La plus importante source d’émission de gaz à effet de serre pour les Data Center d’Amazone aux US.

Amazon fait construire au Texas la plus grande centrale à gaz des Etats-Unis pour alimenter ses centres de données

La structure, qui devrait contenir 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, pourrait devenir la plus importante source d’émission de gaz à effet de serre du pays. Le géant américain affirme maintenir son objectif de bilan carbone neutre d’ici à 2040. 

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 03h59, modifié à 07h58

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Dans un centre de données d’Amazon consacré à l’intelligence artificielle, à New Carlisle (Indiana, Etats-Unis), le 2 octobre 2025.
Dans un centre de données d’Amazon consacré à l’intelligence artificielle, à New Carlisle (Indiana, Etats-Unis), le 2 octobre 2025.  NOAH BERGER POUR AWS/REUTERS

Rien n’arrête l’industrie de l’intelligence artificielle (IA) et son gigantisme. Le mastodonte américain Amazon fait construire, dans l’ouest du Texas, une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d’émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis.

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Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d’immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l’énergie requise par le boom lié à l’IA.

A l’aide d’images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an

Selon les permis, le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n’importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis. La centrale a l’autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n’importe quelle autre infrastructure dans le pays.

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Un porte-parole d’Amazon a confirmé l’information, en insistant : « Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l’alimentation de nos opérations. »

« C’est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos : il sera alimenté par une centrale consacrée à cela qui n’augmentera pas les prix de l’électricité pour les foyers texans », a-t-il ajouté, sur fond d’inquiétude politique sur une hausse des factures.

Ajout d’énergie solaire

L’entreprise affirme qu’elle « explore les possibilités » d’ajouter de l’énergie solaire au site et qu’elle utilisera de l’eau non potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d’ici à 2040.

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La soif d’électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d’infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors réseau, comme d’immenses groupes électrogènes. Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d’émissions responsables du réchauffement climatique, d’autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.

Le Monde avec AFP

*L’électricité « verte » de Google, Amazon ou Meta l’est-elle réellement ?

Les Gafam affichent tous une consommation électrique 100 % décarbonée, malgré la course au gigantisme de leurs centres de données. L’examen de leur comptabilité écologique montre que cela passe par des contrats d’électricité très spécifiques, dont les effets sont, en réalité, limités. 

Par Nicolas Six

Publié le 28 octobre 2025 à 07h00, modifié le 28 octobre 2025 à 10h20 https://www.lemonde.fr/pixels/article/2025/10/28/l-electricite-verte-de-google-amazon-ou-meta-l-est-elle-reellement_6649908_4408996.html

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SOLÈNE REVENEY / « LE MONDE »

Pour les mastodontes du numérique, cela représente un caillou dans la chaussure de leurs responsables chargés de l’impact environnemental. Les centres de données, qui consommaient 1,7 % de l’électricité mondiale en 2022, devraient en utiliser le double en 2026, selon le scénario médian de l’Agence internationale de l’énergie.

Dans ces conditions, il serait logique que la consommation des Gafam (Google, Amazon, Facebook/Meta, Apple et Microsoft) croisse, puisque ceux-ci figurent parmi les plus gros exploitants de centres de données, et qu’ils sont tous engagés dans la course à l’intelligence artificielle, particulièrement gourmande en énergie.

La majeure partie de leurs data centers est, en effet, installée en Amérique du Nord – plus de la moitié de la consommation électrique de Google, par exemple, provient de cette zone. Or, dans cette aire géographique, les énergies fossiles dominent largement : aux Etats-Unis, leur part dans le mix électrique est de 60 %, contre 21,4 % pour les renouvelables, moitié moins qu’en Europe.

En théorie, il devrait donc être difficile pour les Gafam de limiter leur bilan carbone. Pourtant, chacun d’eux continue d’affirmer que 100 % de l’électricité que consomment ses centres de données sont décarbonés. Alors, comment l’expliquer ?

Lire l’enquête (en 2024) :  Derrière l’IA, la déferlante des data centers

Etonnant certificat écologique

Pour le comprendre, il faut examiner leur comptabilité écologique : chez certains apparaît un étonnant certificat écologique, qui permet d’ajouter de l’électricité « verte » à leur bilan, simple morceau de papier pouvant changer plusieurs fois de mains avant d’atterrir dans leurs comptes, et qui n’implique pas la livraison réelle d’électricité. Son nom : certificat d’énergie renouvelable décorrélé, ou Unbundled REC (REC pour « Renewable Energy Certificate »).

« Ces REC décorrélés sont souvent achetés à une centrale si lointaine qu’ils ne peuvent pas physiquement en consommer l’énergie : les certificats du vent texan, par exemple, sont utilisés partout aux Etats-Unis », explique Matthew Brander, professeur de comptabilité carbone à l’université d’Edimbourg. Si l’électricité ne vient pas du Texas, d’où émane-t-elle ? Simplement du réseau électrique local raccordé au centre de données, où se mélangent indistinctement les électrons des énergies renouvelables et ceux des énergies fossiles, souvent majoritaires.

A quel point les Gafams sont-ils dépendants de ces certificats ? Interrogé à ce sujet, le groupe Meta n’a pas répondu. Apple et Google, pour leur part, déclarent au Monde n’en avoir utilisé aucun en 2024. Quant à Microsoft et Amazon, ils reconnaissent en employer, sans toutefois préciser quelle est leur part. En 2022, une enquête de Bloomberg révélait pourtant qu’une majorité des certificats d’énergie renouvelable achetés par Microsoft et Amazon étaient des REC décorrélés. Meta, lui aussi, y avait recours.

« Ça améliore leur image »

Si Amazon, Microsoft et Meta sont discrets sur la question, c’est peut-être parce que les REC décorrélés ont mauvaise réputation. Issus de la dérégulation des marchés de l’électricité, ils naissent à la fin des années 1990 de l’idée que l’énergie renouvelable a une valeur – au-delà de la simple production d’électrons –, qui réside dans l’absence d’émissions carbone. L’objectif affiché est de créer un marché autour de cette absence d’émissions pour accélérer la construction de centrales à énergie renouvelable.

« On y a cru quelques années, se souvient Jean-Michel Glachant, économiste et professeur à la Florence School of Regulation. Mais on a très vite compris que ça avait peu ou pas d’effet. Ça fait quinze ans qu’on le sait et, à mon avis, ce système n’est conservé que pour des raisons idéologiques, pour montrer qu’on n’est pas anti-marché. »

Beaucoup d’études démontrent l’inefficacité de ces certificats. Selon des travaux de chercheurs écossais et néerlandais, trop peu d’entreprises consommatrices d’électricité s’intéressent aux REC : la demande est incomparablement plus basse que l’offre, au point que tous les certificats ne trouvent pas preneur.

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« Les prix des REC décorrélés ont presque toujours navigué sous les 5 dollars [4,30 euros, au cours actuel] le mégawatt [MW], parfois sous 1 dollar, observe M. Brander. Peu ou prou leur prix de fabrication. » A titre de comparaison, l’électricité est facturée plusieurs dizaines d’euros le MW. Pour un bâtisseur de centrales à énergie renouvelable, « la perspective d’un revenu de 2 euros par MW, complémentaire aux 50 euros environ qu’il obtient pour l’électricité elle-même, ne fait donc pas de différence », juge Jan-Horst Keppler, professeur en économie de l’électricité à Paris-Dauphine.

En somme, ces certificats décorrélés ne constituent pas une incitation réelle à construire de nouvelles installations d’énergie renouvelable et n’ont d’intérêt que pour le bilan écologique des entreprises qui les achètent. « Ils passent ça dans leurs frais. Cela leur coûte un peu d’argent, mais améliore leur image », résume M. Glachant. Une analyse partagée par Maryse François, consultante en énergies renouvelables, qui trouve toutefois une utilité aux REC décorrélés : « En revendiquant 100 % d’électricité décarbonée, les Gafam installent la cause de l’énergie verte dans l’esprit du grand public. Cela favorise l’acceptation des projets hydroélectriques ou éoliens par les populations locales. »

Livraison physique d’électricité

Par ailleurs, les Gafam utilisent fréquemment un autre type de contrat, plus vertueux : l’accord de fourniture d’énergie, ou Power Purchase Agreement (PPA). Il implique non seulement une livraison physique d’électricité, mais aussi un engagement sur plusieurs années et, souvent, une garantie de prix. Le recours à cette forme de contrat électrique, rare en 2010, a été multiplié par 30 en dix ans. A l’exception d’Apple, tous les Gafam figuraient, en 2023, dans le top 10 des entreprises en consommant le plus, selon le cabinet BloombergNEF.

De l’avis de tous les experts interrogés, les PPA soutiennent le financement des centrales à énergie renouvelable, surtout dans un pays aux aides publiques modestes comme les Etats-Unis. Les parcs éoliens ou les fermes solaires exigent un énorme investissement initial, qu’il faut rembourser chaque mois avec des traites fixes, dangereuses pour une entreprise vendant son énergie sur un marché hautement volatil.

Cependant, une nuance est à apporter : tout PPA n’ajoute pas nécessairement de nouveaux MW d’énergie décarbonée à la production mondiale. En effet, les entreprises consommatrices d’électricité peuvent signer ce type de contrat avec des centrales anciennes. Google, qui figure pourtant parmi les Gafam les plus engagés en matière d’électricité décarbonée, a signé, en 2025, un énorme contrat avec des centrales hydrauliques inaugurées en 1931 et 1910. Ces installations fonctionnant généralement au maximum de leurs capacités, ce genre d’accord améliore le bilan écologique de Google, mais revient à retirer de la grille locale cette énergie verte, aggravant par là même le bilan écologique des autres entreprises qui y sont connectées.

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Enfin, il existe une famille de PPA qui n’inclut pas de livraison d’électricité : les PPA virtuels (vPPA). Comme pour les REC décorrélés, l’énergie consommée est puisée dans le réseau local des centres de données, qui peut être fortement carbonée. Mais, à la différence de ces derniers, les vPPA apportent une aide financière au promoteur de la centrale à énergie renouvelable ayant scellé le contrat, en garantissant les prix sur des années.

Toutefois, les vPPA ne répondent pas à un problème de taille : l’intermittence des énergies renouvelables. Avec de tels accords, les Gafam peuvent ainsi consommer de l’énergie « décarbonée » quand bon leur semble et décompter du solaire en pleine nuit, par exemple. Pourquoi, dans ces conditions, investiraient-ils pour résoudre les problèmes de disponibilité aléatoire des énergies vertes ?

Ce constat est au cœur d’une réforme de la comptabilité de l’électricité décarbonée portée par le GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol), l’organisation qui édicte les règles des REC. Dans son projet, publié les 29 septembre et 14 octobre, elle reprend les suggestions de Google, auxquelles s’opposent Amazon et Meta : obliger les entreprises à corréler leur consommation électrique à celle du producteur, et ce, de façon locale, heure par heure. L’espoir est d’inciter au développement de centrales à renouvelables surnuméraires à même de relayer les autres en cas de creux et d’encourager le stockage temporaire de l’énergie.

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Nicolas Six

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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