Chodorge  et Estelle Levresse

Rénovation thermique des écoles : le gouvernement ampute le plan d’urgence canicule de 40 millions d’euros

Fin juin, en pleine canicule, une enveloppe de près de 60 millions d’euros avait été annoncée par la Banque des territoires et le programme Actee, qui finance la rénovation thermique des bâtiments publics des collectivités locales, afin d’équiper des établissements scolaires d’ici à l’été 2027. 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

Publié hier à 06h00, modifié à 09h15 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/04/renovation-thermique-des-ecoles-le-gouvernement-ampute-le-plan-d-urgence-canicule-de-40-millions-d-euros_6765625_3224.html

Temps de Lecture 3 min.

Sous une verrière de l’école primaire de l’Isle-Verte, fermée en mai, à la suite d’une vague de chaleur ayant fait grimper les températures jusqu’à 53 °C, à Soustons (Landes), le 28 mai 2026.
Sous une verrière de l’école primaire de l’Isle-Verte, fermée en mai, à la suite d’une vague de chaleur ayant fait grimper les températures jusqu’à 53 °C, à Soustons (Landes), le 28 mai 2026.  PHILIPPE LOPEZ/AFP

La rénovation énergétique des écoles attendra. Alors que la température remonte sur une grande partie sud du pays seulement quelques jours après la rentrée scolaire, le gouvernement a décidé d’amputer une enveloppe financière promise début juillet, en pleine canicule, pour améliorer le confort d’été dans les établissements scolaires. Selon les informations du Monde, confirmant en partie celles du site Politico, l’exécutif a choisi, au cœur de l’été, de couper 40 millions sur près de 60 millions d’euros annoncés.

« Nous avons été informés fin juillet par Matignon du choix de réduire le plan canicule à 16 millions d’euros », indique Guillaume Perrin, directeur du programme Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique (Actee), au cœur du dispositif. « Il n’y a pas de baisse d’ambition dans ce plan : l’objectif de mieux armer les écoles les plus vulnérables pour faire face aux canicules à venir reste inchangé », affirme de son côté le ministère de l’éducation nationale, sans se prononcer sur cette baisse.

Manque de protections solaires, de brasseurs d’air, de climatiseurs, d’isolation thermique… Fin juin, avec des salles de cours transformées en four, nombre d’établissements, dont les bâtiments appartiennent aux collectivités locales, ne parviennent plus à fonctionner normalement. Selon les chiffres avancés le 7 juillet par le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, 4 000 écoles ont été fermées à un moment ou un autre quand 11 000 autres ont dû aménager leurs horaires.

Pris de court, le sommet de l’Etat décide d’un plan d’urgence de l’ordre de 190 millions d’euros grâce aux contributions complémentaires d’EDF (80 millions) et du fonds vert (60 millions). Dans ce cadre, la Banque des territoires, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, et Actee annoncent, le 26 juin, mobiliser « conjointement 50 millions d’euros pour l’adaptation climatique de 12 500 écoles ». Le même jour sur France Culture, le ministre de l’économie, Roland Lescure, explique avoir demandé à la Banque des territoires d’accompagner « dès la semaine [suivante] » les écoles les plus vulnérables, soit 2 500 d’entre elles, afin de les aider à établir un diagnostic thermique, puis d’élargir « très vite » ce chiffre à 10 000 autres.

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Dans le détail, un volet de 10 millions d’euros est fléché vers ces 2 500 écoles prioritaires, que l’éducation nationale doit lister, afin de prendre en charge en totalité un diagnostic pour identifier les solutions adéquates. Cette somme doit aussi couvrir un financement partiel pour des travaux d’adaptation dits « passifs » comprenant des brise-soleil, des volets ou des ventilateurs de plafond, généralement peu coûteux mais efficaces. Quarante millions d’euros supplémentaires sont prévus pour assister 10 000 autres établissements scolaires dans les phases préalables aux travaux.

Mise en œuvre du plan retardée

Le 8 juillet, la Banque des territoires et Actee donnent le coup d’envoi du guichet d’accompagnement, en précisant que l’enveloppe est passée à 60 millions d’euros. La Banque des territoires met 6 millions d’euros sur la table et Actee 50 millions d’euros, selon son directeur, Guillaume Perrin. Ce dernier espérait pouvoir débloquer 4 millions d’euros supplémentaires pour atteindre les 60 millions – ce qui ne sera finalement pas le cas. Filiale de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies, le programme Actee est chargé de redistribuer aux collectivités locales de l’argent provenant des certificats d’économie d’énergie (CEE) afin de les accompagner dans la rénovation énergétique de leur patrimoine public. Instaurés par une loi en 2005 en vertu du principe pollueur-payeur, les CEE obligent les fournisseurs d’énergie à réaliser ou financer des mesures de réduction de la consommation d’énergie ou d’amélioration de l’efficacité énergétique, pour des particuliers, des entreprises ou des collectivités.

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« Finalement, le gouvernement a choisi de geler 40 millions d’euros qui sont en attente d’affectation mais qui seront fléchés, a priori, vers le plan d’électrification », précise Guillaume Perrin. Annoncé en avril par le premier ministre, Sébastien Lecornu, ce plan a pour objectif de décarboner l’économie en électrifiant les usages – il finance par exemple les aides pour l’achat d’un véhicule électrique neuf. Reste donc 16 millions d’euros pour la rénovation des écoles qui serviront uniquement, selon Guillaume Perrin, à réaliser des diagnostics pour les 2 500 établissements les plus vulnérables. « Conformément à la circulaire du 8 juillet, les CEE sont ciblés sur le financement des diagnostics et des dispositifs comme le fonds vert prendront le relais pour les travaux », souligne le ministère de l’éducation nationale.

De son côté, la Banque des territoires fait savoir qu’elle a décidé d’un nouvel effort financier, sans en préciser le montant. « Sur la base des moyens finalement affectés au plan par l’Etat cet été, nous avons rehaussé notre contribution budgétaire de manière à assurer à la fois le lancement des 2 500 audits confort d’été pour les établissements prioritaires en cours de recensement par l’Etat et d’en réaliser au moins 2 500 autres », fait valoir la structure bancaire. Deux mille dossiers pour 4 000 écoles ont déjà été déposés.

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Reste à connaître les heureux élus. Selon une source proche du dossier, 900 écoles ont été recensées en juillet par l’éducation nationale, mais les 1 600 autres restent à identifier, retardant d’autant la mise en œuvre du plan. L’exercice s’annonce délicat. « Le ministère n’a pas eu des remontées de tous les recteurs, souligne cette source. La liste risque de ne pas être du tout homogène, non pas parce qu’il y aurait plus de problèmes en Bretagne qu’en région PACA, mais parce que les recteurs y sont plus ou moins mobilisés sur le sujet. » La rue de Grenelle précise pour sa part que la liste est « en cours de finalisation ».

Mise à jour le 4 septembre à 9 h 15 : ajout de la réaction du ministère de l’éducation nationale.

Raphaëlle Besse Desmoulières

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BILLET DE BLOG 4 SEPTEMBRE 2026 https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/040926/dingue-le-gouvernement-ampute-le-plan-d-urgence-pour-la-renovation-des-ecoles?utm_source=quotidienne-20260904-183843&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20260904-183843&M_BT=115359655566

Maxime Combes

Economiste, travaillant sur les politiques climatiques, commerciales et d’investissement

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Dingue : le gouvernement ampute le plan d’urgence pour la rénovation des écoles

Fin juin, en pleine canicule, le gouvernement annonçait un plan d’urgence pour aider les collectivités à adapter les écoles. D’un montant dérisoire, environ 60 millions d’euros, il visait à améliorer le « confort d’été » : protections solaires, volets, brise-soleil, ventilation, isolationLe gouvernement vient de l’amputer des deux tiers. Ce n’est plus de l’impréparation, c’est un choix politique.

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Canicule en mai.
Canicule en juin.
Canicule en juillet.
Canicule en août.
Et maintenant canicule en septembre.

Et toujours cette sécheresse qui s’installe, se prolonge et s’aggrave.

Voilà le climat et le monde dans lequel nos enfants grandissent.

Le gouvernement, lui, gouverne dans un monde parallèle. 

Le dernier épisode est proprement sidérant.

Alors que les températures remontent à nouveau sur une grande partie du pays, quelques jours seulement après la rentrée scolaire, on apprendque le gouvernement a décidé de couper 40 millions d’euros dans le plan d’urgence destiné à adapter les écoles à la situation climatique.

Oui, vous avez bien lu.

40 millions d’euros supprimés.

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© @MaximCombes

Sur une enveloppe qui n’était déjà que de 60 millions … alors qu’il faudrait trouver et financer des milliards d’euros.

Autrement dit, le gouvernement retire environ les deux tiers des crédits annoncés pour ce plan.

Il ne reste plus que 16 millions d’euros.

Seize.

Millions.

Pour adapter les 57 700 écoles et établissements du second degré que compte le pays.

Sur ces 16 millions restants, il s’agit essentiellement de financer des diagnostics pour les 2 500 écoles les plus vulnérables.

Le Sénat appelait déjà en 2023 à faire de la rénovation thermique du bâti scolaire un sujet prioritaire. En 2026, après un été marqué par des épisodes de chaleur exceptionnels, ils en sont encore à bricoler des enveloppes de quelques dizaines de millions d’euros.

Quelques dizaines de millions pour des milliers d’écoles.

C’est dérisoire.

Il faut être aveugle, sourd — ou plutôt enfermé dans un ministère climatisé — pour ne pas voir l’urgence.

Le 7 juillet, le ministre de l’Éducation nationale indiquait que 4 000 écoles avaient été fermées à un moment ou à un autre pendant les épisodes de chaleur et que 11 000 autres avaient dû aménager leurs horaires.

Et la réponse du gouvernement consiste quelques semaines plus tard à expliquer qu’il faut finalement retirer 40 millions d’euros au plan prévu pour adapter ces bâtiments.

C’est dingue. Complètement dingue.

Dans quel monde vivent-ils ?

Pas dans le nôtre, où nous savons.

Nous savons que les écoles sont souvent mal isolées.

Nous savons qu’elles disposent de trop peu de protections solaires.

Nous savons que les cours sont trop souvent minéralisées.

Nous savons que les bâtiments ont été conçus pour un climat qui n’est plus celui que nous connaissons.

Nous savons que les vagues de chaleur vont se multiplier.

Nous savons que les enfants sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs.

Nous savons qu’il faut urgemment isoler, protéger nos écoles du soleil brûlant, végétaliser les cours et abords des écoles, désimperméabiliser les sols, planter des arbres, réorganiser les bâtiments, améliorer la ventilation, adapter les toitures, transformer les cours.

Oui, tout cela a un coût. Le coût de l’inaction climatique passée. Arrêtons de le faire grandir : investissons et donnons aux communes les moyens financiers de transformer les écolesDe transformer nos communes.

Cette baisse des crédits disponibles est d’autant plus scandaleuse que la rénovation des écoles ne relève pas simplement de l’adaptation climatique.

C’est aussi une question de santé publique.

Une question d’égalité territoriale.

Une question de qualité du service public.

Une question de pouvoir d’achat pour les collectivités.

Une question de sobriété énergétique.

Et une question d’avenir pour nos enfants : veut-on les placer au coeur de notre projet collectif ou en faire une variable d’ajustement budgétaire ?

Dans quel monde considère-t-on que 16 millions d’euros suffisent pour adapter les écoles françaises à un climat qui vient déjà de contraindre 15 000 établissements à fermer ou à modifier leur fonctionnement ?

Dans quel monde accepte-t-on que des enfants puissent être confrontés à à 30°C, 35°C ou plus dans des bâtiments scolaires, tout en expliquant que les travaux peuvent attendre ?

Dans quel monde considère-t-on qu’un plan annoncé en pleine urgence peut être amputé de deux tiers quelques semaines plus tard ?

Dans quel monde considère-t-on que l’adaptation au changement climatique est une dépense que l’on peut facilement mettre entre parenthèses ?

Dans quel monde vivez-vous Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, Roland Lescure ?

Vous continuez à traiter le dérèglement climatique comme une succession d’événements exceptionnels. Vous continuez à procéder à des choix budgétaires qui sacrifient notre avenir commun et nos enfants. Vous continuez à vouloir vivre dans le monde d’avant. 

Nous, le monde dans lequel nous vivons, nous le voyons très bien.

C’est celui où les canicules deviennent récurrentes.

Celui où la sécheresse s’installe.

Celui où les écoles ferment.

Celui où les collectivités cherchent désespérément des financements.

Et celui où le gouvernement trouve encore le moyen de retirer 40 millions d’euros au moment même où la réalité climatique lui hurle au visage qu’il faut faire exactement l’inverse.

Ce n’est plus de l’impréparation. C’est un choix politique.

Et ce choix, il faudra bien que vous l’assumiez.

Parce que lorsque nos enfants demanderont pourquoi nous savions et pourquoi nous n’avons pas agi, les excuses budgétaires ne pèseront pas lourd.

Nos enfants, eux, n’auront pas oublié.

#NosEnfantsVOUSAccuseront

Maxime Combes, économiste et auteur de Sortons de l’âge des fossiles ! Manifeste pour la transition (Seuil, 2015) et co-auteur de « Un pognon de dingue mais pour qui ? L’argent magique de la pandémie » (Seuil, 2022).

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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