Bastien Genet, médecin gériatre, vient de publier un pamphlet impertinemment juste sur ce que le capitalisme fait aux personnes âgées, intitulé « Comment le capitalisme tue nos aîné.es. Pistes pertinemment impertinentes pour une lutte anti-âgiste intersectionnelle et écologiste ». Il y dresse la liste les effets du capitalisme sur les vieux : âgisme, inégalités d’espérance de vie et en bonne santé, productivisme dans les soins, vulnérabilités… Si le tableau est bien connu, il est toujours bon de le rappeler avec un ton impertinent assumé et opportun.
L’auteur nous offre aussi quelques éléments de réflexion sur la nécessité de sortir de plusieurs dilemmes délétères pour nos aînés : besoins/ ressources (taxation du capital !), soins/ actes (revalorisation du care), curatif/ préventif, soins techniques/ relationnels, équité/ égalité.
Il propose quelques pistes pour aider les personnes âgées à faire « bonne vieillesse » (et non pour suivre l’injonction capitaliste à « bien vieillir ») : éveiller une conscience générationnelle, collective et inclusive; lutter contre l’âgisme; s’indigner et impliquer les vieux !
« Arrêtons donc de croire qu’un « vieux » ou une « vieille », n’est qu’un poids. C’est un travailleur ou une travailleuse non payé.e, qui ne cesse de colmater les brèches de notre système de solidarité nationale causées par le capitalisme et le néolibéralisme outrancier. » (p 86-87)
Capitalisme qui n’a de cesse de poursuivre l’exploitation des hommes et femmes devenus âgés et d’en extraire encore de juteux profits au nom de la silver economy.
Comment le capitalisme tue nos aîné·es

Pistes pertinemment impertinentes pour une lutte anti-âgiste intersectionnelle et écologiste Bastien Genet
Couverture souple
174 pages
ISBN : 9782322838189
Éditeur : BoD – Books on Demand
Date de parution : 03.07.2026
Langue : français
Mots-clés : Vieillissement, Discrimination, personnes âgées, Capitalisme, geriatrie
Le vieillissement n’est pas seulement une question d’âge : il est le produit de rapports de pouvoir. Trop souvent, la gériatrie et la gérontologie ignorent les déterminants sociaux du vieillissement et promeuvent un idéal de « bien vieillir » réservé aux plus privilégié·es. Cet essai défend l’idée que le capitalisme, en renforçant les inégalités de genre, mais aussi les inégalités économiques et sociales, fabrique le mal vieillir. À la croisée de la médecine, de la sociologie et de l’économie, il montre que l’âgisme et la « vieillophobie » ne peuvent être combattus indépendamment des luttes antiracistes, féministes, écologistes et anticapitalistes. A travers une vision résolument intersectionnelle, son ambition est simple : défendre le droit de toutes et tous à faire « bonne vieillesse » face à l’injonction du « bien vieillir ».