Toujours des transferts de charge vers nos complémentaires.

Le gouvernement renonce à doubler le plafond des franchises médicales, annonce Stéphanie Rist au Figaro

Publié le 20/08/2026 à 19h https://www.lefigaro.fr/conjoncture/le-gouvernement-renonce-a-doubler-le-plafond-des-franchises-medicales-annonce-stephanie-rist-au-figaro-20260820


Stéphanie Rist est ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Reynaud Julien/APS-Medias/ABACA

ENTRETIEN EXCLUSIF – La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées détaille les décrets sur le point d’être publiés et défend sa ligne pour contenir le déficit de la Sécurité sociale, qui a dépassé 21 milliards d’euros en 2025.

LE FIGARO. – Le déficit de la Sécurité sociale a dépassé 21 milliards d’euros en 2025, un niveau inédit hors crise. Parmi les mesures d’économies avancées en juillet, il était prévu de moins rembourser certains médicaments ou prestations. Qu’en est-il ?

STEPHANIE RIST. – Notre responsabilité est de regarder ce déficit en face et de préserver notre système de santé. Aussi, nous avons fait un choix très clair : cibler des produits dont l’efficacité est jugée moindre par la Haute Autorité de santé, en nous appuyant sur la seule science. Pour cela, quatre décrets seront publiés en cette fin de semaine. Ils portent sur certains médicaments et dispositifs médicaux. Les médicaments les plus efficaces, y compris les plus innovants, continueront à être pris en charge comme aujourd’hui par l’Assurance-maladie.

Vous assumez donc que les complémentaires devront prendre davantage en charge certaines dépenses, avec un risque de hausse des cotisations ?

Nous avons précisément construit ces décrets pour éviter une logique de déport massif. Nous ne touchons pas, par exemple, aux consultations médicales. Nous ciblons des produits bien identifiés au bénéfice médical limité. Nous allons surveiller de près les tarifs. Et surtout, nous préservons les plus fragiles. Les personnes en affection de longue durée (ALD) ne seront pas concernées lorsque les médicaments touchent à leur pathologie, soit 14 millions de Français. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire sont également protégés. L’objectif est de mieux répartir le financement sans remettre en cause la qualitatif de la prise en charge. Il y va de la pérennité de notre modèle social solidaire.

Vous aviez aussi annoncé un doublement du plafond des franchises médicales, de 100 à 200 euros par an. Face à la colère des associations de patients, allez-vous reculer ?

Nous avons en effet largement consulté et nous avons décidé de faire évoluer notre proposition. Les concertations ne sont pas virtuelles : seul le compromis permet d’avancer. Le plafond existe depuis 2005 et n’a jamais été revalorisé, alors que l’inflation a profondément modifié les niveaux de vie et les coûts. Par rapport à l’évolution du coût de la vie, ce plafond a même en réalité baissé : il n’est donc pas anormal de le faire évoluer pour maintenir le même effort. En revanche, le doublement annoncé n’a pas été compris et a pu apparaître brutal. Nous avons clarifié et nous travaillons désormais à une réforme juste, fondée sur une indexation à l’inflation depuis 2005. L’augmentation sera par conséquent nettement inférieure à celle initialement envisagée.

Qu’est-ce qui a pesé dans votre décision ?

Nous devons concilier justice sociale et responsabilité budgétaire. Le tout, sans majorité à l’Assemblée… Les associations, les professionnels de santé, les patients nous ont dit qu’un doublement immédiat du plafond en une seule fois paraissait excessif. Nous l’avons entendu. Il y a aussi eu beaucoup de malentendus et évidemment des caricatures : certains ont pu croire que les franchises par consultation et par boîte de médicaments allaient augmenter, ce qui est faux, ou que la majorité des patients atteindraient automatiquement le plafond, ce qui est faux également ! En moyenne, le coût était estimé à moins de 2 euros par mois pour l’ensemble des Français, et à 4 euros pour les patients en ALD. Mais nous avons considéré qu’une correction fondée sur le coût de la vie était plus juste et plus lisible. Il vaut mieux une réforme certaine maintenant, qu’une plus hypothétique demain.

C’est précisément parce que les besoins augmentent que nous devons prendre des mesures de recentrage financier.Stéphanie Rist, ministre de la Santé

Au-delà de ces décrets, quelles seront les grandes orientations du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 ?

La priorité est de rendre soutenable le financement de notre système social sans renoncer à investir. Cela vaut d’abord pour l’hôpital. Depuis 2017, son budget annuel est passé de 79 à 113 milliards d’euros. Nous devons poursuivre cet effort, pour les conditions de travail des soignants, pour la qualité des prises en charge, mais aussi pour adapter les établissements au changement climatique. Dépenser plus mais aussi dépenser mieux, cela suppose plus d’efficience : j’ai demandé que l’on avance dans la coopération entre établissements, notamment via les groupements hospitaliers de territoire.

La deuxième priorité, c’est l’accès aux soins. Nous poursuivons le déploiement des maisons France Santé, avec un objectif de 5 000 d’ici à fin 2027 (nous dépasserons les 3 000 fin 2026, au-delà des objectifs fixés) et nous augmentons de 20 % cette année le nombre d’internes formés. Enfin, le PLFSS devra répondre à d’autres impératifs démographiques : la protection de l’enfance, le vieillissement, l’accompagnement du handicap. C’est précisément parce que les besoins augmentent que nous devons prendre des mesures de recentrage financier.

Cela signifie-t-il que vous cherchez d’autres postes d’économies ?

Bien sûr, mais des économies justes et pertinentes pour garantir l’accès aux meilleurs soins. Toutes les dépenses sont examinées. La dynamique démographique entraîne mécaniquement une hausse des dépenses de santé : davantage de personnes âgées, davantage de maladies chroniques, davantage aussi de traitements innovants, très efficaces mais souvent très coûteux. Si nous voulons pouvoir financer aujourd’hui et demain l’accès aux innovations thérapeutiques, nous devons agir dès maintenant. C’est le sens des mesures d’efficience que nous portons. Elles peuvent être difficiles, mais elles sont nécessaires pour préserver durablement notre capacité collective à soigner. Je ne serai pas la ministre qui n’a pas pris de décisions.

Le débat sur le financement de la Sécurité sociale prend une tournure plus politique, avec l’idée d’une TVA sociale ou d’une refonte plus large de l’État-providence. Qu’en pensez-vous ?

Il est évident que le financement de la Sécurité sociale doit être au cœur du débat public. Nous ne sommes plus dans la situation de 1945. Il faut préserver le sens de notre modèle – une protection universelle selon les besoins – tout en acceptant d’en faire évoluer les modalités de financement. La TVA sociale n’est pas, à elle seule, une solution suffisante. Compte tenu de la démographie, elle ne réglerait pas l’équation. C’est pourquoi plusieurs travaux sont en cours, notamment sur l’articulation entre assurance-maladie obligatoire et complémentaires. Nous avons deux financeurs : il faut clarifier davantage la place de chacun.

Un rapport de l’IGF et de l’Igas sur les politiques familiales commandé par le gouvernement préconise dix mesures d’efficience prioritaires qui permettraient 4,2 milliards d’économies, en visant principalement les ménages les plus aisés. Allez-vous suivre ses recommandations ?

Le budget famille a augmenté ces dix dernières années de façon très importante pour atteindre 120 milliards d’euros. Mais le rapport de l’Igas-IGF sur les politiques familiales le montre, des mesures sont absolument nécessaires. Mais cela ne veut pas dire que toutes seront reprises.

Nous travaillons actuellement, pour le prochain budget de la Sécurité sociale, à des propositions d.. Celles-ci doivent permettre, d’une part, d’être le plus efficient possible sur ces dépenses de la branche famille, et d’autre part, de financer plus de places de garde d’enfants et notamment de places en crèche.

Notre responsabilité est de nous adapter aux besoins actuels des familles. C’est ce que nous avons fait avec le congé de naissance lancé depuis le 1er juillet. C’est un succès, vu le nombre de demandes – plus de 86 000 au w12 août. Ça veut dire que c’est un nouveau droit qui sert vraiment, que les gens attendaient.

Ce congé de naissances s’est accompagné de nombreux retards de paiement…

La loi votée par le Parlement prévoit que le premier versement arrive début août pour un congé commencé début juillet. Nous ne constatons pas d’anomalies. Dans quelques cas, des dossiers se sont avérés plus compliqués, et dans d’autres la demande n’avait pas été transmise par l’employeur. Le Parlement a souhaité que le dispositif démarre en 2026 au lieu de 2027. Malgré les difficultés de mise en œuvre, c’est une promesse tenue.

Franchises médicales : le Gouvernement renonce à doubler le plafond… mais maintient une augmentation basée sur l’inflation

Dans un entretien accordé au Figaro jeudi 20 août, la ministre de la Santé Stéphanie Rist revient sur le doublement des plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires annoncé en juillet au profit d’une augmentation indexée à l’inflation. Elle confirme, en revanche, la baisse de remboursement par l’Assurance maladie des médicaments et dispositifs médicaux jugés peu efficaces. 

21/08/2026 https://www.egora.fr/actus-pro/politiques/franchises-medicales-le-gouvernement-renonce-doubler-le-plafond-mais-maintient?utm_source=Newsletter&utm_medium=gms_egora&utm_campaign=En_bref___Vendredi_21_août_2026&utm_medium=gms_egora&utm_source=email&utm_campaign=En%20bref%20-%20Vendredi%2021%20août%20202620260821&sc_src=email_5028723&sc_lid=200957556&sc_uid=XYBlorZBtz&sc_llid=193&sc_eh=5d463c22601bc0401

Par Aveline Marques

« Le doublement annoncé n’a pas été compris et a pu apparaître comme brutal« , reconnaît dans Le Figarola ministre de la Santé Stéphanie Rist, renonçant à porter de 100 à 200 euros la somme des plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires*. Après avoir « largement consulté » et pris en compte les alertes des « associations« , « professionnels de santé » et des « patients« , le Gouvernement indique désormais travailler à « une réforme juste, fondée sur une indexation à l’inflation depuis 2005« . 

« Le plafond existe depuis 2005 et n’a jamais été revalorisé, alors que l’inflation a profondément modifié les niveaux de vie et les coûts. Par rapport à l’évolution du coût de la vie, ce plafond a même en réalité baissé : il n’est donc pas anormal de le faire évoluer pour maintenir le même effort« , argumente Stéphanie Rist, assurant que l’augmentation sera « nettement inférieure à celle initialement envisagée« . Le montant n’a toutefois pas encore été précisé par le ministère. D’après le convertisseur de l’Insee, cela reviendrait à augmenter les plafonds de 37.6 euros. 

Déremboursement : quatre décrets à paraître « en fin de semaine » 

En revanche, l’exécutif persiste et signe concernant le déremboursement par l’Assurance maladie de « certains » médicaments et dispositifs médicaux, « dont l’efficacité est jugée moindre par la Haute Autorité de santé« . Quatre décrets paraîtront « en fin de semaine« , indique la ministre.  

Lors d’un point presse en juillet, Matignon avait expliqué que les médicaments à SMR faible (Gaviscon, Spasfon, bétadine, bains de bouche…) ne seraient plus pris en charge par l’assurance maladie obligatoire à 15% mais à 5% et les médicaments à SMR modéré (laxatifs, par exemple) à 15%, contre 30% actuellement. Le différentiel sera pris en charge par les complémentaires santé.  

Pour les dispositifs médicaux, l’exécutif évoquait une hausse du ticket modérateur. Une mesure non confirmée par le cabinet de la ministre à l’heure où nous écrivons ces lignes. De même pour le transfert du remboursement vers les complémentaires initialement annoncé sur les soins dentaires et les transports sanitaires. 

« L’objectif est de mieux répartir le financement sans remettre en cause la qualité de la prise en charge. Il y va de la pérennité de notre modèle social« , défend Stéphanie Rist auprès du Figaro. La mission sur l’articulation AMO-AMC remettra son rapport à la ministre « début septembre« , précise son cabinet. 

Mettant la dernière main à la rédaction du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, le Gouvernement entend « poursuivre » l' »effort » pour l’hôpital, « pour les conditions de travail des soignants, pour la qualité des prises en charge, mais aussi pour adapter les établissements au changement climatique« . La « deuxième priorité » sera l’accès aux soins, avec la poursuite du développement du réseau France santé, ajoute Stéphanie Rist. L’objectif est de labelliser 5000 structures d’ici à la fin de l’année 2027 : 3000 devraient l’être fin 2026, au-delà de l’objectif initialement fixé. 

Enfin, le PLFSS « devra répondre à d’autres impératifs démographiques : la protection de l’enfance, le vieillissement, l’accompagnement du handicap. C’est précisément parce que les besoins augmentent que nous devons prendre des mesures de recentrage financier« , insiste la ministre.  

*Ils s’établissement actuellement à 50 euros chacun. 

Auteur de l’article

Aveline Marques

Rédactrice en chef web

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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