Les insoumis s’emparent de la transition écologique pour convaincre les écologistes du soutien à Mélenchon.

Présidentielle 2027 : la transition écologique, élément de convergence et de rivalité entre LFI et Les Ecologistes

Alors que le pays a vécu un été de crises liées au dérèglement climatique, l’écologie a été le thème central des universités de La France insoumise et des Ecologistes, le week-end des 22 et 23 août. Les « insoumis » espèrent convaincre les seconds de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. 

Par Sandrine Cassini et Robin Richardot

Publié le 23 août 2026 à 15h37, modifié le 24 août 2026 à 08h38 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/23/presidentielle-2027-la-transition-ecologique-element-de-convergence-et-de-rivalite-entre-lfi-et-les-ecologistes_6754268_823448.html?srsltid=AfmBOopT-LJFUEi5PbMx3TC2eI4WDkLqYCzK-tHfYW6u3qzuOjTl-A1T

Temps de Lecture 4 min.

Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, et la cheffe de file des députés « insoumis », Mathilde Panot, à l’université d’été de LFI, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 21 août  2026.
Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, et la cheffe de file des députés « insoumis », Mathilde Panot, à l’université d’été de LFI, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 21 août  2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Après un été caniculaire, des incendies dantesques et une sécheresse inédite, Jean-Luc Mélenchon a remis la transition écologique au premier rang des priorités de son parti. « Le changement climatique ouvre une ère totalement nouvelle de la civilisation humaine. (…) Il est vital de tout changer dans nos manières de vivre, de produire et d’échanger », a lancé le leader « insoumis » depuis les Amfis, l’université d’été de La France insoumise (LFI) à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), dimanche 23 août. Un mot d’ordre similaire à Grenoble, lors de l’université des Ecologistes, du 20 au 22 août.

Alors que le personnel politique est apparu démuni et non préparé à la crise estivale, les événements climatiques ont offert à ces deux formations de gauche l’occasion de rappeler que l’écologie est au cœur de leur ligne politique. Entre ces deux partis, ce thème est à la fois un élément de convergence et de rivalité potentielle. Voilà des années que LFI a fait sa mue : la transition écologique est, depuis 2017, un élément structurant de sa ligne idéologique. Et si cette thématique était moins présente lors des élections européennes de 2024, avec une campagne essentiellement axée sur la défense de la Palestine, jugée plus en lien avec l’actualité, l’écologie occupe toujours un quart de son programme, L’Avenir en commun.

Tout tourne autour d’une idée-clé, celle de mettre en place une planification écologique, en inscrivant par exemple dans la Constitution une « règle verte », qui consisterait à ne pas « prélever davantage à la nature que ce qu’elle est en état de reconstituer » ou à relever les ambitions climatiques de la France avec comme objectif une baisse de 65 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport au niveau de 1990, contre 55 % aujourd’hui.

« Un Etat écologique » pour LFI

Une kyrielle d’autres mesures sont prévues, comme la sortie du nucléaire, le passage à 100 % d’énergie renouvelable ou le développement d’une agriculture « relocalisée »« diversifiée » et « écologique ». Une contribution spécifique sur les mégafeux, écrite avec les Verts populaires, des anciens Ecologistes qui ont quitté leur parti pour soutenir la campagne de Jean-Luc Mélenchon, et qui propose notamment un renforcement des moyens, a été publiée le 20 août.

Jean-Luc Melenchon au meeting de clôture de l’université d’été de LFI, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.
Jean-Luc Melenchon au meeting de clôture de l’université d’été de LFI, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Dans l’hypothèse d’une victoire à l’élection présidentielle de 2027, « nous serons prêts » pour mettre en place « un Etat écologique », a promis Jean-Luc Mélenchon. Lors de ce discours de rentrée, le candidat a choisi de mettre en avant une mesure phare, celle des écorégions, réforme administrative des régions françaises, à partir des « bassins versants » de fleuves et rivières, auxquelles serait confiée en premier lieu la gestion de l’eau. D’une ligne dans le programme en 2022, les écorégions vont devenir un livret à part entière, et faire l’objet d’un « plan gouvernemental », promet la députée LFI du Val-de-Marne Clémence Guetté.

Lire aussi |  Malgré un été marqué par les canicules, les incendies et la sécheresse, les responsables politiques incapables de répondre à l’urgence climatique *

Lors de sa prise de parole, le quadruple candidat à la présidentielle a aussi indiqué que le mouvement envisageait « une garde régionale de la sécurité civile » qui serait constituée par le biais d’une conscription et mobilisable en cas de crise. Tout en développant les questions de santé publique liées à l’écologie, il a également prévenu que son groupe inscrirait dans les premières propositions de sa niche parlementaire, en octobre, un texte pour abroger la « loi Duplomb poison », du nom du sénateur (Les Républicains) de la Haute-Loire Laurent Duplomb, à l’origine d’un texte, en 2025, visant à assouplir les contraintes pour les agriculteurs, en autorisant notamment l’utilisation sous dérogation de pesticides auparavant interdits.

Alors que Les Ecologistes hésitent sur leur stratégie pour la campagne présidentielle, LFI espère, en mettant en avant cet argument programmatique, les convaincre de surmonter les réticences que suscite la personnalité du candidat Mélenchon, jugée trop clivante. « Les Ecologistes doivent dépersonnaliser : ils ne feront pas la même campagne sur l’écologie avec [Raphaël] Glucksmann ou avec les “insoumis” », estime Clémence Guetté, qui se réjouit que plusieurs députés écologistes soient venus aux Amfis.

« Posture de lanceurs d’alerte »

Du côté des Ecologistes, l’été historique a un goût amer. Premiers à alerter sur ces questions, ils ne sont pas forcément identifiés par les Français comme ceux qui peuvent apporter des solutions. « Il faut qu’on sorte de cette posture de lanceurs d’alerte et qu’on montre qu’on sait diriger », prévient l’ancien maire de Grenoble Eric Piolle. Les réflexions se portent sur la nécessité d’intégrer davantage l’écologie au quotidien concret des électeurs. Plusieurs figures du parti veulent s’appuyer sur la question de l’adaptation qui s’y prête davantage que l’atténuation et la lutte contre le dérèglement climatique, sans pour autant délaisser cet aspect.

Lire aussi |  Climat : la nécessité d’une parole politique

A Grenoble, le 21 août, Marine Tondelier, secrétaire nationale et candidate à l’élection présidentielle, a largement axé son discours sur l’enjeu écologique, « mère de toutes les batailles », dénonçant le « surendettement climatique » qui fait vivre « à crédit sur la planète ». Avec pour conséquence une réalité sociale, l’endettement des ménages trop dépendants aux énergies fossiles.

Pour Les Ecologistes, le risque serait de se faire éclipser par LFI sur leur propre terrain. « Les Ecologistes n’arrivent pas à bénéficier d’un moment où l’écologie devient une préoccupation majeure. D’où le fait que Mélenchon mette en avant l’écologie. Il sait que c’est un des piliers de leur dynamique », abonde Jean-Yves Dormagen, président de l’institut de sondage Cluster17. Ils revendiquent par exemple la paternité du concept des « écorégions », repris par Jean-Luc Mélenchon. « Tant mieux si un parti de masse porte ces idées aussi, répond sans rancune la députée écologiste de la Drôme Marie Pochon. Au moins elles existent dans l’espace public, ce qu’on n’avait pas réussi à faire. »

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, lors des journées d'été des écologistes,à  Grenoble, le 21 août 2026.
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, lors des journées d’été des écologistes,à Grenoble, le 21 août 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Mais Les Ecologistes ne veulent pas pour autant s’effacer derrière les « insoumis » en abandonnant leur vision de l’écologie politique, fortement européenne, ce qui fait une différence majeure avec leur allié de gauche. « Evidemment que l’écologie est intégrée au programme de LFI. Mais, chez nous, elle est le prisme de toutes nos politiques », défend Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Ecologiste et social à l’Assemblée. D’autres membres du parti relèvent aussi les « contradictions » de LFI en la matière, lorsque Jean-Luc Mélenchon propose de rouvrir les gazoducs Nord Stream pour acheminer le gaz russe en Europe en janvier, ou quand son mouvement vote au Parlement contre les zones à faibles émissions, en avril.

« Nous avons notre place, notre singularité et notre antériorité du sujet pour nous, revendique le député d’Indre-et-Loire Charles Fournier. Les “insoumis” sont d’excellents théoriciens de l’écologie, mais peut-être leur manque-t-il une expérience du faire, notamment à l’échelle locale, que nous avons. » A voir si Les Ecologistes souhaiteront partager cette expérience dans les mois à venir.

Sandrine Cassini et  Robin Richardot

Malgré un été marqué par les canicules, les incendies et la sécheresse, les responsables politiques incapables de répondre à l’urgence climatique

Alors que la France subit une série d’événements extrêmes, ni le gouvernement ni les candidats à la présidentielle de 2027 n’ont jusqu’ici abordé frontalement le défi climatique. 

Par Raphaëlle Besse DesmoulièresMariama DarameAlexandre Pedro et Robin Richardot

Publié le 21 août 2026 à 05h30, modifié le 21 août 2026 à 14h31 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/21/malgre-un-ete-de-tous-les-records-le-refus-d-obstacle-de-la-classe-politique-face-a-l-urgence-climatique_6751533_823448.html

Lors de la conférence de presse sur les incendies du premier ministre, Sébastien Lecornu, à Mérignac (Gironde), le 17 août 2026.
Lors de la conférence de presse sur les incendies du premier ministre, Sébastien Lecornu, à Mérignac (Gironde), le 17 août 2026.  MORGAN FACHE/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Chaleur extrême, sécheresse historique, feux dévastateurs… Le suffocant été 2026 restera dans les mémoires : au mois de juin, le plus chaud jamais enregistré en France, a succédé un mois de juillet établissant un nouveau record absolu en la matière. Avec 119 000 hectares réduits en cendres depuis janvier, le pays déplore aussi sa plus grande superficie brûlée en une année. « Ç’a été cauchemardesque, résume Lucile Schmid, présidente du cercle de réflexion La Fabrique écologique. Il y a quelque chose qui s’est perdu dans notre capacité à vivre sereinement. »

Cet été sera-t-il aussi, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, celui d’une véritable prise de conscience pour les politiques de la nécessité à agir afin de limiter le réchauffement climatique et ses effets catastrophiques ? Pour Sarah Roussel, chargée de campagne à Greenpeace, la réponse est non. « Cela aurait pu être un point de bascule politique, mais ce sursaut n’a pas eu lieu », se désole-t-elle.

Les trois derniers mois ont éprouvé la société et l’économie, et mis en lumière les failles du pays avec des écoles fermées, des hôpitaux débordés, des travailleurs épuisés, des logements invivables… En cette fin août, la nature offre un panorama désolant : paysages grillés, rivières à sec, cultures sinistrées…

Pourtant, à mesure que les événements extrêmes s’enchaînaient, ni le président de la République, Emmanuel Macron, ni le premier ministre, Sébastien Lecornu, n’ont tenu de discours fort sur le sujet. Aucun hommage n’a encore été rendu aux personnes qui ont perdu la vie à cause de la chaleur de ces dernières semaines. Plus de 7 300 décès en excès ont été comptabilisés par l’agence Santé publique France de mai à fin juillet. Alors qu’il n’est pas encore fini, l’été 2026 est d’ores et déjà le plus meurtrier depuis 2003.

« Déconnexion totale »

De cellules interministérielles de crise en annonces souvent circonscrites, le gouvernement a fini par éluder le débat sur l’accélération du réchauffement climatique. Sarah Roussel, de Greenpeace, fustige la « déconnexion totale » des politiques. « Le premier ministre a mis trois semaines à aller en Gironde [où un mégafeu a ravagé 42 000 hectares de forêt] pour y être accueilli par des sifflets ; la ministre de la transition écologique [Monique Barbut] n’y est même pas allée, et je passe Macron sur son Jet-Ski. » L’image du chef de l’Etat chevauchant son scooter des mers à la une de Paris Match, le 13 août, a choqué. « J’aurais préféré le voir sur un paddle ou un kayak, regrette la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Là, ce qui est convoqué, c’est l’imaginaire de la vitesse, des loisirs bruyants et des énergies fossiles. »

Lire aussi |  Article réservé à nos abonnés  Incendies : le gouvernement, au chevet des habitants et des élus touchés, cherche à sortir de la criseLire plus tard

La gestion de la canicule avait déjà mis en évidence les faiblesses de la politique d’adaptation du gouvernement. La crise des incendies a entériné ce constat d’impréparation. « L’Etat a tenu, la France sait gérer les urgences. (…) En revanche, nous n’avons pas encore suffisamment progressé dans la prévention, dans la planification de long cours en amont des crises. C’est là que se situe notre principal défi : cela concerne l’entretien des forêts, leur typologie, le débroussaillage, l’urbanisme, les matériaux de construction… Il faut revoir beaucoup de choses », avait reconnu Sébastien Lecornu, le 1er août, dans La Tribune.

Alors que, pendant les très fortes chaleurs, la polémique sur le manque d’espaces rafraîchis et d’équipements en climatisation a concentré la majeure partie des controverses politiques, les incendies ont focalisé le débat sur les moyens limités dont dispose la sécurité civile. Ulcéré par les polémiques sur le manque de Canadair, l’exécutif s’est targué d’avoir doublé le budget de la sécurité civile en dix ans tout en consacrant près de 1 milliard d’euros supplémentaires aux services départementaux d’incendie et de secours.

Mais ses plans d’action, jugés court-termistes et traitant uniquement les conséquences du réchauffement, sont aussi le reflet de la situation politique et économique du pays, faite d’absence de consensus sur la question climatique et de moyens pour investir dans un nouveau modèle de société.

« Il faut qu’y ait une volonté politique au niveau national, or, il y a une inaptitude à penser le changement climatique. On a perdu l’habitude, notamment depuis Macron, de regarder l’avenir et d’anticiper, estime le président (Parti socialiste, PS) de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset. Le poids du Rassemblement national [RN] qui pèse sur une partie de la majorité et qui dénie le réchauffement climatique ou qui procède par “y a qu’à, faut qu’on” joue aussi. »

Attente de réponses

Cette mise sous silence des enjeux écologiques dans les discours officiels a été symbolisée par l’isolement de Monique Barbut au sein du gouvernement. Sa tentative de démission avortée sous la pression d’Emmanuel Macron, en juillet, dont elle ressort affaiblie, a laissé un goût amer à Matignon. Sébastien Lecornu a peu apprécié d’être mis au défi par cette personnalité issue de la société civile jugée capricieuse et rétive face à la dureté du monde politique.

Dans un entretien fleuve à Libération, le 16 août, la ministre de la transition écologique a semblé répondre au chef du gouvernement sur cette politique de l’urgence permanente, alors qu’elle s’est vu confier une mission pour élaborer d’ici à octobre un plan afin d’accélérer la mise en œuvre des politiques d’adaptation. « Ce n’est pas en sortant des tournevis, en comblant les fuites d’eau, en collant des clims à tout le monde ou en rasant nos forêts qu’on réglera les choses », a-t-elle assené, tout en reconnaissant n’avoir obtenu « aucune garantie formelle » de la part de l’exécutif sur les engagements pris.

Les citoyens, eux, attendent des réponses. Dans le baromètre Ipsos-BVA pour La Tribune Dimanche, publié le 18 juillet, la protection de l’environnement a bondi de 12 points par rapport à juin, à 32 % dans les préoccupations des Français, pour se classer en quatrième position, derrière le pouvoir d’achat, l’avenir du système social et la délinquance. « C’est la première fois que la population a expérimenté ce que pouvait être l’enfer d’un monde avec une augmentation sensible de la température », relève Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos.

Malgré cela, la thématique n’a pas réussi, pour l’heure, à s’imposer dans les logiciels de la plupart des candidats à la présidentielle. « Je n’ai entendu aucune personnalité politique aborder pleinement les enjeux de transformation avec une vision intégrée, déplore Valérie Masson-Delmotte. Quant au fait d’agir sur les causes du réchauffement climatique, c’est complètement passé sous silence. »

Pris dans un horizon de court terme, le personnel politique peine à apporter des réponses structurantes qui permettent à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de s’adapter au réchauffement. « Cela demande une certaine forme de courage, car il faudra assumer des décisions nécessairement impopulaires », souligne Bruno Villalba, professeur de sciences politiques à AgroParisTech.

« La planète en a vu d’autres »

Bon nombre de prétendants à l’Elysée se sont contentés de solutions sectorielles ou technologiques pour répondre à la crise. Si le RN a cessé de contester la réalité du réchauffement climatique et son origine anthropique – un changement de taille –, Marine Le Pen n’est guère allée plus loin que son « plan clim », ressorti en juin, qu’elle n’a toujours pas détaillé, pas plus que son financement.

Lire aussi |  Pour affronter la canicule, le nébuleux « plan climatisation » du RN

A droite, le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, a développé, le 9 août, dans La Tribune Dimanche, sa vision de l’« écologie de l’adaptation » face à l’« écologie de la régression » : soutien au nucléaire et à la géothermie, arrêt des subventions à l’éolien, suppression du principe de précaution… « Il ne s’agit pas de sauver la planète : depuis le Big Bang, elle en a vu d’autres », a-t-il osé.

Du côté des candidats du bloc central, la question écologique n’a pas suscité de discours aussi volontaristes que ceux sur l’immigration ou la dette. Le président d’Horizons, Edouard Philippe, s’est satisfait d’un soutien aux acteurs mobilisés pour lutter contre les incendies, l’assortissant de vagues promesses sur le renforcement des moyens de la sécurité civile. Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, s’est, lui, engagé à « lancer la plus grande chasse au gâchis d’eau jamais menée » et à mettre en place un plan de captation des précipitations sur les bâtiments publics, chapeauté par un ministère de l’eau.

A gauche, la conviction que l’été 2026 n’a fait que renforcer la nécessité de politiques de grande ampleur face aux enjeux climatiques s’est vérifiée. Mais les solutions à apporter peinent à exister. Le cofondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, pris dans les discussions de primaire avec le PS, s’est montré très discret. Chez Les Ecologistes, le congé climatique proposé par la secrétaire nationale, Marine Tondelier, candidate à la présidentielle, a fait le buzz, mais a été très critiqué, y compris à gauche. Empêtré dans les batailles internes sur la stratégie à suivre pour 2027, le parti est inaudible sur le fond.

Coups à prendre

De son côté, La France insoumise a sorti, jeudi 20 août, une longue note pour « faire face aux mégafeux ». Durant son université d’été, qui débute vendredi, le mouvement, qui mène un vrai travail de fond sur ces questions comme Les Ecologistes, devrait aussi apporter des précisions sur le projet encore flou des « éco-régions » voulues par Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier a reçu le soutien inattendu de Monique Barbut, qui a déclaré dans Libération qu’il « est [le candidat] qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales ».

Qu’en sera-t-il dans quelques semaines, quand les températures seront redescendues ? La tentation pourrait être forte, comme par le passé, de reléguer le sujet au second plan. « Beaucoup de candidats pensent encore qu’il y a plus de coups à prendre que de voix à gagner, juge Jean-François Julliard, directeur général de France nature environnement (FNE). Ce n’est pas un sujet porteur électoralement. »

La société civile, atone ces dernières années, compte maintenir la pression. Plusieurs mobilisations sont prévues : le 15 septembre, FNE donne rendez-vous devant le ministère de l’économie pour dénoncer l’« inaction du gouvernement ». Le 26 septembre, jour où les pompiers prévoient une « manifestation statique » à Paris, un collectif de citoyens appelle, lui, à marcher « partout en France » pour réclamer un « plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation ». Deux dates, au risque de l’éparpillement.

Pour approfondir  (2 articles)

Raphaëlle Besse Desmoulières,  Mariama Darame,  Alexandre Pedro et  Robin Richardot

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire